La Transition énergétique vers le pire par la Voiture Mox

centrale-nucleaire

En débutant « Le 18 brumaire de Louis Bonaparte », Karl Marx rappelait de mémoire et corrigeait de manière ironique une formule historique d’un illustre philosophe: « Hegel fait quelque part cette remarque que tous les grands événements et personnages historiques se répètent pour ainsi dire deux fois. Il a oublié d’ajouter: la première fois comme tragédie, la seconde fois comme farce. » Il faut craindre que cette sentence critique du maitre de la dialectique historique et de la lutte des classes ne soit plus valable aujourd’hui après le dernier coup de force de la Noblesse d’État pour perpétuer en France la Bérézina nucléaire avec la voiture électrique.

Puisqu’il n’est pas possible d’arrêter l’histoire, on peut dire qu’elle croupit sur place en bégayant dans la farce. Pour la France, elle ne cesse de se répéter dans l’arbitraire nucléaire depuis le premier choc pétrolier et si ce n’est toujours pas tragique pour ses victimes, il faut au moins croire, face à la farce perpétuelle du spectacle du pouvoir, que l’État n’en finit pas de se complaire et de se renforcer dans le pathétique… Il est vrai qu’après Fukushima et l’exception culturelle française du nucléaire réaffirmée il ne nous est plus possible d’envisager autre chose que le ridicule en attendant le pire.

Apprenant la nouvelle ubuesque de Moscou, Monsieur Margerie, le tout puissant patron de Total, transforme maladroitement un acte maqué en suicide réussi, une immolation par le feu pétrolier haut de gamme maquillé en accident d’avion. Sa stature bien ventrue d’oligarque ne lui permettait pas décemment de faire ça devant un Pole Emploi ni à la torchère d’une plateforme pétrolière Offshore. Selon les informations officielles, le jet privé du PDG aurait percuté au décollage un chasse-neige sur l’aérodrome privé des VIP du Kremlin. Difficile à croire…

Dans le Goulag post-soviétique, l’éminent oligarque hexagonal aurait accidentellement rencontré un zek, qui peut imaginer une chose pareille? On a à la fois l’improbable absolu de Fukushima et l’histoire symbolique du crash terminal du Concorde terrassé à son envol par un déchet égaré? Ironie de l’histoire, l’improbable zek égaré à l’instant « t » sur la trajectoire magnétique du jet d’affaire a été retrouvé vivant avec sa dose syndicale d’éthanol dans le sang. Big moustache, l’homme providentiel capable de remuer ciel, terre et mer pour décaler le moment du « Peak Oil » mondial est mort; conséquence adverse heureuse, son immense empreinte écologique a donc été réduite à néant par un quelconque alcoolique de l’empire post-soviétique… Affaire à tirer au clair…

Plus modeste, sans éclat ni panache, le patron d’Areva prétexte un problème de santé pour quitter par la petite soute la Nef des fous à la dérive. Et dans la foulée, le patron d’EDF ne peut que savourer sa mise arbitraire au placard malgré tous ses bons et loyaux services rendus au nucléaire. La farce continue et, sans peur du ridicule, les potiches de la classe politique s’exhibent sur la scène médiatique au volant de la voiture électrique devant un parterre de précaires atterrés.

Cent milliards pour la Voiture Mox, il fallait oser le faire pour sauver le nucléaire.

Il faut bien lui donner un nom à cette « voiture » sous perfusion d’EPO en milliers d’euros pour assurer dans le marasme général la « croissance verte ». Puisqu’elle est spécifiquement biberonnée sur le plan technique au « nucléaire recyclable » à la française, le terme électrique est trompeur car insuffisamment précis. En attendant que les lecteurs de Carfree lui trouvent un nom, appelons la « La Mox », de « Mixed OXyde » pour le mélange énergétique miracle d’Aréva d’oxydes de Plutonium et Uranium appauvri devant faire le rayonnement atomique de la France…

Il ne nous est pas décemment possible de reprendre l’appellation Zoé même si ce n’est peut-être pas par pur hasard que la pile atomique et la voiture Renault se retrouvent avec ce même petit nom mignon.

