Être attaché à sa voiture : une expérience sociologique

Il y a quelques temps de ça, j’ai publié une thèse de sociologie sur l’attachement à l’automobile. Le site de carfree fait partie des sources que j’ai consulté à de nombreuses reprises et il m’a parfois été d’un riche apport. N’étant jusqu’ici pas contributeur du site, je pense que la moindre des choses que je puisse faire est de vous signaler ma contribution au sujet. L’optique n’est pas militante, mais académique (c’est une thèse). Cela dit, pour une thèse, dont la neutralité scientifique constitue un pré-requis minimal, elle reflète néanmoins un engagement. Le premier chapitre débute d’ailleurs par un coming-out sincère dans lequel j’avoue mon hostilité de principe à l’automobile.

C’est l’anomalie que constitue le désir de vivre sans voiture qui a été le moteur de cette recherche, il fallait donc le préciser. Toutefois, la volonté de comprendre un monde orienté vers l’automobile m’a conduit a être fasciné par cette dernière. La motorisation est un phénomène passionnant et constitue une clé de lecture pour déchiffrer de nombreux autres phénomènes sociaux.

Autophiles et autophobes partagent un regard orienté vers la voiture. Bien que radicalement opposés, ces vues construisent le monde commun. Le livre de Brian Ladd Autophobia montre à merveille cet affrontement, ce débat entre partisans et opposants de l’automobile. Les premiers ont remporté de nombreuses et grandes victoires, mais pas la guerre… Le XXe siècle fut leur triomphe, le XXIe semble beaucoup moins prometteur. Le succès de l’automobile constitue son pire ennemi. La liberté de mouvement n’existe que si elle n’est pas partagée par tous. Une république d’automobilistes tous également motorisés, c’est le règne de la congestion. Je conseille d’ailleurs la lecture de l’excellent « Republic of drivers » de Cotten Seiler, dont je vous ferai un petit résumé un jour si je trouve le temps.

Bien que cela puisse paraître prétentieux (et déplacé : faire de l’auto-promotion sur un site anti-voiture, quel mauvais goût!), je vous propose de lire un extrait de ma thèse, la partie la moins scientifique et la plus personnelle, ma confession d’ancien non-automobiliste (pp. 17-23).

Un ethnologue au pays des automobilistes ou le coming out[1] d’un ex-sans-permis

Lorsqu’il nous est offert la chance de choisir le sujet sur lequel porte nos recherches, la moindre des choses semble d’avoir l’honnêteté intellectuelle d’exposer l’intégralité des motifs de ce choix, qui ne peut pas être totalement innocent. Les raisons qui conduisent un chercheur à explorer tel domaine plutôt que tel autre constituent bien trop souvent une zone d’ombre, en dehors du champ de l’analyse. Pourtant, une telle exposition de la subjectivité qui anime l’observateur est certainement le meilleur moyen d’outiller le lecteur à la vigilance et à la critique, et partant d’imposer à l’auteur un impératif de neutralité axiologique et donc paradoxalement de l’inciter à tendre vers l’objectivité durkheimienne[2]. Les motivations du chercheur et le vécu de ce dernier peuvent d’ailleurs être un complément très utile à la compréhension des questions qu’il pose et auxquelles il tente d’apporter des réponses.

C’est pourquoi ce paragraphe se propose d’exposer une démarche réflexive sur soi : une auto-socio-analyse. Cette brève autobiographie n’a pas vocation à flatter l’apprenti sociologue, mais bien plus à éclairer le lecteur sur celui qui tient la lampe et la pointe sur d’autres dans le reste de cet ouvrage.

Choisir d’étudier les changements de comportement qui émergent dans le champ des transports et de la mobilité des personnes peut s’expliquer de manière très cartésienne par la demande sociale et politique de préparer la transition énergétique qui résulte de l’appauvrissement des ressources fossiles mais aussi du changement climatique, qui en est une conséquence. En effet, l’ère du pétrole rare et cher qui s’ouvre devant nous suscite des préoccupations et interrogations qui suffisent à justifier des travaux sociologiques sur les évolutions multiples en gestation dans le corps social. De nombreuses personnes agissent, militent, innovent et leurs propositions constituent un gisement dans lequel les décideurs et les entrepreneurs doivent pouvoir puiser pour faire naître une société plus adaptée au monde de demain. Il est donc tout à fait logique que les universitaires se saisissent de ces questions et qu’ils collectent des informations à leur sujet pour les analyser et les commenter afin de nourrir les débats. Mais d’autres raisons, plus personnelles, peuvent aussi motiver de tels travaux, ce qui est le cas ici et il serait malhonnête de le taire.

Pendant des années, l’auteur de ces lignes a été réfractaire à l’automobilisme. Il refusait d’apprendre à conduire et restait insensible aux efforts que mobilisaient les constructeurs et les publicitaires pour susciter en lui le désir de posséder et conduire un de leurs véhicules. Il était ce qu’on peut appeler un « Nocar »[3], un non-automobiliste par choix. Cette posture marginale lui était parfois reprochée par ses proches, mais elle passait inaperçue aux yeux de la plupart de ses collègues ou de ses connaissances professionnelles.

L’ennui s’emparait de lui lorsque les discussions s’orientaient en direction du plaisir suscité par la belle mécanique, mais le fait qu’il ne possède pas le papier rose certifiant la compétence de conduire n’était jamais questionné. Bien que son CV ne le mentionne pas, il semblait aller de soi qu’un jeune homme de plus de 25 ans, diplômé de l’université et ne semblant affecté par aucun handicap grave, possède le permis de conduire.

Bien sûr, personne ne l’avait jamais vu au volant d’une voiture, mais comme il était un commuter lointain, faisant chaque jour la navette en train, cela ne choquait personne. Dans ce contexte, sa non-automobilité pouvait rester secrète. Évidemment, du fait de son sujet de recherche, ses collègues se doutaient qu’il n’était pas du genre à investir la moitié de son salaire dans le remboursement d’un prêt pour une BMW ou à suivre chaque week-end les grands prix de formule 1 à la télévision. Mais il semblait être une personne modérée, pas du genre anti-automobile radical. Il est vrai qu’il avait mis de l’eau dans son vin et qu’il ne se lançait pas dans des propos acerbes critiquant radicalement l’automobile, mais cela n’avait pas toujours été le cas. Une preuve de cette apparence trompeuse réside dans le fait que personne ne lui posa la question de savoir s’il avait le permis. Il mentit donc par omission et le confesse bien volontiers. Il s’était promis que si on lui posait la question, il avouerait. Mais il n’eut pas à le faire puisqu’il obtînt son permis avant cela et en prenant tout son temps (2 ans et demi).

Quand il se lança dans son travail de thèse, une inspiration militante l’y poussait, mais aussi une vaste incompréhension de ses contemporains et une volonté de faire le premier pas.

Comme toute personne normalement constituée, il voulait changer le monde et pour lui, tempérer l’automobilisation du monde constituait une voie sympathique et opportune (d’actualité). Il ne comprenait pas l’impératif de conduire qui pesait sur ses épaules et pourquoi l’homme moyen acceptait d’endosser cette charge sans rechigner, voire avec joie et allégresse. Pourquoi cette fascination de l’automobile et son omniprésence n’étaient-elles pas questionnées davantage? « Pourquoi sont-ils tous autant attachés à leur bagnole ? » Pourquoi refuser d’apprendre à conduire s’interprétait-il comme un comportement déviant, bien plus que comme l’expression d’un civisme aigu ?

Dès le début de sa thèse, il décida qu’il devait apprendre à conduire et passer son permis « pour la science », car on ne peut pas sérieusement parler de ce qu’on ne connaît pas. Jusqu’ici il s’y était refusé parce qu’il y voyait le moyen d’établir radicalement une limite. Comme avec les drogues, « il est plus simple de ne jamais essayer que d’arrêter » pensait-il. Une fois qu’on a appris, il faut pratiquer pour ne pas perdre la main, donc il faut disposer d’un véhicule et après…

Chaque leçon prise à l’auto-école était pour lui, une heure d’observation-participante payante. En effet, il était dans la même position qu’un ethnologue qui découvre des gestes nouveaux. En réalité, il ne découvrait pas une culture qu’il n’aurait jamais imaginée auparavant : car il était né au sein de cette culture. Comme la plupart des garçons, il avait possédé des petites voitures avec lesquelles il jouait en criant « vroum, vroum », adolescent il pratiquait la course automobile dans des jeux vidéos, il se souvenait même avoir apprécié regarder des émissions de télévision telles que Turbo ou encore Auto-Moto. Ses parents l’avaient conduit à droite et à gauche, il était même parti en vacances grâce au véhicule familial.

Seulement à l’adolescence tardive, fraîchement majeur, au moment où il aurait dû, comme ses frère et sœurs et amis, passer le permis : cet ingrat avait décrété que l’automobile causait plus de nuisances qu’elle ne pourrait lui apporter de bienfaits, que son coût excédait sa valeur et qu’il était préférable de s’en passer.

Dans un premier temps, personne ne le lui reprocha explicitement. C’était un peu excentrique, mais pas véritablement faux et puis ça lui passerait pensait-on. Les années passant, il était devenu autonome et n’avait aucun problème pour se déplacer : il avait un vélo, jusqu’à ce qu’on lui le vole. Il prit alors les transports en commun. Le hasard faisant bien les choses, on lui avait volé son vélo l’année de l’ouverture du métro rennais et il habitait à moins de cent mètres d’une station, de plus en tant qu’étudiant pauvre, il bénéficiait d’un abonnement gratuit. Il travaillait à Redon en tant que surveillant dans un lycée situé à 500 mètre d’une gare. Quand il retournait voir ses parents à Lorient : il avait le choix entre le stop, le covoiturage avec des amis ou le train. Ce n’est que pour les soirées en dehors de la ville qu’il avait besoin de la voiture de ses amis et ceux-ci commençaient à râler de l’univocité de l’échange, mais ça restait très occasionnel.

Quand il rencontra sa compagne, celle-ci comprenait parfaitement sa position et trouvait cela original ou drôle. Elle n’aimait pas trop conduire et ne possédait pas de voiture. Mais quelques années plus tard, sa formation l’obligea à déménager dans un secteur beaucoup moins bien desservi des Côtes d’Armor et ses parents lui fournirent alors leur ancien véhicule. Dès lors les choses changèrent…

Quand ses amis le conduisaient, c’était une fois l’un, une fois l’autre. Mais avec elle, la situation se répéta assez souvent pour qu’elle en ait marre, au point que chaque long trajet finisse par devenir prétexte à la discorde : « Quand est-ce que tu vas passer ton permis ? ».

