Lithium et voiture électrique : une impasse ?

Même si le prix du gasoil est retombé à des niveaux considérés comme acceptables par une partie des automobilistes, l’affaire est entendue : dans quelques années, les voitures à pétrole vont peu à peu disparaître, rendues obsolète à la fois par le prix du carburant en voie de disparition et par la nécessité de lutter contre le réchauffement climatique.Qu’à cela ne tienne, dit l’automobiliste, répétant en cela les propos rassurants des médias-qui-mentent : on roulera en voiture électrique, à hydrogène, à air comprimé, ou que sais-je encore ?

A air comprimé : j’en ai déjà parlé : pas au point, autonomie insuffisante, bruit… Toujours quelques protos à l’esthétique euh… particulière dans les salons, plein de clients potentiels, mais toujours aucune sur les routes…

A hydrogène : arrêtez de rêver ! Hors de prix, et pas assez de platine sur terre pour fabriquer les piles à combustible…

Reste la voiture électrique. Il y a effectivement fort à parier que ce sont des véhicules électriques ou hybrides qui vont les premiers tenter de prendre la relève. Je dis bien “tenter”, car ce n’est pas gagné. Néanmoins, de nombreux industriels fourbissent leurs armes…

Etat des Lieux

Le plus avancé, le seul même, jusqu’à preuve du contraire, qui a vendu des bagnoles à des clients privés qui l’utilisent “normalement”, c’est l’américain Tesla Motors. Mais bon, sa production est artisanale (200 exemplaires livrés jusqu’ici, on est loin de Renault ou Peugeot…), un prix prohibitif (dans les 100 000 dollars) qui a encore été revu à la hausse ces derniers temps, et une clientèle quasi-exclusivement composée de la jet-set californienne, qui va s’en servir pour exhiber une image d’écolo en allant frimer devant la plage de Malibu… Il semble de surcroît que la société soit confrontée à de graves difficultés financières.

Revenons sur terre. Chez Peugeot, il y a un proto de 308 hybride… Une voiture identique aux voitures actuelles. C’est un atout indéniable (pas de dépaysement pour le client, qui ne va pas se trouver dans un pot de yaourt qui se traîne à 50 à l’heure. Mais avec pour revers de la médaille les aberrations physiques du modèle :  1.5 tonne pour transporter un passager de 75kg… Commercialisation prévue en 2010. Admettons.

Cette voiture possède deux moteurs : un électrique de 22 chevaux, associé à un diesel-qui-pue de… 110 chevaux ! (Qui est probablement le machin lymphatique et en porcelaine qui équipe la Picasso de SuperNonotte, (5 euros de réparations pour un euro de carburant) mais aussi les 207, 308, Mini…). Bref, que du neuf !

Et pour quel résultat ? 3.4 l/100 km en cycle mixte (comptez 5 pour respecter le ratio habituel) et 90 g de CO2/km, selon Peugeot, bien sûr.

Certes, c’est un petit progrès, mais elle est où la rupture technologique ? Et pourquoi AJOUTER un moteur électrique à un moteur diesel existant au lieu de le remplacer ou du moins en mettre un plus petit ? Si vous voulez mon avis, ils n’ont rien compris chez Peugeot. Et quand ils vont annoncer le prix, c’est le client qui ne va pas comprendre ! Quant à l’environnement, il n’y gagnera sûrement pas grand chose.

Le Géant américain General Motors parie sur son proto “Volt”, qui comporte aussi 2 moteurs, un thermique (bi-mode essence/éthanol) et un électrique, mais dont le premier ne sert qu’à recharger la batterie, et pas à la propulsion. La batterie (de 170 kg) n’offre qu’une autonomie d’une soixantaine de km, mais le moteur thermique permet si nécessaire à la bagnole de rouler 600km (en consommant environ 5l/100, quelle révolution !). Et si je laisse aujourd’hui de côté le caractère nuisible des biocarburants, c’est uniquement que ce billet sera déjà trop long… En plus le  prix fait tousser : environ 40000 dollars, soit plus de 30000 euros ! Commercialisation en 2011 paraît-il… Du moins si la trésorerie exsangue de GM lui permet de survivre jusque là…

Le p’tit père Dassault, ce bienfaiteur du peuple français, a mis au point une batterie Lithium-Ion adaptée à une bagnole, mais cherche désespérement un constructeur automobile pour s’associer avec lui : sans résultat ! Il a commencé à modifier des Renault, mais Renault est parti sur une autre piste !

