Le palmarès mondial des villes cyclables 2011

« Copenhagenize est une agence de communication et un cabinet de conseil spécialisé dans la promotion du vélo. » C’est ainsi que se présente la structure qui vient d’établir ce palmarès mondial des villes les plus « vélo-amicales » dans le monde. Et si cette société qui veut « copenhaguiser » la planète ne vous est pas totalement inconnue, c’est que l’homme qui se cache derrière ne l’est peut-être pas totalement non plus… puisqu’il s’agit en l’occurrence de M. Mikael Colville-Andersen, LE monsieur Vélo d’origine danoise à l’origine du mouvement Cycle Chic (devenu marque déposée depuis) et répandant la bonne parole du vélo urbain à travers le monde.

Pour établir ce palmarès, Copenhagenize a mis en place un certain nombre de critères, 13 au total, afin de comptabiliser des points et ainsi arriver à un Top 20 des villes mondiales où il fait bon rouler à vélo: Infrastructures cyclables, programme de vélos en libre-service, part modale du vélo, plan de déplacement urbain, centre-ville pacifié… etc …

Dans le Top 5

Était-ce pour éviter de se faire accuser de favoritisme que le cabinet danois ne s’est pas permis de mettre sa propre capitale à la première place ? Nul ne le saura. Toujours-est-il que Copenhague arrive en seconde position devant LA capitale mondiale du vélo, Amsterdam, qui (selon la légende) possède plus de vélos que d’habitants et dont  la part modale du vélo dans les déplacements dépasse 50% dans le centre-ville! C’est la capitale catalane Barcelone qui arrive en troisième position, notamment grâce à la rapidité avec laquelle la municipalité a réussi à ré-introduire le vélo dans les déplacements des barcelonais, entre amélioration des infrastructures cyclables et mise en place des VLS Bici.

La capitale nippone Tokyo se place quatrième, dans une ville pourtant réputée pour former l’aire urbaine la plus peuplée au monde, il semble que le vélo ait gardé les faveurs des Tokyoïtes. La ville a gagné des points dans le palmarès notamment grâce au grand respect (la légendaire courtoisie asiatique) des automobilistes envers les autres usagers de la route, mais également grâce à ses incroyables parkings à vélo. Berlin termine ce Top 5, en particulier grâce à un réseau cyclable efficacement séparé des voies automobiles.

Top 10…

Les Vélibs n’auront pas suffit à notre capitale à arriver dans le Top 5, même si la croissance exponentielle de son trafic vélo a beaucoup impressionné le cabinet danois. Paris se fait même devancer (d’un seul point) dans ce Top 10 par la ville allemande de Munich, qui privilégie depuis quelques temps maintenant une politique de déplacement très favorable à la bicyclette, et les investissements en conséquence.

Première ville nord-américaine du classement, Montréal arrive en huitième position, grâce au grand succès qu’a remporté son programme de vélo en libre-service Bixi. Aux dires du cabinet danois, la culture cycle est désormais palpable dans toute la ville canadienne.

La capitale irlandaise Dublin se place 9ème, elle aussi grâce au succès de son VLS (fourni par JCDecaux encore) mais également du fait de politiciens très ouverts au vélo et qui ont implémenté pistes cyclables et zones 30 en grand nombre. Budapest, arrive 10ème, en ayant réussi en seulement quelques années à atteindre le chiffre de 5% de part modale du vélo. La capitale hongroise est très imprégnée de culture vélo, nul doute donc que ce chiffre va continuer d’augmenter.

Top 15…

Reconnue par beaucoup comme la 1ère ville cyclable des États-Unis, Portland se place onzième du palmarès, surtout grâce aux investissements de la municipalité dans les infrastructures cyclables, mais également une très bonne acceptation sociale du vélo, fait en effet rare pour une ville américaine, et d’autant plus étonnant que la ville subit des hivers souvent très humides. Pôle économique et culturel de l’ouest du Mexique, Guadalajara arrive douzième. La ville pourtant située à 1500 m d’altitude, mais bénéficiant d’une topographie clémente de type plateau, a emboité le pas de sa cousine sud-américaine Bogotá, avec une politique cyclable très efficace. Hambourg se place treizième.

Pourtant hissée au 1er rang des villes les moins dépendantes à l’automobile dans une autre étude récente britannique, Stockholm n’arrive ici que quatorzième du classement. Copenhagenize l’explique par le fait que pour une capitale économique qui se prévaut de solutions environnementales, des efforts sont encore à faire pour dépasser les 10% de part modale du vélo actuel. En quinzième position, c’est la finlandaise Helsinki qui se doit de revoir son réseau cyclable trop vieillissant.

Top 20…

Malgré les efforts récents en matière de politique cyclable de son maire, Londres n’arrive qu’en seizième position, même si son tout nouveau programme de vélo en libre-service fait renaitre les faveurs des londoniens envers le vélo. Ayant pourtant une réputation cyclable internationale, San Francisco ne se place que 17ème, notamment à cause d’une sous-culture vélo encore très forte (rappelons que la tendance fixie serait, selon la légende, ressurgit de là-bas), et donc des efforts à faire pour que la bicyclette y devienne enfin mainstream.

