L’enterrement du dernier piéton

Il y a quelques jours, les joyeux Parisiens suivirent l’enterrement du dernier omnibus à traction animale. Hier, ce fut le tour du dernier piéton, qui fut reconduit à sa dernière demeure avec tout le respect qu’il convenait de témoigner à ce vénérable débris des temps anciens, où l’homme pataugeait lamentablement dans la boue, usant de ses jambes pour vaquer à ses occupations journalières. Lire la suite…

Les écraseurs

Samedi soir, un petit garçon d’une douzaine d’années était renversé par une automobile et amené chez le pharmacien qui se trouve au n° 17 de la rue de Paris. Le pauvre gosse qui avait le bras cassé en divers endroits faisait entendre des cris déchirants. Un certain nombre de cyclistes tournaient autour de l’auto, ressemblant à ces petits oiseaux qui dans un bois voltigent autour d’un hibou et dénoncent la présence de leur redoutable ennemi. Lire la suite…

L’absurdité de la bagnole

Jean-Luc Godard est un cinéaste franco-suisse né le 3 décembre 1930 à Paris et mort le 13 septembre 2022 à Rolle (canton de Vaud). Parmi ses nombreux films, il y a Week-end, sorti en 1967, qui montre un couple de Français moyens qui passe son week-end en voiture sur les routes d’Île-de-France, en circulant (quand c’est possible) entre embouteillages monstrueux et accidents sanglants. Lire la suite…

Zigs Zags d’une cancoire

Depuis trop longtemps déjà, des êtres sales, puants, hideux, affublés de muselières, parfois accompagnés de leurs femelles, accroupis dans un baquet, passent comme des ouragans sur les routes de France. Partout s’entendent les rauques beuglements de leur cor, partout, effrayants, sinistres, ils passent, empestant l’air, couvrant les alentours d’une poussière épaissie, et tous les jours, hélas! estropiant, mutilant, tuant de braves gens qui avaient eu la naïveté de croire que la route est à tout le monde. Lire la suite…

Encore les écraseurs !

Nous devons approuver et féliciter les autorités municipales qui appliquent sans défaillance les mesures que leur devoir leur impose de prendre pour protéger la vie et la sécurité des citoyens contre les excès scandaleux des automobilistes. Ainsi nous est-il impossible de ne pas relever, avec une protestation indignée, les attaques auxquelles les séides de l’automobilisme se livrent contre des magistrats municipaux soucieux de mettre un frein aux méfaits de ce sport sanglant. Lire la suite…

Mentalité sportive

J’ai entendu dire que les facultés cérébrales des conducteurs d’automobiles se trouvaient profondément troublées chaque fois que leurs voitures étaient lancées à des vitesses excessives. Il y aurait là, pour un psychopathologue, matière à des études, à ce qu’il paraît, des plus intéressantes. N’étant pas aliéniste, il ne m’appartient pas de me livrer à des investigations médicales qui, en l’espèce, doivent être fort curieuses. Lire la suite…

Sport et liberté du meurtre

La population de Versailles a été douloureusement impressionnée par une série de graves accidents d’automobile qui se sont produits récemment dans la ville du Grand Roi. Le 12 mai, vers six heures du soir, à la sortie des externes du lycée de jeunes filles, deux enfants, une fillette de treize ans et un petit garçon de sept ans, traversaient l’avenue. Soudain déboucha de la place d’Armes une automobile conduite par un petit jeune homme de dix-sept ans. Celui-ci, parvenu à la hauteur du lycée, ne ralentit pas sa vitesse qui était excessive, et les deux pauvres petits furent tamponnés par le lourd véhicule et grièvement blessés. Lire la suite…

Le fléau du piétonisme

Il est vraisemblable que les esprits chagrins qui pleurent sur la dépopulation ne voyagent pas en automobile. Si ces esprits mettaient la main au volant, ils s’apercevraient vite qu’il n’y a jamais eu tant de piétons qu’à présent. Lire la suite…

Sang, tripes, plein le tunnel !…

Au détour d’un de ses textes, on découvre un Louis-Ferdinand Céline farouche opposant à l’automobile. Dans son roman intitulé D’un château l’autre publié en 1957, Céline dresse un parallèle entre sa vie contemporaine à l’œuvre — en tant que médecin et écrivain, pauvre, maudit et boudé par sa clientèle — et sa vie à Sigmaringen pendant la guerre où s’étaient réfugiés le gouvernement vichyste en exil et de nombreux collaborateurs devant l’avancée de l’armée du général Leclerc. Dans la première partie du livre, on découvre un Céline aigri qui se plaint de sa condition, et qui se fait « barboter ses poubelles. » Extrait. Lire la suite…