Le contingent macabre du tramway Tourangeau

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La destruction de patrimoine arboré de la ville de Tours avait bien été vendue avec le tramway (1)… Courant septembre, l’entreprise a pris soudainement la forme d’une hécatombe… Le quadrillage de la ville par les engins de chantier a été rapide et dans la foulée la mise en route des « travaux préalables au tramway » a surpris tout le monde par sa brutalité. Un changement radical dans la stratégie de contrôle de la ville, pour les autorités municipales le temps n’est plus à la négociation…

La victoire de l’année dernière, en août 2009, Avenue de l’Europe, avait été trop belle. Inespérée, elle paraissait même incompréhensible. Le pire semblait avoir été évité. Les Cèdres, prévus pour l’abattage dans leur ensemble, étaient préservés, seulement mutilés de leur branches inférieures (2). Cette victoire inattendue, contredisait par sa facilité la sombre thèse de l’élimination systématique de la strate arborescente exigée par les nouvelles stratégies urbanistiques.

Dans les nouveaux et futurs plans d’occupation des sols, l’arbre est radicalement exclu du cadre de la ville. S’ils existent encore aujourd’hui, ils sont dans une phase de transition, tolérés tout au mieux et de plus en plus réduits au statut de mobilier urbain. On leur impose d’être des entités totalement amovibles, déménageables et sans racine.

Dans cette logique de soumission de l’arbre aux modes éphémères, comme tout les objets fabriqués, ils sont doublement déchus : à la fois de leur statut naturel et de leur valeur culturelle.

Un nouveau pas est donc franchi, on entre dans l’omni-marchandisation du monde, de la vie et de l’espace…
Symbole de vie dans toutes les cultures depuis des millénaires, les arbres maintenant amovibles et sans racine fixe, sont contraints de se soumettre aux caprices de la mode. Choisis sur catalogue horticole, ils doivent pouvoir être à usage unique et jetables sans mauvaise conscience.

La chose est d’autant plus grave et paradoxale que l’on aurait pu croire à un renouveau du souci de leur préservation. Partout, dans toutes les villes où ils disparaissent en masse, on assiste à la multiplication des « fêtes de la nature », « des jardins en fête » et la ville de Tours a bien sûr sa médiatique « semaine du développement durable ». Dans le contexte général de crise écologique et des menaces liées au réchauffement climatique, il aurait été logique de croire à leur préservation…

Dans ce nouveau cadre technique pour les arbres, chaque autocrate local se retrouve investi d’un nouveau droit. Par la puissance de feu des engins de chantier, ils peuvent s’accorder une véritable prérogative esthétique. Pendant la durée de leur mandat et autant de fois que leurs caprices souverains l’exigent, ils peuvent choisir et offrir à leur ville le modèle d’arbre jetable de leur choix.

Le « Faux pas » était en fait un repli tactique

Sur l’avenue de l’Europe durant l’été 2009, la mobilisation des riverains pour la préservation des cèdres menacés par le tramway avait surpris la municipalité. La faible importance du nombre des protestataires rendait vraiment incompréhensible ce recul si soudain des autorités administratives de la ville. La presse locale avait rendu compte de l’événement et décrivait l’embarras du bureau d’étude. Avec ce « faux pas » écologique évident, dénoncé par des riverains, la reculade de la bureaucratie apparaissait claire dans la presse. « Rien n’est arrêté ! Le maître d’œuvre travaille sur le tracé depuis la mi-juin, laissons-lui la capacité de créer. Ces planches qui figurent au dossier sont là à titre indicatif. Les études sont en cours. Rien n’est acté… » « Cette configuration est une première esquisse. » Tels étaient les propos de l’ingénieur du syndicat intercommunal de l’agglomération tourangelle (3)…

Après quelque mois de repli tactique la municipalité revient à la charge, toujours armée de tronçonneuses mais cette fois-ci avec un plan d’action bien arrêté pour imposer de force le massacre. La simple mutilation des arbres n’était donc pas suffisante et ne semblait pas correspondre au cahier des charges politique du tramway…

Vraie « mobilité douce » dans la ville

Dans l’esprit de beaucoup de personnes, le tramway reste intouchable avec l’indéboulonnable auréole « verte ». Il est perçu par beaucoup comme la manifestation d’une volonté politique de changement vers une meilleure place dans la ville pour les « mobilités douces », « plus respectueuses de l’environnement »…

Le cas Tourangeau est donc inexplicable, plus de mille arbres au total sont prévus pour l’abattage et de majestueuses allées arborées patrimoniales avec leurs fraîches et massives frondaisons d’été, exclusivement réservées aux promeneurs, vont être rasées.

