Retour vers le futur

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On parlait il y a quelques temps du ramassage des déchets à vélo. En creusant le sujet, on s’aperçoit que la solution idéale pour la collecte et le ramassage des déchets, mais aussi pour l’entretien des espaces verts en ville serait bien… le cheval! Et cette solution s’est déjà mise en place dans une soixantaine de villes françaises durant les 10 dernières années…

Le ramassage des ordures ménagères est une activité qui présente certains désagréments : les camions utilisés sont d’abord très polluants. Ils engendrent ensuite une pollution sonore non négligeable (notamment parce que la collecte se fait tard le soir ou tôt le matin pour ne pas perturber la circulation). Leur entretien, enfin, coûte beaucoup d’argent aux collectivités. Mais une alternative tend à se développer depuis quelques années : la mise à contribution des chevaux de trait…

Remplacer les camions-poubelles par des chevaux de trait pour débarrasser les rues des déchets ménagers : voilà une idée qui fait son chemin. Une soixantaine de communes françaises a déjà choisi ce moyen de transport (Lyon, Beauvais, Trouville-sur-Mer, Mâcon, Etretat, Draguignan, Peyrestortes, Ghissignies, La Chapelle-Gaceline ou encore Vendargues)… ou plutôt décidé de remettre au goût du jour une pratique d’antan, car les bennes à ordures étaient autrefois des tombereaux tirés par des chevaux. Faudrait-il donc y voir un retour en arrière, une régression ?

Peut-être. Mais il s’agit aussi d’une solution salutaire à bien des égards : selon les estimations, un service assuré par un cheval de trait (plutôt que par un camion) permettrait d’abord de réduire les émissions de CO2 de 35%. Sans compter la suppression des rejets de particules fines dues au diesel. Second avantage : la quasi-disparition des nuisances sonores (mis à part bien sûr le bruit des sabots sur la chaussée).

Des atouts que met en avant depuis 2005 Equiterra, une association créée pour faire la promotion des utilisations modernes du cheval de trait dans une optique de développement durable. Cette dernière insiste également sur les perspectives d’emplois verts dans le secteur. Et sur les économies réalisables pour les collectivités (de l’ordre de 20 à 50% sur une quinzaine d’années, soit la durée pendant laquelle le cheval est capable de travailler), tant sur l’investissement que sur l’entretien.

Un coût moins élevé que les camions

Le prix d’un camion diesel tourne en effet autour de 25.000 €, il dure en moyenne environ cinq ans et il coûte de 5.000 à 7.000 € de frais d’exploitation annuels. Un cheval coûte de 1000 à 1.500 € et peut vivre 25-30 ans. En outre, à la différence du cheval, le camion ne peut pas se reproduire…

Une efficacité équivalente

Les villes qui expérimentent la collecte des ordures à cheval sont de plus unanimes : un attelage est aussi performant qu’une machine. Un cheval de trait, qui pèse en moyenne 900 kg, peut en effet tirer jusqu’à trois fois son poids. Certaines municipalités, comme Lyon (qui a remplacé en 2007 le tracteur par l’équidé pour ramasser les déchets du Parc de la Tête d’Or), et même quelques entreprises, comme la SITA (filiale de Suez spécialisée dans la propreté), souhaitent du coup développer l’activité pour transporter les personnes (tourisme, ramassage scolaire), tondre les espaces verts, pratiquer le maraîchage, ou encore réaliser des travaux de voirie (les économies de CO2 pourraient ainsi atteindre 90 %).

Enfin, la collecte hippomobile est une façon efficace de préserver les espèces : aujourd’hui, quelque 98 % du cheptel de trait est destiné à la boucherie, et 88 % sont envoyés à l’abattoir avant l’âge de 18 mois !

Sources: www.deathbycar.info et http://actu.orange.fr/

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13 commentaires sur “Retour vers le futur

  1. Tassin

    Initiative intéressante mais je demande à voir une étude complète en tenant compte de l’alimentation du cheval (c’est que ça mange une bestiole de 900kg!) car si c’est pour le nourrir avec des plantes cultivées c’est contre-productif. Si il est nourri à l’herbe qui pousse dans les pâturages ça change tout.
    Et niveau méthane ça doit en dégager pas mal aussi non? Donc les gains en GES…
    Tout ça pour dire que c’est pas parce que le cheval ne consomme pas de pétrole qu’il est forcément plus propre.

  2. Anthony GrégoireBaillecyclist

    Un aspect n’est pas abordé, c’est le lien social qui peut se créer autour de l’animal entre le travailleur et la population (d’autant plus vrai pour les ramassages scolaires à cheval), le retour à un rythme plus lent dépendant du cheval qui apporte une qualité et un bien être au travail.
    Je me rappelle d’un ramassage des déchets avec un ane, on ne peut pas dire que c’est moins bruyant, on entendait braire de loin, mais c’est tout de même plus agréable qu’un camion.

  3. pedro

    Belles initiatives, je doute cependant qu’elles puissent remplacer les gros camions poubelles car eux compactent les déchets. Le cheval sur la photo n’a l’air de tirer qu’une simple benne.

  4. xtoflyon5

    Ca sent bien le marché de niche quand même… (Le parc de la tête d’Or à Lyon… une goutte d’eau…).