Ces querelles internes au couple pouvaient aussi se traduire, avec un ton plus cordial, en prise à partie collective en présence d’amis ou de la famille : « il faut le convaincre de passer son permis ! ». Ce front des automobilistes marginalisait toujours un peu plus notre ami. Ce dernier était acculé. Parfois il avait la chance de se retrouver en présence d’un congénère partageant avec lui cette position jusqu’au-boutiste, il se sentait alors moins seul un instant, mais cela ne durait pas. De temps en temps, l’un d’eux retournait sa veste parce qu’il allait devenir papa ou par intérêt bien compris (fin de la carte 12-25[4]). D’année en année, les effectifs avaient fondu comme neige au soleil et il ne restait plus que celles et ceux qui avaient échoué cinq fois à l’épreuve du permis ou ceux dont le conjoint acceptait d’être le chauffeur permanent.

Finalement ce qui lui était reproché était simple : non-réciprocité de l’échange, absence de prise en charge d’autrui, donc prise en charge par autrui. Autrement dit, il n’était pas un adulte accompli, compétent et autonome. Cette tare aurait été excusée si elle s’expliquait par une incapacité physique, mentale ou pécuniaire, mais ce n’était pas le cas. Les justifications restantes étaient peu nombreuses et non-excusables : soit il était égoïste, soit il était un de ses extrémistes qu’on qualifie parfois d’Ayatollah ou de Khmer vert.

A court d’arguments et bien que têtu comme un Breton, il finit par céder. Il pouvait apprendre à conduire, savoir conduire et même conduire sans pour autant cautionner, soutenir ou promouvoir ce mode de locomotion. Devenir conducteur ne ferait pas de lui un défenseur ou un chantre de l’automobile. Il pouvait être modéré et accepter le monde tel qu’il est. Un mois avant son vingt-septième anniversaire il obtînt, enfin, son permis B. Ce qui le fera conduire avec un A rouge jusqu’à la veille de ses trente ans[5].

Ne pas l’avoir passé plus tôt lui a permis d’éprouver les difficultés que peuvent connaître les personnes qui n’ont pas accès à l’automobile. Par exemple pour se rendre à Silfiac dans la campagne morbihannaise à un colloque (sur la mobilité durable) : il a dû prendre un train jusqu’à Rennes (comme chaque jour) puis un car régional jusqu’à Pontivy, puis un autre départemental cette fois jusqu’à l’arrêt Bobèze d’où il a fait du stop (la première voiture s’est arrêtée) jusqu’au bourg de Silfiac, d’où il a ensuite parcouru les deux kilomètres restants à pied (heureusement il faisait beau). Six heures de transport pour parcourir 200 kilomètres[6], et sans compter qu’il était en avance, puisqu’il avait dû prévoir de larges marges de sécurité. Pour le retour, il s’est adressé à l’assemblée pour trouver un covoitureur jusqu’à Rennes.

Ne pas passer le permis plus tôt, lui a aussi rendu perceptible la pression sociale, qui, plus forte que le manque ou l’incapacité résultante de la non-motorisation, fait comprendre à celui qui n’a pas le permis qu’il est inapte ou au moins incomplet, si ce n’est incompétent. Il lui manque quelque chose et cette incomplétude est sujette soit à la moquerie, soit à la pitié.

Quand à 18 ans, le jeune majeur désire plus que tout obtenir son permis de conduire, il ne perçoit pas, ou très peu, l’importance de l’attente de l’entourage sous-jacente à cet acte anodin. À 18 ans, dans l’ordre des choses, le jeune adulte doit passer le bac et il veut passer le permis. Le premier est une formalité administrative. L’adolescent sent bien que c’est un impératif, car hormis lui donner le droit de poursuivre ses études, cela ne lui apporte rien concrètement, aucune compétence, aucun service au quotidien (à moins de considérer le bac comme un outil permettant d’emménager dans son propre logement), pas même un emploi. En revanche le permis de conduire est une opportunité. Il offre la possibilité de se déplacer loin et vite, au chaud et au sec, d’aller en boîte de nuit, de raccompagner ses amis, d’aller les chercher, de partir camper en vacances… Le gain est clairement visible et il suscite de l’attrait. En choisissant de faire quelque chose, on ne perçoit pas sa nécessité, c’est lorsqu’on s’y refuse qu’on réalise combien on y est finalement contraint.

Il est d’ailleurs saisissant de remarquer que lors de l’entretien préalable à l’inscription dans une auto-école, lors duquel le candidat est jaugé pour lui diagnostiquer un nombre d’heures d’apprentissage, la seule question qui porte sur ses motivations à passer le permis se résume à un choix entre a) « L’apprentissage est une nécessité » ou b) « Réel désir d’apprendre à conduire »[7]. Répondre a) (ce qui fût notre cas bien entendu) signifie ne pas être motivé, donc qu’il faudra plus d’heures !

De cette expérience très personnelle, mais indubitablement partagée avec un fragment de la population, nous pouvons tirer deux remarques importantes. Premièrement, si vivre sans voiture est difficile, éviter de se rendre dans une auto-école l’est encore plus. Elle constitue un point de passage obligé de l’existence comme le service militaire l’était pour les hommes jusqu’à peu. Le permis n’est pas qu’une compétence qui qualifie une personne et l’autorise à circuler en voiture, c’est une institution qui tient et fait tenir la communauté. Le code de la route en est la morale. Cette institution est bien mieux implantée que l’inscription sur les listes électorales. Le droit de conduire est mieux défendu et plus utilisé que le droit de vote. Ne pas recourir à ce droit, c’est faillir à ses devoirs élémentaires. Deuxièmement, si l’existence indéniable d’un discours ambiant que nous pouvons qualifier d’ « autophobie collective », qui condamne vigoureusement l’abus d’automobile et rêve d’un avenir radieux où le parc de véhicule serait réduit a minima, il ne faut pas perdre de vue que dans la vie quotidienne une personne mettant en pratique ce discours sera marginalisée et poussée à rentrer dans le rang. Comme l’écrit Eric Le Breton : « la voiture est une norme sociale fondamentale. Ne pas en avoir, c’est s’inscrire d’emblée dans la marginalité. (…) La voiture prend son sens premier dans le registre des attributs de la normalité sociale. Ensuite, et ensuite seulement, elle prend du sens dans un registre pratique, utilitaire d’un objet permettant de se déplacer et d’accomplir diverses tâches. »[8]. Jean Baudrillard bien avant lui avait noté que « Le déplacement est une nécessité, et la vitesse est un plaisir. La possession d’une automobile est bien plus encore : une espèce de brevet de citoyenneté, le permis de conduire est la lettre de créance de cette noblesse mobilière dont les quartiers sont la compression et la vitesse de pointe. Le retrait de ce permis de conduire n’est-il pas aujourd’hui une espèce d’excommunication, de castration sociale. »[9]. Autrement dit, quand bien même des personnes désireraient réduire leur usage et devenir abstinentes de l’automobile, ce qui va dans le sens d’une certaine éthique devenue presque banale (trier ses déchets, isoler son logement, etc…), dans les faits leur initiative sera découragée par la pression collective[10]. C’est un peu comme une société qui bannirait à la fois l’alcoolisme et la sobriété, n’encourageant qu’à boire « avec modération », donc à rester en équilibre sur la crête, entre deux abîmes.

Néanmoins, il semble réaliste de penser que pour diminuer le kilométrage moyen par tête, favoriser ou au moins rendre possible le non-usage spontané de l’automobile constitue un moyen acceptable. C’est ce que font les villes belges qui offrent un abonnement gratuit aux automobilistes qui vendent leur véhicule et rendent leur plaque d’immatriculation Car une personne qui a choisi de ne pas apprendre à conduire ou un foyer qui décide de ne pas posséder de véhicule, modifie l’homme moyen de Quételet[11] non seulement dans les statistiques nationales, mais aussi sur le terrain en offrant un étalon autre que « celui-qui-abuse-plus-que-moi» pour se comparer à autrui. Il prouve par l’exemple  la possibilité d’une vie sans voiture et il peut aussi produire un argumentaire dans des discussions[12]. Sans parler de mimétisme, nous pouvons admettre qu’un voisin, un beau-frère ou un père peut se montrer plus convaincant que des milliers d’affiches, de slogans et de spots publicitaires réunis. Ce que nous voulons dire par là, c’est que pour changer le comportement moyen d’une population, il est possible d’agir uniformément sur ses membres ou de cibler des actions à destinations des marges de sa distribution.

Le problème de la relation à l’automobile est qu’elle autorise tous les degrés d’usage et consécutivement de mépriser indifféremment celui qui va acheter son pain en voiture et celui qui n’a pas de permis ou de véhicule. Cette situation favorise la prolifération d’usagers « moyens » qui considèrent TOUS qu’ils ont un usage modéré, et que seuls « les autres » sont coupables d’abus. Cette caractéristique de l’attachement automobile le différencie clairement de la dépendance envers des drogues comme le tabac pour lequel on est soit fumeur, soit non-fumeur[13]. Dans ce cas, il est impossible de mépriser ou valoriser simultanément l’un et l’autre. Nous aurons l’occasion plus loin de discuter de l’homologie avec les pratiques addictives, mais avant cela, nous proposons de discuter des propriétés sociales conférées par la voiture et notamment d’une de ses propriétés inhérentes : celle d’offrir du déplacement.


[1] L’usage de ce terme, fortement lié au thème de l’identité sexuelle est assumé. Le lecteur n’aura aucune difficulté à faire le parallèle.[2] « La première règle et la plus fondamentale est de considérer les faits sociaux comme des choses », sans nous accorder avec ce précepte nous devons en reconnaître l’importance historique pour notre discipline. Durkheim Émile, Les règles de la méthode sociologique, Flammarion, Paris, 1988, édition originale 1894, p.108

[3] En référence à un article en ligne de Libération intitulé « les Nocars » http://www.buybuy.com/liberation/mobilite_4.html consulté le 7/12/2009.

[4] La carte 12-25 est une carte de réduction de la SNCF qui permet de voyager à moitié prix. Le jour de l’anniversaire des 27 ans, la facture est donc multipliée par deux.

[5] Cf. annexe 2. Scan du permis de conduire obtenu le 09/07/2009.