Mais ici notre propos est politique sur le spectacle pathétique du pouvoir, pourquoi cette farce aux conséquences tragiques ?

Droite complexée et Gauche décomplexée

Dans l’enfilade des farces de la 5e République, malgré les apparences, les rôles se sont brouillés et inversés. La Droite complexée n’avait pas osé le faire alors qu’on savait qu’elle pouvait l’imposer. Elle a joué la prudence en déclarant forfait face au nucléaire pour donner une chance aux bavardages lors du grand show national du Grenelle de l’environnement. Dans la dynamique interne de la farce la surprise est un ingrédient indispensable et dans ce registre, la Gauche est à son avantage. C’est donc sabre au clair que La Gauche décomplexée impose l’atome après Fukushima dans le bouquet de la dite transition énergétique.

Après le Grenelle de l’environnement qui s’est terminé par la fameuse sentence présidentielle « l’environnement ça commence à bien faire » avec en prime de juteuses subventions à la pollution au profit des investisseurs de l’industrie automobile… A la suite du triste « marché carbone » qui s’est lui aussi vite révélé être un « droit à polluer » et même pire, comme un « pollueur payé » sabrant l’antique et symbolique « pollueur payeur » des écolos… Dans l’enfilade de ces ubuesques arnaques de la première décennie du 21e siècle, rien de nouveau dans le paysage politique ne pouvait dissiper le pessimisme des prospectives énergétiques. Il était en plus tout aussi difficile d’espérer grand-chose de tangible de la loi sur la transition énergétique que d’imaginer qu’on puisse faire pire dans la farce. Dès le Débat national sur la transition, avec ses invités de marque obligatoire on avait été mis au parfum, ça ne sentait pas bon la transition.

Mais comme toujours et partout pour tous les dépossédés et damnés de la Terre devant les grands événements nationaux, les grandes promesses d’orientation politique et, face aux enjeux urgents du dérèglement climatique, il était aussi difficile de ne pas espérer un peu et puis la Gauche « rose » parfois « rose verte » même décomplexée ne pouvait que mieux faire ou du moins pas faire pire que la Droite pour « l’environnement ». Par ce coup de force imprévisible, mais non improvisé et donc prémédité, elle fait effectivement pire que la Droite décomplexée. Face aux enjeux environnementaux connus depuis le 1er choc pétrolier, le pathétique confine au tragique dans la farce à répétition.

Dans un arbitraire ubuesque le pouvoir fait d’une pierre deux coups, il impose la perpétuité nucléaire et gave les investisseurs de l’industrie automobile. Billancourt peut désormais s’enthousiasmer. On ne sait plus comment et dans quel ordre analyser les ingrédients de la farce. La voiture électrique reçoit son budget pour s’imposer comme le véhicule de la « croissance verte » sous perfusion et ainsi sabrer à jamais la transition énergétique espérée par les associations écologistes. Cent milliards d’euros pour un réseau d’auto-mobilité électrique afin de perpétuer le statu quo nucléaire. Car en définitive c’est le seul résultat tangible. Tout s’éclaire avec ce coup de force. On comprend désormais pourquoi il faut calorifuger et thermostater à moins de 18 degrés centigrades les logements. Cette mesure s’intègre mieux dans le cadre politique d’austérité générale pour les pauvres de la Gauche décomplexée. Le prétexte énergétique ne tient plus la route face à la gabegie d’énergie libérée sur les routes pour perpétuer l’invasion automobile. Avec l’augmentation prévisible du prix de l’énergie, le calorifugeage des cages à lapin s’impose. Car les pauvres déjà massivement arrivés en précarité énergétique devront payer autant sinon plus une fourniture énergétique nettement inférieure. Autant réserver l’électricité de Zoé à Zoé, tel est le raisonnement.

Quelques années plus tôt en 2008, la Poupée Barbie d’Aréva, Atomic Anne, avait lancé sa « Troisième Révolution Énergétique » (1) en plein Grenelle de l’environnement; aujourd’hui, la Poupée Monster High du gouvernement tente le coup de force par la voiture Mox. Dans quel monde de oufs vivons-nous?

