Le Vélocipède à travers les âges

Le Vélocipède à travers les âges, tel est le titre d’une petite plaquette humoristique écrite par Miguel Zamacoïs en 1893. C’est une histoire fantaisiste des cycles depuis les temps préhistoriques jusqu’à nos jours.

A cette heure où la bicyclette revient en grâce après le long âge glaciaire automobile, tout le monde s’amusera de cette petite pochade où l’auteur a jeté de nombreux croquis qui nous révèlent un bicycle de l’âge de pierre, des vélocipèdes grecs, romains, égyptiens ou même gothiques!

Qui donc affirmerait maintenant que le vélocipède date de la fin du 19ème siècle! L’abracadabrante érudition de Miguel Zamacoïs fait justice de ces erreurs surannées: les cyclistes d’aujourd’hui peuvent être fiers, ils ont, parait-il, des ancêtres… dans la mythologie!

L’ouvrage a été écrit à la fin du 19ème siècle, une période légendaire pour le vélo qui a vu à la fois son développement technique et sa généralisation en tant que mode de déplacement.

Au-delà de l’analyse historique hasardeuse, Miguel Zamacoïs termine son ouvrage en anticipant le futur du vélo et, de manière surprenante, ses prévisions futuristes de 1893 semblent plus proches de la réalité d’aujourd’hui que ses analyses historiques ne l’étaient de la réalité passée:

« Je vois dans un temps peu éloigné le monde sillonné de chemins vélocipédiques, routes macadamisées avec soin et parfaitement entretenues, courant à côté de leurs aînées. Là-dessus se croisent des milliers de voyageurs sans crainte des voitures, des cailloux et des ornières. De loin en loin des hôtels confortables, qui sont en même temps des établissements d’hydrothérapie et des ateliers de mécanique, donnent aux passants et à leurs machines tous les soins désirables. Sur des poteaux indicateurs, l’on peut lire à chaque instant de précieux renseignements sur les distances, les côtes, les altitudes et les lieux historiques.

« Les bicyclettes de demain m’apparaissent comme des merveilles d’ingéniosité. Grâce à un nouveau métal qui possède dans le diamètre d’un fil de fer la solidité d’une barre d’acier, on a pu, sur un cadre léger accumuler tout ce qu’exige un confortable tourisme et l’on croit voyager sans quitter sa chambre.

« Les frottements sont pour ainsi dire supprimés. La roue de devant enregistre exactement le chemin parcouru et alimente la petite lampe électrique. Sur le guidon sont un grelot avertisseur et un frein, électriques tous les deux. A côté, une montre, une boussole et un petit baromètre-thermomètre.

« Le marc de café m’indique visiblement que là ont aussi leur place le mignon appareil de photographie instantanée, la lunette d’approche et le revolver bijou.

« Montrez- moi votre main… Une gourde réconfortante, quelques vêtements spéciaux, une pharmacie de poche, quelques livres préférés et les outils indispensables sont aussi soigneusement dissimulés.

« La roue de derrière est munie d’un puissant et minuscule mouvement d’horlogerie qui aide aux montées et permet au besoin de gagner la première étape… je vois encore… »

Et Miguel Zamacoïs termine son livre en précisant que « cette utopie d’aujourd’hui, c’est la réalité de demain dont se moqueront peut-être nos petits-enfants! En attendant, puisque nous pédalons déjà fort agréablement, usons-en. Félicitons-nous d’arriver assez tard pour voir le début de cette ère prochaine où le monde entier ira sur des roulettes. »

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Le Vélocipède à travers les âges