Où l’idéologie va-t-elle se nicher ? Renault a répondu à l’appel d’offre d’un financier israélien, dont le but est de réduire la dépendance de son pays, et même du monde entier, au pétrole, ce liquide toxique qui a surtout l’inconvénient d’être produit par ses “amis” musulmans de la région !

Renault étudie donc un proto tout-électrique, mais basé sur une Mégane existante (c’est à dire lourde, etc……) Il devrait utiliser des batteries japonaises fabriquées par Nissan et Nec, et être vendu en… 2011 (ils se sont donné le mot ou quoi ?) en… Israël… Le reste du monde attendra…

En France, Bolloré, le yachtman official de Sarkozy, planche sur la “BlueCar”. Comme Dassault, il a mis au point une batterie au Lithium qui permettrait de parcourir 250 km, avec une vitesse maximale de 125 km/h. Mais au contraire de Dassault, il a décidé de se lancer seul, et de fabriquer cette voiture. L’an dernier, elle devait être commercialisée en 2008. Cette année, elle devrait être commercialisée en … 2009 ! Le prix devrait être de l’ordre de 25000 euros (gloups !), mais Bolloré annonce également un système de leasing “novateur” de 500 euros/mois. Mais en échange des services de transport rendu, Bolloré attend certainement de son ami Sarko de grosses subventions, et bien sûr les indispensables réacteurs nucléaires !

Car il y a encore un souci avec les voitures “tout-électriques”. On les recharge comment ? Bon, bien sûr les privilégiés qui ont une maison avec une place de garage pourront sans doute tirer une rallonge pour recharger leur voiture la nuit… En faisant exploser leur consommation et en rendant indispensable la construction de nouvelles centrales nucléaires… Mais comment vont faire les malheureux (à vue de nez très majoritaires) qui n’ont pas accès à une prise de courant sur la rue ? En Israël, il semble qu’un plan d’équipement massif soit prévu. Mais ce qui est possible en Israël l’est-il en France, territoire considérablement plus étendu ?

Autre problème : comment faire un trajet Strasbourg-Brest ou Dunkerque-Perpignan ? Il faut actuellement 5 minutes pour faire un plein de gasoil qui va durer 800 ou 1000 km, alors qu’il faut plusieurs heures (Bolloré annonce 5 heures pour sa bagnole) pour recharger une batterie qui durera au mieux 200 ou 300 km !

Et le lithium, alors  ?

Tous ces projets électriques plus ou moins fumeux, sinon fumants, ont un point commun : le lithium, qui est le composant le plus important des batteries actuelles, et qui apparemment le restera pour un moment.

En préparant ce billet, j’avoue que j’avais une idée préconçue : “c’est mort, il n’y a pas assez de lithium”.

Après s’être documenté, et notamment après avoir lu la passionnante étude du consultant français Meridian , on s’aperçoit que les choses ne sont peut-être pas si simples, mais on reste très pessimiste.

Tout d’abord les quantités de lithium nécessaires sont assez faibles. Même si une batterie comme celle de la Tesla sus-évoquée pèse plusieurs centaines de kg, elle ne contient que 4 kilos de lithium. C’est simple, une cellule de type “18650” de 3.6V, que l’on trouve dans les batteries des ordinateurs portables comme dans celle de la Tesla, contient 0.6 g de Lithium. Sauf qu’un ordinateur nécessite 3, 6 ou 9 cellules, soit quelques grammes, et la Tesla… 6831, soit un peu plus de 4kg. Le moteur de la Tesla étant inutilement surpuissant, on peut considérer qu’il en faudra environ 2 kg par voiture.

