Anachronisme aggravé du Tramway Tourangeau

« Rien n’est acté ! » Officiellement…

anachronisme-aggrave

Un tramway avec un contingent macabre de plus de mille arbres à abattre, détruisant en première fournée  toutes promenades arborées et « voies cyclables » (1) sur son passage; il y a là de quoi s’interroger sur les fonctionnalités du tramway.

Récidiviste en plus, avec en deuxième fournée une multiplication presque par dix du nombre des arbres à abattre… « Rien n’est officiel !» « Le tracé du trait n’a pas été arrêté !». Mais si tout se passe comme pour la première ligne, il risque de s’inscrire encore au pire endroit; sur le mail arboré historique et patrimonial du centre identitaire de la ville.

Trop d’arbres abattus ! Il y a là encore matière à réflexion sur ce que veut vraiment faire le tramway.

En « 14-18 », les Tourangeaux du centre ville risquent d’être réveillés dans un vacarme assourdissant et ne reconnaîtront plus leur ville. Dans l’organe de propagande municipale la menace qui plane sur la ville porte le nom de code de « Quatrième Paysage » (2). 2014-2018 c’est la période d’arrivée de la deuxième ligne du tramway dans Tours. Si tout se passe comme avenue de l’Europe et comme au Sanitas, pour parfaire en paix son « Quatrième Paysage », l’état major municipal révélera son plan d’action « la veille pour le lendemain ».

Raser le grand mail arboré historique des boulevards Heurteloup et Béranger. Cette voie majeure, la plus longue et large promenade arborée marquait l’ancienne limite de la ville médiévale… Des « experts forestiers » sont sûrement sur le coup ! Très en amont du drame, ils apprêtent le terrain (3) et la « Presse locale » toujours très bien informée révélera à sa manière très savante : « Tramway et Arbres, ça ne fait jamais très bon ménage !» (4)

« Rien n’est officiel ! » Mais la menace de ce grand massacre, sur cette trame arborée patrimoniale, déjà envisagée dans le passé resurgit aujourd’hui auréolée de « vert ». Déjà dotée de son nom de code « vert » « irréprochable » de « Quatrième Paysage », elle plane à nouveau sur la ville, véhiculée aujourd’hui par le tramway…

Sans aucun doute, il y a là un vrai effort de réflexion à faire sur la ville et le tramway…

Convergence manquée, mais les dés sont pipés…

Dans bien des villes encombrées d’automobiles, saturées de pollutions automobiles et vibrantes de décibels automobiles, le tramway émerge comme un point de convergence possible. Aux yeux de beaucoup, cette machine semble capable de redonner un peu d’air respirable, de reprendre un peu d’espace vivable, dissiper les nuées toxiques, éclaircir et sortir la ville de l’impasse automobile. Après tant de décennies obscurcies par la chape automobile, cette convergence vers la sortie du long et sombre tunnel automobile relève du miracle. Car elle s’opère entre les édiles technocratiques et les diverses associations environnementalistes.

Avec ce « gros train électrique », la technocratie locale toujours narcissique de son pouvoir en profite pour embellir encore son image de marque, atteindre une visibilité nationale, « offrir à la ville un atout touristique ». Et les associations environnementalistes, plus que jamais tenaillées par l’urgence et la nécessité d’agir, trouvent l’opportunité d’intervenir de manière « pragmatique » dans la « vie de la cité ».

Pour ces associations par définition « apolitiques » cette convergence possible avec la technocratie autour d’une machine c’est l’occasion de sortir de la « critique systématique », leur permettant d’échapper à l’accusation massue de « la contestation stérile », une occasion donc pour elles d’exister de manière « positive » ou « participative ».

A Tours, cette rencontre « pragmatique » et « démocratique » autour d’une machine n’a pas eu lieu. Plus grave encore, le projet tellement dévastateur et incompréhensible de la municipalité a réuni contre lui un front de « Convergence d’Analyses ».

