La bagnole : un truc de vieux !

On savait déjà que la voiture neuve était un truc de vieux. On apprend aujourd’hui que c’est en fait la bagnole au sens large (neuve ou d’occasion) qui est en train de devenir un truc de vieux.

En France, l’âge moyen d’un acheteur de voiture neuve est de 51 ans. Et cet âge moyen augmente sans cesse. En cause, le coût exorbitant des voitures neuves, inaccessibles pour la plupart des jeunes.

Or, le problème ne se cantonne plus aux voitures neuves et on assiste en fait à une désaffection croissante des jeunes pour l’objet automobile.

C’est le dernier « Baromètre AXA Prévention » qui nous l’apprend. AXA est un assureur, et pour toujours mieux faire raquer les gens, il est préférable de bien connaître le profil socio-démographique des assurés.

Ainsi, entre 2004 et 2014, le profil socio-démographique des conducteurs a connu des évolutions sensibles. En langage assurantiel, on dit que « la population des automobilistes s’est seniorisée plus vite que la population française ». En clair, les conducteurs de bagnole sont de plus en plus vieux.

En 2004, les 55-75 ans représentaient 30% des automobilistes. Ils représentent en 2014 40% des automobilistes. Une hausse de 10 points en 10 ans!

Inversement, seulement 4% des conducteurs sont des jeunes 18-25 ans (contre 8% en 2004), soit une chute de moitié!

Autre source intéressante, une vaste enquête menée par le cabinet de conseil Deloitte qui a interrogé 23.000 personnes dans 19 pays partout dans le monde. Résultat de cette consultation: un quart de la population européenne âgée de 20 à 37 ans indique qu’elle préfère un mode de vie sans voiture. Ces personnes déclarent en effet « n’avoir pas l’intention d’acheter ou de louer une voiture ».

Et le pays européen le plus « carfree » est semble-t-il la Belgique où 30% des « jeunes » de 20 à 37 ans déclarent préférer un mode de vie sans voiture.

On peut toujours objecter que 25 à 30% des jeunes qui préfèrent un mode de vie sans voiture, ce n’est pas la majorité. Certes, mais comparativement à une époque pas si ancienne où l’automobile était l’objectif principal de la quasi-totalité des jeunes, c’est une formidable évolution.

Selon ces « jeunes », la voiture est quelque chose de trop cher, à l’achat et en terme d’entretien.

« En plus de cela, ils préfèrent vivre en ville. De cette façon, il est facile pour eux de se rendre au travail à pied ou en transports en commun. Ils ne veulent pas perdre leur temps sur des routes encombrées », explique Eric Desomer, le représentant de Deloitte Belgique.

Au-delà du coût élevé d’une voiture et de son entretien, il semble bien que de plus en plus de jeunes préfèrent également investir leur argent dans de la haute-technologie comme les smartphones, portables ou tablettes, plutôt que dans la basse-technologie comme les bagnoles.

Les urbains d’aujourd’hui sont de plus en plus connectés, adeptes des transports en commun ou du vélo. Posséder une bagnole représente aujourd’hui une somme énorme de contraintes (coût, réparations, assurance, essence, stationnement, bouchons, etc.) peu compatible avec les concepts actuels de la mobilité.

Marcel Robert

A propos de Marcel Robert

Fondateur du site Carfree France et auteur des livres "Vélogistique", "Pour en finir avec la société de l’automobile" et "Îles sans voitures".

25 commentaires sur “La bagnole : un truc de vieux !

  1. emmp

    Je ne nierais pas le fond de l’analyse, mais avons-nous des documents sérieux qui étayent l’affirmation : « une époque pas si ancienne où l’automobile était l’objectif principal de la quasi-totalité des jeunes » ? L’étude citée comporte des chiffres et des données précises, et il serait bon d’y répondre selon la même méthode. En somme, qu’est-ce qui prouve que cette envie du temps passé ne relève pas du lieu commun ? Peut-être qu’en 1990, 25% des jeunes préféraient déjà un mode de vie sans voiture.
    D’autre part, cette formulation ne sous-entend pas forcément que l’envie est appliquée ou vécue comme réaliste. « J’ai vingt-cinq ans,j’aimerais mieux vivre sans voiture » peut être suivi de « mais je ne peux pas faire autrement, donc j’en ai une ».
    Je suis un peu rabat-joie, mais j’ai toujours tendance à regarder le dessous des cartes.
    Savons-nous quelle proportion des jeunes passent leur permis de conduire aujourd’hui, et combien ils étaient il y a vingt-cinq ans ? Cette donnée-là refléterait peut-être mieux l’attitude des jeunes envers ce mode de déplacement.

