Violence motorisée

Étrangement, la violence motorisée est un concept mal défini. Pourtant, elle concerne chaque jour de nombreuses personnes, très souvent des piétons ou des cyclistes victimes de cette violence motorisée.

C’est quoi la violence motorisée? C’est toute forme de violence, physique ou morale, exercée par un ou des individus en général en voiture, moto ou scooter, à l’encontre d’usagers non motorisés, en l’occurrence piétons ou cyclistes.

On ne s’attardera pas sur la violence physique, déjà bien documentée. On ne compte plus les déchaînements de violence où des motorisés peuvent aller jusqu’à rouler volontairement sur des piétons ou des cyclistes. A ce niveau-là, c’est tout simplement du meurtre. Le pire, c’est que le fait que ce soit commis en voiture est souvent considéré par la justice comme une circonstance atténuante. Allez tuer quelqu’un avec un couteau ou un pistolet, vous risquez 20 ou 30 ans minimum. Allez le tuer en lui roulant dessus volontairement en voiture, vous risquez tout au plus quelques années de prison…

La violence motorisée prend aussi parfois des formes inattendues, quand un automobiliste défonce le mur d’une maison à 6 heures du matin et rentre carrément dans la chambre d’un enfant de 10 ans traumatisé… Évidemment, alors que l’enfant est encore sous les gravats, les occupants de la voiture font… un délit de fuite!

La violence motorisée, c’est en effet aussi le délit de fuite généralisé. Très souvent, quand on écrase par inadvertance un piéton ou un cycliste, il n’y a pas trop de dégât sur la carrosserie. Juste un peu de sang qu’on pourra vite laver chez l’éléphant bleu… C’est donc tenant de fuir comme un gros lâche en laissant sa victime se vider de son sang dans le caniveau. Quand on percute une autre voiture, c’est plus embêtant, car il y a en général de la casse, voire même la voiture ne démarre même plus, alors vous pensez bien que le délit de fuite va être plus compliqué…

La violence motorisée passe aussi par les insultes quotidiennes que doivent recevoir par exemple les cyclistes de la part d’automobilistes ou de motards/scootards. Le cas le plus fréquent survient quand le cycliste fait remarquer à un automobiliste ou motard/scootard qu’il a eu un comportement dangereux et/ou illégal (vitesse, rouler trop près du cycliste, utiliser les sas vélo ou les aménagements cyclables pour circuler/stationner, etc.). En général, le cycliste doit a minima essuyer une bordée d’insultes.

Il est quand même étrange de constater que lorsqu’un cycliste explique à un motorisé qu’il vient de commettre une faute, le motorisé devient en général tout de suite agressif au lieu de s’excuser et de reconnaître qu’il a fait une erreur.

Quel est le mécanisme psychologique qui pousse le motorisé à insulter directement le cycliste qui vient juste de lui faire remarquer qu’il a commis une erreur ou eu une attitude dangereuse? En général, dans la vie de tous les jours, si vous commettez une erreur à l’encontre de quelqu’un ou que vous avez eu une attitude dangereuse pour une personne, vous vous excusez. Exemple: à l’entrée d’un magasin, vous ne faites pas attention derrière vous et vous laissez se refermer la porte directement sur le nez de la personne derrière vous. Si vous êtes normalement constitué, vous allez vous excuser platement auprès de la personne.

Vous allez sans doute dire que dans ce cas, l’excuse est faite volontairement. Et c’est bien là le problème. Car, dans le cas de la violence motorisée, en général l’excuse du motorisé n’est justement pas volontaire et quand on lui fait remarquer qu’il pourrait au moins s’excuser, c’est le déchaînement de violence.

Donc, si on veut comprendre le mécanisme psychologique à l’œuvre, on ne peut que faire appel au couple poids+vitesse. D’une certaine manière, le motorisé développe une forme d’impunité liée au poids massif de son véhicule motorisé associé à sa capacité à s’échapper rapidement de la situation. Dit autrement, avec mon véhicule motorisé, je pèse lourd par rapport à toi faible vermine cyclable, et en cas de problème, je peux partir à toute vitesse. Aussi, pourquoi devrais-je m’excuser auprès de toi des erreurs que je commets sur la route ou de mon comportement motorisé dangereux pour les autres?

Au couple poids+vitesse, on pourrait associer, pour l’automobile, l’effet de barrière constitué par la carrosserie et les vitres de la voiture. Qui n’a pas déjà constaté l’automobiliste qui vous a doublé dangereusement et que vous retrouvez ensuite au feu et qui fait l’air de rien derrière sa vitre, comme s’il était protégé par une sorte de mur magique d’invisibilité?