La déception et la désillusion d’associations naturalistes et environnementalistes pourtant très favorables au tramway s’étaient exprimées de manière claire lors de l’enquête publique (5). Mais devant les inconséquences manifestes de la « commission d’enquête publique », pour tenter d’arrêter la machinerie dévastatrice et sauver ce qui peut être encore sauvé, le dossier de cette « Convergence d’Analyses » (6) a été déposé auprès de la préfecture. Mais les dés sont pipés.

D’anachronisme en anachronisme, la démarche technocratique

Dans les années 1970 l’automobile en ville était déjà clairement analysée comme un « anachronisme » (7) et comme le temps passe vite, dans les années 2000 le tramway à son tour est aussi un « anachronisme ».

Certes l’industrie produit de « belles et très belles machines » mais « l’alternative à l’automobile » n’est déjà plus le tramway, comme dans les années 1970. Penser la ville de l’après pétrole, c’est bien aujourd’hui avec 40 ans de retard, il n’est pas trop tard pour bien faire. Mais c’est aussi valable pour toutes les énergies, car le pétrole est beaucoup plus qu’une énergie primaire, c’est l’essence même de toute l’architecture politique urbaine.

Quarante ans plus tard les automobiles dominent toujours la ville et les édiles technocratiques rajoute une nouvelle machine « énergivore » présentée comme une alternative à l’automobile. Mais il ne faut pas se voiler la face, la chaîne des anachronismes est bien sûr faite pour sauver la circulation automobile en ville parce que derrière elle s’active la pègre technocratique.

Le problème est de dé-piper les dés, poser les bonnes questions pour briser la chaîne interminable des anachronismes et faire l’économie nécessaire du boulet technocratique.

Pour les « déplacements » en ville, le tramway est largement dépassé et depuis longtemps. Le proposer comme une alternative à l’automobile est un nouvel anachronisme typiquement technocratique. Poser les bonnes questions, « déplacement » ou « transport » ?

Si le tramway est aujourd’hui un « anachronisme » ce n’est pas seulement évident lorsque l’analyse se fait dans une perspective écologique avec un a priori anti-technocratique. Il existe d’autres alternatives à l’automobile plus performantes et susceptibles d’offrir encore prise à la technocratie. Le « vélo high-tech » existe déjà et par sa conception même, technologique et évolutive cette « machine » peut offrir sujet de satisfaction à la technocratie, source perpétuelle de gratifications narcissiques dans les « hautes sphères ». Satisfaire les édiles selon les procédures chiffrées chères au monde technocratique, mais le narcissisme n’est malheureusement pas leur motivation principale.

Si la question est posée plus en terme de « déplacement » que de « transport » et si en plus on met la contrainte de liberté de rapidité et de « porte à porte » l’alternative à l’automobile de toute évidence ne passe pas par le tramway, trop lourd, trop encombrant, trop énergivore et dévastateur majeur d’espace…

Dans l’enceinte de la ville, le vélo est la solution ! Identifié depuis les année 1970, avec toute ses potentialités c’est la solution « miracle » (écologique sociale et même médicale) capable de satisfaire tout le monde, sauf la vieille pègre technocratique… Même pour les « cadres dynamiques » pressés il y a déjà le VAE « Vélo à Assistance Électrique » garanti « anti-transpirant » et déjà testé efficace pour assurer un sevrage durable de la toxicomanie automobile. Le vélo taxi et le « vélo high-tech » assurant à la fois mobilité, performance, liberté, «  porte à porte », faible emprise sur les espace, résilience et faible impact écologique.

Avec le « vélo high-tech » bourré de gadgets technologiques une « nouvelle technocratie » peut entièrement s’exprimer et se complaire dans une procédure d’apparat médiatique et de gratification narcissique. La ville de Copenhague semble s’être engagée dans cette voie (8). Dans beaucoup de villes les édiles ont lâché un peu de leste dans cette direction ; mais la vieille pègre technocratique, contemporaine de la construction de l’empire automobile, s’accroche à son bourbier nourricier, c’est son domaine de prédilection où elle excelle et tire sa raison d’être, car la circulation automobile c’est des infrastructures autoroutières, complexes, lourdes et d’aussi complexes et juteuses opérations de spéculations immobilières….

