La fin du pétrole pas cher

Guy Chauveteau, ancien directeur de recherche CNRS et ancien membre du Conseil Scientifique de l’Institut Français du Pétrole donnera trois conférences exceptionnelles sur la fin du pétrole pas cher et ses conséquences les 29 et 30 novembre à Saint Jean de Luz et Saint-Palais, et le 1er décembre à Bayonne.

Le monde d’aujourd’hui doit faire face à deux crises imminentes qui vont bouleverser nos sociétés et nos modes de vie : énergétique et climatique… Ces deux crises ont la même origine : l’utilisation massive d’énergies fossiles, et pour l’essentiel, les mêmes remèdes : isoler nos logements, réduire nos déplacements, développer les transports en commun, relocaliser l’économie, revenir à des biens durables et non jetables…

Le monde va dans les années à venir continuer à exploiter du pétrole, mais du pétrole très cher, non conventionnel. Cette augmentation des prix des carburants, par effets mécaniques, va entraîner une augmentation de toutes les autres énergies.

Ne pas préparer dés aujourd’hui la transition revient à sacrifier les populations les plus pauvres, et une bonne partie des classes moyennes, qui n’auront pas les moyens de s’adapter à la mutation majeure que cela va constituer pour nos sociétés reposant toutes entières sur une énergie bon marché (en comparaison avec ce qu’elle sera dans la prochaine décennie).

Conférences organisées par Bizi et la Fondation Manu Robles-Arangiz (+ Aldaka gaztetxea pour la conférence de Saint-Palais)

Entrée gratuite

Renseignements et inscriptions à info@bizimugi.eu ou au 05 59 25 65 52

http://www.bizimugi.eu/?p=7742

Jeudi 29 novembre à 20H30 à Saint Jean de Luz (Grillerie de la Sardine)
Vendredi 30 novembre à 20H30 à Saint-Palais (Salle des Services Municipaux)
Samedi 1er décembre à 15H00 à Bayonne (Local de la Fondation Manu Robles-Arangiz)

Bizi!

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Mouvement basque luttant contre le changement climatique et pour la justice sociale

6 commentaires sur “La fin du pétrole pas cher

  1. laurent

    Nous pourrions avoir baisse des cours du pétrole à moyen terme malgré sa raréfaction,(que je ne conteste pas) si une récession économique globale fait baisser sa consommation plus vite que sa production ne décroit.

  2. Guillaume

    J’ai lu certaines analyses qui penchaient plutôt pour des cycles d’explosion de prix, entraînant récession, entraînant baisse de demande et de prix, entraînant relance de la consommation et du prix, et caetera.

    Dans cette hypothèse, le prix se maintiendrait entre deux bornes, la haute étant la limite au-delà presque plus personne n’en veut et la basse étant j’imagine un peu au-delà du prix actuel. Toutefois je doute fortement qu’on puisse observer une baisse durable.

  3. Michelle 13Michelle

    Il faudrait bien réaménager les ligne de bus en Wallonie qui était avant deux société ( Région de Liège )

  4. Jean-Marc

    « J’ai lu certaines analyses qui penchaient plutôt pour des cycles d’explosion de prix, entraînant récession, entraînant baisse de demande et de prix, entraînant relance de la consommation et du prix, et caetera. »

    Oui, Guillaume, j’ai lu les même analyses.
    Et c est d ailleurs ce qu’on a vu en 2008 jusqu’à aujourd’hui :
    après avoir monté en flèche, et explosé les 100$ le baril, la chute mondiale d activité qui a suivi a fait chuter le prix… puis il y a eu lente reprise, et remontée progressive des prix avec l activité.

    MAIS celà n’illustre pas vraiment le cas du pétrole :
    on a eu la même chose, en bien plus excessif, en 2001, avec internet et les start-up qui levaient des millions en 2001, et la chute après.

    En fait, celà illustre juste l’extrême volatilité des marchés, leur suivisme, et leur déconnexion totale de la réalité.

    Des plaies liées à leur trop grande liquidité : aux sommes énormes présentes, sans commune mesure avec rien, et très rapidement déplaçables.

    Ainsi, (si j ai bien retenus la signification des chiffres… par contre, je suis sûr et certain des 2 valeurs : 700 et 60)
    un économiste donnait la différence entre les prix des biens et services mondiaux produits (par jour, seconde, année, total ?) et (laugmentation de?) la capitalisation boursière totale (par jour, seconde, totale?).
    Visible au zapping cette semaine ou la semaine dernière (mais je ne peux pas visualiser les vidéos de canal+, donc je ne peux pas le ré-écouter pour avoir la signification exacte de ses 2 chiffres).

    L’économie réelle mondiale, représente 60 (milliards/millions de ?) milliards, alors qu’en bourse, il y a, mondialement 700 (milliards/millions de?) milliards. Soit presque 12 fois plus, donc pour chaque €/$ réel, il y en a 11 de virtuels, qui peuvent être placés ici ou là, sans raison logique.

    Le fait que certains des acheteurs*, achètent le produit concerné pour faire tourner une centrale thermique ou un moteur de véhicule, est presque anecdotique.
    L’influence de la réalité permet justement d’un peu lisser le yo-yo fou :
    sans lien avec la réalité de leurs ventes, en 2001, les valeurs boursières des start-up internet ont eu des variations largement supérieures à celles d’une compagnie pétrolière ou même à celle du pétrole.