  2. Spiro

    Il est assez intéressant de regarder les communiqués de presse de Deloitte à propos de leur enquête. Le communiqué de presse belge
    http://goo.gl/kHkO7m
    titre « Plus de 25 millions de consommateurs européens de la Génération Y n’envisagent pas de
    posséder un véhicule dans les cinq ans à venir ». Le communiqué de presse français
    http://goo.gl/srlN2Y
    titre « La génération Y plébiscite la voiture connectée au service d’une plus grande sécurité ». Des lectures qui semblent assez différentes.
    L’étude peut être téléchargée ici
    http://goo.gl/S8uati
    On y voit en page 6 que si 24% des « jeunes » n’envisagent pas d’acheter ou de louer une voiture dans les 5 ans, cette proportion atteint 30% chez les « non-jeunes ». De quoi relativiser, malheureusement, le titre et l’enthousiasme de ce post…

    Finalement, la dernière phrase du résumé du communiqué de presse belge en dit long sur le chemin qu’il reste à faire pour changer les mentalités:
     » Les jeunes consommateurs en question – nés entre 1977 et 1994 – préfèrent les modes de déplacement tels que les transports publics, le taxi, la voiture de location ou la marche, jugés à la fois plus pratiques et moins onéreux que la possession d’une voiture personnelle. Ceci pourrait potentiellement être une raison de
    s’inquiéter, car une étude américaine révèle que pour chaque véhicule partagé, 32 véhicules personnels ne sont pas vendus. »

  3. rétropédaleur

    en même temps il y a beaucoup de jeunes amateurs de pétrolettes ou de « gros cubes » dont la nuisance à mon avis est aussi grande que celle de la bagnole

  4. Vincent

    emmp > Je suis un peu rabat-joie, mais j’ai toujours tendance à regarder le dessous des cartes.

    +1.

    C’est peut-être aussi une simple rationalisation : les jeunes sont plus pauvres aujourd’hui que dans la France des années 70, galèrent plus pour trouver un boulot stable, et essaient donc de se convaincre qu’ils ne *veulent* pas de voiture alors que c’est juste qu’ils ne *peuvent* pas s’en payer une.

    Le seul moyen de le savoir serait que l’économie reparte sérieusement, qu’on retombe à 2% de chômeurs, des salaires en augmentation de 5% par an, et on verrait si les jeunes se remettent à acheter des bagnoles ou pas.

    En revanche, je trouve l’argument du temps/fric perdu dans les encombrements beaucoup plus solide : même si on a les moyens de posséder une voiture, la voiture est une galère dans les grandes villes, et objectivement, c’est souvent plus efficace de se déplacer en deux-roues et/ou transports en commun.

  5. guillaume

    Les deux-roues ont au moins l’avantage de présenter un moindre encombrement (il en faudrait des paquets pour congestionner les routes).
    La gène qu’ils occasionnent est surtout sonore, mais en pratique, c’est plus une question d’éducation et de respect que du véhicule en soi.

    (et à titre personnel, je préfère largement le ronflement d’un gros cube que les pétarades stridentes d’un scooter qui déchirent les tympans)

  6. GwenaelGwenael De Boodt

    « Au-delà du coût élevé d’une voiture et de son entretien, il semble bien que de plus en plus de jeunes préfèrent également investir leur argent dans de la haute-technologie comme les smartphones, portables ou tablettes, plutôt que dans la basse-technologie comme les bagnoles. » :
    Il est tout de même curieux que cette parenthèse, tout comme l’illustration en chapeau de l’article n’ait pas interpellé les commentateurs.
    Rendez-vous dans 50 ans quand la « mobilité virtuelle » aura achevé de vider nos cerveaux, détruit le lien social, ravagé les pays producteurs de terres rares, créé des autoroutes de satellites dans la stratosphère et multiplié les départs de fusées qui les y envoient, édifié quelques centaines de centrales nucléaires supplémentaires et des millions d’antennes relais aussi sûrement que la bagnole l’a commencé avec le pétrole, l’acier et le béton. Nous tombons de Charybde en Scylla.
    Tout cela parce que nous entretenons aveuglément le culte de la mobilité dont nous resterons les esclaves quelqu’en soit la forme. Haute ou basse, la technologie nous submerge. Nous ferions bien de nous en débarrasser une fois pour toutes et de retrouver l’autonomie et la poésie de l’existence qui ne peuvent se construire qu’en prenant la mesure réelle du temps et de l’espace, à l’aune de notre petit corps et des mains que nous pouvons tendre à notre prochain.

