Le côté obscur de Greenpeace

Greenpeace, l’association qui réalise des opérations spectaculaires et dangereuses pour lutter à juste titre contre le nucléaire ou les baleiniers montre sa profonde naïveté en matière automobile en lançant un mini-site internet contre le « méchant pollueur » Volkswagen assimilé à Dark Vador pratiquant le « côté obscur de la force ». Sauf qu’il ne s’agit pas vraiment de naïveté, mais de l’intérêt bien compris d’une multinationale de l’écologie qui doit penser d’abord à ses actionnaires.

On peut parier que les gens de Greenpeace qui ont réalisé ce mini-site internet contre le méchant Volkswagen, le comparant à Dark Vador, doivent s’être beaucoup amusés et doivent se trouver si intelligents et si subversifs de dénoncer un vilain petit canard de l’industrie automobile comme Volkswagen…

Non seulement ce genre de démarche très coûteuse induit les gens en erreur, en particulier les plus radicaux, en leur laissant penser qu’une autre industrie automobile est possible, « plus respectueuse de l’environnement et de la planète », mais jetez plutôt un œil à la langue de bois utilisée par Greenpeace:

« Des voitures moins énergivores consomment moins de carburant et émettent moins de CO2. Volkswagen fait pression contre un renforcement des normes énergétiques européennes. En tant que premier constructeur automobile européen, Volkswagen a de lourdes responsabilités. Il doit être le moteur du changement et apporter son soutien à des normes d’efficacité énergétique plus strictes.

Volkswagen affirme vouloir devenir le constructeur automobile « qui respecte le plus l’environnement ». Mais en 2010, ses modèles les plus économes en carburant ne représentaient que 6 % de ses ventes ! Volkswagen dispose des technologies qui lui permettraient d’améliorer ses performances. Il doit établir un plan d’action pour que l’ensemble de son parc de véhicules roule sans pétrole d’ici à 2040″.

Greenpeace est tombé bien bas sur ce coup-là. Il est étrange de constater que l’association n’hésite pas, parfois au péril de la vie de certains de ses militants, à harponner des baleiniers dans l’Atlantique Nord ou à s’introduire illégalement dans des centrales nucléaires, et se contente par contre de produire une simple parodie de publicité quand il s’agit de traiter le problème de l’automobile…

Qui plus est pour nous dire que « des voitures plus efficaces » sont la réponse et que « sans pétrole », les voitures seraient en quelque sorte « vertes » et que Volkswagen sera sans doute une entreprise citoyenne quand l’ensemble de son parc de véhicules roulera sans pétrole…

Au premier abord, on pourrait croire à une certaine forme de naïveté ou de méconnaissance du problème en question: tous les spécialistes savent qu’un parc automobile actuel d’environ 1 milliard de voitures dans le monde générera tout autant de problèmes s’il roule à l’électricité ou au pétrole… Dans le monde, l’électricité provient à près de 80% des énergies fossiles, elle est donc massivement responsable des émissions de CO2. Et quelles sont les alternatives? Un développement massif du nucléaire pour faire rouler les voitures? Il y aurait comme une contradiction avec la politique générale de Greenpeace en matière nucléaire… Les énergies renouvelables pour faire rouler les voitures? A l’échelle de la planète, ces énergies renouvelables représentent à peine 15% de l’énergie produite et sans beaucoup de voitures à faire rouler pour l’instant…

Sans compter le fait que les experts du FMI tablent sur un parc automobile mondial composé de 3 milliards de voitures en circulation en 2050… dont un grand nombre proviendront probablement de Volkswagen… Alors, selon Greenpeace, à quoi rouleront toutes ces voitures si elles ne doivent pas rouler au pétrole? Mystère…

Il y a quelques années, j’ai pu m’entretenir avec l’ancien directeur de Greenpeace France, à savoir Bruno Rebelle, qui a été aussi à partir de 2003 directeur des programmes de Greenpeace International, soit le Numéro 2 de l’organisation. Il s’agissait d’une discussion officieuse mais très enrichissante.

