Vous n’êtes pas aux commandes

Ma récente tournée a été très utile, entre autre pour mesurer la réaction du public aux divers sujets liés à la techno-sphère et à son contrôle sur nous. Plus précisément, ce qui semble généralement manquer, c’est de comprendre que la techno-sphère ne contrôle pas seulement la technologie ; elle contrôle aussi notre esprit. La techno-sphère ne nous empêche pas seulement de choisir des technologies qui nous paraissent appropriées et de rejeter celles qui ne le sont pas. Elle contrôle nos goûts, nous faisant préférer les choses qu’elle préfère pour ses propres raisons. Elle contrôle également nos valeurs, en les alignant sur les siennes. Et elle contrôle notre corps, nous incitant à nous traiter nous-mêmes comme si nous étions des mécaniques plutôt que des communautés symbiotiques de cellules vivantes (humaines et autres). Lire la suite…

L’Autre Salon, l’alternative au salon de l’Automobile de Genève

Comme chaque année, Genève accueillera du 9 au 19 Mars, l’un des principaux salons de l’automobile du continent, baptisé Geneva International Motor Show. Organisé pour la première fois en 1905, cette 87ème édition présentera comme à son habitude la grande fête de l’industrie automobile avec son lot de nouveaux modèles « propres », « intelligents » voire « autonomes » des principaux constructeurs, des grosses cylindrées qui n’ont leur place que sur des circuits ou des derniers prototypes délirants que l’on ne verra jamais circuler… Lire la suite…

La Ségolénade du vélo à assistance électrique

Bon, encore une fois je vais faire ma mauvaise tête. Actuellement, on dirait bien que l’ensemble des associations plus ou moins proches du vélo semblent s’extasier sur ce qui sera sans doute la dernière mesure de l’électro-dépendante Ségolène Royal, à savoir la prime de 200 euros pour l’achat d’un vélo à assistance électrique (VAE). Lire la suite…

Irréaliste, violente, destructrice. La représentation de la mobilité au cinéma (2/6): Star Wars VII, Le Réveil de la Force

Commençons doucement avec Star Wars, numéro un du box-office 2015 (10 485 154 spectateurs). La série étant une fiction avec son propre univers, les moyens de transports s’éloignent bien sûr de l’ordinaire. Cependant les choix scénaristiques faits témoignent malgré tout d’un rapport assez occidental au monde. Le contexte est une sorte de mondialisation galactique où les plus puissants se déplacent à toute vitesse (de la lumière sans doute) d’un système solaire à l’autre. L’univers semble colonisé dans chaque recoin par diverses civilisations ce qui doit être le résultat d’une expansion du type « toujours plus vite et plus loin » qui ressemble à la sainte croissance infinie de chez nous et dont le transport est un maillon essentiel. Lire la suite…

Ne voiture rien venir ?

Depuis plus d’un siècle, le meilleur ami de l’homme n’a pas quatre pattes mais quatre roues. Et un moteur. Progressivement, la voiture s’est imposée dans nos paysages et nos imaginaires comme une évidence. Elle est l’un des symboles de l’ère industrielle, l’étendard de la liberté sans entraves. Pouvoir rouler vers n’importe quel horizon, n’importe quand. Tant que le réservoir est plein et qu’il n’y a pas de bouchons. Ainsi l’automobile a façonné une bonne partie de nos villes et de leurs alentours mais, alors que 66% de la population devrait habiter des zones urbaines d’ici 2050, le temps est peut-être venu de questionner la place de la voiture dans nos cités. Lire la suite…

Irréaliste, violente, destructrice. La représentation de la mobilité au cinéma (1/6): Introduction

Le cinéma est politique. C’est le nom d’un site qui offre des critiques de films sous le prisme de l’analyse politique. Si cette démarche vous paraît inhabituelle je vous invite à d’abord lire le texte «  Pourquoi le cinéma est-il politique ? » en bas de page. Ce qui va être analysé à travers cette série d’articles est la question du transport tel qu’il est montré au cinéma. Lire la suite…

Capitalisme, emploi et nature: sortir de l’engrenage destructif

« Le monde possède le rêve d’une chose dont il lui suffirait de prendre conscience pour la posséder réellement » (Karl Marx, lettre à Arnold Ruge).

Il y a plusieurs définitions possibles du capitalisme. Du point de vue des exploité-e-s, le capitalisme est ce système dans lequel les ressources de la terre nourricière sont monopolisées par une minorité qui possède aussi les autres moyens de production. Du coup, pour vivre, la majorité n’a d’autre moyen que de vendre sa force de travail – pas d’autre moyen que de se vendre, en fait. Lire la suite…