L’âge de pierre et la voiture automobile à l’ère nucléaire

Un émir du pétrole avait trouvé un bon mot pour ironiser sur la fin dernière de l’huile de pierre et faire taire ses interlocuteurs. « L’Age de Pierre n’a pas fini faute de pierre! » Indéniablement la formule, suffisamment laconique et énigmatique à souhait, est excellente. Elle surprend l’auditeur et le laisse sur sa fin bouche bée et interrogateur.

Pétri comme ses contemporains par le mythe du progrès, l’émir renvoyait aux calendes grecques la fin géologique du pétrole en faisant l’hypothèse d’une fin possible et souhaitable par l’innovation technologique. Comme l’Age de Pierre, la fin de l’ère pétrolière surviendrait parce qu’on aurait trouvé mieux en terme d’efficacité et de bien être.

Sur l’Age de Pierre et les causes de sa fin, l’émir se trompait. Les recherches paléo-anthropologiques actuelles semblent remettre en cause la belle vieille histoire linéaire. Le passage de la Pierre taillée à la Pierre polie, la transition énergétique du paléolithique au néolithique ou de la chasse-cueillette-nomade à l’agriculture-élevage-sédentaire ne s’est pas forcément accompagnée d’un « progrès » en terme de mieux-être. Nous ne pouvons pas ici trancher cette question, mais signalons que dans l’inconscient collectif des peuples premiers avec les « progrès » et « innovations », les avancées dans les âges de la métallurgie ont multiplié les horreurs et n’ont fait qu’éloigner les damnés de la terre d’un « Age d’Or ».

La voiture automobile a fait un timide début vite avorté avec une énorme marmite à vapeur. Vers la fin du 19e siècle, elle s’est perfectionnée avec l’électricité… Puis avec divers combustibles liquides disponibles pour alimenter un moteur à explosion interne, elle a pris de l’allure avant de rencontrer son carburant providentiel et ce fut l’invasion automobile. Le pétrole a créé à l’échelle industrielle une puissance nouvelle dans les trois dimensions de l’espace de l’auto-mobilité mécanique générale. A raz de terre cette puissance surnaturelle est représentée par la voiture automobile individuelle.

Avec la farce du coup de force Rose pour la croissance Verte on peut exprimer les choses en paraphrasant le bon mot de l’émir: L’âge de l’auto-mobilité mécanique générale ne finira pas faute de pétrole. Il faut donc comprendre pourquoi cette chose bizarre.

Guy Debord dans « La Société du Spectacle » fait une sentence sur l’origine de la puissance dominante indépendante: « Le travailleur ne se produit pas lui-même, il produit une puissance indépendante. Le succès de cette production, son abondance, revient vers le producteur comme abondance de la dépossession. Tout le temps et espace de son monde lui devient étranger avec l’accumulation de ses produits aliénés… »

Au risque de « désespérer Billancourt » et pour notre analyse métaphorique de la farce Rose, il se pourrait bien que cette puissance indépendante revenant vers un homme toujours plus aliéné et réifié en travailleur-marchandise, le dominant comme une abondance de la dépossession, ait la forme d’une voiture automobile.

La clef de voûte de la domination

Dans « Safari Noir », Paul Théroux note une particularité du bulletin météo de l’Égypte. Elle ne consiste qu’en un seul mot: « poussière ». Quand le vent souffle, les égyptiens sont informés de l’inconfort possible généré par le déplacement des masses d’air. Il se pourrait bien qu’aujourd’hui, au moins pour la mégalopole capitale, Le Caire, concentrant presque le quart de la population du pays, il faille rajouter un second mot à ce bulletin météo: « Pollution »; quand la masse d’air s’obstine à vouloir rester immobile dans la pagaille automobile… Le reste du temps, c’est toujours « grand beau »…

Le bulletin météorologique de la France est infiniment plus riche que celui de l’Égypte. Mais depuis le 1er choc pétrolier, le mot « pollution » s’est imposé associé aux situations anticycloniques prolongées. Par grand beau temps, ce n’est plus « ciel bleu » mais « ciel gris » et bien souvent urgence sanitaire des nuées cancérigènes.