A cette occasion, Bruno Rebelle m’a expliqué que Greenpeace était en fait une multinationale anglo-saxonne qui dépendait très fortement de ses actionnaires. Or, les actionnaires de Greenpeace sont les donateurs partout dans le monde, sauf que certains pays donnent beaucoup plus que d’autres… Ainsi, les Allemands sont traditionnellement de gros donateurs et représentent ainsi une importante source de financement pour Greenpeace.

Et selon Bruno Rebelle, cette « géographie des donateurs » explique pour beaucoup la « politique écologique » de Greenpeace. Par exemple, la lutte anti-nucléaire de Greenpeace à l’échelle internationale doit beaucoup à l’aversion générale des Allemands pour le nucléaire, qui sont de gros donateurs de Greenpeace.

Inversement, Greenpeace n’a jamais vraiment mené de véritable offensive contre la massification de l’automobile et ses innombrables ravages, car la plupart des donateurs sont des occidentaux qui roulent en voiture, et la question est particulièrement sensible en Allemagne par exemple, pays des BMW et autres Mercedes…

En d’autres termes, Greenpeace est une multinationale de l’écologie et comme toute multinationale, elle doit d’abord rendre des comptes à ses actionnaires… Si ses actions posent trop de problèmes aux gens, les dons vont baisser et la viabilité économique de l’entreprise sera alors en péril.

Par contre, s’attaquer aux méchants baleiniers est une « bonne cause » qui rapporte beaucoup de dons.

Triste et effrayant.

Marcel Robert

A propos de Marcel Robert

Fondateur du site Carfree France et auteur des livres "Vélogistique", "Pour en finir avec la société de l’automobile" et "Îles sans voitures".

26 commentaires sur “Le côté obscur de Greenpeace

  1. MaKs

    En regardant cette parodie j’ai eu le même sentiment de « développement durable » ou « greenwashing »… fort fort gentil et sans véritable solution !

  2. Alexis

    Je ne pense pas qu’il faille est si critique vis-à-vis de cette campagne. Je ne pense pas non plus que Greenpeace soit à ce point idiot pour croire qu’il suffirait que les voitures soient propres. Deux choses : 1) ils gardent en effet les mots de l’industrie automobile et de ses partisans pour les retourner contre eux-même (faire apparaitre les contradictions et faire apparaitre que le discours de WV est bien du « greenwashing »), 2) ils dénoncent le lobbying intensif pratiqué par VW. Cette campagne ne va sans doute pas « assez » loin, mais elle serait sans impacte si elle affirmait que l’ère de l’automobile *doit* cesser !

  3. bohwaz

    Ah ben si c’est machin qui a dis que Greenpeace est aux ordres de ses « actionnaires » (ici on les appellerait donateurs d’ailleurs…), c’est sûrement très sérieux… La critique pourrait être juste, mais le « c’est le boss qui me l’as dis autour d’une bibine » c’est moyen crédible comme source…

  4. Marcel RobertMarcel Robert

    Je ne dis pas que les gens de Greenpeace sont idiots, Alexis, bien au contraire, je montre que leur démarche est dénuée de naïveté car elle s’appuie en fait sur une volonté calculée de ne pas heurter les pratiques de leurs donateurs, qui ont pour beaucoup une voiture. Faire une véritable campagne sur les problèmes majeurs posés par l’automobilisation généralisée à l’échelle de la planète heurterait sans doute trop les donateurs habituels de Greenpeace qui sont surtout des occidentaux automobilistes…
    Par contre je ne partage pas les autres points que vous soulevez. De mon point de vue, cibler Volkswagen comme un « vilain petit canard », c’est accorder aux autres constructeurs automobiles un satisfecit implicite et c’est surtout dédouaner les automobilistes en leur faisant croire qu’il leur suffit d’acheter une autre marque que Volkswagen pour pouvoir continuer tranquillement leur pratique automobile… Et au contraire, je pense que si Greenpeace annonçait dans une campagne que « l’ère de l’automobile *doit* cesser, cela aurait un formidable impact ». Car Greenpeace a quand même légèrement plus d’audience que Carfree France…
    Pour Bohwaz, je ne comprends pas bien la critique: sur le fond j’ai raison, mais en fait j’ai tord car je révèle ce qu’un « boss » de Greenpeace m’a dit? Pas très clair comme positionnement… Et en quoi ma source n’est pas crédible? J’aurais pu prendre ces éléments à mon compte comme un simple point de vue lambda sur Greenpeace. J’ai considéré que le fait que ces informations m’ont été données par quelqu’un de haut placé dans la structure Greenpeace avait un sens particulier et que cela méritait donc d’être dit. De mon point de vue, cela prouve que la mollesse de Greenpeace sur la question automobile n’est pas une naïveté ou une méconnaissance, mais que cela découle d’une politique pensée au plus haut niveau de la structure Greenpeace…