[6] Avec le même itinéraire, Mappy donne 202 km et 2H43 en voiture, mais un itinéraire plus court existe pour ce mode 146 km pour 2H03 de temps de parcours.

[7] Cf. annexe 3. Formulaire de diagnostic du permis de conduire

[8] Le Breton Eric, Bouger pour s’en sortir. Mobilité quotidienne et intégration sociale, Armand Colin, coll. « Sociétales », Paris, 2005, p.189

[9] Baudrillard Jean, Le système des objets, Gallimard, Paris, 1968, p.93

[10] Certains diront que cette pression résulte du différentiel normatif entre différents groupes sociaux : les groupes pro-automobilistes majoritaires exerçant une pression sur les groupuscules minoritaires. Nous pensons qu’il n’existe pas de groupe social (au sens où il serait homogène) mais seulement des regroupements et des réseaux sociaux dans lesquels tous types de normativités et d’opinions se trouvent distribués. A l’intérieur d’un couple, d’une famille ou même d’une association de jardinage biologique, nous trouverons toujours des porteurs de la norme automobile.

[11] Sur Adolphe Quételet et sa théorie de l’homme moyen, lire Desrosières Alain, op. cit., pp. 94-104

[12] Il diffuse et apporte une crédibilité au discours normatif divergeant.

[13] D’autres différences existent bien entendu, comme l’impact collectif des effets de l’automobile, alors que le tabac nuit davantage au fumeur et à son entourage qu’à la collectivité dans son ensemble. Nous soulignons seulement ici une différence de degré dans la caractérisation des usagers.

Si vous avez un peu plus de temps devant vous, je vous invite à consulter le document intégral, que vous trouverez ici, c’est sûrement un peu long et certains passages ennuyeux, mais ça m’a pris du temps, alors si ça peut intéresser quelqu’un…

Vos avis, réactions et commentaires sont bien entendu les bienvenus.

Photo: Bound for the road par coconinoco

Laurent Fouillé

A propos de Laurent Fouillé

Sociologue chargé d'études en mobilité urbaine

37 commentaires sur “Être attaché à sa voiture : une expérience sociologique

  1. CarFree

    Merci pour cet article, je pense que nous serons beaucoup à nous reconnaître dans cette « confession d’ancien non-automobiliste ». J’ai bien aimé les 6 heures de transport pour se rendre à un colloque sur la mobilité durable… Perso, je n’ai toujours pas passé le permis, et je pense que c’est maintenant définitif.
    Sinon, sur l’attachement à la voiture, j’ai appris que certains automobilistes inscrivaient leur voiture sur Facebook… pour pouvoir être « ami avec elle »…
    http://www.slate.fr/story/38865/voiture-facebook-twitter

  2. Rems

    Merci pour cet échange, étonnamment peu commun. Il est vrai que Vivre sans voiture est une expérience de liberté (ils me font bien rire ceux qui achètent une voiture pour être Libre des problèmes de transport en commun… ceux-ci étant limités par l’utilisation de l’espace pour les transports individuels).

    La pression sociale est malheureusement existante partout, que ce soit pour le mariage, le travail ou l’accès à la propriété d’un bien immobilier. Celle de la voiture est un peu plus silencieuse, et en cela plus vicieuse.

  3. apanivore

    C’est marrant, on est dans la même tranche d’âge mais je n’ai pas le même ressenti de cette pression sociale.
    Ayant dû (sans grand enthousiasme) pour mes études et maintenant mon travail, venir en région parisienne, une vraie grande ville, la pression pour posséder une automobile (j’avais déjà le permis, mais ce n’est plus qu’un bout de papier rose) est tombée à zéro.

    Peu de collègues viennent en voiture, peu d’amis en ont une et ils ne font que se plaindre de leurs déboires avec, ce qui leur attire les railleries des autres. Toutefois beaucoup ont le permis, au cas où, mais la plupart ne l’utilise que très occasionnellement.

    Il y a eu un peu d’incrédulité des proches et de la famille, restée en région, mais ça n’a pas duré, maintenant il y a presque de l’envie. Quelque fois on m’a reproché a demi-mot d’être obligé d’aller me chercher à la gare quand je rends visite à des gens dans des zones rurales. Maintenant je prends quasi systématiquement mon vélo avec moi et je fais les 10-15km restant avec, c’est rare que ce soit plus long. Je ne crois pas avoir eu d’autres sujets de reproches du côté de ma mobilité et de mon autonomie.

    Maintenant je ne ressens aucune pression sociale à posséder une voiture ou même juste me servir d’une voiture.

    Mais il y a d’autres domaines où elle commence à se faire sentir. Là je suis dans la phase : quand est-ce que tu deviens propriétaire ? Les parents d’un côté n’ayant plus d’enfants à charge glissent régulièrement dans la conversation qu’ils pourraient filer un coup de pouce pour investir. Le sujet est fréquent dans l’actualité. Les proches deviennent propriétaires. Mais c’est plutôt tardif en Ile-de-France. La plupart de mes amis de lycée restés en région on déjà « fait batir » leurs pavillons de rurbains depuis plusieurs années, se coulant parfaitement dans le moule social et devenant 100% dépendant de l’automobile. Ils me demandent parfois si je n’ai pas envie de revenir. Pour vivre comme eux ? Certainement pas ! Je ne leur dis pas en face, j’essaye de ne pas paraitre méprisant face à leur style de vie, mais je n’en pense pas moins.

    Tout ça pour dire que cette marginalisation n’est pas du tout la même dans une grande ville. Je la juge presque inexistante. Au contraire le discours public de ses dernières années et une forme de prise de conscience collective ont même tendance à pousser le « nocar » sur un piédestal. C’est un idéal mais qu’on présente presque toujours comme inaccessible. Quand on a atteint un état présenté comme inaccessible, c’est facile de se sentir supérieur. Enfin pas n’importe quel « nocar », le « nocar transports en commun » n’est pas encore un état très reluisant, tandis que le « nocar cycliste » jouit d’un grand prestige. Ce n’est pas encore un dieu vivant, mais ça ne saurait tarder 😉

  4. JiBOM

    @Apanivore
    La plupart de mes amis de lycée restés en région on déjà « fait batir » leurs pavillons de rurbains depuis plusieurs années, se coulant parfaitement dans le moule social et devenant 100% dépendant de l’automobile. Ils me demandent parfois si je n’ai pas envie de revenir. Pour vivre comme eux ? Certainement pas ! Je ne leur dis pas en face, j’essaye de ne pas paraitre méprisant face à leur style de vie, mais je n’en pense pas moins.
    Je suis moi aussi un ancien provincial et c’est exactement ce que je ressens.

    Pour l’anecdote, je suis également un « nocar transport en commun » profitant – heureusement – de quelques parties piétonnes et « vélibiennes ». Mon évolution professionnelle me permettra de devenir un « nocar piéton ou cycliste » à 100% avant la fin de l’année, et ça, c’est la classe ! 😉

  5. Laurent Fouillél.fouille Auteur

    merci de vos réactions.
    C’est marrant de voir combien les nocars sont surreprésentés ici !!!
    L’analogie avec l’investissement foncier est intéressante, comme si étape après étape du processus, le choix de l’automobile devenait de plus en plus irréversible et irremplaçable.
    Pour répondre à REMS : la liberté est toujours du côté de celui qui parle. Le nocar se sent libre d’avoir évité l’aliénation automobile et les automobilistes le voient lui, comme un prisonnier des transports en commun, de la marche et du vélo (le pauvre malheureux).
    Personnellement, je choisis librement d’aller en bus au travail et l’heure passée dans les bouchons nantais du vendredi soir ne m’a fait me sentir ni plus ni moins libre que mes camarades en auto…
    Je me sentais seulement moins responsable de la congestion.
    Il est vrai que dans ce contexte le nocar cycliste devient un héros des temps moderne, le dernier à s’assurer une mobilité libre et un mouvement fluide et rapide (ce soir j’aurais été plus rapide en vélo).

  6. sandrin

    Moi qui n’ai une voiture que depuis trois ans (et j’ai 45 ans) je ne sais plus maintenant comment je ferais pour m’en passer alors que je pensais jamais en avoir une un jour (je me débrouillais très bien sans, ça allait de soi). Le problème est que je supporte de moins en moins le métro parisien, qui, selon les lignes, est bondé, insupportable, – trop violent pour moi (la voiture l’est aussi mais autrement). bien sur je ne prends pas le métro quand je reste dans paris mais je travaille en banlieue. Et puis je pars souvent en we au bord de la mer, et les horaires du rer sont de moins en moins pratiques. J’ai découvert il y a trois ans donc le plaisir de voyager seule, dans mon espace, sans être incommodé par les autres, et sans être esclave d’horaires de train, des retards, grèves, prix exorbitants etc…. Je suis rentrée, par la voiture, dans le monde décrété normal par la majorité. Cela va à l’encontre de tout ce que j’ai été avant. C’est comme si un végétarien découvrait un jour le plaisir de manger de la viande et en mangeait à chaque repas. Il y a un truc qui va pas…

  7. xtoflyon5

    @L.Fouille : la victoire du XXe siècle pour l’automobilisme et la perceptible déconfiture à venir au XXIe est pour moi un phénomène dont l’origine est purement géophysique. Le temps de travail nécessaire pour se payer de l’énergie, unité de mesure de la mobilité, surtout individuelle, à chuté après la guerre et il commence tout juste à remonter. La mesure de la défaite de l’automobilité (ou -isme, je ne sais pas) est donc le coût en temps de travail de l’énergie.

    @Apanivore : excellent le coup du demi-dieu « nocar cycliste ». en 2012, je vais même tenter un autre grade carrément extra-terrestre : « entrepreneur nocar cycliste » avec l’absence de ligne « véhicule » dans mon Business Plan, je pense que je suis disqualifié pour le rendre crédible 🙂

  8. Le cycliste intraitable

    La thématique de cette thèse est très intéressante, je la lirai peut-être si je trouve un peu de temps.

    Le permis de conduire est une norme sociale et le code de la route la morale de la circulation. Celui qui ne l’applique pas est dans l’immoralité.
    La formation à cette norme sociale commence dès l’école, elle se traduit par différentes attestations pour motiver les élèves et les préparer en douceur au permis de conduire.

    Ensuite, il faut réfléchir, il faut se renseigner, il faut expérimenter pour arriver à comprendre ces règles impératives de circulation et, in fine, à les transcender. C’est le prix d’une réelle compréhension de la place du vélo dans la circulation et en tant que moyen de transport économe et efficace.