  7. Pédibuspedibus

    http://carfree.fr/index.php/2013/05/29/bruit-statistique-ou-indice-dune-modification-profonde-des-representations-et-des-modes-de-vie/

    concernant:

    http://www.internationaltransportforum.org/jtrc/DiscussionPapers/DP201309.pdf

    avec une note de lecture personnelle là-dessus:

    http://www.fichier-pdf.fr/2013/05/27/note-lecture-anglais-enregistre-automatiquement/

    Nos assureurs et auditeurs ont-ils fait du neuf depuis, sur le thème de la pratique automobile et sur une tendance nouvelle qui ferait pâlir la star à quatre roues dans notre système de représentation, du fait de la place que finissent par prendre les discours environnementalistes dans le brouhaha où le terme « développement durable » est utilisé à tort et à travers?

    Au vu de ce qu’a pu m’apprendre la littérature que je mentionne plus haut on pourrait observer deux mouvements inverses pour les seniors:

    – en Amérique du nord un tassement de la pratique automobile;
    – en France et dans d’autres Etats de l’OCDE un rattrapage relativement au marché « mur », « saturé » américain, où le taux de motorisation des ménages de seniors cesse de progresser avec le temps.

    Le taux de motorisation et la pratique automobile doivent aussi être corrélés avec le niveau socio économique : la crise financière de 2008 installée nous met les classes d’âge du bas de la pyramide démographique en situation bien difficile pour se mettre derrière le volant.
    A la seule échelle française je me souviens d’avoir vu une corrélation directe entre le niveau de revenu et la part modale automobile : ainsi pour la commune de Bordeaux les IRIS* où la proportion des CSP aisées est la plus forte voient invariablement la part automobile dépasser largement le cumul de celles de la marche et des transports en commun, le vélo n’entrant pas dans l’étude du recensement 2009…

    Alors faudrait-il modifier le titre pour écrire « La bagnole un truc de vieux bourgeois friqués »? Une hypothèse mériterait naturellement d’être vérifiée : est-on moins sujets au changement d’opinion avec l’âge…?

    *http://www.insee.fr/fr/methodes/default.asp?page=definitions/iris.htm

  8. Pédibuspedibus

    Le facteur a été moins rapide que ma secrétaire : Gwenael nous rappelle indirectement la richesse de l’agora, de la métrique piétonne des cités traditionnelles, c’est-à-dire quand les dimensions de la ville restent raisonnables, et n’entraînent pas le besoin d’un objet technique pour s’y transporter. Bien que certains transports publics comme le tram peuvent apporter une urbanité certaine autour – quand la ligne a donné lieu à une requalification viaire audacieuse – et dedans.

    A cette exception près, c’est mon parti pris, on ne peut être que d’accord sur le danger qui guette la société comme les individus avec le technicisme et tous les discours et projets servant à flatter les technophiles. Des « vieux trucs » comme l’urbanité et la qualité de vie ça se soigne plutôt à coup de sciences sociales et humaines…

  9. Jean-Marc

    « C’est peut-être aussi une simple rationalisation : les jeunes sont plus pauvres aujourd’hui que dans la France des années 70, galèrent plus pour trouver un boulot stable, et essaient donc de se convaincre qu’ils ne *veulent* pas de voiture alors que c’est juste qu’ils ne *peuvent* pas s’en payer une. »

    En économie, on parle de l offre et de la demande.
    Par définition, un désir d achat/de possession NON solvable N est PAS une demande.

    Bien sûr, il peut avoir des conséquences :
    Sans en avoir les moyens, tu veux acheter, des BD quand tu es jeune et sans le sou.
    Quand tu es adulte et plein d argent, mais que tu ne lis quasi plus de BD, tu achètes des éditions originales d’Hugo Pratt ou Tintin, que tu mets à la banque sans les ouvrir…

    De même, tu peux vouloir voler le produit, ou abimer le produit de celui qui a les moyens de l acheter (ou lui casser la gueule).