  5. bruno le hérisson

    Sur le blog de Fabrice Nicolino où il parle de son dernier livre, il souligne cet aspect des grosses ONG vertes.

    Pour ma part, j’ai déjà été harponné de nombreuses fois par les militants de la paix verte dans la rue en mode action directe. A chaque fois, j’ai observé la même chose :

    Des jeunes militants (sans doute bénévoles) de bonne fois. Un chef militant (une personnes salariée de GP ?? ). Un discours formaté, avec des techniques de manipulations identiques à celles des vendeurs de canapés en cuir et les sectes , comme, j’ai lu le très bon ouvrrage manuel de manipulation à usage des honnètes gens, je détecte toutes ses techniques de manipulation et y reste insensible.

    Le chef est particulièrement coriace et ne lache pas facilement, c’est lui qui emploie le plus de stratagèmes de manipulation.

    J’ai déjà essayé d’ouvrir le dialogue, ce n’est pas possible, ils sont là pour faire du chiffre épicétou.

  6. Joshuadu34joshuadu34

    Dans le cadre de GP, et pour rebondir sur ce que dis Bruno, il me semble me souvenir d’une polémique concernant l’embauche d’une société de démarchage dans le cadre du recrutement et des dons « sauvages »… Etait-ce ici ou dans la presse régionale (sur le plan régional, je suis certain du fait pour, justement, avoir eu affaire à un gus affichant GP sur le marché de noël de Montpellier qui, faute d’argument, a fini par m’avouer son statu de salarié d’une boite sous-traitante…)

    Va falloir que je retrouve ça…

  7. Jonathan Palais

    à Marcel Robert,

    Je pense aussi que Greenpeace mène ses campagnes en tenant compte de l’accueil du public – dont elle dépend financièrement.

    Mais je ne suis pas d’accord avec ta comparaison entre un donateur et un actionnaire, et entre Greenpeace et une multinationale.
    Un actionnaire fait de l’argent, pas un donateur ; une multinationale fait des profits, pas Greenpeace.
    Il y a donc une différence claire, non ?
    Pourquoi faire de tels amalgames ?

    Jonathan Palais

  8. Marcel RobertMarcel Robert

    Jonathan, on est au moins d’accord sur le principal… Pour les aspects sémantiques, je comprends que le vocabulaire que j’emploie puisse vous choquer, mais il reflète bien à mon avis la situation. Prenons les définitions données par wikipédia: « Une multinationale ou transnationale est une entreprise implantée dans plusieurs pays par le biais de filiales dont elle détient tout ou une partie du capital. » C’est exactement le cas de Greenpeace qui constitue à mes yeux, comme je le dis dans l’article une « multinationale de l’écologie » qui fait bel et bien des « profits », pas au sens monétaire du terme, mais en termes de « valeur » (reconnaissance, couverture médiatique, etc.). Pour le terme « d’actionnaire », je conviens que je pousse un peu loin le parallèle, mais c’est de mon point de vue défendable. D’un point de vue économique, les actionnaires achètent des actions d’une entreprise leur permettant de toucher des dividendes (argent). Dans le cas de Greenpeace, les actionnaires (donateurs) achètent des actions (dons) leur permettant de toucher des dividendes (valorisation personnelle liée aux campagnes menées par Greenpeace). Dans les deux cas, il y a « création de valeur », valeur financière dans le cas d’une entreprise lambda et « valeur écologique » dans le cas de l’ONG, pas vraiment dans le sens de l’amélioration de la situation écologique du monde, mais dans l’augmentation de la gratification narcissique liée à la participation à des causes écologiques…