    On en déduit une autre manière de penser la circulation et le transport qui peuvent tout autant être enseignées à des enfants, et qui, bien plus que le Code de la route dont la lettre est aussi mal appliquée par les décideurs que par les usagers, garantissent la sécurité et l’efficacité de tout déplacement sur la voie publique.

  9. Zaph

    article très interessant. Si parfois lorsqu’on est jeune on peut devenir automobiliste par nécéssité ou par convention, ce n’est pas forcément de manière défintive.

    A un age plus avancé, en fonction des hasards de la vie professionnelle ou par choix, l’abandon de l’automobile peut s’opérer .

    C’est ce que j’ai fait il y a une dizaine d’années. Je n’ai jamais regretté ce choix et même aujourdh’ui alors que je suis en retraite, je continue de prendre les TC ou le vélo pour mes déplacements. Certes cela demande un peu plus de préparation pour partir en vacances en combinant train et vélo mais quel plaisir d’être autonome et de se sentir libre de tous liens matériels.

    Si les autres me regardent parfois avec étonnement voire avec de l’incompréhension (il est vrai qu’avec mon vélo et ma remorque parfois je ralentis le traffic automobile) je n’ai jamais ressenti de l’animosité mais plutot de la curiosité (peut être un effet des cheveux blancs !).

    Cet exemple pour dire que la possession d’une auto peut n’être qu’un épisode transitoire vers une mobilité plus respectueuse des autres et de la nature. Soyons optimiste, il peut y avoir rédemption !

  10. legeographe

    Merci beaucoup pour cet extrait.

    Néanmoins, j’ai trouvé que mettre le lien vers la thèse en fin de long billet était un peu comme jeter une bouteille à la mer, alors que mettre un lien en début de billet, en fin et dans les notes de bas de page n’aurait pas été trop présomptueux (eh oui, tout le monde ne lit pas tous les billets en entier, malheureusement pour vous… et le fait de lire un témoignage peut rebuter certains alors que la lecture d’une thèse peut attirer ces mêmes internautes).

    Ce qui m’a beaucoup fait rire (jusqu’aux éclats) :
    -¨Ce front des automobilistes marginalisait toujours un peu plus notre ami. Ce dernier était acculé. Parfois il avait la chance de se retrouver en présence d’un congénère¨…
    [On se croirait à la chasse]

    -¨À 18 ans, dans l’ordre des choses, le jeune adulte doit passer le bac et il veut passer le permis.¨
    [Très juste remarque sur l’ordre des choses et et l’ordre des souhaits]

    Je pense que l’on peut se risquer dans la voie de la psychosociologie en reprenant un passage qui est vôtre :
    ¨Ne pas passer le permis plus tôt, lui a aussi rendu perceptible la pression sociale, qui, plus forte que le manque ou l’incapacité résultante de la non-motorisation, fait comprendre à celui qui n’a pas le permis qu’il est inapte ou au moins incomplet, si ce n’est incompétent. Il lui manque quelque chose et cette incomplétude est sujette soit à la moquerie, soit à la pitié.

    Quand à 18 ans, le jeune majeur désire plus que tout obtenir son permis de conduire, il ne perçoit pas, ou très peu, l’importance de l’attente de l’entourage sous-jacente à cet acte anodin. À 18 ans, dans l’ordre des choses, le jeune adulte doit passer le bac et il veut passer le permis.¨

    [fin de la citation]

    Ici, dans cette citation (ci-dessus), on est un peu dans la pression environnementale autour de l’individu en plein dans le stade anal (cf Freud). Si tu sais être propre, tu deviens un grand. Si tu ne sais pas être propre, tu resteras petit.
    Sauf que la voiture est ici vue analogiquement au fait d’être propre, d’être grand tout du moins.
    J’avais écrit un article sur la propreté des riches, celle des pauvres, et sur leur saleté, riches comme pauvres :
    http://carfree.fr/index.php/2010/12/04/laissez-moi-polluer-je-veux-rester-propre-comme-tout-bon-riche/

    J’avais oublié de préciser tout le contexte freudien qui entourait l’article. C’est réparé.

    Le vélo ou les TEC sont encore considérés comme des transports de la saleté dans l’imaginaire quotidien et non réflexif. La voiture, c’est cool, c’est rester propre sur soi. Résultat, c’est la propreté du stade anal. On est propre, on rentre dans la cour des grands ! On s’est plié à la normalité suivie par presque tous. Si l’on se refuse à conduire cette voiture, on est considéré comme un jeune rebelle (comme un bébé se rebelle contre le pot de chambre) : on reste encore un petit et on se dit que cela va nous passer. Au bout de quelques années, la pression sociale fait que tout le monde s’accorde pour dire qu’on est vraiment un enfant-roi, qu’on est des pourris-gâtés, etc. Le meilleur moyen de faire taire les autres ? Se passer de leur demander de nous amener à la gare et donc prendre son vélo avec soi, quitte à faire 15 km à vélo une fois qu’on est sorti du train. Et là (je vous assure, c’est du vécu), ça calme beaucoup les velléités de critiquer !

  11. legeographe

    @ Zaph :

    Et il est totalement louable de ralentir le trafic automobile !
    Il ne faut pas en avoir honte. C’est un peu comme si l’on avait honte de n’être pas blond aux yeux bleus dans l’Allemagne de 1940.

    Plus l’on ralentit le trafic et plus l’on a des questions de faire les gens se poser les questions les plus poétiques. On n’a jamais fait de la poésie à 200 à l’heure, pas même Blaise Cendrars ou d’autres poètes du voyage…

  12. RonuickRonuick

    Très intéressant… A 18 ans, je voulais le Bac et devais passer le permis. J’habitais à la campagne, avec un bus le matin un le soir… Quand je suis arrivé à Strasbourg, tout a changé : pourquoi avoir une voiture ? Depuis, j’en ai une, car mes enfants sont à 50 bornes et il n’y a pas de train.
    Mais le plus drôle est que j’ai du réapprendre à conduire à ma compagne, qui n’avait pas conduit depuis 15 ans et s’en portait très bien. Mais son employeur l’oblige à pouvoir conduire alors qu’elle arrive à faire 95% de ses déplacements en tram et bus à travers la ville. Quand ses collègues font 500 m en voiture.
    Ouf, elle viennent quand même au travail en Bus et Tram car c’est moins cher (quant à l’usage professionnel de la voiture, comme c’est la boite qui paye…)

  13. Millan-Brun

    « La plupart de mes amis de lycée restés en région on déjà « fait batir » leurs pavillons de rurbains depuis plusieurs années, se coulant parfaitement dans le moule social et devenant 100% dépendant de l’automobile. Ils me demandent parfois si je n’ai pas envie de revenir. Pour vivre comme eux ? Certainement pas ! Je ne leur dis pas en face, j’essaye de ne pas paraitre méprisant face à leur style de vie, mais je n’en pense pas moins. »

    C’est à peu près également ce que je ressens, sauf que c’est plus de la pitié que du mépris, car je n’ai pas l’impression qu’ils aient eu beaucoup le choix de leur mode de vie. Lorsqu’ils « montent à Paris » pour des vacances, sans leur voiture, ils ont l’air tellement heureux et soulagés de se déplacer autrement…

    La nécessité de devoir passer de nombreuses heures en voiture m’a dissuadé de retourner vivre dans une région pourtant bien agréable, et où j’étais née.

    Pourtant, je suis l’heureuse propriétaire d’une automobile mythique : une 2 CV 6 de 1970, mais c’est un objet de rêve : un support à mes délires picturaux, un jouet d’enfant qui éveille sympathie et nostalgie les rares fois où je lui fait prendre la route, en aucun cas un moyen de locomotion utilitaire. Je crois que tous les possesseurs de véhicules de collection comprendront.

  14. Miles Davis

    Merci pour avoir publié votre thèse. Je ne l’ai pas lue intégralement par manque de temps mais il me semble (si je me trompe mea culpa) que vous n’abordez pas le sujet de l’émergence et l’explosion même des véhicules type SUV ou 4*4. Je n’ai pas de données sur ce sujet mais il suffit de regarder sur les routes pour se convaincre de l’existence de ce phénomène. En l’occurrence, il me semble qu’il y a une explication à cette évolution notable du marché automobile. Evidemment l’évolution du marché n’est pas l’objet de votre thèse mais j’imagine que vous avez un avis sur le sujet et il m’importe de le connaître. La raison pour laquelle je m’intéresse à l’évolution du marché dans ce sens est que j’écris actuellement un roman qui ne porte pas en particulier sur la sociologie de l’automobile mais ce thème est présent.
    Aussi je voulais vous poser plusieurs questions sur le sujet. Pour faciliter les échanges je vous laisse mon adresse mail ci-dessous. J’apprécierai beaucoup pouvoir échanger avec vous sur cette question par mail (plutôt qu’ici), si bien sûr vous pouvez me consacrer ce temps. Demande de contact envoyée par viadeo (mon adresse mail est indiquée dans mon profil).
    Bien à vous,

    BM

  15. Miles Davis

    Sinon un constat purement parisianiste j’en conviens : les vélos sur Paris se comportent infiniment plus mal (ils roulent souvent dans des rues à sens unique, grillent pratiquement tous les feux rouges, téléphonent au guidon …) que les automobilistes fustigés pour leur soit-disant individualisme. En cela ils ressemblent beaucoup à tous ces scooters qui font littéralement n’importe quoi. Rappellons qu’en cas d’accident, le plus gros est nécessairement un peu coupable (même si c’est le cycliste qui a cramé le feu). Ce sont des comportement qui sont probablement plus en rapport avec l’individualisme régnant dans les grandes villes (à panam on atteint des sommets) mais il est assez notable que le « chacun pour sa gueule » règne en maître, que l’on soit piéton, cycliste ou au volant d’une grosse berline. Cela étant cela n’enlève rien aux vertus de la pratique du vélo comme moyen clean de transport. Mais quand on habite en banlieue, et que les transports en commun sont compliqués (chez moi il faut prendre un bus, qui nous emmene à une gare, et en général il y a au minimum 3 modes de transport différents rien que pour se rendre sur Paris. Et pour aller de banlieue à banlieue là c’est carrément le cauchemar), particulièrement craignos à certaines heures et pour finir de moins en moins fiables, alors on a pas trop le choix. Pas assez de pognon pour vivre en ville, donc obligé de vivre en banlieue un peu lointaine à moins d’accepter de vivre dans une cage à lapin. Bref, je pense qu’on serait nombreux à vouloir se déplacer en vélo, mais c’est souvent juste impossible (je ne vous parle pas d’aller faire les courses à l’hypermarché avec trois tonnes à porter on ne sait comment sans voiture). On ne dépense pas des milliers d’euros par an en assurance, essence et entretien juste parce que l’on préfère sa petite voiture individuelle. S’il y avait des bus tà toutes heures et plus généralement un maillage plus complet du territoire il est certain que j’aurais viré dans la vélolution…

  16. Jean-Marc

    « les vélos sur Paris se comportent infiniment plus mal »

    2 points :

    1- le faux-mauvais comportement :

    bcp d’automobilistes,
    quand ils voient un cycliste :
    – rouler à contre-sens dans une rue à 30 km en « sens unique » (double-sens cycliste, même s’il n est pas matérialisé par des peintures/panneaux),
    – tourner à droite à feu rouge,
    – tourner droite à plat (aller en face) à un carrefour en T, quand la barre du T est à l’oppposé de sa route (tournez-à-droite à plat),
    – s’arrêter à un feu au-delà de la bande blanche d arrêt au feu*, au-delà du passage piéton (dans le SAS cycliste, même s’il n est pas matérialisé par de la peinture)
    – rouler sur la chaussée, alors qu’il y a une bande cyclable sur le trottoir,
    – rouler à deux cyclistes de front dans une même voie,
    – . . .