Ensuite l’estimation des réserves de lithium, comme celle du pétrole, est assez variable. On peut retenir le chiffre de 11 millions de tonnes. A ceci près qu’il semble que seule une partie de ce lithium, estimée à 4 millions de tonnes, soit utilisable pour fabriquer ces batteries. Si on est suffisamment curieux pour faire la division, cela donne 2 milliards de véhicules. La production mondiale actuelle est d’environ 65 millions de véhicules. Une nouvelle division donne exactement 30 ans de production potentielle. Pas mieux que le pétrole, donc ! Pire, la durée de vie d’une telle batterie étant assez courte, une bagnole pourrait en consommer deux au cours de son cycle de vie ! Divisez donc par deux.

A noter que certains scientifiques affirment qu’on pourrait retirer du lithium de l’eau de mer, et que dans ces conditions les réserves seraient quasiment infinies. Mais aucune confirmation réelle.

En attendant, il faut bien faire avec le lithium actuel. Jusque ici, il servait essentiellement à fabriquer les batteries des innombrables appareils électroniques qui se multiplient chez nous à la vitesse de lapins en rut : téléphones (1 milliard produits en 2007 !), ordinateurs portables (78 millions), appareils photos, MP3, GPS… Et la production a déjà du mal à suivre. Et l’un des messages de l’étude de Meridian, c’est qu’indépendamment des réserves de lithium, il y a un goulot d’étranglement à la production ! Selon cette étude, l’industrie pourrait au mieux produire 8 millions de véhicules d’ici 2020. A comparer avec les 700 ou 800 millions qui seront produits d’ici là ! 1% du total : une misère, une catastrophe.  Et 2020, c’est pourtant loin dans un monde confronté au Peak-Oil.

Beaucoup plus étonnant, les zones de production sont extrèmement concentrées : ce sont les lacs salés présents dans la Cordillère des Andes (70% des réserves mondiales) et même accessoirement au Tibet !

Mieux, ou pire : si actuellement le plus gros producteur mondial est le Chili, la plus grosse réserve se trouve en fait sur le lac salé d’Uyuni (cf illustration), en Bolivie, qui n’est pas exploité pour l’instant ! Tiens tiens, la Bolivie, ça ne vous rappelle rien ? L’un des seuls pays du monde gouverné par un président altermondialiste, l’excellentissime Evo Moralès, qui n’est semble-t-il pas décidé à brader son environnement, même en échange de milliards de dollars… Les tibétains n’auront pas le choix, mais je vois mal Moralès laisser massacrer son lac comme le font les multinationales du pétrole dans les sables bitumineux de l’Alberta au Canada…

Pourtant, il est courtisé de partout par ces géants de l’automobile qui viennent tenter de s’assurer la possession de quantités suffisantes de lithium pour démarrer leur juteux business. Bolloré par exemple est sur les rangs. Mais il y viendront tous, évidemment. Et si Moralès n’assouplit pas sa position, il ne faudra pas qu’il s’étonne de se voir accuser de détenir des armes de destruction massive braquées sur les Etats-Unis, nécessitant de toute évidence une intervention militaire dans le but louable de préserver la paix mondiale…

Que conclure ?…

…Que si “gouverner, c’est prévoir”, notre gouvernement et nos constructeurs automobiles (le premier officialise aujourd’hui un prêt de 6 milliards d’euros aux seconds, alors que le premier n’a pas d’argent et que les seconds ne le rendront sans doute jamais) vont une fois de plus se planter complètement, et dépenser une énergie et des fortunes colossales pour accoucher d’une souris.

Puisque le domaine de la voiture électrique est manifestement la ville et les alentours, pourquoi ne pas consacrer cet argent et cette énergie à réétudier, transformer et améliorer les transports en commun et les solutions qui évitent le déplacement ? Moins de gros machins commerciaux mais plus de petits, partout ?