  9. xtoflyon5

    Marcel : avec ce genre de raisonnement alambiqué, je suis sur qu’en poussant encore un peu plus loin, vous arriveriez à démontrer que Carfree est une multinationale dont Carfree France n’est qu’une filiale avec une création de « valeur militante » et les généreux donateurs d’articles sont bel et bien des actionnaires puisqu’ils en retirent une valorisation personnelle directe, et je ne parle même pas de la gratification narcissique.

    Bref, Marcel, à vous lire : Carfree, Greenpeace, Ushuaia, Areva, Exxon… même combat.

    Triste et effrayant 😉

    (pour nos lecteurs les plus premier degré, je précise que c’est de l’ironie, c’est à dire de l’humour mais à visée critique pour attirer l’attention sur les limites que je trouve aux propos de Marcel)

  10. xtoflyon5

    Je suis néanmoins d’accord avec l’idée que Greenpeace est un peu timide sur le sujet de la voiture. Ca viendra. La preuve, ça commence ! Il faut plutôt encourager Greenpeace et quand le rouleau compresseur sera bien lancé, Greenpeace aura plus de résultats que Carfree.

  11. Jonathan Palais

    En tant que militant de Greenpeace, ce genre de campagne humoristique ne m’amuse pas du tout, mais peut-être que je n’ai pas assez le sens de l’humour, et que cela permettra d’attirer l’attention d’un public habituellement peu réceptif aux campagnes écolo ?

    En attendant, la vidéo réalisée par Greenpeace a été supprimée par Youtube, ainsi que toute la chaîne Youtube Greenpeace.
    http://energie-climat.greenpeace.fr/vw-le-cote-osbcur-lempire-contre-attaque?epslanguage=fr-FR

    C’est peut-être une première réaction intéressante ?

    Le début de la campagne n’est pas très radical, je suis aussi d’accord, mais je ne pense pas qu’on puisse obtenir de bons résultats en étant radical d’emblée… je pense qu’une campagne doit se radicaliser au fur et à mesure de son évolution, du soutien du public, des réactions de l’adversaire… gardons à l’esprit que c’est une toute nouvelle campagne pour Greenpeace, et que cela fait des années que j’entends réclamer par des militants écolo que Greenpeace se positionne sur le sujet des voitures.

    Jonathan Palais

  12. Marcel RobertMarcel Robert

    @xtoflyon5
    oui on peut tout aussi bien démontrer que Carfree France est une filiale de la multinationale « Carfree », sauf que c’est faux (à la différence de Greenpeace): Carfree France n’a aucun lien autre que le nom avec la « maison mère ».
    Pour le reste, et de manière générale, je reste persuadé qu’il est intéressant de mettre en parallèle des ONG comme Greenpeace (ou d’autres) avec les autres multinationales. Dans les deux cas, ce sont des purs produits du capitalisme. Greenpeace n’a aucune raison d’être dans un monde sans capitalisme, il s’agit d’une association dont l’existence est conditionnée par les aspects destructeurs du capitalisme, et de ce fait, elle s’organise comme un sous-produit elle-même du capitalisme (maison mère, filiales, communication, etc.) sans porter bien évidemment aucune critique intrinsèque du capitalisme, mais seulement de ses excès trop outranciers et quand cela ne porte pas atteinte aux conditions même de sa survie en tant qu’organisation de défense de l’environnement.

    @Jonathan
    la vidéo a été supprimée de Youtube suite à une plainte de Lucas Ltd pour infraction au droit d’auteur… (c’est Georges Lucas qui semble ne pas apprécier le fait qu’on utilise Star Wars sans payer des royalties…)

  13. tichit

    Très bon article.
    Greenpeace est à l’écologie ce que Mickael Moore est au documentaire politique: je pense qu’ils desservent complètement les causes qu’ils défendent en utilisant à outrance l’esthétique du « spectaculaire ».
    Au final, ils manipulent les faits jusqu’à les rendre incohérants et démagogiques, comme dans le cas de ces prétendues énergies propres qui sont censées résoudre tous les problèmes du monde.