    Même si bcp d’automobilistes (et même de cyclistes) croient l’inverse,
    Tous ces comportements sont LÉGAUX,

    soit, pour la majorité d’entre eux, PARTOUT en france,
    soit, pour un autre (tournez-à-droite et son dérivé, le tournez-à-plat), dans certaines municipalité (et pas dans d autres… où vous habitez, je ne sais pas lequel est actuellement légal… simplement, le tournez-à-droite est légal dans de plus en plus de municipalités).

    2- il faut savoir, que « mal » se comporter, à vélo, est une OBLIGATION.

    pas une obligation légale,
    pas une obligation due à la mauvaise adaptation des infrastructures à la pratique du vélo (alors qu’il y aurait tant à dire… par ex, le pire : piste cyclable sans entrée-sortie autre que celles les plus dangereuses, longeant la chaussée normale, car exposant aux voitures tournant à droite)

    non, je ne parle pas d’une telle obligation,

    MAIS simplement d’une obligation de SURVIE.

    Le SEUL moyen, pour un cycliste urbain de survivre, en ville, c est de faire en sorte que les automobilistes/camionneurs fassent attention à lui.

    S’il veut se faire discret, et roule dans le canniveau, les automobilistes vont le doubler sans même s’en rendre compte,
    et donc certains vont l accrocher au passage, le faisant tomber à terre/sous leur roues ou sous les roues du véhicule juste derrière eux, qui colle l accrocheur;
    mais surtout, plus fréquent, s’ils tournent à droite ou se garent, ils risquent de lui être fatal.

    Alors que zigzaguer (méthode du « cycliste bourré », pédalage en « danseuse », mais en laissant ses fesses sur la selle);
    rouler au tiers de la route, en passant la moitié de la chaussée à l approche d’un carrefour, si on va tout droit;
    changer de voie dans les remontées de file (plus grande visibilité dans les rétros),
    utiliser toute la voie dans les virages, en tendant sa jambe à l’intérieur du virage, au raz du sol (méthode DownHill et BMX) pour éviter d’être doublé dans le virage/expulsé de la chaussée,

    « Mal » se comporter permet d attirer l attention, et donc d arriver entier… ce qui doit être le SEUL objectif du cycliste en ville.
    Après, si celà emmerde les automobilistes, contraint de toujours tenir un oeil sur cet huluberlu qui n a sans doute jamais passé le code… et ben, c est tant mieux : c est le but recherché.


    * vous savez, cette bande d arrêt OBLIGATOIRE pour les camions et voitures, que 95% des voitures dépassent, et donc, se faisant, grillent le feu.

    (au-delà de la limite d arrêt, pour les voitures/camions, on a passé le feu, on l’a grillé, et on est verbalisable autant que si on avait traversé tout le carrefour et poursuivit sa route… bien sûr, de tels PV sont rares… une indulgeance coupable… car le choix du positionnement de la bande d’arrêt à ses raisons de sécurité… les nombreux piétons blessés et même tués par des voitures dépassant « juste d’un tout petit peu » la bande d arrêt en témoigne, malheureusement).

  17. Pim

    @Miles Davis : Tu critiques le manque de transports comme beaucoup de francais, tu as surement raison. Pourtant, il semble que les gens préfèrent consacrer leurs impots à l’amélioration/création/agrandissement des (auto)routes plutot qu’au transport public. Si on proposait aux francais le contraire+une politique de diminution de la voiture en ville, ils raleraient tous : « C’est une honte, la RN358 a encore des ornières, et est toujours bouchée, pourquoi ils la passent pas en 2×2 voies. Et puis maintenant, on a touché à mon droit inaliénable de stationner sur le trottoir pour aller chercher mes clopes en mettant des plots qui coutent cher plutot que de regoudronner « .
    Bref, il y a une vraie contradiction car on ne peut pas raisonnablement disposer des 2 à la fois (à moins de doubler les impôts, mais là encore ca va faire débat).
    Au final, soit on demande plus de routes pour y mettre plus de voitures, on fait des 2×12 voies, des parkings partout en espérant résoudre temporairement le problème, et marine avait un excellent programme pour cela.
    soit on aménage les villes, on développe le transport et on y chasse les voitures. Hélas, aucun candidat ne proposait clairement cela.

  18. citro

    @Miles Davis
    « Bref, je pense qu’on serait nombreux à vouloir se déplacer en vélo, mais c’est souvent juste impossible (je ne vous parle pas d’aller faire les courses à l’hypermarché avec trois tonnes à porter on ne sait comment sans voiture). On ne dépense pas des milliers d’euros par an en assurance, essence et entretien juste parce que l’on préfère sa petite voiture individuelle »
    Il y a toujours des solutions… les supermarchés de centre-ville livrent déjà les courses à domicile gratuitement. On peut au choix faire ses courses sur le net ou les faire physiquement et lors du passage en caisse « vous les laissez sur place », elles vous seront livrées à l’heure de votre choix, sans perte de temps ni rupture de la chaine du froid.
    Impossible n’existe pas, de nouveaux métiers sont à inventer…

  19. MOA

    Miles Davis : « c’est souvent juste impossible (je ne vous parle pas d’aller faire les courses à l’hypermarché avec trois tonnes à porter on ne sait comment sans voiture). « 

    « 3 tonnes »? ca fait combien de caddie ça? Et pourquoi ne pas aller à l’hypermarché avec un semi remorque? hum? hop on se gave, et on part.

    Société de consommation c’est ca?

    No limit?

    Gavons nous comme des cochons ? y me faut la bagnole pour mes 12 tonnes?

    Bon, sinon, pour votre problème insurmontable, j’ai une solution n’allez plus aux hypermarchés.
    Boycottez les !
    En plus, vous ferez du bien à l’agriculture/agriculteurs, aménagement du territoire/urbanisme, superficialisation des sols, etc etc etc…

    En consommant mieux (et moins de saloperie inutile.. ou même soit-disant utiles), c’est tout bénef pour soi, pour les autres, pour la biosphère.

    Vous ne vous en rendez peut être pas compte car vous vous sentez bien bien petit, certes, c’est le cas, mais ce même comportement (« 3 tonnes », hypermarchés…) multiplié par quelques centaines de millions, fait qu’il va faire chaud, très chaud… bientôt…

  20. Miles Davis

    Ouuarh je suis bombardé… Un vrai salopard que je suis manifestement … Bien je vais essayer de répondre du mieux que je peux :

    @Jean-Marc :
    – C’est un fait que les règles que tu exposes sont certes légales mais ce que je vois la nuit (j’ai arrêté de rouler dans Paris en voiture, sauf la nuit, je vous invite à venir prendre le dernier train de banlieue avec moi un samedi soir à 23h30, si vous aimez les sensations fortes vous serez servi) c’est que les mecs roulent sur les trottoirs et remontent voies à contre-sens (et pas que dans les zones 30) et grillent les feux à tire l’arigot dans à peu près toutes les configurations. Si j’arrive en voiture à 90) et que je percute un vélo, outre la détresse d’avoir blessé qq’un je serai de facto un peu en tort, étant le plus « gros ». Vous allez surement me dire qu’au moins je serai vivant, et le cycliste peut-être mort ou grièvement blessé mais il me semble que Je comprends l’argument de « survie » mais il me semble que certains en abusent très largement. Par ailleurs, si je prends le cas de Paris (désolé pour ce parisianisme mais je parle de ce que je connais) nombre de gens n’ont jamais eu de cours de code de la route et n’ont soit pas conscience de commettre des infractions (vous le dites vous-mêmes, ils ne connaissent pas les règles et pour être franc, je ne connaissais pas toutes celles que vous avez cité, donc merci pour vos précisions), soit ils s’en foutent carrément. Certains vélos se comportent (je maintiens, je n’ai pas d’hallucination) effectivement comme des gougnaffiers, non polluants et plus fragiles certes, mais des gougnaffiers qd même. Si on veut un peu de respect de tous les côtés et qu’on puisse tous vivre ensemble en bonne harmonie, il faut que ce respect soit dans les deux sens, autrement ça n’en est pas (donc un respect y compris venant des vélos; je ne veux pas donner l’impression que c’est un combat voiture contre vélo mais l’agressivité qui règne en ville va au-delà du moyen de transport : vous pouvez changer le mode de transport mais les travers demeurent).
    – sur la survie : il me semble que le rapport de force (expression malheureuse) s’est largement inversé. Le matraquage de l’automobiliste (verbalisation systématique qui vire au racket et qui au passage n’a parfois plus grand chose avec la prévention routière) se voit particulièrement en centre ville : business des fourrières (là je sais vraiment de quoi je parle pour avoir eu comme voisin et ami un professionel du secteur qui m’en a raconté des belles sur les magouilles de son métier) en tête. Je comprend votre argument mais je pense qu’il y a excès et que là encore, le respect n’est que s’il est mutuel. Il y a des efforts à faire de tous les côtés …