L’effet de barrière est moins vrai pour les scootards qui jouent quasi-exclusivement sur le couple poids+vitesse. Essayez par exemple de dire à un scootard qui attend au feu qu’il est sur un sas vélo ou qu’il vient de circuler sur la bande cyclable: 9 fois sur 10, il vous enverra a minima paître, agrémenté très souvent d’une ou deux insultes, avant de démarrer en trombe pour bien vous faire sentir son couple poids+vitesse.

Pour être tout à fait honnête, la violence motorisée a parfois pour origine la peur; dans certains cas, l’automobiliste a eu tellement peur dans certaines circonstances (provoquées par lui!) qu’il décharge ensuite cette peur sous forme d’agressivité (contre la personne qu’il a mise en danger!).

J’ai vécu un exemple de ce type un jour: je marchais avec mon fils sur un parking quand je vois une voiture reculer d’une place de parking sans faire apparemment attention à nous. Évidement, quand je la vois s’approcher trop près de nous, limite à nous toucher, je me mets à crier pour forcer son arrêt immédiat. Je vois alors la vitre de la voiture s’ouvrir et une dame se met à m’insulter copieusement! Pourquoi cette dame ne s’est-elle pas excusée? Tout simplement parce qu’elle avait eu peur, de mes cris et de la situation provoquée par sa faute. Elle avait juste failli m’écraser moi et mon fils…

Une autre forme de violence motorisée semble particulièrement retorse, c’est le « désolé, je vous avais pas vu« . De la même manière que tout cycliste sait qu’à un moment ou un autre de sa vie il aura rendez-vous avec une portière de voiture, une « carrière de cycliste en milieu urbain » doit également composer avec le « désolé, je vous avais pas vu« .

Pour ce qui me concerne, ça m’est arrivé il y a une quinzaine d’années. A un feu, un automobiliste me grille la priorité en tournant (reconnu en tort à 100%) et me percute, heureusement à petite vitesse. Je suis quand même projeté plusieurs mètres en arrière en tombant sur le dos (avec des problèmes de dos qui ont duré ensuite plusieurs années). Je me rappelle parfaitement la phrase du monsieur sortant de sa voiture, un gentil retraité avec sa femme: « désolé, je ne vous avais pas vu. »

Cette simple phrase si souvent entendue par tant de cyclistes n’a l’air de rien. Elle ne semble pas particulièrement violente ou agressive et pourtant, il y a là une violence terrible. Le motorisé vous rentre dedans tout simplement parce qu’il ne vous voit pas. Il n’a rien contre vous, ne veut pas commettre spécifiquement d’imprudence, roule « normalement » comme le petit retraité. Sauf que vous n’existez pas et qu’il vous roule dessus.

Enfin, il y a la violence motorisée propagée par les médias quand tel ou tel article de fait divers explique « qu’une voiture a percuté un enfant » ou « qu’une voiture a écrasé un piéton« . Non, la voiture n’a rien fait! Jusqu’à preuve du contraire, il n’y a pas encore beaucoup de voitures autonomes en circulation qui écrasent les gens, même si cela commence à arriver. Pour l’instant, il y a essentiellement des automobilistes qui écrasent des piétons ou des cyclistes…

Ces quelques exemples illustrent le travail colossal qu’il reste à faire pour décoloniser des esprits largement motorisés. La bonne nouvelle, c’est que l’on sait comment faire. A tous les niveaux, depuis les aménagements urbains jusqu’aux aspects juridiques et réglementaires, il faut donner la priorité aux usagers faibles, à savoir piétons et cyclistes. Par ailleurs, il faut investir massivement dans tous les aménagements destinés aux piétons et aux cyclistes, non seulement car ceux-ci ont besoin d’aménagements spécifiques de qualité, mais aussi car cela envoie un signal fort à l’ensemble de la société, y compris les motorisés, sur la priorité absolue des piétons et des cyclistes.

Comme dirait l’autre, la violence motorisée, c’est l’ancien monde. Le nouveau monde, c’est la marche et le vélo. Vous faites quoi pour le nouveau monde?

Marcel Robert

A propos de Marcel Robert

Fondateur du site Carfree France et auteur des livres "Vélogistique", "Pour en finir avec la société de l’automobile" et "Îles sans voitures".

12 commentaires sur “Violence motorisée

  1. JDB

    Vous oubliez la publicité qui cautionne le non respect de code de la route. La publicité récente de Citroën ventant le freinage automatique en est un exemple. L’automobiliste présenté était inattentif à sa conduite et manquait de renverser un piéton sur un passage clouté. et la conclusion était que le piéton était imprudent! L’ARPP (Autorité de Régulation Professionnelle de la Publicité) qui demande aux constructeurs automobile de respecter le code de la route dans leurs publicités avait validé cette publicité. Il a fallu qu’une vingtaine de personnes déposent une plainte auprès du Jury de Déontologie pour que Citroën soit condamné.