Lorsque le problème est directement posé afin de trouver une alternative à l’automobile, le tramway est d’emblée disqualifié, « anachronique ! » La technocratie, si elle veut s’assurer un semblant de crédibilité politique doit chercher d’autres « jouets » pour s’exprimer, et ils existent…

De toute évidence dans l’enceinte d’une ville ou une agglomération de taille moyenne, le tramway n’a aucune utilité sociale. Cela relève de l’arbitraire, faire tenir et enfermer une grosse machine dans un « mouchoir de poche ».

Vouloir à tout prix un « tramway », avec une réelle utilité sociale c’est obligatoirement un « Tram Train » intégré dans le réseau ferré avec un large rayon d’action à sa juste mesure, ouvert sur les villes et villages de l’ensemble du département. C’est justement là la proposition défendue dans « Convergence d’Analyse et d’orientation sur le projet de la première ligne de tramway de l’agglomération Tourangelle »

Le spectacle de l’arbitraire et de l’hermétisme technocratique

La chance que nous avons offerte aux « Verts » « maison » de ramener à la raison l’état major municipal en aiguillant le tramway sur les « bons rails » de l’écologie et de l’utilité publique, a été catégoriquement rejetée.

La « discipline politicienne de la « majorité plurielle » a prévalu, avec une confirmation publique franche et nette faite par le chef des « Verts » lors d’une émission sur « Radio Béton. »

Confronté à la grave problématique écologique soulevée par le tramway, il a « botté en touche » en s’esquivant derrière « un rapport d’expert forestier » commandité sur mesure par la municipalité…

Invraisemblable ! « Diminuer la part modale du déplacement automobile » de quelques ridicules pourcents, la faire passer de 61 à 58 % ; tel est l’objectif auquel s’est rallié le « groupe Verts » de Tours. Un objectif purement technocratique, pas même l’ombre d’un ordre de grandeur et même pas les « variations saisonnières »… Mais, qui sait, peut-être largement suffisant pour obtenir un « label vert » pour la ville auprès des agences de certifications écologiques.

Pour éviter le désastre froidement programmé par la municipalité, les différentes associations avec leur dossier critique de « Convergence d’Analyse » se sont tournées vers le préfet.

Quelle que soit la décision du Préfet pour la « déclaration d’utilité publique », depuis le mois de juin 2010 moment de la révélation du tracé définitif de la première ligne, l’arbitraire du pouvoir s’est exprimé sans discontinuer.

Il s’est manifesté par sa brutalité et dans toutes ses modalités. Cris de guerre des tronçonneuses de l’autocrate local. La Presse achetée pour une « Spécial 20 pages » (9) de publicité et désinformation à la solde de la municipalité, vocifération itérative des journalistes contre les associations et intimidation de la population prise aussi en charge par la presse pour imposer des abattages d’arbres, quadrillage et manœuvre des engins de chantier pour assurer la logique du « massacre accompli » Et mutisme complice de discipline politicienne des Verts.

Nous n’étions pas nombreux et nous ne nous opposions pas à l’arrivée d’un tramway sur Tours. Nous voulions seulement préserver des arbres, sauver des allées arborées, mettre le tramway sur les « bons rails » d’une réelle utilité sociale avec une promotion de la « trame verte et bleue ».

Ce spectacle brutal de l’arbitraire contre nous, si peu nombreux, et contre les habitants désinformés et laissés pour des demeurés, avec cette série surprise d’abattages inutiles d’arbres pour imposer un projet de tramway ; ce spectacle du massacre accompli est suspect.

Quel projet politique véhicule le tramway ?