    @PIM : Tout l’un ou tout l’autre en somme. L’expression « chasser les voitures » est fort à propos et dénote d’une politique agressive anti-voiture qui me semble excessive. Je réitère que je ne suis pas un obsédé de la voiture. Si vous venez dans ma banlieue vous verrez qu’il est très compliqué (certes rien n’est impossible) de s’en passer pour le travail que je (je suis loin d’être le seul) fais (que je faisais plutôt) avec de nombreux déplacements (aucun mode de transport en commun ne peut permettre de livrer certains matériels) ou que ce soit pour aller rendre visite à des gens à titre privé : Sans voiture, l’alternative est la suivante : 1 h 30 de transport en commun avec des contraintes horaires (faut rentrer à 21h30 max, mortelles les soirées chez des amis …), soit on se tape 25 bornes à vélo (50km aller-retour) sur des routes non-éclairées et dangereuses. Bien sûr je peux aussi rester à la maison et ne plus rien faire mais bon… ok je caricature un poil et suis probablement un peu paresseux, je l’admets. Je précise que j’ai acheté exprès l’année dernière une des voitures les propres du marché (polo bluemotion, conso 3L/100 km sur route). Vous allez peut-être me dire que c’est encore trop mais je pense que le pb pourrait être nettement amélioré si l’Etat pesait réellement sur les constructeurs en imposant des normes draconiennes en termes d’emission de gaz et conso et si on arrêtait d’être sous la coupe du lobby pétrolier en développant des stratégies alternatives. Mais là on rentre dans un combat financiaro-industriel collossal. Cela étant, je pense qu’il est encore possible (au niveau européeen puisque désormais 80% des lois votés dans ce pays ne sont que l’application de directives de Bruxelles) d’inverser la tendance et éviter de tomber dans le tout l’u ou tout l’autre. Quant au fait de faire des 2*12 voies et autres parkings, vous noircissez le trait : la population en Europe est globalement en déclin (et le nombre de voiture également), donc il n’y aura pas objectivement besoin d’en arriver à ces extrémités et re-donc on peut faire coexister des voitures propres et le vélo. Si vous allez en hollande ou en Belgique vous verrez qu’il y a des pistes cyclables à peu près partout et que tramway, bus, 2-roues et voitures parviennent à coexister en bonne intelligence. Il faudrait investir dans ce sens et très certainement que les gens s’orienteraient vers ce mode de transport plutôt que la voiture naturellement (et non en matraquant l’automobilisme)

    @CITRO : J’ai une épicerie chez moi mais je ne suis pas millionnaire pour assumer les tarifs que ce commerçant (je ne lui en veut pas, faut bien qu’il vive de son travail lui aussi) pratique. Ce n’est pas mon kiff que d’aller à l’hyper avec mon caddy. Moins j’y vais et mieux je me porte, mais ce n’est pas aussi simple que vous le décrivez. Du reste, et pour démontrer ma bonne foi (si tant est que ce soit nécessaire…) je crois bcp à l’autosuffisance (comme des amis qui ont leur potager, leurs poules, arbres fruitiers …) et adorerait pouvoir vivre en quasi-autonomie comme mes parents à la retraite, mais il se trouve que les cocottes ne s’acclimatent que très mal dans un immeuble et les salades ont dû mal à pousser sur le parquet. Evidemment je peux vendre mon appart, acheter un pav’ mais il faudra alors s’expatrier loin, très loin du lieu de travail. J’adorerai avoir ma maison et le jardin attenant mais je n’en ai pas les moyens (pourtant je gagne correctement ma vie, mais pour trouver du boulot à la campagne ou en très lointaine banlieue il faut se lever de bonne heure, ou alors monter une affaire ce qui n’est pas simple), alors vous immaginez bien que pour la personne au smic c’est juste impossible. Cercle vicieux : besoin de travail, or le travail est plutôt dans les agglomérations, les salaires ne permettant pas d’accéder à la propriété/loyer d’une maison ou alors très très loin (comme certains ex-collègues) et donc pas de transport en commun et donc pas le choix … voiture. Imposible n’existe pas, certes mais nous devons raisonner à l’echelle des 11 millions de franciliens et cette équation est particulièrement complexe à résoudre. Ca ne veut pas dire qu’il ne faut pas essayer chacun à son niveau évidemment mais il faut considérer avec réalisme l’ampleur de la tâche.

    @MOA : J’ai souvent eu droit à ce genre de leçons :
    1. J’ai dit « 3 tonnes » mais c’est juste une formule : si vous avez une famille, vous savez bien que tout ce petit monde consomme et que pour transporter des packs de laits et certains denrées lourdes, le dos d’un dromadaire ou d’un lama ne suffit pas davantage que le porte bagage d’un vélo.
    2. je ne reviens pas sur le fait que pour avoir un jardin, il faut encore pouvoir se le payer
    3. Je précise que je suis végétarien depuis des années. Quel rapport avec le transport me direz-vous ? Connaissez-vous le poids de la pollution générée par l’élevage des animaux par rapport à celui des transports ? … Le fait de ne pas consommer de viande (qui est une philosophie qui va bien au-delà de cette simple non-consommation de chair viande/poisson) fait que je ne participe pas à cette pollution démentielle générée par cette industrie et encore moins à cette régression (et je suis soft) de l’humanité dans laquelle l’industrie de la viande nous plonge chaque jour un peu plus (à lire l’excellent livre de Niccolino sur le sujet : « L’industrie de la viande menace le monde »). Je veux dire par là que ma philosophie de vie n’est certainement pas la consommation à outrance que vous me reprochez à tort et que vous interprétez mal (je m’exprime peut-être mal aussi) mes propos. Je suis parfaitement en accord avec vous sur toutes les saloperies que l’on trouve dans les rayons et donc dans les caddies (un ami Directeur de recherche en épidémiologie serait plus compétent que moi pour dév le sujet) mais, en toute humilité, je ne pense franchement pas être le meilleur client de l’industrie agro-alimentaire ne serait-ce que par ce comportement végétarien qui fait souvent l’objet au mieux d’une curiosité (je vous épargnerai toutes les réflexions absurdes que cela m’a valu). Bref, je suis la mauvaise cible pour votre aversion que je partage pour la société de conso.

  21. LEGEOGRAPHE

    @ Miles Davis :
    Beaucoup beaucoup de choses sont intéressantes dans ce que vous écrivez !

    1-
    Bon, premier point… à propos de l’alimentaire : on fait tous des choix ; certains décideront de ne plus consommer de viande (faisant en cela un effort) mais de continuer à acheter à l’hypermarché ; d’autres n’iront plus au supermarché (faisant en cela un effort… encore, quoique…) et continueront d’acheter de la viande sur le marché de producteurs locaux. Ces efforts sont tous louables (je crois que nous avons souvent des querelles à ce sujet, sur Carfree ^^).

    Le mieux serait éventuellement d’être végétarien et d’aller acheter ses produits sur un marché de producteurs ! Bon, je le confesse, je ne réponds pas en tous points au consommateur idéal (puisque je vais acheter mes denrées non périssables en supermarché discount [sic] ; et mes produits frais tantôt sur le marché de producteurs, tantôt chez le primeur ; et le pain chez l’artisan boulanger ; avant, quand je n’étais pas en colocation, j’étais « meilleur », j’allais acheter tous les produits frais et le pain en AMAP).

    Si toute votre famille est végétarienne, je vous conseille d’aller acheter vos fruits et légumes sur un marché de producteurs (voire les étals des primeurs revendeurs, si vous n’avez pas de producteurs sur votre marché de quartier… Beaucoup de primeurs maghrébins vendent très peu cher, au même prix que la grande distribution, et sont toujours moins dans la concentration capitaliste que les centrales d’achat d’hypermarchés).
    Beaucoup de fruits et légumes sont moins chers *et* meilleurs sur un marché de quartier que dans un hypermarché ou un discount.
    Je ne dis pas la même chose pour la viande (produit de luxe sur les marchés : qualité maximale, mais aussi prix maximal !), le lait (idem que la viande), et les oeufs (idem que le lait et la viande).
    Si vous voulez donc des protéines animales non carnées (lait et oeufs), il faut faire le choix de les acheter chères et bonnes (sur un marché ou une AMAP) ou dans un hyper (agro-productivisme et prix bas par dumping agro-écologique).
    Les denrées non périssables, je les achète encore dans la grande distribution (c’est de toute façon moins productiviste que les protéines animales, carnées ou non)… Question de pouvoir d’achat (d’étudiant) !

    Vous avez déjà l’avantage de ne pas vous ruiner sur la viande du marché… et vous n’avez pas non plus cette consommation de produits carnés merdiques dans la grande distribution. Vous avez cette chance, exploitez-la (je veux dire que vous pouvez l’exploiter car vous n’êtes peut-être pas obligés de perdre tous les 2 jours ce temps pour acheter des produits carnés dans un hyper, vous pouvez donc vous contenter du marché pour tout ou partie des produits frais restants).

    Pour finir mon premier point, la grande distribution est en effet une saleté, un vice qui va de pair avec la voiture, en fait (regardez les parkings pleins des hypers, ou les emplacements choisis pour les hypers, aux sorties des rocades).

    J’ai enfin fini mon premier point ! ^^
    Ce n’est pas moralisateur, peut-être nos contraintes ne sont-elles pas comparables (mais je ne vous fais pas de dessin, vous savez quelles sont les contraintes pour un étudiant…).

    2-
    À tout seigneur, tout honneur, vous êtes végétarien et me battez sur ce point (en fait, je n’ai plus racheté de viande depuis le 15 mars… et encore, c’était pour cuisiner chez des amis qui m’hébergeaient chez eux ! Alors, je me sens pas trop viandard, d’autant plus que je n’ai plus racheté de viande rouge depuis 2011, je ne sais plus en quel mois ! Mes colocataires achètent de la viande à peu près autant que moi… ce qui fait peu au total) ; mais mes efforts se portent donc un peu plus sur la voiture.

    Voyez donc ce qui est faisable (quand on n’est pas fainéant, je l’avoue… Préambule : je suis sportif par ma volonté et mon passé de pratique pas trop irrégulière, mais je ne suis pas en hyper bonne santé ; j’ai un petit souffle [systolique] au coeur, et j’ai des complications à la cheville droite, dont entorses et tendinites).