  2. Arnold à vélo

    Sujet fondamental que la violence routière qui en dissuadent beaucoup de se mettre au vélo. C’est bien compréhensible, même si plus il y aura de cyclistes plus ils seront en sécurité. Après la question de savoir si la sécurité des cyclistes passe par des aménagements spécifiques ou un appel au partage de la chaussée n’est pas tranchée; on aura jamais la possibilité de dupliquer tout le réseau routier avec des pistes cyclables. L’idéal serait de sensibiliser les conducteurs de véhicules motorisés en les laissant se faire foncer dessus dans un champs de manœuvre pour chars LECLERC! Pour ma part je me suis résolu à m’équiper d’un rétro pour surveiller un peu mieux mes arrières, mais je ne verrai pas mes enfants à ma place, ce qui n’est objectivement pas bon signe…

  3. BikePower

    La violence est bien présente, c’est un fait, les causes on été nommées ci-dessus (Rapport au plus faible, déni du droit de ralentir ou stopper la voiture(*), déni de partage de l’espace routier, publicité faisant prendre les vessies pour des lanternes…)

    Comment en sortir ?

    Certainement en utilisant le double levier éducation/répression de façon plus résolue et ferme que jusqu’à présent.

    J’y ajouterai un autre vecteur : apprendre à se faire respecter et à prendre sa place, mais ce n’est pas sans danger ni à la portée de toutes et de tous : il vaut mieux ne pas pouvoir faire valoir son droit que de se faire estropier… ou pire !

    (*) Un jour où je traversais un passage piéton avec ma femme, une voiture s’approche à une allure qui montre qu’elle n’a pas l’intention de s’arrêter… jusqu’à ce que je lui fasse face, prêt au pire : la voiture pile et lorsque je m’approche de la portière pour demander si la conductrice (pas très jeune) connait les passages cloutés, elle me répond « ah, mais j’étais lancée ! »
    dont acte ! 😉

  4. zit

    Alors pour les sas vélo, j’en avais effectivement assez de me faire pourrir par des abrutis à qui je faisait remarquer leurs tentatives répétées d’empoisonnement de ma personne; depuis un an environ, j’ai pris le pli de me foutre gentiment de leur gueule :  » Ah mais en plus de puer, ça freine super mal votre merdre  » ou bien  » le petit dessin, là, sous votre roue avant, ça représente un vélo, pas un truc à moteur puant, c’est rapport à nos petits poumons, qu’on se prenne pas vous poisons au démarrage… « , avec grands sourires, ça passe bien mieux, y’ennna même qui s’excusent prétextant la méconnaissance de la loi (bon, y’ennna toujours encore qui m’agressent, mais je me fous alors encore plus de leur poire ;o).

    Sinon, c’est effectivement incroyable le nombre de gens qui me disent que le vélo, c’est dangereux (surtout le mien, un vélo horizontal), alors que, ce sont les pétrozaures de plusieurs tonnes, qui sont dangereux ! Comment peut-on en arriver à mettre les choses sans dessus dessous à ce point ?

  5. JMB

    Il est où le bouton pour applaudir à cet article brillant ? BRAVO ! Même si c’est le reflet du triste quotidien d’un grand nombre de personnes se déplaçant en bicyclette.

  6. Florent

    Pour info, dans le cadre du récent « fait-divers » (qui n’en est pas un!) mentionné en début d’article (Un automobiliste et ses 2 passagers qui s’en prennent à un cycliste, le font tomber puis lui roulent dessus volontairement à Laval, dimanche dernier https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/laval-53000/laval-ils-s-en-prennent-au-cycliste-et-lui-roulent-sur-la-jambe-5681848), à Place au Vélo (l’association locale membre de la FUB) nous envisageons de soutenir la victime et de nous constituer partie civile en espérant que l’enquête policière arrêtent les coupables.

    Si quelqu’un a un retour d’expérience sur ce genre de situation, il est le bienvenu pour prendre contact avec nous…

  7. Le cycliste intraitable

    Il y a la publicité automobile, mais aussi et surtout la production cinématographique (films, séries) et les jeux vidéo  qui se livrent fréquemment à l’apologie de la vitesse et de la violence routière.

    Mais comme les protagonistes ont toujours une chance incroyable et ils évitent l’accident en conduisant n’importe comment… a-t-on vu un héros qui fauche un piéton ou un cycliste pour échapper à ses méchants poursuivants ? Bonjour les dégâts sur notre imaginaire…

    La réalité de la conduite urbaine entre en collision frontale avec cette idéalisation véhiculée par les fictions audiovisuelles. Les entraves à une conduite fluide et rapide se multiplient : vous êtes priés d’obtempérer à des prescriptions dont vous ne percevez pas le fondement sans parler des « gêneurs » qui vous empêchent d’avancer à la vitesse qui vous est encore permise.