On leur impose de céder la place pour le passage du tramway. Il y a là une contradiction difficilement compréhensible dans une perspective écologique ou même dans celle seulement technique des dites « mobilités douces » et le cas n’est pas spécifiquement tourangeau…

Pour Tours, la détermination de l’autocrate local est caricaturale et c’est bien raser les allées arborées qui anime sa volonté. Il ne veut pas seulement son tramway, il veut aussi abattre les arbres, la commission d’enquête a largement démontré que pour avoir l’un il n’était pas nécessaire d’imposer l’autre. Rageur, il a lancé dans la presse le cri de guerre des tronçonneuses « On replantera des arbres ! » (4).

Sentant cependant sa crédibilité politique quelque peu chahutée, après l’enquête publique, il a choisi, encore une fois maladroitement, la fuite en avant. Après avoir ironisé sur les personnes mobilisées pour la préservation du patrimoine arboré en parlant de « cœur des pleureuses », maintenant désinhibé il promet l’invraisemblable. « Si on en abat 600, il faudra en replanter 1200, et pas des arbustes nains », a-t-il lancé, refusant de souscrire à « la sublimation de l’arbre, car un arbre, cela vit et cela meurt (5). »

Innocemment il dévoile son projet urbanistique et s’affirme dans ses prérogatives autocratiques : Quand je veux je rase ! Où et quand je veux je replante ! Peut-être !, c’est une promesse… Depuis la nuit des temps, on sait que le respect du vivant n’a jamais préoccupé les tyrans…

Cependant, lorsque l’on décide froidement de l’élimination de l’ensemble des allées arborées patrimoniale d’une ville, les paroles et promesses deviennent des mensonges. On comprend facilement qu’avec cette envolée lyrique dans la presse pour imposer sa volonté, il reste dans les prérogatives traditionnelles du pouvoir : « gouverner c’est mentir ! »

Même si l’on peut croire que le diktat de l’automobile sur la ville peut être atténué par une politique des transports collectifs, jusqu’à preuve du contraire la vraie « mobilité douce » en toute circonstance et en tout lieu reste la marche à pied.

C’est donc par rapport à cette référence au plus haut point démocratique que l’on doit évaluer l’aménagement de la ville. Qu’est-ce qui est fait dans la ville pour redonner de la place aux marcheurs ? Qu’est-ce qui est fait dans la ville pour redonner tout son sens vital à la marche ? A ces deux questions, pour la ville de Tours la réponse est : « Rien ! ».

Plus exactement, « absolument rien n’est fait en faveur des marcheurs ! » et cela dure depuis au moins une décennie. « La Vélorution de Tours » peut en témoigner sur deux revendications. Le « Pont Saint Cosme » et la « Passerelle Fournier » sont des impasses administratives qui perdurent et où la bureaucratie s’illustre dans une malhonnêteté à toute épreuve.

Lorsqu’un tracé de tramway prévoit l’abattage des allées arborées patrimoniales et détruit les vastes espaces encore exclusivement réservés aux piétons en laissant intactes à côté quatre ou huit voies aux voitures, l’autocrate persiste et signe… En ne se souciant plus de sa crédibilité politique sur le sujet de la « mobilité douce » il s’arqueboute dans ses prérogatives d’autocrate « gouverner c’est mentir ! ».

Il faut donc comprendre ce qui se trame dans les plans d’urbanisation. L’indolence des marcheurs comme la longévité des grands arbres n’a plus non plus sa place dans les plans locaux de l’urbanisme moderne, sauf dans la case de la démagogie, lors des « jardins en fête » ou des « fêtes vertes des semaines durables »…

Affrontement du temps vivant et de l’argent

Dans la logique d’accélération de la ville, les grands arbres sont devenus des malfaiteurs. Ils « volent » du temps et de l’espace à l’économie. Dans ce paradigme aujourd’hui dominant, les grands arbres posent forcément problème. Par le simple fait d’être des êtres vivants ayant besoin de temps et d’espace, ils se retrouvent en confrontation directe avec la logique économique de privatisation de l’espace public. Faits pour se déployer et vivre dans la durée, ils s’expriment trop bien dans un temps et un espace d’un autre temps ; un acte manifeste d’insubordination à l’économie…

Exprimé en termes techniques, cette manière d’être au monde est devenue « difficilement compatible » avec les « contraintes urbanistiques modernes » de la ville. Leurs caractéristiques naturelles sont devenues conflictuelles avec la conception technocratique actuelle de l’urbanisme. Toute centrée sur le court terme et l’accélération de la ville, elle s’exprime par les mises en chantier itératives pour la privatisation accélérée de l’espace publique.