    Je vous cite :
    « 1 h 30 de transport en commun avec des contraintes horaires (faut rentrer à 21h30 max, mortelles les soirées chez des amis …), soit on se tape 25 bornes à vélo (50km aller-retour) sur des routes non-éclairées et dangereuses. Bien sûr je peux aussi rester à la maison et ne plus rien faire mais bon… ok je caricature un poil et suis probablement un peu paresseux, je l’admets. Je précise que j’ai acheté exprès l’année dernière une des voitures les propres du marché (polo bluemotion, conso 3L/100 km sur route). Vous allez peut-être me dire que c’est encore trop […]. »

    En fait, depuis plus de 4 ans (sic), je ne me suis pas rendu à une seule soirée en voiture !!! Et je répète que je suis étudiant (donc, les soirées, j’en fais… mais pas d’abus, je fais seulement les soirées jugées « intelligentes », il faut donc parfois sortir de l’agglo pour se rendre à une fête de qualité plutôt que de se rendre dans une grosse beuverie du centre-ville)
    J’y vais à vélo quand c’est dans l’agglo où je suis, et même dans le périurbain autour (y compris quand il pleut).

    Un itinéraire de 10 km avec 500m (sic) de dénivelé positif ? C’était pour l’anniversaire d’une amie. Après, il y a le retour à une heure et demie du matin, avec vue panoramique sur la ville pendant la descente ! Magique, pur moment de poésie… Et cette amie m’a remercié d’avoir fait le déplacement (ça aussi, très important : quelle importance accorde-t-on aux amis ? Est-on prêt à dépenser de la sueur pour aller les voir ? Je précise que j’emporte une chemise de rechange, des chaussettes et une serviette-éponge dans mon sac à dos), ce qui me conforte dans mon choix (et d’amitié et de déplacement… question d’amitié poétique).
    http://maps.google.fr/maps?saddr=Clermont-Ferrand&daddr=Route+des+Puys,+Orcines&hl=fr&ll=45.780933,3.050251&spn=0.064168,0.154324&sll=45.780955,3.05497&sspn=0.064168,0.154324&geocode=FUaBugIdsRovACkHhS5_3Rv3RzEib6A4YDCUOQ%3BFYuKugIdEfItACmVxYbjrxD3RzEhCXkeR71_8w&oq=clermont&t=h&gl=fr&mra=ls&z=13

    Autre saison, dans la froidure de l’automne, je me rendais à un week-end en montagne (de nuit, à la descente du train… ayant embarqué le vélo dans le train) :
    http://maps.google.fr/maps?saddr=Clermont-Ferrand&daddr=Pontgibaud&hl=fr&sll=45.780933,3.050251&sspn=0.064168,0.154324&geocode=FUaBugIdsRovACkHhS5_3Rv3RzEib6A4YDCUOQ%3BFfBVuwIdQIgrACkJwY8z2Wr3RzHfV_cw4SP4ew&oq=pont&t=h&gl=fr&mra=ls&z=12
    25 km d’ascension pour arriver à un week-end où tous les autres vinrent en voiture, cela va sans dire… 🙁

    Encore mieux, pour me rendre tout frais, les neurones bien éveillés, à un concours d’orthographe et de dictée sur Lyon, j’avais décidé d’amener mon vélo visiter la capitale des Gaules :
    http://maps.google.fr/maps?saddr=saint-%C3%A9tienne&daddr=lyon&hl=fr&ie=UTF8&ll=45.601548,4.611511&spn=0.514997,1.234589&sll=45.60049,4.617565&sspn=0.515006,1.234589&geocode=Fc9atQIdavFCACkV5M8N_6v1RzFWV2OH27IxBg%3BFctNugIdS8lJACmXh-hqUer0RzHwIbvkKqsIBA&t=h&gl=fr&dirflg=w&mra=ltm&z=10
    L’aller et le retour dans la journée, sous le soleil (ah oui, j’aurais pris tout connement le train s’il avait plu !), avec des déviations… 130 km de poésie dans ma journée pour sortir du mécanisme orthographique dénué de poésie (paradoxe).
    Bref, on n’imagine même pas toute la poésie qu’il y a dans le vélo. Parfois sous la pluie (oui, quand on ne peut pas s’y rendre facilement en TEC, le vélo me paraît le défi le plus insensé, mais aussi la meilleure façon de prendre la vie du bon côté)… Parfois sous le soleil (une journée de vacances à pédaler, un samedi pour rendre visite à des amis, ou pour faire une course parfois presque futile… bref, le vélo peut alors agrémenter encore plus la journée, l’épicer encore davantage !).

    Enfin, prendre une voiture à 3L/100km, c’est sûr que c’est bien meilleur que plein d’autres voitures… mais ça manque de poésie (je vous souhaite d’être jaloux et de franchir le pas ! ^^).

    Après, je suis d’accord, la poésie n’est pas toujours au premier plan dans ce monde… Mais pensons-y le plus souvent possible.

    Mon 2e point est fini ! ^^

  22. Miles Davis

    @Legeographe :
    Je voulais juste signaler, en parlant du fait que j’étais vegan, que l’industrie de la viande était une source monumentale de pollution, ce que peu de gens soupsonnent : http://fr.wikipedia.org/wiki/Cons%C3%A9quences_%C3%A9cologiques_de_la_production_de_viande
    De fait quand un cycliste me reproche (peut-être à juste titre et je suis toujours prêt à écouter les arguments) d’avoir une voiture, et même s’il a au fond raison, que c’est sympa, poétique, tout ce qu’on veut, j’ai tendance (c’est bas, je sais) à lui demander ce qu’il mange pour aussi qu’il comprenne qu’il participe inconsciemment à une pollution et un système tout aussi délirant que celui qu’il dénonce. Le fait d’être végétarien n’implique pas le fait d’être hystérique envers l’élevage raisonnable d’animaux à destination de la consommation : il existe évidemment des éleveurs qui aiment leur métier et le font dans le respect de l’environnement mais cela n’occulte pas la triste réalité (en 2008, si ma mémoire est bonne, 95,9% de la viande était produite de manière industrielle, comprendre avec une nourriture administrée qui n’a pas grand chose avoir avec ce que consomme les ruminants en temps normal : une authentique catastrophe se déroule en amérique du sud depuis plusieurs decennies, idem en asie du sud-est pour produire cette merde de soja, huile de palme et cie). De même sans être pro-chasseur, je ne suis surtout pas un « anti » comme certains écologistes hystériques des villes qui montrent leur méconnaissance évidente de la nature et le rôle régulateur essentielde la chasse. Je précise que je le suis le seul végétarien de toute ma famille, que mon père est chasseur (et amoureux de la nature qu’il connait particulièrement bien pour avoir grandi dans une maison au beau milieu de la forêt et pour aujourd’hui exploiter intelligemment les ressources dont il a à sa disposition. Je connais assez peu de personnes à ce point auto-suffisantes = 0 transport, quasiment que du traitement naturel pour les cultures …)

    L’aspect éminemment néfaste, selon moi, mais qui relève davantage d’une certaine conception du vivant trop longue à developper ici m’a poussé vers ce choix. Je ne l’impose à personne dans ma famille mais depuis plus de dix ans, à force que l’on me pose des questions et que j’esaie d’y apporter des réponses, je constate que les mentalités évoluent et que par exemple mes parents ne mangent pratiquement plus de viande. Je ne fais pas de prosélytisme, mais force est de constater que rares sont ceux qui veulent vraiment comprendre le sens profond des choses et dépassent le stade du cliché à ce propos.
    Quant au lait, oeufs, fromage, j’y mets le prix en achetant des produits dits « bio » (je dois me faire niker parfois par ces labels un peu fumeux mais bon …) tout simplement parce que c’est meilleur. J’ai beau avoir probablement u peu plus de moyens que la moyenne de par mon taf la vie n’en demeure pas moins chère et malheureusement le fromage vendu dans mon hypermarché est très très nettement moins cher que sur le marché.
    Entièrement d’accord avec le fait que l’hypermarché est une saloperie dans l’ensemble :
    – je pense en 1er lieu aux boulots aliénants et mal payés du secteur de la grande distri comme les caissières, et il suffit de voir le taux de maladie professionelle dans ce secteur pour se rendre compte que non seulement ce sont des tafs mal payés, lobotomisants mais qu’en plus il y a bcp de maladies pro
    – les fournisseurs pris à la gorge par des centrales d’achats orligarchiques qd il n’y a pas en plus des intermédiaires qui se sucrent au passage
    – Mort du petit commerce des centre villes
    – Utilisation forcée de la voiture pour y aller
    Mais voyez-vous, l’aspect esthétique (oui, je suis d’accord c’est moche, toutes les périphéries de nos villes sont d’ailleurs identiques) vient loin, bien loin après cela.

    Alors j’ai très certainement des progrès à faire dans mes comportements d’achat et d’automobiliste, nobody’s perfect, mais on fait au mieux 😉 et il me semble que le caractère poétique du vélo que je n’ai pas trop eu le loisir de connaître (chacun son trip, je suis plus adepte de la marche mais c’est surtout parce que le chien n’arrive pas à suivre sinon ;)) ne pourra pas répondre aux problématiques de surpopulation dans certaines zones du monde et que l’urgence consiste souvent à mettre en oeuvre des solutions à échelle comparable, et là, la poésie on doit l’oublier. je n’en ignore pas les avantages (c’est pour cela que je prône davantage un équilibre entre autos propres et vélos).
    Pour terminer sur une note qui va dans votre sens : Les américains ont négligé les capacités des vélos à transporter les marchandises à travers la jungle dense du Viet-Nam et cela leur a en parti coûté la guerre ; je suis sûr que ce pied-de-nez historique qui consiste à imaginer un vélo plus efficace qu’un tank vous ravira à merveille ^^
    te : nobody’s perfect

  23. Jean-Marc

    Miles Davis, alors, plusieurs choses,

    d abord, sur la viande et Nicollino :
    sers-toi de la fonction recherche de Carfree : le sujet de la viande, et plus généralement, de l alimentation, a déjà été plus d’une fois abordée, sur carfree;
    et Nicollino poste des sujets ici (regarde la liste des noms à droite, et clique sur son nom)
    Ce lien résume l’essentiel sur les aliments :
    http://www.manicore.com/documentation/serre/assiette.html

    et mon commentaire, sur un sujet carfree, résume l’essentiel de la problèmatique du lieu d achat :
    http://carfree.fr/index.php/2012/04/05/le-bio-et-la-bagnole-ny-voyez-aucune-contradiction/

    (le 10ème commentaire)

    Bien évidement, pour une famille de végétariens, l idéal, c est le panier dans une AMAP bio de fruits et légumes.
    +/- 13€ par semaine, pour 4 personnes
    (prix très variable d’une région à une autre… je suppose qu’en IDF, c est plus cher)


    2 phrases que tu dis :
    1- « Si j’arrive en voiture à 90) et que je percute un vélo, outre la détresse d’avoir blessé qq’un je serai de facto un peu en tort, étant le plus « gros » »
    (en ville, la nuit)

    2- « J’ai dit « 3 tonnes » mais c’est juste une formule : si vous avez une famille, vous savez bien que tout ce petit monde consomme et que pour transporter des packs de laits et certains denrées lourdes, le dos d’un dromadaire ou d’un lama ne suffit pas davantage que le porte bagage d’un vélo. »

    1- j espère que c est une faute de frappe…
    90 km/h en ville, celà frole l’excès de grande vitesse !