  14. Jonathan Palais

    Tichit,
    Greenpeace propose le développement des énergies renouvelables, mais aussi une politique d’efficacité énergétique et d’économie d’énergies.
    De ce fait, ça n’a rien de démagogique, au contraire, puisque peu de gens sont motivés pour consommer moins.
    D’autre part, cela montre que Greenpeace n’attend pas tout des énergies renouvelables, et qu’elle est consciente de leurs limites.

  15. tichit

    jonathan,
    je sais bien que greenpeace propose tout ca, ce qui me dérange c’est leurs méthodes de communication (ou de dénonciation..), qui sont, je le maintiens, complètement démagogiques.
    En fait, je vois greenpeace comme une sorte de police écologique, qui déculpabilise ses donateurs en désignant des coupables faciles. Alors peut-etre sont-ils parfois un moyen de pression efficace contre les dérives des grandes firmes, mais ils ne font pas dans la nuance et ne se risquent pas à des questions de fond…
    Or ce que ne dit pas greenpeace, c’est que la solution aux problèmes écologiques passe probablement par le renoncement à un certain confort matériel, on ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre.

  16. Jonathan Palais

    Salut Tichit,

    Je pense aussi que Greenpeace devrait déployer davantage d’efforts pour inciter les populations à prendre part directement à la lutte.

    La non-coopération est selon moi la forme de lutte non-violente la plus efficace qu’on ait observé dans l’histoire, dans des luttes pour la démocratie ou les droits civiques (Afrique du Sud, Etats-Unis, Pologne…)
    Mais il faut que les gens se sentent concernés directement, or ce n’est pas le cas avec les problématiques écologiques, les conséquences de nos actes ayant des répercussions différées dans le temps et l’espace (climat, océans…), ou difficiles à appréhender (toxiques…)… entre autres raisons…

    Aussi je pense que ce n’est pas par démagogie que Greenpeace est si timide sur cet axe.
    La démagogie, c’est dire ce que les gens veulent entendre ; on le comprend de la part des politiciens qui veulent être élus… mais de la part de Greenpeace, qui ne fait pas de profits avec la récolte des dons, je ne vois pas l’intérêt.

    Alors on peut vouloir taper sur Greenpeace pour plein de raisons, c’est très à la mode ces temps-ci (tu parlais de « coupables faciles » 😉 ), mais il faut reconnaître que personne n’a la solution pour mobiliser les gens afin de mener une lutte non-violente écologiste de masse.

    En attendant, Greenpeace a également lancé une campagne contre la déforestation en ciblant Mattel et ses boîtes de Barbie, et invite les gens à appeler la compagnie pour faire pression. Alors pour ceux qui veulent s’impliquer, ils peuvent décrocher leur téléphone dès à présent !

    http://forets.greenpeace.fr/deforestation-determine-a-savoir-ken-appelle-mattel?epslanguage=fr-FR

    Jonathan Palais

  17. Legeographe

    Cette « géographie des donateurs » est une présomption sociogéographique plausible. On rêve tous de changer le monde ? Ou certains (les Occidentaux) ne rêvent-ils justement que de le conserver « pas trop pire » ?

  18. Yôm

    Du spectacle, rien que du spectacle, du flan, du vent.
    Green peace est dans le vent, la petite crête saturée de gel couronne sa petite frimousse dont les yeux du bleu de notre belle planète semblent percer la noirceur du vide interstellaire.
    Et ils nous chient une petite vidéo trendy comme il faut à laquelle personne ne comprend rien mais s’attendrit devant ces petits nenfants qui jouent aux grands et se prennent pour ce qu’on nous force à prendre pour des héros sous la bannière du sauveur de la planète.
    Tout le monde adhère, qu’ils se disent, tout le monde craque et se prend pour un jeudi.