Première partie
Tours, le 18 novembre 2010
jms

(1) Pour moi les plus belles voies cyclables arborées ou non de la ville sont les larges bandes de passage des bus. Elles me permettent de doubler ostensiblement à vélo les bouchons automobiles, de traverser à « grande vitesse » la ville sur l’axe nord-sud en allant d’un coteau à l’autre, du haut de la Tranché jusqu’à Montjoyeux… Ce grand axe cyclable qui était celui de la célèbre « Arrivée du « Paris Tours » » sera détruit par le tramway.
(2) Tour(s)plus mag n°33 quatrième trimestre 2010. « Un quatrième paysage » «  il sera tel un curseur glissant sur sa ligne »
(3) La Nouvelle République le 15 septembre 2010 « L’éco-mobilité : avec le tram tout va changer » Le secret domine sur le trait du tramway, seul information dans la presse : « La deuxième ligne pourrait, elle, tracer son sillon dans une transversale est-ouest. Aucun calendrier n’est dévoilé, pour l’instant. Mais, en coulisses, les élus et techniciens du Sitcat se penchent déjà sur la question. « On a commencé la réflexion sur cette deuxième ligne de tramway et nous aurons progressé sur ce dossier d’ici la fin de l’année», annonce Jean Germain. »
(4) Nouvelle République : Europe : pourquoi le tram va couper des arbres – En référence à la phrase de l’article pour justifier les abattages lors des « travaux préalables au tramway : « Réseaux et racines ne font pas bon ménage ».
(5) Tramway et arbres dans la ville de Tours
(6) Convergence vers un tram-train – Ville de Tours
(7) La ville et l’automobile dans les années 70
(8) Le Monde 26 décembre 2009 « Copenhague veut remiser ses vieux vélos partagés pour des cycles high-tech.» « La municipalité de la capitale danoise, où un habitant sur trois circule à bicyclette, vient de rendre publiques les 127 propositions d’un concours d’idées pour moderniser son réseau. »
(9) voir note 3

Jean-Marc Sérékian

A propos de Jean-Marc Sérékian

Rédacteur du site Carfree France, spécialiste des questions d'énergie et de biodiversité.

9 commentaires sur “Anachronisme aggravé du Tramway Tourangeau

  1. CarFree

    Je ne suis pas un défenseur acharné du tramway mais je pense que vous faites fausse route sur l’aspect « anachronique du tramway ». Les habitants des villes plus ou moins grandes qui ont vu arriver le tramway après des décennies de suprématie automobile ne peuvent pas se reconnaître dans ce discours à charge. L’arrivée du tramway a, dans de nombreux cas, transformé les villes en limitant la place allouée à la voiture, en dynamisant et revalorisant les transports en commun, en permettant un réaménagement d’espaces piétonniers ou cyclables, etc.
    L’exemple de Tours est sans doute le mauvais exemple car cette municipalité semble vouloir imposer le tramway en dépit du bon sens. Je l’ai déjà dit sur d’autres articles, le succès du tramway repose essentiellement sur la place prise à l’automobile, pas sur la place prise aux piétons, aux vélos ou… aux arbres! Les emprises du tramway doivent être prises sur les emprises routières, pas sur les espaces verts, les arbres ou les bandes cyclables…
    Alors oui, le tramway est une « grosse machine » probablement très technocratique… mais je pense qu’il ne faut pas confondre technocratie et « organisation de la vie collective »… A preuve du contraire, on parle ici de villes (ou d’intercommunalités) de plusieurs centaines de milliers d’habitants, et pas de petites villes ou de villages… Au-delà d’une taille critique, des infrastructures lourdes sont obligatoirement nécessaires, même si on préférerait vivre dans des unités de vie à taille humaine!
    Egalement, le pseudo-coût faramineux du tramway relève de la manipulation: pendant des décennies, les villes ont dépensé des centaines de milliards dans le tout-routier… sans se poser plus de question que cela. Aujourd’hui, dès qu’un projet de tram arrive, son aspect emblématique effraie, mais c’est un investissement sur plusieurs dizaines d’années…
    Sur les pourcentages, il y a aussi matière à débat… Si on constate en France une légère baisse de la circulation automobile en ville, ce n’est pas vraiment grâce au vélo dont la part modale augmente peu, mais c’est surtout lié à la multiplication des réseaux de tramway dans les villes françaises.
    Enfin, je ne pense pas que le vélo soit la solution à tout. Dans le cas de Tours par exemple, pour aller du nord au sud de la ville, il faut compter environ 10 km (beaucoup plus si on déborde sur les communes limitrophes). Il est illusoire de penser que l’ensemble de la population pourrait faire 20 ou 30 km par jour (aller-retour) à vélo, en comptant les fois où il faut porter des choses… Tout le monde ne peut pas, y compris avec un VAE, accomplir ces distances. Un tramway, permettant de faire entrer son vélo, produit une extension considérable de la portée du vélo.
    Même pour une agglo de taille moyenne, je pense donc au contraire que le tramway a une réelle utilité sociale ! Si vous consultez les enquêtes déplacements du Certu, vous verrez que ce sont les villes moyennes et les « petites agglos » qui connaissent la pratique automobile la plus forte : très peu de contraintes à l’usage de la voiture, aucune alternative crédible, etc.
    Alors oui, le tramway n’est pas la solution à tout et ne fera pas disparaitre l’automobile de la ville, mais c’est à mon sens un outil intéressant pour limiter la place et la circulation automobile, en complément de tout un panel d’autres mesures (développement vélo, limitation du stationnement, renchérissement du coût de la voiture, urbanisme et ré-aménagement du territoire, etc. etc.)