    Autre possibilité : l achat de réconfort :
    tu ne peux acheter un salon complet ?
    => tu achètes un tabouret ou une vasque pour un pot de fleurs.

    tu ne peux acheter de jaguar ou ferrari ?
    => tu achètes une revue auto, un poster, une maquette ou un modèle réduit

    (cet achat de réconfort est très utilisé dans les supermarchés : on présente de beaux produits, dont des produits de marque et des bibelots inutiles, en espérant que les consommateurs feront un achat de réconfort sur des produits moins chers et plus utiles : les produits de marque distributeur qu’ils accepteront de payer plus cher que le premier prix, car ils auront deja fait « l économie », l effort de NE PAS acheter une marque nationale)

    MAIS cela ne change pas le principe :
    Tout désir NON solvable, n est pas une demande.
    Économiquement, cela n existe pas.

    De même, effet opposé :
    on voit, dès qu’une rue devient piétonne, que son prix au m² augmente :
    la demande SOLVABLE en habitations dans une rue piétonne existe,
    mais les ventes n existent pas.
    donc, sans vente, il n existe pas non plus de marché.

    Mais là, c est très facile de créer ce marché.
    Alors qu’augmenter le pouvoir d achat de chaque foyer n ayant pas 3 voitures pour qu’ils achètent la 3eme est bien plus dur.
    et convaincre le Medef, Valls et Sarkozy qu’il faut augmenter le pouvoir d achat libre de 90% des français ne sera pas simple…

    augmenter le pouvoir d achat peut se faire par plusieurs moyens :

    – augmenter les revenus (pas gagné..)
    – diminuer les prélèvements (pas gagné..)
    – augmenter les allocations et prestations sociales (pas gagné…)
    – augmenter les services publics (pas gagné…au moment où Sarkozy puis Valls veulent diminuer le nombre de fonctionnaires et de services publics rendus aux citoyens)*

    * augmenter les services public ENRICHIT la majorité de la population.
    illustration 1 : différence entre les USA et la France, avec les études supérieures privées aux USA, et l éduc nat. en france :
    l éduc nat. permet à plus de français, dont des français moins riches, de faire des études supérieures;
    et leurs parents n’ont pas eu à mettre de l argent de coté pour leurs études dès leur arrivée à l école primaire (voire en maternelle)

    illustration : différence entre haiti et le pakistan d un coté, avec faibles impôts et peu de services publics, et (la france,) la suède et le danemark de l autre, avec forts impôts et bcp de services publics
    (Je ne comprend vraiment pas pourquoi tous les libéraux voulant moins de services publics et moins de fonctionnaires n habitent pas à Haiti…)

  10. Jean-Marc

    « Savons-nous quelle proportion des jeunes passent leur permis de conduire aujourd’hui, et combien ils étaient il y a vingt-cinq ans ? Cette donnée-là refléterait peut-être mieux l’attitude des jeunes envers ce mode de déplacement. »

    En fait, les stats du gouvernement ne sont pas aussi précises, mais on a quand même des infos :

    http://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/donnees-densemble/1869/873/memento-statistiques-transports.html

    lien téléchargeable « Chapitre 3 – Transports urbains et routiers – 1ère partie »

    ouvrir l onglet 3.4.1. « PERMIS DE CONDUIRE DÉLIVRÉS »

    on a la ligne des véhicules avec permis B passé chaque années, de 1980 à 2012
    Année, nombres de permis B passés dans l année, et évolutions :
    1980 (1 019 514)
    longue chute jusqu’en
    1987 (732 532)
    augmentation jusqu’en
    1991 (807 744)
    palier puis chute jusqu’en
    1997 (775 819)
    remontée en 98-99 avant une re-chute jusqu’au minimum
    2003 (655 047)
    puis remontée jusqu’en
    2012 (746 929)

    conclusion :
    tendance générale, de 1980 à 2012 :
    27% de permis passés en moins par an en 32 ans !