En mars 2014, le gris était visible à l’œil nu, la grisaille était devenue opaque à trancher au couteau et le vent s’obstinait à ne pas vouloir souffler. Le ministre de l’écologie au pied du pic de pollution est resté pétrifié d’effroi à l’idée de devoir agir contre la circulation des voitures automobiles. La masse air faisait grève et s’obstinait à rester immobile, les images de la Ville lumière firent le tour du monde et furent outrageusement comparées à celle de la capitale de l’Atelier du Monde.

La conjoncture était particulièrement culpabilisante. En octobre 2013, le Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC), agence spécialisée sur le cancer de l’OMS annonçait la promotion de la pollution de l’air extérieur au rang de « cancérogène certain pour l’homme (Groupe 1) ». Non pas seulement les particules fines mais la pollution en général… Circonstance aggravante, à la même époque en 2014, la France lançait son Troisième Plan Cancer, copie conforme des deux premiers dans le négationnisme de la crise environnementale et sanitaire… Près d’un demi-siècle d’inaction contre la pollution… La solution évidente posait problème car elle devait s’attaquer à l’abondance de la dépossession matérialisée par l’invasion automobile.

L’innovation de la farce dans l’urgence de l’action fut que le problème serait la solution. Malgré tous les dégâts collatéraux rapidement révélés de l’invasion automobile, la voiture s’est imposée comme puissance indépendante et s’est retrouvée être la clef de voûte de la civilisation industrielle. Si on la supprime, tout le système de domination s’écroule… C’est cette vision d’apocalypse qui a dû pétrifier d’effroi le ministre de l’écologie en mars 2014. Pour assurer l’avenir du Grand Paris automobile, pour sauver les apparences spectaculaires de la Ville lumière, la différencier d’une vulgaire mégalopole du tiers monde, il faut au moins gommer la grisaille cancérigène qui colle à la capitale et lui redonner de la visibilité positive internationale. La recette gouvernementale fut la énième reproduction de la même farce consistant avec la voiture Mox en une délocalisation de la pollution (2).

Rappelons que le projet d’enfouissement des déchets atomiques en couche géologique profonde, Cigéo, n’est pas une solution mais bien plutôt la révélation du problème en tant que symptôme de l’absence de solution pérenne à l’élimination des déchets radioactifs.

Nous étions bien loin du compte

La farce, on l’avait prévue mais pas l’ubuesque de la farce: le problème est devenu la solution. Bien sûr, dans les milieux radicaux critiques de la civilisation industrielle, avant même que le débat national sur la transition ne commence et ne s’anime, on ne se faisait aucune illusion sur les solutions de la transition.

Au beau milieu de la grand-messe œcuménique laïque et énergétique, le Journal de la Décroissance lançait sa sentence sans appel « transition piège à con« . Nous même, à la même époque en août 2013, sur les thèmes du long passif historique du nucléaire et du conflit actuel des gaz de schiste, nous tentions de faire comprendre qu’il n’y avait rien à attendre du débat national sur la transition (3).

Mais il ne nous était cependant pas possible d’imaginer le pire. La relance d’une nouvelle ère nucléaire à la voiture automobile. Même dans les pires scénarios catastrophe imaginables, on ne pouvait pas s’attendre à ce qu’on nous impose le problème comme la solution.

A l’observatoire du nucléaire, Stéphane Lhomme ne décolère pas (4). Lui aussi avait anticipé l’arnaque de la transition Rose-Verte mais comme tout le monde, il n’avait pas pu imaginer le pire.

Par la loi sur la transition énergétique et la « Croissance Verte » on retourne au prima de la civilisation de l’automobile. On marche sur la tête pour faire bond en arrière d’un demi-siècle. S’il n’y a plus de pétrole pour rendre auto-mobiles les voitures cela ne veut pas dire dans le paradigme technocratique qu’il faille sortir de la civilisation automobile.