    * »les acheteurs » : ne pas croire qu’il s agit de gens, de traders par ex : en fait, en bourse, c est de moins en moins des gens…
    mais de plus en plus des machines, des ordinateurs fonctionnant en temps réel (de l’hyper-trading… la cause du prochain krash boursier…) avec des logiciels régissant leurs achats-ventes en fonction de micro-variations… mais en jouant sur des sommes énormes en mouvement, donc en gagnant (hors krash) à chaque fois :

    Dès que le produit X passe sous les 1,0001, en acheter; dès qu’il passe au-delà de 1. 0002 le revendre avec plus-value; avec un algorithme évolutif, qui calcule le prix moyen autour de l achat-vente en fonction des évolutions passées (aucune logique, aucune étude de l avenir : un titre a monté, donc il va -surement- continuer à monter : c est une valeur montante…)

    les conséquences en sont connues :
    http://www.slate.fr/lien/37389/livre-amazon-23-millions-dollars
    2 vendeurs
    une fois par jour, le vendeur profnath changeait le prix de sa copie pour qu’elle coûte 0,9983 fois moins cher que celle de bordeebook. Qui, dès qu’il se rendait compte de cette augmentation chez profnath, augmentait à nouveau le prix de sa propre copie (tout cela se faisait automatiquement par ordinateur).

    En fait, profnath et bordeebook utilisaient tous les deux un système de prix automatique, mais pas la même stratégie: profnath avait une copie du livre, et voulait qu’elle soit la moins chère sur le marché (juste assez moins chère pour que le client la choisisse mais que le vendeur se fasse tout de même de l’argent).

    Quant à bordeebook, le professeur pense en fait que le vendeur n’avait pas la copie: si on lui achetait, bordeebook devrait donc d’abord se procurer une copie neuve du livre, celle de profnath! Et se devait donc d’être plus cher que profnath pour faire un profit.

    CNN explique que [..] souvent, ce ne sont pas des gens qui créent et mettent à jour des prix, mais des algorithmes informatiques.

    Les mises à jour du prix du livre avaient lieu tous les 24h.
    Dans les bourses, il y a des mises à jours au 1/100 de secondes…
    Donc ce même phénomène, mais 100x60x60x24 fois plus vite, sur des millions (milliards?) de valeurs différentes…

    Quand tous les acteurs font le pari de la hausse… le cours bousier du produit/de l’entreprise monte… et donc les acteurs ont tous des plus-values… et peuvent se féliciter de leur clairvoyance.

    Par contre, quand la supercherie n’est plus tenable… quand, pour une raison ou une autre, à un moment il y a moins d argent en circulation, et que des baisses commencent, et font boules de neige, soit les banques font faillites (cas normal), soit les états endettent les citoyens auprès des banques pour des sommes faramineuses, pour que les états puissent éponger les pseudo-dettes des banques (cas partout… sauf en Islande c.f. http://blogs.mediapart.fr/blog/la-garnie/240112/apres-son-refus-de-payer-sa-dette-l-islande-fera-le-triple-de-la-croissan).

  5. Jean-Marc

    Attention, je ne dis pas que le pétrole pas cher, ce n est pas finis : sisi, c est bien finis.

    Je dis juste que les variations de prix n’ont pas à voir directement avec l’offre et la demande physique, réelle;
    mais bien plus avec l offre et la demande fictive, spéculative.

    c.f.
    http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/b/b0/Crude_oil_prices_since_1861.png
    le prix du baril de pétrole, payé
    (ligne bleue, pour avoir les dollars sorti de sa poche, au moment où on les sort)

    On voit la montée des cours jusqu’en 2008, à plus de 100$ le baril,
    puis un effondrement jusqu’à 62$ le baril,
    et pour finir, une remontée des cours jusqu’à aujourd’hui (2011 sur ce graphe), où il atteints 112$ le baril en continuant à monter.

    J ai du mal à croire, qu’en 2008, à 99$ le baril,
    les usines, sociétés de transport et pétroliers achètent de plus en plus de pétrole (ce qui fait monter les cours) pour en faire des stocks (de plus en plus : car le cours continuait à monter, à 99),
    et qu’à 102$, d’un seul coup, ils le trouvent incroyablement trop cher, et doivent attendre 62$ pour refaire le plein…

    Ainsi, avec une présence raisonable de la finance, on aurait eu +/- un pic en 2008 à 80$, suivi d’une descente à 70$, et après la remontée actuelle au-delà des 100 (voire au-delà des 110) $

    Et, avec une très faible présence financière, mais quasi que des achats réels, non spéculatifs, il n’y aurait pas eu de pic en 2008, mais une lente progression, de 1999 à nos jours, avec une pente de la montée qui varie en fonction de la demande.

    Attention cependant : si la richesse spéculative est fictive (ils ne créent rien + ils ne peuvent retirer tous leurs argent placé) la finance-casino a des conséquences réelles :
    quand la finance a fait monter les prix à plus de 100$ en 2008, de vrais usines, transporteurs et particuliers ont eu des problèmes d achat, et celà a créé du vrai chômage, et une vraie fragilisation des acteurs économiques.

    [dans mon hypothèse 3, avec une finance spéculative quasi absente, au lieu d avoir plein de boites qui ferment en 2008, et un ressort économique qui se casse temporairement; on aurait eu des fermetures étalées dans le temps, avant et après 2008, avec une baisse des rendements économiques des entreprises les plus dépendantes du pétrole.
    Cette chute progressive des rendements des entreprises les plus dépendantes du pétrole, aurait permis aux plus perspicaces de changer de métier (c.f. Matra, passant de la voiture au VAE)]

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