    Très peu pour moi, et pourtant j’ai acheté une voiture une fois papa. Du fait entre autres d’un transporteur qui déroge à la loi handicap et se reconnaîtra…

  8. vince

    Merci pour l’article.

    Il est évident que l’automobiliste supporte mal d’être ralenti dans sa course par un quelconque pertubateur.

    J’en ai fait l’expérience amusante cet hiver : il gelait et une voiture était coincée en travers de la rue. Avec un autre piéton nous avons entrepris de l’aider à pousser sa voiture : les voitures qui arrivaient ne comprenant pas la scène nous klaxonnaient.

    Piéton, j’aide un automobiliste coincé et je me fais klaxonner….

    Autre exemple constaté sur moi-même : lorsque je vais au boulot en vélo je suis beaucoup plus décontracté en voiture après.

     

  9. callaghan

    Il en va de « l’art » de relater l’accident d’un cycliste !

    Joëlle Gélinas, doctorante en communication, a étudié le processus narratif de différents journaux lors du décès de cyclistes en 2016. Elle arrive à la conclusion que le choix des mots et les tournures de phrases évitent d’aborder la responsabilité de l’automobiliste et accentuent celle des cyclistes. Déchiffrage des trois choses qui ne vont pas dans la phrase : « La cycliste happée mortellement par un camion ne portait pas de casque. »
    1. Dépersonnaliser
    Une des principales failles de cette formulation consiste à dépersonnaliser le chauffeur. Sur la vingtaine d’articles étudiés, dans 79% des occurrences, les médias utilisent des termes « non humains », tels que « poids lourd », alors que des termes « humains », tels que « chauffeur », auraient pu être utilisés. Les caractéristiques d’ordre identitaire (âge, sexe, fonction sociale, nom) qui sont fréquentes dans la nomination des cyclistes sont peu nombreuses, voire absentes, dans celle des automobilistes. Cela a pour effet d’atténuer leur présence dans le cadrage de l’événement et de transférer leur responsabilité vers le véhicule lui-même.
    2. Grammaire
    Le choix des mots a lui aussi un impact. Par exemple, dans la tournure suivante fréquemment utilisée – « La cycliste happée mortellement… » –, c’est la cycliste qui est le sujet de la phrase, impliquant ainsi indirectement qu’elle pourrait avoir joué un rôle dans son malheur. Le même mécanisme est à l’œuvre quand un journaliste écrit: « Le cycliste serait tombé de son vélo et aurait glissé sous les roues du camion léger ». Ces énoncés, en ne convoquant que des actions dont les cyclistes seraient responsables, vont au-delà d’une atténuation ou d’une dissimulation de la responsabilité du conducteur. Ils invoquent plutôt directement la responsabilité des cyclistes.
    3. Contextualisation
    Bien sûr, il y a les articles mentionnant l’absence de casque chez la victime, qui font rager certains militants de la cause cycliste, notamment quand la victime se fait écraser par un poids lourd et que le casque n’aurait rien changé. Mais il y a un autre mode de contextualisation qui met cette fois en cause l’aménagement urbain dans l’accident. En jumelant cet aspect avec une généralisation sur la témérité des cyclistes, on induit le doute sur les agissements possibles de la victime comme dans cette fin d’un article: « Certains cyclistes partent du haut de la pente à la hauteur d’une rue et se synchronisent avec les feux situés 400 mètres plus bas pour pouvoir traverser l’avenue le plus vite possible et se laisser glisser jusqu’au boulevard d’après.»
    4. Conclusion
    La leçon tirée est sans appel: Il existe un certain inconfort à responsabiliser un individu pour la mort d’autrui, alors que d’induire une responsabilité à un individu pour son propre décès demeure plus accepté. Cet inconfort est fort probablement culturel et pas propre aux journalistes. Ce type formulation est probablement utilisé pour préserver la présomption d’innocence des chauffeurs impliqués. La chercheuse aimerait néanmoins étudier le traitement de la nouvelle dans le cas de collisions impliquant deux autos pour vérifier s’il y a un traitement différentié pour les cyclistes. Le choix des mots a de l’importance, car il peut dénoter un parti pris !

  10. Pédibuspedibus

    callaghan ce commentaire aurait largement pu faire l’objet d’un article approndi, à part entière, qu’on puisse facilement retrouver sur Carfree… !

    mais peut-être te décideras-tu… ?

     

    peut-être que les black studies, et leurs inévitables analyses sémiologiques des comptes-rendus par les médias de faits sociaux  faisant intervenir des personnes de couleur, permettraient de faire changer de braquet les luttes en faveur de la cause des modes actifs de déplacement, avec le système symbolique actuel qui les invisibilise…

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