    Il est difficile de changer un monde dont on on ne représente qu’un sept milliardième.
    Il est difficile d’accepter que l’on ne connaîtra pas ce monde revu et corrigé.
    Il est difficile de fournir des efforts pour accorder sa vie avec ses idées.
    Il est difficile d’aller vers les autres et d’exister dans le dissensus, de s’affirmer et risquer d’être parfois rejeté, isolé.
    Il est difficile d’aller chercher du soutient et de reconnaître ses faiblesse.
    Il est difficile de faire confiance a quelqu’un quand les médias nous abreuvent de faits divers et flippant.
    Il est difficile de se résigner à passer tout une vie sans jamais avoir de super-pouvoirs.
    Il est difficile d’éteindre la TV, de ne plus acheter ni même penser à acheter des gadgets et de faire face au vide de nos vies…

    « personne n’a la solution pour mobiliser les gens afin de mener une lutte non-violente écologiste de masse »
    C’est faut!
    Greenpeace a la solution: faire de la problématique automobile un conte de fée.
    Greenpeace a sut tirer parti de l’industrie hollywoodienne.
    La vie en société est compliquée, trop dure à déchiffrer.
    Faites-en une story dont vous seul serez le héros, contre tous les méchants que vous assassinerez sans pitié et sans semonce car ils sont les méchants et que vous êtes le gentil et que vous êtes le plus fort qui gagne toujours à la fin.
    Vous rêvez, c’est l’extase.
    Puis vous vous réveillez. Les super-pouvoirs envolés, la tâche semble insurmontable. Alors vous vous détournez à défaut de renoncer. Et là vous ne savez pas exactement pourquoi mais vous sentez que cela vous ferait du bien d’ acheter un nouvel iphone. Alors vous allez au supermarché vous soulager .
    Vous caressez l’objet et ce rêve éveillé. Du bout des doigts vous changez le monde. Greenpeace vous le rend bien.
    Tout ne va pas si mal.

    Cette opération de propagande planétaire dans laquelle s’engouffre lamentablement Greenpeace n’a qu’un but: décourager chacun avec son consentement.

    Ni les méfaits de l’automobile, ni les moyens de lutter contre n’apparaissent clairement sur leur site.
    Pourtant chacun sait qu’il suffit de s’en débarrasser pour soulager d’un grand mal la vie des hommes et des femmes sur cette terre.
    Alors si c’est pas de l’embrouille cette chiure de mouche, c’est quoi?
    Et les baleines ils se sont pris pour « Simplet » dans un remake de « Blanche neige et les sept nains » pour les sauver?

  19. Pim

    Au sujet des dons, GP vend bien qu’il accepte uniquement les dons de particuliers afin de rester indépendant, au contraire d’autres ONG. Je ne suis pas persuadé qu’il y ait un lien direct entre les dons venant d’Allemagne et le peu de campagne anti-voitures…
    Je serais curieux de trouver des rapports montrant l’origine des dons de GP.

    Une chose est sure : cette campagne ne vole pas haut!

    Je retiendrai quand meme une chose de cette campagne, c’est le vol en parapente au dessus du salon VW, ca mérite d’être souligné… à défaut de faire avancer le schmilblick

