L’incompétence du lobby automobile

On avait déjà étudié l’arrogance du stationnement automobile au travers de l’exemple parisien. Le journal Le Monde a quant à lui essayé d’estimer la part de l’espace public de Paris affecté à la circulation automobile.

Selon les calculs du journal, la moitié des 2 800 hectares de voies publiques de la capitale est occupée soit par la circulation automobile soit par les parkings publics. Dit autrement, la circulation automobile au sens large occupe la moitié de l’espace public.

Quand on sait que les déplacements motorisés particuliers (deux, trois ou quatre-roues) ne représentent que 13 % des déplacements des Parisiens, on se rend compte là aussi de l’arrogance des modes motorisés.

A Paris, les modes motorisés occupent près de 4 fois plus d’espace que ce qu’ils représentent en termes de déplacement. C’est à n’en pas douter une preuve supplémentaire de l’inefficacité intrinsèque des modes de déplacements motorisés.

Mais, apparemment ce n’est pas vu comme cela par le lobby automobile. Le chiffre de la moitié de l’espace public dévolue aux transports motorisés ne déplaît en effet pas à l’association 40 Millions d’automobilistes. Son délégué général, Pierre Chasseray, le juge même « terriblement positif pour nous. » « Je m’attendais plutôt à 70 % ou 75 %, reconnaît-il. Le rééquilibrage nécessaire que la Mairie de Paris nous serine est faux. »

C’est quand même assez incroyable, on lui dit que l’automobile occupe énormément plus d’espace que son utilité réelle dans la capitale et le représentant du lobby automobile estime tout simplement que cela aurait pu être pire… Voire même, c’est presque une victoire pour eux, on se demande bien laquelle…

En fait, c’est un peu comme si on lui demandait son avis sur le fait que l’automobile provoque environ 6000 morts par an dans les accidents de la route. Il répondrait sans doute un truc du genre: « c’est terriblement positif pour nous, je m’attendais plutôt à 12.000 morts. »

Cela prouve une chose, ces gens-là sont structurellement dans l’incapacité de se remettre en question. Quand bien même ils vont dans le mur, ils auront toujours raison.

Un autre article du journal Le Monde analysait très bien cela il y a quelques jours: Pourquoi les incompétents se croient si doués

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3 commentaires sur “L’incompétence du lobby automobile

  1. Vincent

    > Quand on sait que les déplacements motorisés particuliers (deux, trois ou quatre-roues) ne représentent que 13 % des déplacements des Parisiens, on se rend compte là aussi de l’arrogance des modes motorisés.

    Il faut également ajouter tout le trafic de transit. Les Parisiens ne sont pas les seuls à se déplacer dans Paris en véhicule motorisé.

    On aimerait d’ailleurs savoir d’où viennent et où vont les automobilistes qui passent à présent en haut des voies sur berge.

  2. Pédibuspedibus

    40 millions de pétainistes qui gueule comme un pute-oie, à propos des accusations de la mère de toutes les batailles, la maire de Paris, au sujet de la resquille de « nos amis » de la bagnolardise-roublardise, qui ne payeraient pas leur stationnement : http://api.ning.com/files/jPkKNYv*PqR0v9tWUxC4vnjHwGE8958an3MhKHxD-xPGlRvN3NLzF6PhSTxqKezCeiN-NTwFFVNe7HqMpcSMZ–0sTFZewZy/20161202stationnementlesmensongesdannehidalgo.pdf

    La digne association d’un autre temps aurait payé les services d’un huissier pour évaluer le réel manque à gagner suite au comportement qu’on sait : elle est finalement très fière d’annoncer que seulement  » 57,1% des automobilistes stationnés étaient en règle »…

    Manquent pas d’air ceux qui nous le pompent et le saccagent.

  3. Pascal

    « Quand on sait que les déplacements motorisés particuliers (deux, trois ou quatre-roues) ne représentent que 13 % des déplacements des Parisiens, on se rend compte là aussi de l’arrogance des modes motorisés. »

     

     

    L’argument est dangereux. Les cyclistes ne représentent, à ce jour, et selon les agglomérations, que autour de 2 à 6% des déplacements. Pour autant, devrions-nous nous contenter de seulement 2 à 6% de la chaussée? Oui, la part de la voie publique réservée aux automobiles est beaucoup trop élevée. Mais attention aux arguments qui pourraient se retourner contre nous.

    Evidemment, il faut réduire cette part que prend l’automobile, à la fois sa part de la voie publique monopolisée ET sa part dans les déplacements. Dans un monde enfin délivré des transports automobiles (dans lequel seuls les véhicules d’urgence et les transports en commun circuleraient encore), de nombreux espaces goudronnés seraient rendus à l’usage commun.

     

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