On sait trop bien, parce que c’est ouvertement claironné comme cri de ralliement, pour l’élite politique à « haut niveau d’étude », « le temps et l’espace sont de l’argent »…

Le romantisme des grands arbres dans la ville, expression esthétique et signes extérieurs de richesse pour la bourgeoisie des siècles passés n’est plus compatible avec un devenir entièrement technique de la ville future.

Dans le capitalisme mondialisé du troisième millénaire la ville occidentale fonctionnalisée est conçue « hors sol » comme un « bassin de chalandise » avec sa population captive…. Le mot d’ordre technocratique est « la densification de la ville ». Cet axe politique d’optimisation économique de la population s’affiche même aujourd’hui comme une « nécessité écologique ». Mais pendant que la ville évolue comme un système concentrationnaire de consommateurs optimisés, avec l’élimination systématique de son patrimoine arboré, s’éparpillent en périphérie les entreprises. Dans les campagnes environnantes, d’immenses parallélépipèdes rectangles avec leur parking automobile goudronné stérilisent les terres agricoles par centaines d’hectares. L’externalisation des entrepôts et entreprises, vers les communes rurales périphériques de la grande ville, représente la nouvelle forme industrielle des futures phases de l’étalement urbain. Une conséquence de la nouvelle mondialisation…

A l’autre bout du monde se trouvent bien sûr les « ateliers du monde »… C’est la division internationale du travail étendue à la division des taches qui polarise les fonctions économiques : consommation massive de fête perpétuelle ici, dans les nouvelles villes densifiées en consommateurs, production et esclavagisme là-bas aux antipodes dans des villes tout aussi denses, mais en travailleurs-esclaves des machines. Les capacités de production encore prodigieuses imposent donc une nouvelle accélération de la ville; l’élimination des grands arbres pour l’optimisation économique du bassin de chalandise en est le symptôme prémonitoire…

Dans l’espace concentrationnaire de la ville moderne épurée de ses arbres, la nouvelle classe dominante, représentée aujourd’hui par les fonctionnaires volontaires du FMI ou les « bons élèves » des agences internationales de notation, règne le plus démocratiquement du monde en maître absolu sur sa population captive, élue et militante de la fête de la grande distribution.

Urbanisme et Totalitarisme

Lorsque cette « Chronique d’un désastre» a débuté, en janvier 2009 avec le massacre de l’allée de platanes du boulevard Tonnelé, la réflexion politique sur l’urbanisme avançait laborieusement. L’arbitraire et le caractère suspect de ces destructions itératives orientaient l’analyse autour de l’hypothèse d’un processus totalitaire. Elle n’avait pas encore connaissance que surgirait sur son chemin, le tramway avec son contingent macabre de plus de mille arbres à abattre.

En frappant de manière quasi systématique l’ensemble des allées arborées de la ville sur son passage, le caractère notoirement arbitraire de ce projet n’est maintenant plus à démontrer. Indépendamment de l’analyse politique menée ici, il s’est soudainement révélé au moment de l’enquête publique, puis confirmé par les mises en action soudaine des engins de chantier. L’accélération brutale du massacre est venue étayer les sombres pressentiments apparus en 2009 dans cette chronique…

Ici, avec ce tracé sur ces allées d’arbres rasées, le tramway double et vient précéder la réflexion politique commencée sur les fonctions nouvelles de l’urbanisme. Elle avançait laborieusement, mais avec ce passage en force manifeste, on a dans la vie réelle de la cité un élément concret d’orientation… Indépendamment de l’analyse politique sur l’urbanisme et le totalitarisme, la confrontation soudaine, directe et brutale entre l’état major municipal et les habitants de la ville frappés par le tramway, dévoile un projet urbanistique où l’arbitraire exclut d’emblée le point de vue des habitants. Cri de guerre des tronçonneuses lancé dans la presse par l’autocrate local. Au moment où ces lignes s’écrivaient, la nouvelle est tombée. « Ils rasent les arbres avenue de l’Europe ! » (6)

Dépassé par l’accélération des événements, le texte s’arrête ici en une première partie, pour coller à l’actualité.

