On va dans le mur, mais en Tesla

« On continue d’aller dans le mur, même si on y va en Tesla » : jolie phrase prononcée par un militant écologiste lors de l’ouverture du débat public sur le projet, déjà controversé, d’exploitation d’une mine de lithium dans l’Allier en Auvergne.

Un article de France Info fait en effet état du lancement de la « Commission nationale du débat public » relative à un projet d’extraction de lithium dans le département de l’Allier.

Car, du lithium, il va en falloir pour alimenter tous les SUV électriques que l’industrie automobile se propose de construire pour maintenir ses profits. Et on ne va pas pouvoir compter éternellement sur la Chine pour les construire ces batteries électriques particulièrement lourdes et polluantes.

Comme le dit le représentant de la multinationale qui souhaite creuser l’Auvergne comme un gruyère pour en sortir 34 000 tonnes de lithium par an, « c’est nécessaire pour relever le défi de l’urgence climatique. »

Vous l’aurez compris, c’est officiel, nous sommes désormais en plein dans le livre « 1984 » de George Orwell, où la novlangue nous dit que « l’industrie, c’est l’écologie » et « les écologistes, c’est des terroristes. » En effet, maintenant, ce sont les représentants des multinationales qui viennent dans les réunions publiques pour expliquer aux militants écologistes comment « relever le défi de l’urgence climatique » et si ceux-ci s’obstinent à refuser les projets industriels d’extraction destinés à sauver la planète, ce seront bien évidemment des « éco-terroristes » qu’il faudra mater grâce à la force publique…

Et si on dit qu’extraire du lithium, cela présente des risques pour la ressource en eau, pour la biodiversité, pour la santé, sans remettre en cause le modèle productiviste qui nous tue, on s’oppose au progrès. Idem si on émet l’hypothèse, avant de piller le sous-sol, d’être plus sobre et de développer par exemple le vélo…

Faudrait voir à être sérieux… C’est pour cela qu’on ne doit pas laisser l’écologie dans les mains des écologistes. L’écologie est en effet pour les industriels un projet trop sérieux pour le laisser aux écologistes. Dit autrement, l’écologie est un projet industriel comme un autre…

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On organise des débats publics à coup « d’enquêtes publiques » ou de « Commissions nationales du débat public, » mais tout le monde a très bien compris que les dés sont pipés. La décision est déjà prise, on ne va pas les laisser dans le sol ces milliers de tonnes de lithium! Selon les estimations, on a de quoi construire 700.000 batteries de voitures électriques par an pendant une vingtaine d’années, soit au total une quinzaine de millions de voitures électriques.

On pourrait donc avec cette mine électrifier environ un tiers du parc automobile français au bout de 20 ans d’exploitation. Bon, notre lithium français risque de coûter un peu plus cher que le lithium extrait à l’autre bout du monde dans des conditions sociales et environnementales déplorables. Pas grave, vu la demande mondiale forcément en hausse il y aura de quoi se gaver pour tout le monde.

Donc, on veut bien organiser une « Commission nationale du débat public » pour la forme, histoire de dire qu’on a fait semblant d’écouter les gens, mais faudrait voir à pas pousser le bouchon trop loin non plus, sinon on envoie les CRS. Car, il ne faudrait pas que les militants écologistes du coin se prennent pour des agriculteurs de la FNSEA non plus! Eux, ils ont le droit de faire exploser des bâtiments de l’Etat ou de les couvrir de purin. Par contre, si un seul militant écologiste ose dire que le lithium c’est mal, on le met en garde à vue direct!

Parce que l’industrie et les pouvoirs publics qui savent ce qui est bon pour nous, ont décidé que c’était bien de continuer à aller dans le mur vu qu’on va y aller en Tesla!

Image: V.O.A.EX / 1976, Wolf Vostell, Malpartida de Caceres (Espagne).

2 commentaires sur “On va dans le mur, mais en Tesla

  1. Letard

    Bonjour à tous et toutes,

    Une voie plus prometteuse que l’usage du lithium pour des batteries lithium-ion, serait l’usage du sodium pour des batteries sodium-ion.

    L’ion sodium (Na-) se trouve déjà dans de l’eau potable, donc l’utiliser pour des batteries serait moins dangereux pour l’humanité, la faune ou la flore.

    L’ion sodium peut aussi être extrait du sel de cuisine ou de mer par électrolyse, par exemple.

    Le sodium en grande quantité peut, quand il est mélangé à l’eau, produire des incendies ou parfois des explosions.

    Pour moi, il pourrait servir dans des batteries dites « sèches » ce qui réduit le risque d’incendies ou d’explosions.

    Par contre, le lithium est toxique et difficile à extraire.

    On ne compte plus les batteries aux lithium-ion qui brûlent.

    Je ne peux m’empêcher de penser à l’empoisonnement des eaux que peuvent créés des trottinettes électriques avec leurs batteries au lithium-ion jetées dans des canaux ou d’autres cours d’eau sans compter l’empoisonnement dû à l’extraction du lithium.

    Je ne suis pas pour l’usage des véhicules à moteur électriques mais, pour moi, c’est mieux que l’usage des moteurs à explosions.

    Je préfère la marche ou le déplacement de vélos sans moteur autre que des gens qui poussent sur des pédales et, à défaut, de bon transports en commun.

    A votre service

    Danny

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