    Ceci en sachant qu’il y a PLUS de français qu’en 1980,
    et sans doute plus de femmes qui passent le permis

    => hausse des sans permis et/ou passage du permis de plus en plus tard

    Ceci, malgré la conduite accompagnée, qui permet d avancer l âge du permis.. et qui explique sans doute la remontée depuis 2003 :

    si les 17 ans se rajoutent au 22 ans, cela ne veut pas dire que plus de 22 ans passent leur permis, et cette augmentation sera temporaire : quand, pendant 5 ans, 30% des 17% auront leur permis, ils ne le repasseront pas une 2eme fois à 22 ans
    => 5 ans après la généralisation, la stabilisation haute de la conduite accompagnée, le boost artificiel des permis disparaitra.
    (tant que, chaque année, il y a de plus en plus de conduite accompagnée que l année d avant, cela permet d avoir plus de 17 ans dans les permis totaux, donc de booster le total artificiellement)

  11. Jean-Marc

    « Ceci pourrait potentiellement être une raison de
    s’inquiéter, car une étude américaine révèle que pour chaque véhicule partagé, 32 véhicules personnels ne sont pas vendus »

    ?
    Pourquoi s’inquiéter ?
    C est une très bonne nouvelle pour l économie française, dans laquelle la construction de voitures représente moins de 2% des emplois et de la valeur ajoutée :

    Ne pas acheter de voiture, à pouvoir d achat équivalent, cela signifie avoir plus d argent disponible pour d autres achats, dans des secteurs plus créateurs de valeur ajouté et d emplois
    (les usines de voitures ont des bras-robots soudeurs et peintres, et plus de soudeurs humains ni de peintres comme à l époque de Charlot : cela fait 30 ans, qu’années après années, l’industrie auto française débauche).

    Les seuls à s’inquiéter doivent être les vendeurs (et fabricants) de voitures.

    Mais TOUS les autres vendeurs, de quoique ce soit, et tous les (ex-)acheteurs, qui n auront plus les dépenses contraintes de la voiture, ont -au contraire- toutes les raisons de se féliciter de cette potentielle chute de leurs dépenses contraintes, et de l augmentation de leur argent disponible pour d’autres achats.

  12. @KickAsthme

    Tout a fait Jean-Marc:

    Depuis plus de 2 ans j’ai remplacé ma 2ème voiture par un vélo électrique. Économie mensuelle: 350€/mois.
    Comme je dis aux commerçants qui pleurent toujours pour avoir plus de places pour la bagnole:
    « Tout ce que je ne depense pas en automobile, je peux le depenser chez vous! »

  13. Pédibuspedibus

    Merci infiniment JM pour ces liens ; le site Carfree est une véritable veille d’info sur le sujet qui nous intéresse.

    Sans doute faudrait-il penser à organiser un dispositif encore plus pratique pour classer tout ça?

  14. Ludovic Brenta

    Dans le rapport on peut lire:
    « Ceci pourrait potentiellement être une raison de
    s’inquiéter, car une étude américaine révèle que pour chaque véhicule partagé, 32 véhicules personnels ne sont pas vendus »

    Jean-Marc réagissait de la sorte:
    « Pourquoi s’inquiéter ? C’est une très bonne nouvelle […] »

    La question est: qui est ce « on » qui « peut s’inquiéter ». Le rapport, dont j’ai lu la version anglaise, a visiblement été commandité par l’industrie automobile et répond à la question: que doit faire l’industrie automobile pour vendre encore des bagnoles à la géneration Y, sachant que la génération X et la précédente sont déjà « équipées »? La réponse du rapport est sans équivoque: pour vendre des bagnoles à la génération Y, il faut en baisser le prix (perçu), améliorer les services autour, et proposer des motorisations alternatives.

    Jamais un consultant ne recommandera à son client, vendeur de bagnoles, de ne plus vendre de bagnoles, ni d’en vendre moins.

    Ce qui me gêne dans ce rapport, c’est que, contrairement à ce que dit Marcel Robert, les « jeunes » (la géneration Y, donc) plébiscite massivement (à 75%) l’achat et la possession d’une voiture personnelle. Simplement, elle accepte d’utiliser d’autres moyens de transport en complément de la bagnole. Les 25% qui n’envisagent pas l’achat ne le font que parce que c’est trop cher pour eux.