Quand la voiture devient automobile…

Le problème devient la solution. Le pétrole avait permis l’invasion automobile et crée son Empire, la Gauche décomplexée nous informe par la voix de sa Poupée Monster High qu’elle veut le perpétuer sans pétrole avec la voiture Mox… En résumé de la situation on replonge dans l’imposture énergétique atomique de la Poupée Barbie d’Aréva.

Face à cette énième farce et donc face à l’impasse arbitrairement imposée, j’ai relu sur le site un de mes anciens articles de 2007 « Quand la voiture devient automobile » (5). Il n’avait pas pris une ride et un des paragraphes portait déjà le titre prémonitoire: « La voiture au service du nucléaire et du militarisme. »

A cette époque, le concept de capitalisme du désastre, bien que depuis longtemps pressenti par George Orwell, n’avait pas encore été explicitement défini. Nous y sommes.

Rappelons quelques passages de « 1984 » prémonitoires de l’Anthropocène: « Le monde d’aujourd’hui est un monde nu, affamé, dilapidé, comparé au monde qui existait avant 1914, et encore plus si on le compare à l’avenir qu’imaginaient les gens de cette époque ». « Le problème est de faire tourner les roues de l’industrie sans accroitre la richesse réelle du monde ». « Le but primordial de la guerre (…) est de consommer entièrement les produits de la machine sans élever le niveau général de la vie. »

Aux trois slogans du Parti de Big Brother: « La Guerre c’est la paix« , « la liberté c’est l’esclavage« , « l’ignorance c’est la force« , le Parti décomplexé du statu quo atomique vient de rajouter « le problème c’est la solution« .

Tours, octobre 2014
JMS

(1) Anne Lauvergeon, « La Troisième révolution énergétique », Plon 2008. Lire plutôt la critique sarcastique de ce livre: « La Course aux Énergies », Jean Marc Sérékian, Editions libertaire, 2010.
(2) Passer à la voiture électrique, c’est comme changer de marque de cigarette
http://carfree.fr/index.php/2013/09/13/passer-a-la-voiture-electrique-cest-comme-changer-de-marque-de-cigarettes/
(3) La transition énergétique à la française
http://carfree.fr/index.php/2013/08/12/la-transition-energetique-a-la-francaise/
(4) Dossier : la voiture électrique/nucléaire pollue autant que la voiture thermique.
http://observ.nucleaire.free.fr/
(5) Quand la voiture devient automobile.
http://carfree.fr/index.php/2007/10/15/quand-la-voiture-devient-automobile/

Jean-Marc Sérékian

A propos de Jean-Marc Sérékian

Rédacteur du site Carfree France, spécialiste des questions d'énergie et de biodiversité.

4 commentaires sur “La Transition énergétique vers le pire par la Voiture Mox

  1. Vincent

    Jolie, la photo de tours aéroréfrigérantes d’une centrale électrique. En voici une autre, celle de la centrale de Jaenschwalde en Allemagne:

    http://www.planetark.org/images/wefull/61688.jpg

    Centrale au charbon, en l’occurence.

    Charlie Marx > la première fois comme tragédie, la seconde fois comme farce.

    C’est beau. Si l’on suit sa logique, la Seconde (Deuxième?) guerre mondiale a donc été une farce.

    JMS > Pour la France, elle ne cesse de se répéter dans l’arbitraire nucléaire

    La France est une démocratie. Si les Français étaient massivement contre le nucléaire, EELV ne ferait pas des scores abyssaux et la France aurait fermé ses centrales nucléaires comme l’Italie (qui va sans doute les rouvrir).

    On en conclut que ça n’a rien d’arbitraire et que les Français dans leur grande majorité ne considèrent pas les centrales nucélaires comme un problème vraiment important.

    > Il est vrai qu’après Fukushima et l’exception culturelle française du nucléaire

    On l’ignore souvent, mais des pays comme la Suède ou la Belgique produisent environ 50% de leur électricité avec du nucléaire. La France n’est donc pas une exception dans le domaine.
    http://en.wikipedia.org/wiki/Nuclear_power_by_country

    Et d’ailleurs, en quoi est-ce mal d’être une exception? La France se distingue aussi sur d’autres plans, comme la cuisine, le cinéma ou la littérature.