Mais non, ce serait trop leur demander, à ces nuisibles incapables, de renier toute une vie au service du libéralisme et des multinationales…

SuperNo

A propos de SuperNo

Ex-blogueur, râleur, ex-chômeur, gaucheur, photographeur, linuxeur et même geekeur à ses heures.

17 commentaires sur “Lithium et voiture électrique : une impasse ?

  1. Marcel RobertMarcel Robert

    C’est bien troussé comme article, je partage l’essentiel de tes conclusions: pourquoi s’évertuer à maintenir coûte que coûte une société de l’automobile qui n’est plus adaptée aux enjeux actuels?

  2. Philippe Schwoerer

    Il s’agit effectivement d’un tour d’horizon assez représentatif de ce qui existe au grand jour et de ce qu’il y a dans les cartons.

    Je rectifie un peu pour Bolloré qui ne produit pas lui-même sa voiture (sauf dernière info dont je n’aurais pas connaissance). C’est Pininfarina qui s’y attelle. Le carrossier est dans la tourmente et la sortie de la voiture proposée par Bolloré est une sorte de quitte ou double.

    Je confirme : Peugeot n’a effectivement rien compris.

    Pour la Volt de GM (Ampéra lorsqu’elle serait vendue par Opel), les 5 litres, c’est bien lorsqu’elle roule avec son moteur thermique. Pour une utilisation locale, c’est zéro. La Volt possède la même technique que mon Kangoo ER. Ce dernier consomme entre 5 et 9 litres pour faire 100 km. Cependant, à 62.000 km aujourd’hui, il n’a que peu roulé avec le prolongateur d’autonomie, lui conférant une consommation moyenne inférieure à 0,5 litres aux 100. Le progrès, il est là en fait.

    Pour faire 600 km en tout électrique, il faudra recourir au système imaginé dans le cadre de Better Place (projet israëlien qui a choisi Renault et s’est étendu à plusieurs autres pays, 7 ou 8 actuellement). A côté des charges lentes, il y a la charge rapide, tout de même 1h30, mais surtout le changement du rak de batterie (en 5 minutes environ, comme le prix d’un plein).

    Pour l’utilisateur moyen, il est clair qu’il lui faudra un garage, ou en tout cas une place privative accolée à sa maison pour effectuer la recharge. Ce qui en limitera obligatoirement l’intérêt pour plus d’un et devrait inciter à réduire le nombre de véhicules en circulation sur le territoire (à moins qu’une autre technique existe).

    Pour la recharge, comme je l’ai déjà dit par ailleurs (les nouveaux internautes pourront consulter les autres articles sur le sujet), la voiture électrique (et a fortiori tout utilisateur d’appareils électriques) n’est pas mariée avec le nucléaire. Ceux qui vondront sérieusement se pencher sur le problème trouveront un moyen de l’éviter. Néanmoins, le problème mérite d’être soulevé maintes et maintes fois, car on sait (et sans doute pas tous) les problèmes que posent le recours au nucléaire. Une explosion des ventes de voitures électriques (ou hybrides rechargeables) risquerait bien de noicir ici le tableau. Une diffusion plus lente qui accompagnerait les progrès en matière d’énergies dites renouvelables me semble le meilleur scénario. Il aurait cependant fallu que cette symbiose se mette en route bien plus tôt. Dans l’urgence des problèmes climatiques d’aujourd’hui, le risque demeure grand d’ajouter de nouveaux problèmes majeurs.

    Pour les batteries, on envisage principalement (sans doute trop) le recours au lithium. Sur le sujet, il y a beaucoup de contradictions entre les « pour » et les « contre ». Le débat a le mérite d’exister. Et là aussi, il faudra bien agir en consommateur responsable et ne pas encourager aveuglément des filières polluantes à l’extraction, à la transformation et au recyclage. J’en appelle aux automobilistes dont je suis, à ne pas reproduire les erreurs du passé.