  20. Greenisjustacolor

    Bonjour,
    Je ne sais pas si le flux est mort mais j’aimerais réagir en tant qu’écologiste de toujours, adhérent de Greenpeace et ancien recruteur d’adhérent (on est salarié). Greenpeace, au travers de mes collègues de travail, de mes responsables. Notre but dans la rue est de faire de la collecte de fond, il faut faire du chiffre, il n’y a aucun doute à ce sujet. Comme on nous dit on n’est pas la pour convaincre. On peut etre plus ou moins efficace mais l’équipe fait que si nous ne sommes pas « bon », l’équipe compense. Pourquoi? Parce que c’est une question de viabilité économique. Il est normal d’être rémunéré pour passer 35 heures par semaine à rapporter de l’argent à l’organisation. Rapporter de l’argent ça veut dire que la balance soit positive. Faites le calcul, chaque jour il fait faire un certain nombre d’adhérents. Le recruteur en faite l’interface entre les réalités économiques et les idéaux associatifs. Alors on est tiraillé. Car d’un côté la réalité n’est pas constante or on nous demande de la constance faisant peser une forte pression quotidienne alors parfois on insiste un peu. De l’autre nos idéaux font qu’on a envie de laisser notre interlocuteur totalement libre, vraiment totalement libre. Car ils faut savoir que de façon consciente ou non, le management se fond dans un discours double. Après dans la qualité du travail, ca dépend vraiment des personnes, les vendeurs sont sans limites, d’autres sont plus fins, sachant qu’il est possible de faire un travail de très grande qualité sans oppresser les gens mais ca demande une évolution chez le recruteur qui prend du temps. J’ai vu, vécu de très belles rencontres mais j’ai aussi vu du crapuleux. J’ai vu des collègues qui feraient passer des témoins de Jéhova pour des enfants de choeur.Ma grande tristesse, c’est que petit à petit, la mécanique favorise le crapuleux. Comment cela est possible? Un vendeur a des résultats bons, constant, ils passent chef etc. Il va donc diriger l’équipe et former les nouveaux selon sa vision des choses, la vision d’un vendeur.

    Je crois que Greenpeace suit l’évolution du monde, l’épouse un peu beaucoup pour mieux le freiner mais à force fini par faire partie intégrante du système. Magazine faire valoir, courrier style redoute, démarchage téléphonique maladroit une fois par an pour augmenter les dons.
    Du coup je suis d’accord avec l’auteur, greenpeace est une entreprise dépendante de ses actionnaires qui touche des dividendes en nature les jours heureux.. Elles ne cherchent plus à dénoncer un système aberrant, elle l’accepte et le corrige. Y a t’il de la démagogie dans sa politique, surement : Cette nouvelle forme d’entreprise est plus fragile que les autres car les « investisseurs » peuvent se faire la malle du jour au lendemain. Entreprise ca veut dire quoi? Ca veut dire frénésie dans la recherche de résultat, cdd, ça veut dire qu’on peut traiter quelqu’un comme une merde et lui parler très mal, ca veut dire management à la décathlon permis. Ca veut dire que l’écologie peut devenir au final très secondaire surtout s’il n’y a plus à la barre une personnalité qui comprend véritablement la philosophie, les enjeux et l’importance de l’engagement écologique. Greenpeace est une marque, gérée comme une marque. Comme Nike, Greenpeace doit être cool et c’est bien là son talon d’achille. Elle n’a pas les capacités à construire des solutions car elle recrute des ressources humaines dans ce qu’il y a de plus institutionnel dans le pouvoir. Or les solutions, les expérimentations sont à la marge.

    Au final, un système anti démocratique, des groupes locaux abandonnés, des bénévoles réduits à 0% de leur potentiel, un pouvoir pyramidale à la Apple, bref un chateau de carte.. Comme Apple, au départ on a des fans puis ca s’élargit puis on décoit les fans et puis… La grande perdante est l’écologie victime de l’embourgeoisement, la droitisation du petit zodiaque habile devenu paquebot bourrin.

  21. Genevieve Delattre

    Bonjour, j’ai bien suivi votre discussion;je me sens tiraillée;j’ai des préoccupations écologiques tout en menant une existence plutôt bourgeoise,je l’avoue;n’empèche que je voudrais m’impliquer un peu plus dans la défense de l’environnement.J’ai sollicité Greenpeace à plusieurs reprises pour faire du bénévolat(je suis tri-lingue),je n’ai jamais reçu la moindre marque d’intérêt de leur part,si ce n’est un propectus pour faire un don.Bref,si effectivement,Greenpeace fonctionne comme une multi-nationale qui se coupe de sa base et emploie des techniques marketting bateau(sans jeu de mots),quelle organisation à échelle plus humaine me conseillez-vous pour mener mes premières actions éco-citoyennes ?A part trier mes déchets et garder mes vieux appareils électroniques,ça je fais déjà..

