Que fait la police?

Ils sont où les justiciers du quotidien? Ils sont devenus quoi les « gardiens de la paix »? Les policiers censés assurer la sécurité des personnes, des biens et maintenir l’ordre public en faisant appliquer la loi? On parle beaucoup d’eux en ce moment quand il s’agit de taper, mutiler, estropier ou emprisonner les manifestants ou autres gilets jaunes. Mais il n’y a plus grand monde pour assurer la sécurité des piétons ou des cyclistes sur la voie publique…

Ces derniers temps, on voit se multiplier sur les réseaux sociaux les témoignages de violence motorisée. On va en citer quelques uns dans cet article.

Très souvent, il s’agit de piétons ou de cyclistes faisant remarquer à un motorisé, automobiliste ou scootard/motard qu’il commet une infraction comme, circuler ou stationner sur un aménagement cyclable ou un trottoir, griller une priorité, etc. Terrible erreur! Car le motorisé pris en faute, au lieu de s’excuser, va en général a minima insulter le cycliste ou le piéton, voire dans les cas les plus graves, chercher à lui taper dessus.

Donc, en tant que cycliste ou piéton, nous sommes quasi-obligés de supporter en silence ces infractions qui en plus nous mettent en danger. Si nous l’ouvrons, nous prenons le risque de nous faire agresser, c’est la double peine: mise en danger/insécurité et représailles verbales ou physiques en cas de contestation.

C’est pourquoi, nous ne pouvons que conseiller d’être excessivement prudent dans ce genre de cas. Le motorisé a un sentiment d’impunité que nous avions étudié ici.

Si on veut comprendre le mécanisme psychologique à l’œuvre, on ne peut que faire appel au couple poids+vitesse. D’une certaine manière, le motorisé développe une forme d’impunité liée au poids massif de son véhicule motorisé associé à sa capacité à s’échapper rapidement de la situation. Dit autrement, avec mon véhicule motorisé, je pèse lourd par rapport à toi faible vermine cyclable ou piétonne, et en cas de problème, je peux partir à toute vitesse. Aussi, pourquoi devrais-je m’excuser auprès de toi des erreurs que je commets sur la route ou de mon comportement motorisé dangereux pour les autres?

Au couple poids+vitesse, on pourrait associer l’effet de barrière constitué par la carrosserie et les vitres de la voiture ou le casque pour le scootard/motard. Qui n’a pas déjà constaté l’automobiliste qui vous a doublé dangereusement et que vous retrouvez ensuite au feu et qui fait l’air de rien derrière sa vitre, comme s’il était protégé par une sorte de mur magique d’invisibilité?

Mais l’impunité, c’est aussi l’absence générale de verbalisation de ces infractions. Les motorisés se sentent sûrs d’eux car dans les faits, ils sont très rarement verbalisés pour avoir roulé sur un sas vélo ou dans un couloir bus ou couloir cyclable ou pour avoir stationné sur une bande cyclable ou un trottoir. Vous comprenez, les policiers sont déjà bien occupés à mutiler et estropier des gilets jaunes, on ne peut pas être partout.

Donc, si vous souhaitez faire remarquer à un motorisé qu’il a commis une erreur ou qu’il vous a mis en danger par son comportement, soyez très prudent. A minima, assurez-vous de pouvoir vous échapper facilement de la situation en cas de problème. L’idéal est de se trouver dans une situation d’embouteillage ou à un feu quand vous pouvez facilement vous échapper à vélo. Quand on est piéton, c’est plus dur, mais on peut aussi courir en cas de besoin et se réfugier dans un magasin ou un lieu public.

Pour les scootards/motards, c’est plus difficile. Déjà, parce qu’en règle générale, les motards sont des cons et que leur sentiment d’impunité est décuplé par la capacité de rouler partout, y compris dans les couloirs bus/vélo ou sur les trottoirs pour s’échapper en cas de problème ou pour vous courser afin de vous taper dessus.