    Les batteries au sodium au NiZn sont prometteuses car plus propre pour la planète à tout points de vue. Elles existent déjà, équipent déjà des véhicules électriques, mais ne percent pas car le débat semble « plombé » par le lithium.

    Je remercie SuperNo pour son article objectif dont je partage aussi les conclusions.

  3. o'toh

    6 milliards pour aider l’industrie automobile c’est n’importe quoi, çà équivaut à replâtrer un vieux mur tout croulant qui tient même plus sur ses fondations avec de l’enduit de finition. Oui, finition est le mot qui convient ici.
    ILS savent même plus ou mettre leurs stocks de boîtes à roulettes invendues et ILS cherchent encore à relancer le gaspillage de matières premières, ILS osent encore réclamer de la tune pour çà ? STOOOOOP !

    ILS veulent pas comprendre que LEUR Système est voué à l’échec, ou bien ILS le savent pertinement mais refusent de l’admettre pour rassurer le populo qui ne sait plus à qui, à quoi se raccrocher, avec la bénédiction des politicards qui savent vraiment plus quoi faire .

    Les industriels, on dirait des clebards qui veulent plus lâcher leur no-nos…C’est vraiment pathétique, c’est triste pour tous les salariés futurs chômeurs de l’automobile, business annexes and Co, mais c’est juste la chronique d’une mort annoncée, ni plus ni moins, comme la sidérurgie en son temps par exemple, suivie par le textile et le reste…

    Alors ils vont chercher à nous convaincre avec l’ électrique, le lithium, l’hydrogène, la voile solaire ou je ne sais quoi d’autre !

    Je me suis permis de dire un petit truc sur le forum d’un grand quotidien en ligne, pour voir la réaction (parce que j’en ai vraiment marre de toute cette hypocrisie ambiante dans laquelle ON nous laisse mariner depuis des lustres), qui titrait ce matin « le vrai poids de l’industrie automobile » comme si c’était le scoop du siècle, mais ON n’ a pas jugé utile de publier ma modeste réaction.

    c’était juste quatre lignes, pas plus, mais il faut croire que la Vérité fait peur…Surtout si elle sort de la plume d’un insignifiant ouvrier comme mézigue. Evidemment si c’est un BHL ou toute autre grande gueule renommée qui lance la polémique alors là çà va, c’est du pain béni, çà fait vendre, sauf que ces gens-là n’ont jamais mis les pieds sur une chaîne de montage …

    Désolé, mais j’ai besoin de réagir dès que j’entends des conneries, même si je me dis souvent « arrête donc de ramener ton grain de sel, tu te fais du mal »

    « ILS » ne méritent que le mépris et les huées. Pouah !

  4. Antecantec

    Bien dit tout ça…

    Pour ce qui est du Lithium, y’a peut être moyen de recycler les batteries usagés ? ou peut être que dans 15 ans quand le stock sera épuisé on aura trouvé d’autres composant plus performant. Donc dans ce domaine du stockage de l’énergie y’a encore une marge de progression.
    Et effectivement il faut en finir avec ce poids monstrueux des voitures !
    Si le gouvernement faisait correctement son travail et suivait bien ses engagement il y aurai des règles bien plus stricte, une limitation de la masse des véhicules (aller zoo les 4×4), limitation de la nuisance sonore extérieur, design et aérodynamique réglementé, bride a la Vmax et à l’accélération… et puis pour chaque € engagé dans des travaux publique, un % ira a la création de piste cyclable, quand il y a 4 voies de circulation dans une rue on en met que 2 (voire 1) et on agrandi les trottoirs, piste cyclable et parking à vélo…
    enfin je sais pas, ça me parait tellement logique ces idées là que je pige pas que ça ne leur viennent pas à la tête, ou alors c’est qu’ils leur manque un truc…

    Merci à vous, ça laisse penser qu’il y a encore des gens correctement pourvu dans ce monde de…