  2. MOA

    carfree : « Il est illusoire de penser que l’ensemble de la population pourrait faire 20 ou 30 km par jour (aller-retour) à vélo »

    A mon sens, avec un aménagement adapté, une très très grande majorité (on ne pourra jamais atteindre 100% : l’ensemble. C’est vrai pour tout) peut faire 10 km aller… puis 10 retour. Sans aucun problème, y compris en incluant les fois où l’on doit transporter des choses.

    Il suffit d’essayer sérieusement pour le réaliser.

    carfree :  » […] Tout le monde ne peut pas, y compris avec un VAE, »

    ah bon? pourquoi? C’est encore plus vrai avec un VAE !

    De plus, le VAE, de part son rôle de désintoxication à la bagnole (je suis 100% d’accord là dessus -je parle de mon expérience) est un bon moyen d’en prendre conscience sans se faire violence. Ensuite, il s’avère que l’assistance électrique, pour quelqu’un qui n’a pas de problème de santé, n’est au final qu’un gadget… rassurant et anti-flemme. Pas beaucoup plus.
    Je ne me prononcerai pour les gens souffrant de pbs de santé mais je dirai juste que le vélo, l’air libre, un peu d’activité physique quotidienne permet de grandement améliorer la santé comme tout le monde le sait.

    Concernant, le tramway, je rejoins assez l’avis de carfree par contre, notamment, et entre autre, concernant l’emprise du tram sur les infrastuctures routières uniquement.

  3. Jean-Marc SérékianJMS

    Je n’avais aucun a priori défavorable sur le tramway. Ma réflexion initiale portée sur « arbres et villes » dans « Un Jardin de la France en Béton Armé » puis le tramway a surgi avec son « contingent macabre » invraisemblable.
    Il s’agit pour moi de comprendre pourquoi une structure de transport que l’on présente comme une alternative à l’automobile puisse être à ce point instrumentalisée contre la nature, « plus de mille arbres à abattre sur le passage du tramway»…
    Il s’est trouvé qu’indépendamment de moi, qui ne suis qu’un individu, des associations environnementalistes et naturalistes ont dénoncé avec les arguments habituels ce projet contre nature, elles ont exprimé leur profonde déception, car encore plus grave ce projet dévastateur de la trame arborée sans égratigner une voiture n’est pas l’œuvre d’une municipalité de droite comme à Marseille mais celle d’une « Gauche Pluriel » avec des Verts dans cette majorité.
    Comment comprendre une chose pareille ?
    Comment comprendre que les Verts soutiennent un tel projet contre les associations environnementalistes et naturalistes pourtant toutes favorables au tramway ?
    Comment comprendre ce rendez-vous historique manqué à Tours ?
    Trop d’éléments suspects à questionner !
    Cette réflexion est avant tout politique. C’est quoi la ville ? C’est quoi le tramway ?
    La question est donc : quel est le projet politique véhiculé par le tramway ?
    Pour avoir une piste générale de la thèse soutenue dans cette « Chronique d’un Désastre » on peut lire « Surveiller et Punir » de Michel Foucault…
    Mais parallèlement aux aspects politiques traditionnels, cette réflexion s’efforce de recentrer l’analyse des divers éléments émergents de l’urbanisme contemporain sur les problématiques éthique et écologique.