A moins d’être costaud et prêt à en découdre, mieux vaut donc éviter de s’adresser à eux en situation conflictuelle. Préférez la lâcheté, comme un bon crachat sur le siège de toute moto ou scooter garé abusivement sur un trottoir. Quand le propriétaire viendra asseoir son gros cul sur sa moto ou son scooter, il faudra qu’il essuie d’abord votre mollard… Dites-vous bien que si le motard ou le scootard gare sa merde n’importe où sur le trottoir, c’est qu’il roule aussi en règle générale dans les sas vélo, les couloirs bus ou les bandes cyclables.

Je sais, c’est immonde, mais face à la connerie motorisée et à l’impunité policière, il n’y a pas de mauvaises armes.

AutoMinus

A propos de AutoMinus

Rédacteur de Carfree France, spécialiste des questions psychologiques de l'automobile, en particulier concernant le 4x4, les courses de formule bourrin, le paris-dakar, les courses de quad, la moto et toutes les conneries motorisées qui polluent la vie

9 commentaires sur “Que fait la police?

  1. vince

    Tout ceci porte un nom : road rage. Etre au volant d’un bolide et être coincé toutes les minutes par un feu, un piéton, un vélo ou même une autre voiture provoque une grande frustration chez certains énergumènes qu’on devrait priver de volant.

     

  2. jol25

    Et on constate une augmentation du nombre d’usager de voitures sans permis, y compris surtout parmi les plus jeunes (à partir de 14 ans!), sans formation au code sérieuse (hormis les ASSR 1 et 2 et un BSR passé en scooter!) Ensuite ils se retrouvent à bord d’une mini voiture, qui peut rouler allègrement à 75km/h, parce qu’il faut pas déconner, si on est en voiture, même sans permis, c’est pour aller vite… Sérieux, on marche sur la tête!

  3. Ecoloréaliste

    Pourquoi constate t’on aussi autant de dégradations des radars automatiques de contrôle de vitesse ?

     

    On me chuchote que cela a un lien avec un certain mouvement des « Gilles et John »

    Mais chut, il faut pas le dire, parce qu’il parait que les GJ ce sont des gentils écolos qui veulent du bien au climat…

    Vroum, vroum, le GJ. Le GJ veut aller vite,

    Vroum, vroum… le GJ veut plus de pouvoir d’achat pour acheter plus de bagnoles, payer moins de taxes et moins d’amendes pour rouler toujours plus et toujours plus vite. Vroum… vroum….

    Mais chut…. il faut pas le dire. Les GJ sont gentils, ils défendent le climat (il parait).

  4. Céline

    Il y a aussi la jalousie/agacement/frustration de voir les cyclistes s’élancer et sortir des bouchons en un coup de pédales, en passant sous le nez des automobilistes prisonniers de leur connerie.

  5. Prolo

    Pour avoir vécu cette situation à Lyon (je pliais à l’envers les rétros en passant entre le trottoir et les voitures garées sur la PC, parfois ça frottait un peu les portières aussi), le top reste les escaliers, ou même une simple marche : les voitures ne montent pas les marches, et les automobilistes n’abandonnent pas leur voiture.

  6. Letard

    Bonjour à tous,

    Quand il a un pied à terre, au moins, le piéton ou le cycliste a une parade contre le mauvais comportement d’automobilistes en voiture ou en moto, c’est de crier au conducteur sa plaque arrière, si pas, avant et de la regarder assez fixement assez longtemps, au moins le temps de bien la lire.

    C’est une expérience que j’ai souvent essayé, cela m’a permis d’arrêter des conflits entre cyclistes et automobilistes en fin de marche critique, de groupes qui se déplacent en masse compacte à vélo, de traverser sans danger des passages pour piétons, à pieds, mais en tenant compte des droits et devoirs du piéton dans ce cas, en vélo, cela m’a même permis de me placer devant des voitures dans des sas vélos sans risques.

    Cela me permet, donc, de résoudre bien des conflits toujours pacifiquement.

    Pour les gilets jaunes, certains me semblent vouloir payer moins de taxe pour s’empoisonner à leur volant. Moi, je préfère ne pas m’empoisonner du tout au volant d’une voiture, donc ne pas être au volant. et ailleurs, je préfère m’empoisonner le moins possible.