    > Apprenant la nouvelle ubuesque de Moscou, Monsieur Margerie, le tout puissant patron de Total, transforme maladroitement un acte maqué en suicide réussi, une immolation par le feu pétrolier haut de gamme maquillé en accident d’avion. […] Il ne nous est pas décemment possible de reprendre l’appellation Zoé

    Tiens, quand on parle de décence…

    > C’est donc sabre au clair que La Gauche décomplexée impose l’atome après Fukushima dans le bouquet de la dite transition énergétique.

    Pour info, trois ans et demi après l’accident de la centrale numéro 1 de Fukushima (la seconde va bien, merci), plus de 60 réacteurs sont en cours de construction.
    http://www.world-nuclear.org/info/Current-and-Future-Generation/Plans-For-New-Reactors-Worldwide/

    > La voiture électrique reçoit son budget pour s’imposer comme le véhicule de la « croissance verte » sous perfusion et ainsi sabrer à jamais la transition énergétique espérée par les associations écologistes.

    Leurs membres peuvent prendre un aller simple pour l’Afrique. C’est bio, l’Afrique.

    C’est très pauvre aussi. Mais très raccord avec le mode de vie que prônent les écologistes.

    > la Poupée Barbie d’Aréva, Atomic Anne

    Un peu de sexisme ne saurait nuire.

    > Rappelons que le projet d’enfouissement des déchets atomiques en couche géologique profonde, Cigéo, n’est pas une solution mais bien plutôt la révélation du problème en tant que symptôme de l’absence de solution pérenne à l’élimination des déchets radioactifs.

    Rappelons les ordres de grandeur, par Français/an:
    – déchets industriels : 2.500kg
    – déchets ménagers : 360kg
    – déchets radioactifs, tous types confondus : 2kg (dont déchets hautement radioactifs : 0,2%, soit 4g)
    http://www.andra.fr/pages/fr/menu1/les-dechets-radioactifs/comment-sont-classes-les-dechets-radioactifs-r-9.html

    > Bien sûr, dans les milieux radicaux critiques de la civilisation industrielle

    L’industrie, c’est notamment l’ordinateur et le réseau mondial qui ont permis la rédaction et la diffusion de cet article…

    > Mais il ne nous était cependant pas possible d’imaginer le pire. La relance d’une nouvelle ère nucléaire à la voiture automobile

    Oui, le retour à la réalité, ça fait souvent mal. Voir notamment la magnifique Energiewende chez nos voisins ou la conséquence de l’arrêt des réacteurs au Japon.

    > A l’observatoire du nucléaire, Stéphane Lhomme ne décolère pas

    Yoga, Qiqong, etc.

  2. Po2slop

    @vincent

    «Rappelons les ordres de grandeur, par Français/an:
    – déchets industriels : 2.500kg
    – déchets ménagers : 360kg
    – déchets radioactifs, tous types confondus : 2kg (dont décheta hautement radioactifs : 0,2%, soit 4g)»

    Donc seulement 264 tonnes/an de déchet hautement radioactif et 132 000 tonnes/an de déchets (simplement!!!) radioactif.

    Négligeable … La solution au problème du nucléaire … stockons le tout chez Vincent.

    Merci Vincent

  3. Jean-Marc

    « Rappelons les ordres de grandeur, par Français/an:
    – déchets industriels : 2.500kg
    – déchets ménagers : 360kg
    – déchets radioactifs, tous types confondus : 2kg (dont déchets hautement radioactifs : 0,2%, soit 4g)
     »

    De la propagande de l’ANDRA (ce n est pas pour rien si ces chiffres viennent du site de l ANDRA)

    Cela ne veut pas dire qu’ils sont faux, celà veut simplement dire qu’ils n’ont pas d’intérêt :

    Le pb des déchets nuc. c est juste le volume qu’ils occupent ? je ne savais pas…

    Entre s’injecter 1 000 fois 1ml de sérum physio stérile, ou s’injecter 1 seule fois 1mg de cyanure dans les veines,
    comme il y a moins de cyanure, c est moins dangereux ?
    Le point, la quantité, n a pas de rapport direct avec la dangerosité d’un produit.
    Surtout avec la radioactivité, dont les rayonnements n agissent pas que sur place.