Tours fin septembre 2010
JMS

(1) La municipalité de tours avait-elle déjà budgétisé le massacre du mail?
(2) Massacre à la tronçonneuse pour que passe le tramway à Tours
(3) La Nouvelle République vendredi 6 août 2009
(4) « On replantera des arbres ! »
(5) Nouvelle République : Tram : l’enquête publique prolongée de 14 jours
(6) Les cèdres de l’avenue de l’Europe en Danger !

Jean-Marc Sérékian

A propos de Jean-Marc Sérékian

Rédacteur du site Carfree France, spécialiste des questions d'énergie et de biodiversité.

11 commentaires sur “Le contingent macabre du tramway Tourangeau

  1. Psychopathes

    … ça me rend dingue de lire ça, effectivement les arbres dans un contexte de rentabilité capitaliste abrutissante ça coûte chers! Mais il faut voir que ça coûte encore plus chers quand il n’y en a pas (effet local des canicules, dépression, effet généraux sur la santé, criminalité etc.). Beaucoup de politiciens dans leuir aveuglement technocratique ne le voient pas je suppose, et eux ils ont leur petit jatdin privé! Mais n’y a t’il jamais quelqu’un pour leur casser la gueule? Si ça arrivait de temps en temps et impunément bien sûr ça participerait peut-être au processus de réflexions de certains 🙂

  2. Kapitch

    Le tramway, ce moyen de transport devenu très à la mode ces dernières années, est LA mauvaise idée du siècle je pense…Dans 100 ans on s’en mordra les doigts. Oui ca coute beaucoup moins cher qu’un metro mais c’est très bruyant, plutôt lent, mangeur d’espace urbain (ben oui on peut pas vraiment faire du velo, du roller ou autre en toute quiétude sur les voies du tram) et ca nécessite un chauffeur…Si c’est pour supprimer de l’espace aux voitures je pense qu’il y a d’autres moyens beaucoup plus avantageux pour les habitants d’un ville…
    Un metro, bien que plus cher au départ, est un bien meilleur investissement, surtout s’il est automatique et sécurisé anti-suicide…

  3. CarFree

    Je ne suis pas du tout, mais pas du tout d’accord avec ton point de vue Kapitch! Je pense au contraire que le tramway est probablement une des meilleures solutions de mobilité en milieu urbain. Le problème c’est quel tramway? Je suis favorable à un tramway qui prend l’espace affecté à l’automobile, pas l’espace affecté aux piétons ou aux arbres! Et c’est possible, j’ai pu voir dans certains villes comment le tramway changeait la ville: des avenues historiquement à 6 voies de circulation automobile transformées en deux voies (une dans chaque sens), avec aménagement d’un tramway et beaucoup plus d’espaces pour les piétons, les vélos, les rollers, etc.
    Le métro, non merci! le concept qui consiste à s’enterrer pour se déplacer, très peu pour moi! Et de plus, on construit en général des métros (en souterrain) pour ne pas avoir à diminuer la place de la voiture en surface! Un tramway bien pensé permet de prendre l’espace affecté à la voiture pour le réaffecter aux piétons, vélos, etc.
    Le problème dans le cas de la ville de Tours et dans certaines villes, c’est que les élus ne veulent pas toucher à la place de la voiture, et donc sont amenés à des aberrations du type présenté par JM Sérékian dans cet article. Et le pire, c’est que ça ne marche pas sur le long terme, car de nombreuses études ont montré que le report modal de la voiture vers le tramway fonctionnait uniquement si on diminuait les voies de circulation de voitures. En d’autres termes, si on ne touche pas à la place de la voiture quand on construit un tramway, les automobilistes n’ont aucun intérêt à changer de mode et à prendre le tramway. Mais si vous supprimez des voies de circulation partout où passe le tram et que vous dites aux automobilistes: maintenant vous prenez le tram ou bien vous restez coincés dans les bouchons! Et bien, au début, les automobilistes (et les commerçants) râlent, puis quand ils voient passer les tramways à vive allure alors qu’ils sont coincés dans les bouchons, ils commencent assez rapidement à changer d’opinion…

  4. Yefka

    L’intérêt du métro – en dehors de la non-occupation d’espace en surface – c’est surtout sa capacité à être 100% automatisé, rapide, et ….. à croiser les lignes !

    Mais d’un point de vue utilisateur, effectivement, le tramway est le moyen de transport en commun que je trouve le plus agréable, même si ce n’est pas le plus efficace.