  4. CarFree

    Je comprends votre réflexion mais je persiste a penser que Tours n’est pas un bon exemple en matière de tramway et qu’il est donc délicat d’en tirer des généralités.
    Pour le reste, la position des Verts n ‘est pas surprenante, il n’y a plus grand chose a attendre d’eux…

  5. Alain

    Si il ne faut rien attendre des verts, c’est encore bien pire à Tours, car en réalité, les dirigeants verts de Tours ne sont que des socialos déçus du PS. Comme ils fallaient bien qu’ils continuent à vivre, ils se sont mis au vert (c’est le cas de le dire). A part un ou deux, aucun d’entre eux n’a une position radicale sur le changement de société qu’il nous faut connaitre. Ne leur parler jamais de décroissance, ils vous prendront pour un fou totalitaire. Non, ce qu’ils aiment, c’est lécher les basques du Maire Germain, sortir un ou deux tracts de leur imprimantes à l’heure des élections, faire des meetings en proclamant qu’avec eux, ça va changer, puis ils se rendorment doucement, le Maire Germain vient les border. Ils rêvent. Jusqu’ici tout va bien, en quelque sorte…

  6. CarFree

    Dis-moi si je me trompe Alain mais ce n’étaient pas les Verts de Tours qui avaient organisé un meeting sur la voiture à hydrogène?

  7. Raghnarok

    Sans vouloir encore critiquer les verts, y a bien qu’eux pour promouvoir des choses comme la voiture à hydrogène (au même titre que la voiture électrique).
    Si les gens réfléchissaient on serai déjà passés à l’ère post-pétrole…

  8. Alain

    Si c’est eux. Vélorution Tours s’était rappelé à leur bon souvenir lors d’un meeting de campagne pour les européennes. Faut voir ce qu’on s’est pris dans les dents.

  9. tourangeau

    Au secours. Tours se trouve dans une impasse totale.

    Comment est-on passé de Descartes à Kafka, je l’ignore. Il règne localement une ambiance policiaro-délétère plus STASI que démocratique, tout cela parce que la ville aurait été « libérée » de Royer (ancien maire complétement ringard du siècle passé), ça commence à faire longtemps : le bénéfice de l’opération a été servi et resservi ad nauseam.

    La vérité est que je crains la mairie comme la moitié de mes amis vivant dans l’angoisse de l’arbitraire municipal qui sévit partout. Plus personne n’ose s’exprimer : c’est pourquoi je salue votre intervention courageuse. Une sorte de « sarko-socialisme », si je puis dire, s’est abattu par degré sur la ville, années après années.

    Détruire irrémédiablement le boulevard (Heurteloup) qui est un site remarquable à tous points de vue est une faute. Qui pourra le nier ?

    Quand le mal sera fait, nous aurons les cartes postales et les photos pour nous en souvenir et le déplorer. Combien de villes du midi qui n’ont pas su protéger leur « Tivoli » : c’est l’appellation méditerranéenne pour ce genre de dispositif urbano-arboré, le regrettent ?

    Je me demande sincèrement ce que les habitants ont fait (ou pas fait) pour mériter ça, indépendamment de toute considération politique ?

    Un impact de 2 %… si ce n’était pas tragique ou pourrait en rire.

    Il y a derrière tout cela l’idée des potentats qui est de punir en effet, et de punir tout le monde : les riches propriétaires des maisons qui bordent les boulevards mais aussi et ce n’est pas dissociable de punir les pauvres qui doivent comprendre à toute force que leur « transport » ne peut se faire sans casse, ni lourdeur – non le vélo c’est pas possible – ni sans attenter à la beauté qui fait le plaisir de l’existence de ceux qui ont peu et dont je me contente d’ordinaire.

    Il a donc été décidé par les amis du genre humain qu’on irait « plus vite » (c’est l’important) d’un endroit pas terrible à un autre endroit pas beaucoup plus chouette en passant comme des ombres – en vitesse – par une promenade toute flinguée.

    Rectifiée et rectiligne comme le totalitarisme ou pour citer un personnage de Pennac : « la mort est une trajectoire rectiligne ».

    Batterie de grand deuil.

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