Automobile : une crise structurelle

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Le secteur automobile subit la crise de plein fouet. Des difficultés conjoncturelles certes, mais pas seulement: l’industrie phare du XXe siècle souffre d’une surproduction au niveau mondial et d’une image ternie par ses coûts environnementaux. Les promesses technologiques annonçant pour demain une voiture verte ne sont pas à la hauteur de l’enjeu: la voiture la plus verte demeure celle dont on ne se sert pas.

Article issu du dossier Automobile: Le grand tournant, paru dans Alternatives Economiques n°279, avril 2009

Avant même la récession, les constructeurs souffraient de surcapacités. La crise va précipiter la concentration d’une industrie encore très éclatée.

La récurrence de nos pertes opérationnelles (…) et notre incapacité à générer des liquidités suffisantes pour faire face à nos obligations et soutenir nos activités soulèvent un doute substantiel sur notre capacité à survivre. » General Motors (GM), le géant américain de l’automobile, a pour la première fois admis être au bord de la faillite, dans son rapport annuel remis aux autorités boursières le mois dernier. Ce symbole des progrès du management moderne et de l’arrivée dans tous les foyers de l’automobile, pourrait donc disparaître sous peu. Si GM semble le constructeur le plus menacé aujourd’hui, les autres ne vont guère mieux: partout les Etats sont appelés à la rescousse pour éviter que cette industrie ne sombre corps et âme.
La crise de plein fouet

Comment en est-on arrivé là? La faute, bien sûr, au choc d’une violence exceptionnelle subi par l’économie mondiale ces derniers mois. Parmi les différentes branches d’activité, l’automobile est une des plus exposées: c’est en effet un des produits industriels qu’on achète le plus à crédit (une denrée devenue particulièrement rare) et dont on peut le plus facilement repousser l’achat de quelques mois. D’où le plongeon spectaculaire des ventes partout dans le monde: celles de GM ont ainsi chuté de 53% en janvier dernier par rapport à janvier 2008.

Mais cette crise conjoncturelle combine ses effets dévastateurs avec une crise plus structurelle. Tout d’abord, l’image de l’automobile est de plus en plus atteinte dans l’opinion et sa place contestée dans nos sociétés, du fait notamment de sa contribution au changement climatique (voir page 54). Du coup, le produit lui-même et les choix technologiques fondamentaux qui l’ont défini depuis un siècle sont remis en cause (voir page 55).

Avant même la crise actuelle, l’industrie automobile était déstabilisée par des surcapacités considérables à l’échelle mondiale. Du fait à la fois de la baisse des ventes dans les pays riches et du surinvestissement dans les pays émergents. La récession actuelle devrait du coup précipiter la concentration de cette industrie encore très éclatée. Avec des conséquences très lourdes en termes d’emplois et en amont, sur les tissus industriels des zones concernées. Notamment en France où, dans le contexte d’une désindustrialisation déjà très avancée, l’automobile constituait jusqu’à présent un des rares pôles de résistance.

France: Évolution du nombre d’emplois dans l’industrie automobile et chez les équipementiers
Evolution du nombre d'emplois dans l'industrie automobile et chez les équipementiers

Source: www.alternatives-economiques.fr

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Théoricien de la crise automobile

Un commentaire sur “Automobile : une crise structurelle

  1. jmax

    moi, je veux bien mais hier, il fallait 4 mois et demi de délai + mois d’août fermé, soit le 1er novembre pour une clio 3 et plus de deux mois, soit fin juillet pour une Nissan Note. Alors, crise peut-être mais pourquoi ne pas produire plus pour satisfaire la demande ?

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