  5. plutot

    Encore et toujours les même analyses a l’emporte pièce…
    Pourquoi vouloir toujours comparer tout le parc automobile thermique avec tout le parc electrique? aujourd’huis il y est possible de faire des voitures a un prix raisonable avec une autonomie de moins de 100km, mais cela peu remplacer la quasi totalite des twingo, C1, et autre petites deuxieme voiture qui n’en fait jamais plus par jour! Pour ceux qui ont besoin de plus, ok, qu’on attende. la mixité permetra deja de diminuer fortement la consomation/polution.
    J’utilise un deux-roues electrique pour mes 50km/jours, et un vehicule thermique standard pour le reste, c’est a dire a peu pres 50 à 60% des Km annuels.
    quand au train, ni moi ni ma famille n’habitent en face de la gare, alors les vacances c’est en voiture, d’autant qu’une fois sur place il faut bien pouvoir bouger sans toujour devoir se faire conduire par les proches (qui n’on d’ailleur pas d’autobus pour que tout le monde monte a bord!). Quant a la location, j’ai deja comparé, cela coute plus cher pour l’instant, avec l’usage que j’ai de mon vehicule.

  6. Vélove

    plutot, tu n’habites pas en face de la gare? tu sais, même en face de la gare, il y aura encore beaucoup de marche à pied pour y aller et la nécessité de traverser la rue… le mieux c’est encore d’habiter dans la gare!

  7. Karl

    Très bon reportage hier soir sur France 3, « Pièces à conviction », sur la contamination de la France par les déchets des mines d’uranium… un argument de plus sur les dangers de la filière nucléaire, qui porte dans le contexte actuel où on parle de plus en plus d’électrification du parc automobile… Vous me direz, maintenant on extrait quasiment plus d’uranium en France: c’est pas grave, ce sont les africains qui seront contaminés par l’uranium qui nous servira pour les bagnoles… en attendant, on s’en prend pour 4,5 milliards d’années de déchets radio-actifs contaminés éparpillés un peu partout en France… Vive la bagnole électrique !

  8. Philippe Schwoerer

    J’ai déjà indiqué à plusieurs reprises que la voiture électrique n’est pas mariée avec le nucléaire et qu’il faut à tout prix être vigilent pour que sa commercialisation s’accompagne au moins à hauteur des consommations d’électricité qu’elle engendrerait du développement des énergies renouvelables.

    Karl, tu auras aussi remarqué comment dans cette émission Elise Lucet a démontré indirectement que Jean Syrota était le spécialiste de la désinformation d’état aux services des lobbies du nucléaire dans les années 1980-2000 et qu’il porte une très lourde responsabilité sur l’éparpillement dans les campagnes françaises des déchets d’extraction des mines d’uranium classés comme non dangereux par étouffement des velléités de vérité.

    Par analogie, on peut donc comprendre le peu de crédibilité qui est à accorder aux conclusions du fameux rapport qui dézingue la voiture électrique dirigé par le même Jean Syrota.

    Ce rapport peut être destiné à la poubelle tout simplement car il n’est plus crédible, on comprend mieux maintenant pourquoi ce rapport a été enterré avant sa sortie officielle. Certains savaient déjà. Maintenant nous savons aussi.