    A votre service.

  7. Nick

    Commencez à rouler sur les pistes cyclables quand il y en a , et pas au milieu de la route pour decider quand on a le droit de vous doubler ou pas.

     

    Un salaud d’automoibiliste

  8. Letard

    Bonjour à tous,

    Pour répondre au « salaud » d’automobiliste,

    Votre point de vue sur les pistes cyclables et sur l’état de celles-ci, surtout quand vous roulez dans votre voiture, ne vous permet pas de  juger le droit ou non d’un cycliste d’emprunter la piste cyclable ou pas.

    Vous n’êtes pas juge, vous ne rouler pas, normalement sur cette piste cyclable en voiture, vous n’en avez pas le droit.

    La vision que vous avez, plutôt que votre cerveau crée (sic: hé oui, vous en avez un, bien que vous n’ayez pas les pieds sur terre assis à votre volant quand vous conduisez), ne vous permet pas de voir tous les détails qui amène un cycliste d’emprunter ou non la piste cyclable ou pas de la quitter ou pas.

    Votre attitude devrait être à adapter votre vitesse pour qu’éventuellement un cycliste puisse quitter la piste cyclable sans danger. Mais, assis à votre volant, sans avoir les pieds sur terre, vous semblez ne pas y penser toujours.

    A votre service

    Danny – ex-secouriste croix rouge et industriel – Prévenir vaut mieux que guérir. Les secouristes ne sont pas là pour ramasser les morceaux (des morceaux de corps), mais pour éviter à avoir à les ramasser.

  9. jol25

    Nourrir le troll ou ne pas nourrir le troll ? Cruel dilemme… Cédons un instant à la tentation, saluons l’instant de lucidité. Notons en passant qu’il y a des salauds aussi à pied ou en vélo, mais que le salaud motorisé est quand même le plus dangereux pour les autres (c’est aussi le plus frustré: autant de puissance sous le pied droit, et il ne peut même pas dépasser ce p*n de cycliste!!!)

    Ne lui jetons pas la pierre, mais plutôt un vélo. Qu’il se sorte la tête du cul, pose ce dernier sur une selle. Qu’il prenne son courage à deux mains avant de les poser sur le guidon.

    Poussons-le sur son trajet, et, cohérent avec lui-même, accompagnons-le sur les voies cyclables aménagées en bord de routes (notons au passage que ces voies sont pour la plupart conseillées; très peu sont obligatoires) Soudain, il découvre des obstacles, souvent à 4 roues, qui obstruent: il doit zigzaguer, regagner la chaussée, au grand dam des ses anciens congénères, qui l’accueillent en klaxonnant joyeusement. Parfois, il doit s’arrêter. Quand enfin la voie est dégagée, quelques centaines de mètres plus loin, il découvre qu’il a crevé : la belle voie cyclable est couverte de saletés diverses, dont des bouteilles éclatées jetées avec désinvolture par la fenêtre d’une bagnole.

    Comprenant alors le comportement des autres cyclistes, il s’engage carrément et dfinitivement sur la chaussée. Mais il est timide: conscient qu’il gêne les bagnoles, il se serre gentiment à droite. Là, il découvre avec stupeur que ses anciens congénères le serrent encore plus contre le trottoir, forcent le passage avec leur rétro qui le frôle. S’il a de la chance, il évite la portière ouverte d’une voiture en stationnement et il esquive le piéton qui surgit inopinément d’entre deux véhicules.

    Fianlement, il réalise qu’il est bien plus en sécurité au milieu sur la chaussée, afin d’éviter les surprises venant de droite, et de bien marquer aux véhicules qui le suivent qu’ils ne peuvent pas le dépasser en sécurité.

    Si le courage ou le goût de l’effort le gagne, il persistera peut-être, gagnant en vitesse à mesure qu’il retrouvera son souffle et perdra du poids. Finalement, en milieu urbain, il découvrira que le vélo est au moins aussi rapide que la voiture, et beaucoup moins frustrant. Et qu’il sera un peu moins un salaud 🙂

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