  22. Jean-Marc

    A toi de voir ce que tu veux faire, et peux faire par rapport à où tu te trouve, et ce que tu veux faire :
    participer ?
    soutenir l activité physiquement ? (dons en nature)
    soutenir l activité financièrement ?

    « j’ai des préoccupations écologiques tout en menant une existence plutôt bourgeoise,je l’avoue;n’empèche que je voudrais m’impliquer un peu plus dans la défense de l’environnement »

    Par exemple, tu as le réseau l’heureux cyclage,
    spécialisé dans le recyclage de vélos :
    http://carfree.fr/index.php/author/l_heureux_cyclage/
    en particulier
    http://carfree.fr/index.php/2011/05/06/les-ateliers-velo-la-mecanique-du-partage/
    et
    http://carfree.fr/index.php/2012/05/07/la-carte-des-ateliers-de-lheureux-cyclage-une-invitation-au-voyage/

    Là, tu peux donner un vieux vélo dont tu n as plus besoin,
    aider à réparer un vélo de quelqu’un d autre,
    remettre en état un vélo (en ayant appris, par la pratique, auparavant à le faire)

    tu peux aussi faire un don financier.

    Plus large que l heureux cyclage et le vélo,
    tu as les compagnons d Emmaus,
    à qui tu peux donner tes vieux meubles (ou autre),
    chez qui tu peux acheter tes nouveaux (vieux) meubles (ou autre),
    ou à qui tu peux faire un don.

    De nombreuses autres assos. existent,
    mais ces 2 là sont spécialisées dans le recyclage et la ré-utilisation.

    Pour lutter contre la pollution auto en ville,
    la représentation locale de la FUB (fédération des usagers de la bicyclette) est plus indiquée qu’un atelier vélo… même s’il existe des passerelles entre les 2
    (plus d un atelier vélo de l heureux cyclage est adhérent de la FUB).

    Participer à la vélorution de ta ville est une petite action pouvant contribuer aussi à une baisse de la pollution atmosphérique (celà depend des villes : parfois, c est plus une fête, parfois, c est plus revendicatif sur la demande de rues piétonnes : les vélorutions varient).

    Après, selon les pollutions que tu veux combattre en priorité, d autres actions ou assos peuvent être plus adaptées.

  23. CarFree

    @Pim
    je pense au contraire que le peu d’actions de GP en matière automobile (mis à part les parodies de sites internet…) a un rapport direct avec l’origine des fonds, qui viennent en grande majorité des pays occidentaux où le donateur moyen est un… automobiliste!

    Pour 2011, le rapport d’activité officiel de GP présente le classement des pays donateurs selon les sommes d’argent récupérées:
    1- Allemagne
    2- USA
    3- Hollande
    4- Suisse
    5- Royaume-Uni

    Source: http://www.greenpeace.org/international/Global/international/publications/greenpeace/2012/AnnualReport2011.pdf

  24. Genevieve Delattre

    Merci jean marc

    Oui je voudrais aider concrètement,je fais déjà des petits dons;Emmaus,oui,je leur donne beaucoup de trucs;merci pour toutes ces pistes,vraiment gentil de ta part!

  25. apanivore

    Geneviève, autre exemple d’association de protection de la nature dont j’apprécie l’action : Moutain Wilderness (http://www.mountainwilderness.fr/). En France elle est basée à Grenoble.

    Outre de la communication, ils font des actions concrètes pour préserver le milieu montagnard. Par exemple depuis plusieurs années ils font des campagnes de nettoyage d’installations obsolètes dans le parc du Mercantour (démontage de vieilles remontées mécaniques, de clôtures abandonnées, de matériel militaire …). C’est un tel succès que les collectivités locales participent financièrement et veulent voir de telles opérations dans leurs coins. Les bénévoles ont l’impression de « faire quelque chose de leurs mains ».
    Après ils tiennent un portail « changer d’approche », qui promeut l’accès à la montagne autrement qu’en voiture particulière, et récompense les plus beaux récits de sortie sur ce thème.

    Sinon il y a des associations qui se battent contre de stupides projets de bétonnage localement. Pour ne citer qu’eux : l’ACIPA contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (http://acipa.free.fr/).

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