  9. Karl

    Je ne suis pas d’accord avec ton analyse Philippe, j’ai vu le reportage et il n’est dit nulle part que « Jean Syrota était le spécialiste de la désinformation d’Etat aux services des lobbies du nucléaire ». C’est de la mauvaise foi que de l’accuser de désinformation et je ne veux pourtant pas prendre sa défense! Ce qui était dit, c’est qu’il a cumulé pendant de nombreuses années direction de la COGEMA et direction du corps des mines, chargé entre autres de la nomination des inspecteurs des DRIRE chargés en théorie de contrôler la COGEMA (aujourd’hui AREVA). Il y avait donc cumul de fonctions préjudiciable, étant juge et partie… Cela n’enlève rien au fait que Jean Syrota est un polytechnicien et ingénieur des mines et donc quelqu’un de sérieux du point de vue des questions traités… A vrai dire, ce qui m’étonne personnellement et ce qui contredit d’ailleurs ton propos, c’est de savoir pourquoi quelqu’un comme lui, issu de la filière nucléaire, ex-PDG de la COGEMA, pond aujourd’hui un rapport qui « dézingue la voiture électrique »… S’il était, comme tu le dis, au service du lobby nucléaire, il aurait tout intérêt à vanter les mérites de la voiture électrique en France, pays fortement nucléarisé… ce qu’il ne fait pas, bien au contraire, en assurant encore de longues années au moteur à pétrole…

  10. plutot

    Je pense aussi que le véhicule électrique (VE) et le nucléaire sont deux domaines indépendants. Il n’est pas certain que le développement des VE impose plus de production comme certains le prétendent, tout au plus nous verrons disparaitre le creux de consommation nocturne (creux qui a conduit EDF a pousser les applications nocturnes style éclairage massif ou remontage d’eau dans les barrages par pompage), ce qui améliorera le rendement global de la production d’électricité. On peu m^me penser que la fabrication d’une motorisation électrique consomme moins que celle d’un moteur thermique, mais je m’avance sans avoir les chiffres (je pense surtout aux usinages et assemblages complexes d’un moteur a explosions! et de sa transmission…)

  11. CarFree

    En France, où l’énergie électrique est majoritairement produite à partir du nucléaire, Jean-Marc Jancovici a pu calculer que pour faire rouler l’ensemble du parc automobile français à l’électrique, il serait nécessaire d’augmenter d’environ 50% le parc de centrales en France. Avec environ 60 réacteurs nucléaires en activité aujourd’hui en France, il serait donc nécessaire de construire environ 30 nouveaux réacteurs juste pour les voitures!
    Source: http://www.manicore.com/documentation/voit_elect.html

    D’autres sources indiquent même qu’il faudrait tout simplement doubler le parc de réacteurs nucléaires en france: Ce n’est pas de moitié qu’il faudrait augmenter en France la puissance des réacteurs nucléaires pour alimenter un parc de véhicules électriques (pas seulement les voitures) comparable à celui d’aujourd’hui, mais près du double : 58 réacteurs de 1 GW, soit 58 GW contre 63 GW aujourd’hui.
    Source: http://futura24.site.voila.fr/nucle/react_france.htm

    Quand on voit que cet hiver, légèrement plus froid que la moyenne, EDF a du importer de grandes quantités d’électricité à l’étranger et que les pics de consommation ont mis le réseau électrique à genoux, il va falloir nous expliquer quelles sont les marges de manoeuvre… et en finir avec le mythe des voitures-machines à laver (recharger les voitures pendant les heures creuses de la nuit). C’est peut-être valable pour quelques dizaines ou centaines de milliers de voitures, mais il faut rappeler que le parc automobile français est composé de 36 millions de voitures…

    Quand j’entends certains, le développement des voitures électriques peut se faire quasiment sans augmenter la production d’énergie… c’est miraculeux! on l’a trouvé la source d’énergie inépuisable…

  12. Philippe Schwoerer

    C’est aussi une histoire de priorité que chacun veut se donner. Et on en a déjà parlé.

    Comment expliquer tant de disparités de consommation d’électricité dans les familles ? Comment expliquer que même en utilisant quotidiennement un véhicule électrique, notre famille est encore en-dessous de la moyenne de consommation électrique utilisée par une famille de même taille ?

    Gaspillage ! Partout il y a du gaspillage : télé allumée pendant sdes haures dans des pièces où il y a personnes, veilleuses allumées toute la nuit parce que les parents ont peur de se montrer ferme avec leurs enfants, lampes à incandescence, immeubles de bureaux allumés toute la nuit, enseignes de commerces allumées toute la nuit…

    Il y a de quoi en faire rouler des voitures électriques sans produire plus d’électricité.