    Les questions posées par l’étude sont également tendancieuses; elles ne s’adressent qu’aux clients potentiels de l’industrie automobile et pas à la population en général. Ceux qui ont répondu « je n’evisage pas d’acheter une bagnole car c’est moche, polluant, encombrant, inutile et dangereux » n’apparaissent nulle part dans les résultats. Les problèmes de pollution ne sont pas traités (les « motorisations alternatives » ne font que reporter la pollution sur quelau’un d’autre). Les problèmes d’embouteillages sont uniquement évoqués comme un frein à l’achat de nouvelles bagnoles. Le problème du stationnement est complètement absent. En effet, quand on veut vendre une bagnole il ne faut surtout pas demander au client « et où allez-vous stationner votre voiture 23 heures et demie sur 24? », ni « qu’allez-vous faire pour réduire les embouteillages dans votre ville? »

  15. legeographe

    Je suis également surpris que l’hypnose pour les technologies numériques ne soulève pas plus que cela les consciences… Car il y a un beau paquet consumériste et dépolitisé qui se développe dans la société de consommation, avec le numérique… Je ne dis pas que tous partout vivent le numérique de la même façon…

    Et ce paquet va nous exploser à la figure…

  16. Gari

    @Jean-Marc : « tendance générale, de 1980 à 2012 : 27% de permis passés en moins par an en 32 ans ! »

    Question dont je n’ai pas la réponse : est-ce que le million de permis passés en 1980 n’accompagnait pas tout simplement la montée en puissance de la voiture, c’est à dire qu’à cette époque « tous les âges » se sont retrouvés à aller passer leur permis pour « accéder » à la bagnole, alors qu’aujourd’hui il n’y a plus « que les jeunes » qui le fassent, les « vieux » l’ayant passé dans leur jeunesse ?

    Ainsi, si on regarde la tendance depuis 1987, ce n’est plus 27% en moins depuis 32 ans mais un état globalement stationnaire depuis 25 ans…

  17. Jean-Marc

    @Gari
    Oui, tu as raison :
    une fois la voiture généralisée, il y a un effet de rattrapage :

    ceux qui n avaient pas trouvé de raison de passer le permis à 18, 21 ni 25 ans, le passent « quand même » à 30.

    avec, en particulier, un effet rattrapage que j ai évoqué :
    la conduite des femmes :

    au temps de ma grand-mère, peu de femmes conduisaient;
    au temps de ma mère, quasi autant de femmes que d homme conduisaient,
    et maintenant, il ne doit quasi plus y avoir de différence :
    c est plus des choix personnels, que des choix dépendant du genre, qui vont faire que telle ou telle personne passe son permis ou non.

  18. Jean-Marc

    @ Ludovic Brenta
    Un article (en lien) qui commence vraiment très très mal, :

    dire que la Tesla, qui a les batteries de 400 VAE, ou que la voiture auto-conduite électroniquement, qui invente le TEC individuel en supprimant tous les avantages des TEC (très faible conso de carburant par charge utile, carburant non embarqué, faible conso d espace de voirie, et absence de parking), sont des véhicules d avenir…

    cela montre bien l aveuglement total des personnes rédigeant l article, et leur méconnaissance de la mobilité et du transport urbain réel.

    Ceci, alors qu’aucune des 2 n apporte de solutions à la majorité des problèmes en ville (au contraire, la voiture automatique va permettre d avoir des voitures qui bougent SEULES = 0 chauffeur, 0 passager : de la congestion créée par.. personne)

    p.s. comme c est le point « 1 », le point mis en avant, et qu’il est déjà complétement à coté de la plaque, je n ai pas poursuivi la lecture de ce lien.

  19. Jean-Marc

    « Jamais un consultant ne recommandera à son client, vendeur de bagnoles, de ne plus vendre de bagnoles, ni d’en vendre moins »

    1-Intro :

    Le groupe Danone, premier groupe agro-alimentaire français, est, à l origine (BSN) un verrier

    Xavier Niels a fait fortune grâce au minitel, ce qui lui a permis de lancer Free comme FAI puis fournisseur de téléphonie mobile

    Sony n a pas regretté son lancement d’un baladeur de musique analogique ni son passage dans la distribution et production de contenus, puis dans la production de console de jeu.

    Apple n a pas regrété son lancement d’un baladeur de musique numérique, d’un store de musique, ni, après, d’un smartphone : chacun de ces divisions lui ont rapporté et/ou lui rapportent bien plus que son métier d origine (ordi de bureau et portable)

    Samsung vient de laisser tomber toutes ses ventes d ordi de bureau, d ordi portable, et leurs SAV en europe, pour se recentrer sur des secteurs plus rentables.