    Je ne suis pas sur qu’il faille les considérer comme exclusifs, mais plutôt comme des moyens de déplacement complémentaires

  5. Tassin

    Encore une fois parfaitement en phase avec le discours de Carfree.
    Kapitch je crois que tu devrais passer quelques temps à Paris et prendre le métro tous les jours, puis quelques temps à Nantes en prenant le tram. Tu verras la différence de qualité de vie! (Lumière, propreté, praticité, place de la voiture réduite grâce au tram…)

  6. Jean-Marc SérékianJMS

    Je pense qu’il faille se rallier à la position de Kapitch
    Lorsque j’ai débuté ma réflexion sur la ville et les arbres, je n’avais pas de point de vue bien arrêté sur le tramway. C’est lui qui a brutalement surgit sur mon chemin avec sont contingent macabre…
    Peu importe mon cheminement politique sur l’urbanisme et le totalitarisme…
    En matière de mobilité et de transport (humain), s’il l’on veut ne pas s’égarer dans les méandres technocratiques, il faut « garder les pieds sur terre » au sens propre du terme. Pour cela il faut suivre pas à pas la démarche critique du subversif Ivan Illich en posant la marche à pied comme référence absolue dans l’évaluation des autres moyens de déplacement. C’est à mon sens la seule démarche valable puisqu’elle intègre cette préoccupation moderne dans la problématique historico-écologique, plus générale.
    Je tenterai de poursuivre cette réflexion en suivant le chemin tracé par Ivan Illich il y a maintenant un demi-siècle. Relire en attendant « Énergie et Équité » pour aiguiser votre réflexion critique.

  7. CarFree

    Il y a deux perspectives, une révolutionnaire où la marche à pied est la mesure de toute chose et une plus pragmatique qui cherche à diminuer le nombre et la place de la voiture… Dans ce cadre, le tramway me paraît infiniment préférable au métro, métro qui est encore plus technocratique dans sa mise en place et qui aboutit quand même à enfouir les piétons sous terre quand on laisse circuler les voitures en surface!
    Et je le répète, le tramway n’est pas forcément ce que vous en décrivez à Tours: on peut faire du tramway qui limite la place de la voiture, qui en diminue le nombre, qui crée plus d’espace pour les piétons et les vélos ou même qui crée des « espaces verts »… Selon moi, le problème à Tours, ce n’est pas le tramway, mais les élus!

  8. Jean-Marc SérékianJMS

    Erreur de ma part, quand je disais qu’il fallait donner raison à Kapitch, je pensais à la première partie de son intervention. Lu hier, je n’avais pas mémorisé qu’il argumentait en fait pour le pour le métro.

  9. apanivore

    Le métro c’est en effet envoyer les piétons sous terre pour laisser la voie libre à l’automobile et niveau qualité de vie c’est pire que tout, c’est très bruyant pour les usagers (même une ligne automatique) et on est plus exposé à la pollution de l’air (micro-particules).
    Pour être passé dans plusieurs villes avec tram (en france : nantes, strasbourg, montpellier, saint-étienne, mulhouse …) je trouve ça moins bruyant qu’un bus.

    Si c’était la mauvaise idée du siècle ça se saurait, de nombreuses villes ont conservé les leurs et ça fait partie de l’image de marque des villes (Lisbonne, Göteborg, ….). Un tram ou un train en surface est à mon avis bien préférable à un métro dans la grande majorité des situations.

  10. BromptonAddictBromptonAddict

    Je suis plutôt d’accord avec Carfree : dans beaucoup de villes françaises où ont été implantés des tramways, des voies dédiées aux bus et des pistes cyclables, cela a plutôt favorisé les espaces verts et les arbres (entre les différentes voies, et de l’herbe entre les rails des tramways). Dans le cadre de Tour ça semblerait plutôt être un problème de cahier des charges inadapté.

  11. Alban

    Il faut arrêter d’opposer métro et tram. Ceux deux modes de transports ne sont pas concurrents mais complémentaires. Un tram ne sera pas efficace pour gérer des flux trop importants, par exemple et ne permet pas une vitesse commerciale assez importante sur de longues distances. Chacun ses avantages et ses inconvénients, chacun son domaine de pertinence. Et puis, peut-être faut-il le rappeler : un tram n’est pas forcément aérien sur toute sa longueur, de même qu’un métro n’est pas forcément souterrain sur toute sa longueur.

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