    En hiver, on peut peut-être aussi se poser la question des choix : est-il encore viable aujourd’hui d’illuminer toutes les moindre villes un mois avant Noël ? Ca en fait de l’électricité tout ça, n’est-ce pas !

    Carfree est contre l’automobile en général. Il ne serait donc pas dans son rôle de trouver des moyens et solutions pour que soit acceptable l’idée de faire rouler une part du parc automobile à l’électricité.

    Pour ceux qui n’auront pas beaucoup d’autres choix que de malgré tout recourir à l’usage d’un véhicule, le casse-tête commence. Mais ce n’est certainement pas sans solution, en commençant par oublier celles qui posent de gros problèmes environnementaux.

  13. linz

    Quelques précisions techniques. Les véhicules électriques avec batteries lithium doivent être considérés comme des véhicules urbains ou péri-urbains pour un usage quotidien ou les TEC ne correspondent pas aux besoins (cas fréquent). Des véhicules légers mono ou biplace (vélo électrique ou tricycle caréné) sont adaptés dans plus de 90% des cas (combien de voitures en ville avec 3 personnes et plus ?). De tels véhicules consomment typiquement en moyenne 5 kWh aux 100 km (nettement moins si le véhicule est optimal). Comptons 8 kWh d’électricité EDF en tenant compte des pertes en charge-décharge et en comptant (très) large.

    Un tel véhicule fait au plus 50 km entre 2 charges. Cela nécessite donc 25 kg de batteries Lithium (à 100 Wh du kg). D’après cet article une Tesla avec 400 kg de batteries contient 4 kg de Lithium.
    Avec 25 kg le même ratio donne 250 grammes.

    De tels véhicules en libre-service (genre Velib) rendrait le même service en ville avec un nombre 10 fois inférieur aux véhicules thermiques actuels en « pleine propriété ». Par exemple, à l’échelle de la France, cela donnerait 4 millions de tels véhicules. Soit 1000 tonnes de lithium nécessaire ! A comparer aux réserves estimées de 4 ou 11 millions de tonnes …

    quant à la consommation « EDF » j’ai fait le calcul par ailleurs sur ce site : la capacité nocturne nucléaire inutilisée est largement suffisante. Pas une centrale de plus est nécessaire !

  14. Robert Giraudon

    Plutôt que de donner des sentiments étayés parfois par des chiffres souvent exacts maais pas toujours, j’invite tous ceux intéressés par le sujet à lire le rapport Sirota Perspectives concernant Le VÉHICULE « grand public »d’ici 2030 – 28 sept 2008, publié par le Point, aprés avoir été enterré par le Mlinistère de l’Environnement qui l’avait commandé et qui n’en a pas apprécié les conclusions : « La voiture électrique est une impasse »:
    20 août 2009

  15. Philippe Schwoerer

    On a déjà parlé de ce rapport ici. Il n’est qu’un pétard mouillé lorsqu’on connaît l’implication de son auteur dans le sujet très sensible du nucléaire.

    Ce n’est certes pas un document de référence, qui curieusement, ferait la part belle aux véhicules hybrides dans un premier temps.

    Ce document ne peut intéresser ni les défenseurs du VE, ni ceux qui veulent voir disparaître l’automobile.

    Il a plus été enterré car peu crédible, plutôt que parce qu’il dérangeait par ses vérités.

  16. DuSud

    Trés bien, l’article mais j’avais préalablement fait une estimation sur d’autres données prises sur le net :
    -30 kg de lithium par voiture
    -30 millions de tonnes de reserve
    Avec des voitures allégées, on arrive à 1 dixième du parc automobile mondial.
    Il vaut 100 fois mieux faire des voitures hyperlégères à un litre au cent, ce qui est trés faisable en extrapolant l’expérience des shell-écomarathon.
    Roulez couché !

Les commentaires sont clos.