    Peugeot était surtout un fabricant d outils, de la scie, au moulin à café, en passant par le couteau à persil à 2 poignets, présent dans toutes les familles.
    Cependant, si, qqq décenies après, il a bien vendu qq perceuses, il a (quasi?) abandonné ce secteur, le laissant à seb-moulinex, mais aussi à facom, wolf, black&decker, mais il a cependant grossit en taille et CA, en se spécialisant dans d autres branches.

    Quand on perd un travail, et qu’on n en retrouve pas, la 1ere demande de pôle emplois, est qu’on fasse un bilan de compétences, afin de découvrir où nos connaissances et compétences pourraient servir.
    De même pour une entreprise :

    Une entreprise ne vendant plus de voitures, peut utiliser ses presses hydrauliques et ses salariés pour faire des pieds d’éoliennes, des pieds de feux de signalisation, et des lampadaire (ceci est un exemple réel, pratiqué dans la région de bordeaux, quand les commandes de VP été trop basses).

    2- mon avis :

    « Jamais un consultant ne recommandera à son client, vendeur de bagnoles, de ne plus vendre de bagnoles, ni d’en vendre moins »

    Si un marché est bouché, ou en forte régression, ou si d autres y sont les leaders, et qu’on ne recolte que des miettes, il n est pas forcément utile d investir autant ou plus que les leaders du secteur dans la R&D, pour espérer les recoller, mais en ayant des ventes et bénéfices 10 ou 20 fois moindre.

    Ainsi, Franck Riboux, chez danone, voulait que dans chaque métiers, dans chaque branche (laitages frais, biscuits salés, biscuits sucrés, bière,…)
    son groupe devait être le 1 ou 2eme en france, et 1 des 3 premiers en europe, SINON? il vendait la branche entière, pour pratiquer des achats dans les branches où il était mieux placé… et c est ce qu’il a fait.

    Des consultants qui n apportent pas de vraies solutions, qui n’ont pas le courage de donner de vrais conseils utiles pour l avenir de celui qui pose la question….
    j espère qu’ils ne voudront pas être payé avec du vrai argent…

    Des conseils en carton méritent d être payé par un chèque en bois ou en papier de monopoly.

    Ne pas dire la vérité à son client (avec les formes),
    Cela reviendrait à conseiller à un français X célibataire depuis des années, de passer par une agence matrimoniale, en ne prenant RDV qu’avec des ukrainiennes ou syriennes sans papier, cherchant un abris,

    au lieu de lui dire de se laver tous les jours, de se brosser les dents, d’arrêter d avoir des propos mysogyne, d’arrêter d écouter JPPernault, mais d’écouter parfois autrui, d’aller dans 2 clubs de danse de salon et une asso de quartier, ….

  20. Pédibuspedibus

    Il y aurait fort à parier que si notre entreprenariat était réellement anticipateur et shumpétérien (orthograffe (!) non garantie) alors nos « champions mondiaux » de la presse hydraulique, fabricants de poubelles à roulettes autopropulsées, se dirigeraient naturellement vers les services, plus qu’émergents maintenant, que sont l’aménagement durable urbain, la mise en place d’une offre alternative de mode de déplacements, en tenant compte particulièrement des besoins des publics fragiles : seniors, handicapés…

  21. wilhelmlabat

    Excellente nouvelle. Vivement le monde sans voiture. Cet article me rend fière d’être une « vieille » qui pourrait s’en payer une mais ne le fera à aucun prix.

  22. wilhelmlabat

    Excellente nouvelle même si, en effet, ce n’est pas encore suffisant pour indiquer un virage; La voiture est un nuisible dont il faudra bien se débarrasser. Je suis flattée de faire partie des « vieilles » en mesure de s’en acheter une mais qui ne le feront à aucun prix.

  23. vesan

    Je me rappelle mes années bac au lycée : l’auteur le plus lu, le plus révisé et le plus commenté était Rousseau (le code).

    Si ces générations se sont mises à d’autres auteurs, tant mieux (même si c’est par manque de sous !), mais je crains qu’elles ne se soient mises exclusivement à des écrans (y compris pour réviser leur code !).

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