    Mais je suis d accord avec vous, Vincent :
    le principal problème n’est pas la voiture électrique… mais bien la voiture.

    c.f. http://carfree.fr/index.php/2009/12/04/petit-quizz-des-villes-respectueuses-de-lenvironnement/


    Sinon, j’approuve aussi la photo de la centrale au charbon :

    malheureusement, comme une tour de refroidissement est plus impressionnante qu’un dôme de réacteur, c est en général elles qui sont prises en photo

    (le fait qu’elles réchauffent l air, qu’elles dilapident la chaleur créée, pour refroidir la centrale, est cependant un gâchis énergétique lamentable, alors que des gens vont se servir de la fraction de l’énergie non perdue dans les tours, et convertie en électricité, pour re-créer de la chaleur, par derrière…. alors qu’un réseau de chauffage collectif, d’eau chaude, donc de la cogénération, serait bien plus intelligent que ce gaspillage…)

    J’approuve la présence de cette photo = je désapprouve +/- autant l utilisation d’une centrale au charbon que d’une centrale nucléaire, pour chauffer à 20°C des maisons d’un seul niveau, aux 4 vents :

    la seule solution durable est les négawatts :

    plutôt la marche, le vélo et les TEC électriques en site propre que la voiture,
    (un véhicule fait pour transporter 5 adultes et leurs affaires à 90km/h sur 500km ; et qui est utilisé pour transporter 1.2 personnes, à 17km/h de moyenne, sur 25km/j…; en sachant, que, même sur son trajet de prédilection, sur les 500km à 90km/h pour 5 personnes, ce véhicule est lamentable, niveau performance énergétique, par rapport à un train : prenons un véhicule lamentable énergiquement parlant, et plaçons le dans une situation la moins adaptée possible à ce pour quoi il a été conçu… forcément, c est un gouffre énergétique hallucinant)

    Plutôt les bâtiments isolés et le confort thermique (donc en chauffant moins) que de chauffer en continu des préaux ou des entrepôts.

    plutôt les produits ré-utilisés (comme les friperies, Emmaüs, L’Heureux cyclage) que l achat de produits neufs mais jetables,….


    sur la provocation sur l Afrique…
    et bien, regardez l empreinte carbone d’un africain, et celle d’un français :

    plus de 4 fois plus => même en réduisant d’un 1/4 ou de 1/3 notre empreinte,
    et donc, sans vraiment retourner au temps des cavernes, nous vivrions, énergiquement, largement au-dessus d eux.

    Là, dans ce cas, contrairement au moment où vous l avez sorti, les ordres de grandeur ont une vraie signification….

  4. Jean-Marc

    Vincent, je n ai pas compris ton passage sur l industrie :

    être contre le gaspillage, et les aberrations, ne signifie pas être contre les produits bien utilisés.

    Se servir d’internet pour passer des heures à regarder des vidéos de chats, c est du gâchis
    (ou faire des jeux de cartes, style solitaire, sur internet… je connais des gens qui le font…
    de même, je connais des gens qui font une recherche (utilisant des serveurs), au lieu d utiliser des marques-pages en local, pour rechercher à chaque fois les 10 sites qu’ils visitent le plus… la netiquette se perd…)

    Se servir d’internet pour contacter rapidement une personne, ce n est pas obligatoirement du gâchis.

    Il s agit d outils, qui peuvent être +/- bien utilisés.

    C est comme un tél portable :
    si c est pour dire « <i<je prend une baguette ou 2 ?", ce qu’on aurait pû demandé le matin, en vis à vis (car il est POSSIBLE de communiquer directement avec une personne, sans passer par un écran, incroyable, n est-il pas ???)

    Mais pour appeler le Samu après un accident dont on est le témoin, c est utile.

Les commentaires sont clos.