A égalité avec la ville autrichienne de Vienne, Rio de Janeiro arrive à la 18ème place. Les cyclistes cariocas peuvent y circuler assez facilement, notamment grâce à un réseau cyclable plutôt bien sécurisé et séparé des voies automobiles.

Enfin, dernière de ce classement, la ville de New-York paye sa politique cyclable quasiment absente de la dernière décennie. Pour autant, l’équipe municipale du maire Michael Bloomberg, avec notamment sa commissaire aux transports Janette Sadik-Khan, ont pris ces dernières années un virage à 180°, et mis en place une politique pro-vélo très agressive. Il est évident que la prochaine installation du vaste programme de vélo en libre-service new-yorkais fera grimper la Grosse Pomme dans le classement ces prochaines années.

Bien sûr, le cabinet danois Copenhagenize nous livre ici un palmarès aux critères relativement subjectifs, mais le travail est là. Même si certains d’entre-vous regretteront de ne pas y voir Strasbourg, Lille ou encore Bordeaux, ces types de classements ont le mérite de mettre en avant celles et ceux qui promeuvent le vélo urbain à travers le monde, et de pouvoir prendre en exemple leurs résultats et les appliquer ailleurs.

> Le Palmarès mondial des villes cyclables 2011 par Copenhagenize.

Source: http://www.weelz.fr/

Crédits photos : Amsterdamize, Diloz, Steven Vance, Sonofabike, Holly Northrop.

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5 commentaires sur “Le palmarès mondial des villes cyclables 2011

  1. Anartoka

    J’aimerais bien connaitre les critères de ce classement… Car il laisse surtout apparaitre le bilan « politique » (j’ai fait ça et ça) plutôt qu’une réalité de la capacité cyclable ou non de la ville.
    Il faut être très attentif sur les critères de classement… quand on voit celui de Shanghai pour les universités, on peut se poser de sérieux doute sur la rigueur du dit classement.

  2. Frafffraff

    Paris est dans le top 10 alors que le bagnolo trophée lui a été décerné ici même le mois dernier … étrange …

  3. Le cycliste intraitable

    Paris ne mérite pas le bagnolo-trophée pour Autolib’, malgré tout ce que le projet peut avoir de « sulfureux » (voiture électrique, publicité…). Autolib’ va être aussi un puissant frein à l’auto individuelle, en aidant à dissocier jouissance et propriété.
    La motorisation électrique a beau faire l’objet de critiques, c’est ce qu’il y a de plus adapté à la conduite urbaine. Carfree s’est trompé de cible pour son trophée annuel : beaucoup d’autres villes proches ont une politique pro-bagnole bien plus condamnable que le déploiement d’Autolib’ (ex. Montrouge, Arpajon…).
    Par contre on est en droit de se demander si JCDecaux n’est pas partenaire ou actionnaire de ce cabinet danois, au vu du nombre de systèmes de VLS de sa filiale Cyclocity qui sont cités.

  4. DEMEZ Robin

    Cet état des lieux des villes promouvant le vélo comme déplacement est instructif. Cela est vrai qu’il va falloir passer à un environnement de promotion mainstream (médiatique) pour que la cyclopolis chère à Monsieur Ivan Illich devienne petit à petit un pivot de la mobilité urbaine moderne. Encore merci à la qualité de vos articles.
     
     

  5. CarFree

    Pour les critères du classement, tous les détails sont ici (en anglais):
    http://copenhagenize.eu/index/criteria.html
    Je ne vais pas traduire l’ensemble des critères, mais je trouve la critique quelque peu infondée; c’est moins un bilan « politique » qu’un bilan statistique, même si, je suis d’accord, cela ne représente pas vraiment la « cyclabilité » des villes en question… Mais comment faire autrement? Il faudrait qu’un groupe de personnes aille dans toutes les villes pour y faire du vélo et retraduire cette cyclabilité, mais là encore, cela resterait subjectif…
    Pour la différence avec le bagnolo-trophée, c’est normal, les deux choses n’ont rien à voir. Dans le premier cas, on parle de vélo au sens large, dans le cas du bagnolo-trophée, c’est l’ensemble d’une politique « bagnolarde » qui est visée. Si Paris est dans le top 10 de ce classement, c’est essentiellement lié au vélib’, qui est, à ma connaissance, le système VLS le plus développé au monde (en nombre de vélos et de stations). Pour le bagnolo-trophée, on cherche à mettre en avant une politique ou un ensemble de politiques trop délibérément favorables à la voiture.
    Après, si certains estiment que Paris « ne méritait pas le bagnolo-trophée », c’est leur point de vue. Nous avons expliqué dans le détail pourquoi nous pensons le contraire:
    http://carfree.fr/index.php/2011/10/20/le-bagnolo-trophee-2011-est-attribue-a-la-ville-de-paris/
    Et sur Autolib en particulier, on peut aussi se référer à cet article:
    http://carfree.fr/index.php/2009/04/18/pour-en-finir-avec-autolib/
    Quant à l’idée vendue par la mairie de paris et par Bolloré selon laquelle « Autolib’ va être un puissant frein à l’auto individuelle, en aidant à dissocier jouissance et propriété », nous pensons justement le contraire.
    On en reparlera dans 3 ans, quand le système sera complétement déployé et quand les premiers bilans pourront être dressés.

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