    Mais si la circulation pouvait être bloquée par des attelages, et les protestations automobilistes ainsi réorientées, ça nous ferait des vacances à nous autres en vélo…

  5. Guillaume

    @pedro : le compactage n’est peut-être pas nécessaire lors du stade du transport. Petit calcul à la va-vite, on nous dit dans l’article que le cheval peut tirer 3 fois son poids, donc 2.7t. J’enlève 300kg pour la remorque, donc 2.4t de déchets.
    J’estime au pifomètre total (je ne trouve pas cette info en une recherche rapide) la densité de déchets de poubelle classiques à 0.4, ce qui fait un volume de 6m3. C’est le volume d’une remorque qui ferait 2x3x1m, à peu près ce qu’on voit sur la photo.

  6. Michelle 13Michelle

    Pourquoi pas aller chercher les enfants chez eux pour aller à l’école se serais quand même mieux que toutes ces voiture que l’on peux voir à la sortie des écoles …

  7. LEGEOGRAPHE

    Le cheval est notre ami. Je tiens à préciser que, à mon humble avis, le crottin de cheval présente nettement moins de dangers de glissades que les déjections canines. ; que le crottin de cheval ne dégage, selon mon humble nez, pas vraiment de mauvaises odeurs ; que le cheval tirant 2,7 tonnes est plus fort que moi, humble cycliste.
    En revanche, jusqu’à combien le ratio de traction va-t-il pour un cycliste remorqueur en bonne forme ? Avez-vous une réponse ? Une expérience de ceci ?
    En tout cas, mon ratio de port sans sacoches et sans remorque (i.e. sur le dos, donc ne pas compter le poids du vélo qui n’est pas porté) est bien faible, même si je l’ai augmenté hier l’amenant à près de 0,6 (32,5 kg dans le sac sur un cycliste de 55 kg).

  8. xtoflyon5

    @Michelle : HS mais tout a fait d’accord ! Les enfants, plus petits et en plein développement, sont encore plus sensible à cette pollution monstre des ces arrêts-démarrages continus chaque matin devant leur école. C’est irresponsable de la part des parents.

  9. Antoinecycliste végé

    Je trouve dommage que sur cette question, de nombreux points soient soulevés sauf celui qui consisterait à se placer du point de vue du cheval. D’autant plus que je suis un lecteur assidu de carfree que j’apprécie énormément en général.

    Le cheval est il consentant ? Ou au moins salarié ?
    Non. Si on devait parler d’un humain, on nommerait sa condition esclavage.
    Il y a surement d’autres solutions pour ramasser les déchets que de recourir à l’esclavage animal, non ?

    Pour celleux qui auraient la répartie immédiate, du style « ah ben si c’est si facile, pourquoi tu t’y colles pas toi même ? », je précise que je suis livreur à vélo, que je sais que ça peut déjà être chiant (pas le vélo, les cadences !) alors l’imposer à un cheval qui n’a rien demandé et qui n’aura jamais aucune rétribution pour son effort, je trouve ça dégueulasse.

    Il y a surement d’autres moyens, pour à la fois éviter cette exploitation et la situation actuelle, polluante, etc. Notamment la réduction des déchets, le retour de la consigne, le compostage des déchets verts, etc.

  10. Siliam

    Apparemment cette solution présenterait pas mal d’avantages.Je pense que le cheval doit beaucoup moins détruire les routes que le camion.Si c’est déjà adopté par pas mal de villes et que ça s’avère efficace.Que d’autres prennent exemple.Une économie de 90% de CO2,un coût moindre pour les mairies et une durée de vie allongée pour les chevaux,c’est pas négligable.J’adhère à 100%.

  11. jirist

    VADROUILLE : Les crottins sont récupérer dans des sortes de sacs placées juste à l’arrière du cheval une fois attelé. Ainsi aucune salissure sur la voie publique. Et ils le réutilisent certainement pour faire un très bon engrais.

    Pour ce qui est de « l’exploitation animale », je pense que ce cheval sera bien plus heureux de se promener en tractant cette benne, plutôt que de servir de viande aux humains comme 98% de ses congénères…. De plus, il sera certainement très bien nourri et soigné pour rester en bonne condition physique.

    C’est bien de donner une nouvelle fonction aux chevaux de trait plutot que de les faire partir en boucherie chevaline.

  12. Antoinecycliste végé

    @ Jirist : Remplacez le mot « cheval » par « humain » dans votre phrase et vous verrez tout de suite le malaise. Croyez vous vraiment que les chevaux seront bien traités ? Croyez vous qu’en soi, imposer la captivité et le labeur forcé à un être vivant peut être un bon traitement ?

    Et ce n’est pas comme si nous n’avions pas le choix : vue l’inventivité dans la création de cyclos utilitaires, comme ici : http://carfree.fr/index.php/2010/07/04/la-vie-sans-voiture-je-travaille-avec-mon-velo, je crois franchement qu’il y a mieux à faire, pour le traitement des déchets (comme pour le reste d’ailleurs), que de revenir à l’exploitation animale. Servons nous de nos mollets et de nos cerveaux, on finira par trouver !

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