Le gouvernement baisse les impôts des compagnies aériennes

Le 16 juin dernier, Dominique Bussereau, secrétaire d’Etat aux Transports, s’est rendu au vingtième anniversaire de la fédération nationale de l’aviation marchande, la fédération patronale du transport aérien.

Il n’y est pas venu les mains vides puisqu’il a exempté les activités internationales de l’aviation marchande de la cotisation qui doit remplacer la taxe professionnelle. Transavia, la filiale d’Air France qui exploite les vols low-cost, économisera ainsi 750 000 € sur sa feuille d’impôt. Dans leur globalité, les compagnies aériennes devraient économiser 30 millions d’Euros au titre de l’année 2010.

Par ailleurs, la taxe sur les nuisances sonores, dont le produit permet l’insonorisation des habitations touchées par les nuisances aériennes, connaît un léger excédent, qui sera reversé aux compagnies aériennes.

Ainsi, malgré les discours alarmistes sur la dégradation des finances publiques, le gouvernement continue en fait la politique de baisse d’impôts pour les entreprises. Cela confirme qu’en fait, le déficit est délibérément organisé pour justifier toutes sortes de baisses de prestations sociales, comme les retraites en constituent un exemple brûlant.

Et malgré le discours sur la nécessité de transports propres, le gouvernement n’hésite pas à favoriser par sa politique fiscale le transport aérien, gros contributeur de pollution. C’est le principe pollueur payeur à l’envers, en quelque sorte.

Karl

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Rédacteur du site Carfree France, spécialiste des questions de transports collectifs

3 commentaires sur “Le gouvernement baisse les impôts des compagnies aériennes

  1. Jean-Marc Sérékianjms

    Cette mesure est tout à fait logique sur le plan économique et politique. Il s’agit de sécuriser le fer de lance du capitalisme, de soutenir la base materielle de la mondialisation et de conforter la marchandisation du monde : « La Circulation des Marchandises ».
    Comme le faisait déjà remarqué Karl Marx en personne « La circulation des marchandises est à la base de la civilisation capitaliste »
    On porrait aujourd’hui le paraphraser en disant que « la circulation des marchandises est l’obsession de la civilisation capitaliste »
    Sans aucune notion d’économie politique les écologistes ont une revendication anticapitaliste en affirmant la nécessité de la « relocalisation de l’économie »…
    Les avions ne transportent pas que des touristes, même si eux aussi n’existent pour le capitalisme que par leur fonctionalité économique…

  2. jean luc

    Déjà que le carburant aviation (kérosène ou jetA1) n’est pas taxé…Dans la même veine, Bruxelles encourage vivement les gouvernements européens à diminuer les redevances de sécurité (contrôle aérien) payées par les compagnies aériennes. Le trop perçu leur est déjà reversé chaque année, empêchant ainsi un lissage d’une année sur l’autre en fonction des fluctuations du trafic aérien: une façon d’organiser un déficit chronique pour ce service public, justifiant donc sa future privatisation rampante, comme pour la poste. Sécurité et concurrence économique débridée ne font pas bon ménage; une bonne raison supplémentaire de ne pas prendre l’avion!

  3. MOA

    En parlant de politiques fiscales favorables aux compagnies aériennes (par exemple) : tiré toujours de là : Manifeste des economistes attérrés

    « Les réductions d’impôt et de cotisations se sont multipliées (sur les bénéfices des sociétés, sur le revenu des particuliers les plus aisés, sur les patrimoines, sur les cotisations patronales…), mais leur impact sur la croissance économique est resté très incertain. Ces politiques fiscales anti-redistributives ont donc aggravé à la fois, et de façon cumulative, les inégalités sociales et les déficits publics.

    Ces politiques fiscales ont obligé les administrations publiques à
    s’endetter auprès des ménages aisés et des marchés financiers pour
    financer les déficits ainsi créés.
    C’est ce qu’on pourrait appeler «l’effet jackpot » : avec l’argent économisé sur leurs impôts, les riches ont pu acquérir les titres (porteurs d’intérêts) de la dette publique émise pour financer les déficits publics provoqués par les réductions d’impôts… Le service de la dette publique en France représente ainsi 40 milliards d’euros par an, presqu’autant que les recettes de l’impôt sur le revenu. Tour de force d’autant plus brillant qu’on a ensuite réussi à faire croire au public que la dette publique était la faute des fonctionnaires, des retraités et des malades.« 

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