    (en fait, dès 70 km/h, en zone 50, on devrait être en excès de grande vitesse… mais la loi est mal faite : l’E.D.G.V. est de +50 partout, alors que rouler à 100 en ville à 50 et largement plus dangereux que de rouler à 140 sur nationale à 90…
    mais c est la -mauvaise- loi des E.D.G.V. actuelle…)

    Maintenant, en supposant que tu ais écris 50, et non 90.
    Ben, par définition si « JE PERCUTE UN » piéton/cycliste/autre,
    « je » suis en tord :
    tu dois tjrs, en toute circonstance, adapter ta vitesse et tes distances de sécurité, afin de rester maitre de ton véhicule.

    (tu as bien dit que tu percutes qq un… pas que qq un te percute… )
    en fait, il y a qq rares exceptions : qq un te grille la priorité/grille un feu, et tu n as pas le temps de réagir : tu percutes, et la police dit que ce n est pas ta faute (vos assurances aussi : 100% pour l autre).

    En fait, c est quand même ta faute :
    le « grilleur de feu » est en faute, c est vrai, aucun doute; mais toi, si tu étais vraiment maitre de ton véhicule, tu n aurais pas avancé jusqu’au contact… tu aurais juste fait un appel de phare/klaxonner contre cet irresponsable, et en perdant 4 secondes, le temps que tu le laisses passer, avant de reprendre ton chemin.

    sinon, je suis content de t avoir appris quelques lois francaises mal connues,
    je voudrais aussi que tu découvres ce graphe, très intéressant :

    http://antivoitures.free.fr/choc_pieton.jpg
    regarde à quelle vitesse 50% des gens meurent :
    en roulant au-delà, on choisit que, en cas d accident, la personne percutée ait plus de chance de mourir que de survivre…
    (en deçà, on choisit qu’elle ait plus de chance de survivre).

    j espère que maintenant que tu le connais, tu ne rouleras plus à 90 en ville, et même que tu n hésiteras pas à préfèrer le 45 au 50, quand tu roules en ville, en zone où on trouve des piétons.

    Sinon, Miles David, tu te plains des cyclistes, des piétons, et, de façon générale, des autres usagers de la route.

    Il existe une règle simple, en conduite en ville (mais valable aussi ailleurs).

    Si tu vois « surgir de nulle part » un camion qui change de file, une voiture qui fait une marche arrière/créneau pour se garer, un véhicule de la voirie parquée à moitié sur ta voie, un piéton, un cycliste;
    alors, ce n est pas que TOUT LE MONDE roule n’importe comment.
    Non, c est bcp plus simple…

    c est que c est TOI qui n adaptes pas ta conduite, et SURTOUT les distances de sécurités dont tu as besoin, pour avoir une vue assez large et avoir le temps de réagir, aux circonstances.

    (la ville n est pas un circuit de course ni même une autoroute… il est normal d’y trouver des personnes qui se garent, des piétons, des cyclistes, des travaux, des livraisons des…)

    Une fois tous les 3 mois, je roule en ville en voiture…
    Et ben, je ne suis (quasi) jamais arrêté à un feu rouge :

    au lieu d accélérer comme un con, au max, pour freiner comme un con, au max, au risque d emboutir la voiture à l arrêt devant moi au feu d après,
    j anticipe : si le feu à 500 m est vert, au lieu d accélèrer au delà de 70 pour espérer le passer à l orange mûrissant, je lève le pied… et, s’il est tjrs vert quand j arrive à sa portée, alors je passe… sinon, dès qu’il change, j’enlève complètement le pied de l accélérateur, voire je freine par étape, afin de n avoir pas un suiveur freinant au dernier moment qui me rentre dedans par derrière, et aussi afin de laisser mourir la voiture, pour qu’elle occupe la place libre qui l attend, sans avoir de dernier coups de frein à donner.

    C est dingue : je réussis même (comme la loi nous y oblige..) à m arrêter à 200 m d’un feu rouge, pour laisser passer un piéton qui a montré qu’il voulait traverser, et à rejoindre les voitures qui me précédaient, arrêtées au feu, qui ont taillé un short à ce piéton (s’il y a un passage piéton sans feu OU s’il n’y a pas de passage piéton, et que le 1er passage est à plus de 50m, le piéton qui montre qu’il veut traverser la chaussée est PRIORITAIRE ! ne pas lui laisser le passage est une faute)

    Les distances de sécu entre 2 véhicules :
    légalement, sur chaussée séche, avec vue dégagée, et véhicule en bon état, la loi dit qu’il faut 2 secondes;
    sur circonstances autres [pluie, brouillard, neige, verglas, route avec gravillons/ravins/dos d’âne, route de montagne zigzaguant, véhicue avec freins lâches, conducteur pas trop en état (fatigue)] la loi dit qu’il faut 3 secondes.

    En fait, les distances mini, pour sauver le plus de vies, devraient être de 3 secondes en bonne conditions, et de 4 secondes autrement.
    Même si la loi ne t oblige pas à appliquer 3 et 4 secondes, je te les conseille…
    et je te conseille de vérifier que tu appliques deja au moins 2 et 3 :
    plus de 95% des voitures, en villes, ne les respectent pas*.. et collent la précédentes parfois à moins d’un demi-seconde (en général, autour de 1 sec) : on le remarque très bien, quand on grimpe une cote à vélo, et qu’un « convoi de voitures » arrive, du fait d’un feu passé au vert.

    (tu sais, si un « sportif du champignon » te doubles, en s’insérant dans ta distance de sécu… ce n est pas très grave… tu n es pas à 5 secondes près (la preuve, tu utilises une voiture à paris… un mode de transport, en ville, moins rapide que le vélo, le RER, ou que le mieux, le combo RER + vélo pliant)

    2- « 3 tonnes [..] des packs de laits »
    les saccoches et remorques vélo sont là pour çà.
    50 kg en saccoches, çà tiens très bien sur un vélo équipé pour.

    d ailleurs, des millions de familes, au pays-bas, au danemark ou ailleurs, prouvent tous les jours que c’est possible (en france aussi… mais ils sont moins nombreux).

    pour le pack d eau… l eau du robinet est moins chere et mieux contrôlée
    pour le pack de lait… si c est vraiment un pb… nos grands-mères, avec un caddie à main, avaient deja la solution :
    par ex, elles achetaent des biscottes, qui se gardent indéfiniment, pour ne pas voir le pain durcit chaque jour/pour ne pas faire leurs courses chaque jour,

    pour le lait, elles avaient aussi une solution
    et, sauf celles qui habitaient à la campagne, elles achetait du lait concentré (NON sucré : gloria/nestlé), ou, plus souvent, de la poudre de lait régilait : résultat, avec leurs 70 ans et leurs 45kg tout mouillées, et leur caddie qu’elles portent dans le bus, le tram, le train, et qu’elles tirent sur les trottoirs, elles achetaient de quoi avoir du lait dans leur pâtisserie, gâteaux et leur thé/café.

    Oui, c est un lait industriel…
    oui, il est moins bon que du lait « normal » (et il ne doit même pas y en avoir de bio)
    mais tu trouves des problèmes,
    je t apporte des solutions
    (pour ma part, j achète le lait en bouteille, que je réparti au fond de 2 saccoches, sous les autres courses : je peux transporter jusqu’à 8 bouteilles de lait/bière/jus de fruit, en plus du reste des courses;
    je n ai jamais eu besoin d’en transporter plus… mais celà serait possible, sinon)


    rouler sur les trottoirs est interdit, pour ceux ayant plus de 8 ans…

    le pb, un certain nombres de nouveaux cyclistes +/- urbains ne se sentent pas capable de rouler sur la chaussée.
    [à tord : rouler sur les trottoirs, du fait des intersections (descente de trottoir pour traverser le carrefour), est bcp plus dangereux que de rouler sur la chaussée, car les voitures tournant à droite n’imagine même pas qu’on existe… et considèrent qu’elles sont prioritaire (ce qui est faux) sur le passage piéton qui est passé au vert en même temps que leur feu]

    je n ai jamais roulé à vélo à paris (ni à marseille, qui serait encore pire, selon les témoignages de cyclistes du coin), mais, je comprend que, si certains se sont fait accrocher par des voitures/camions/bus/car/autre, ils préfèrent prendre de la distance avec eux.

    après, je les comprend…
    enfin je comprend leur raisonnement, même s’il est faux (rouler sur la chaussée, une fois qu’on apprend à s’y placer, est moins dangereux; c.f. les videos du Gracq pour le placement dans la chaussée : http://www.gracq.be/CAPSULES/Accueil )

    mais alors, il ne faut pas qu’ils roulent sur les trottoirs comme sur la chaussée : sur un trottoir, on roule au pas = à 15km/h max, et plutôt autour de 10 km/h, en ralentissant (voire en mettant pied à terre si nécessaire), lorsqu’on croise un piéton.

    [tiens, en fait, aujourd hui, je viens -exceptionnellement- de rouler sur un trottoir :
    une chaussée en travaux, déviation -> plutôt que la déviation, j ai pris le trottoir, où il n y avait aucun piéton (zone semi-industrielle).
    petite remarque, au passage : pendant l’entre-deux tour, et dejà depuis 2 semaines, les compagnies de travaux publics s activent chez moi : les municipalités tentent d acheter nos voies par du re-goudronnage…]

    * les distances de sécu ne sont peut-etre pas bcp plus respectées en dehors des villes, non plus… mais là, je n en ai pas la preuve quotidienne, comme je ne roule pas à vélo sur nationale ni sur autoroute.

  24. Jean-Marc

    @ Miles

    1-« il me semble que le caractère poétique du vélo que je n’ai pas trop eu le loisir de connaître [..] ne pourra pas répondre aux problématiques de surpopulation dans certaines zones du monde et que l’urgence consiste souvent à mettre en oeuvre des solutions à échelle comparable, et là, la poésie on doit l’oublier. »
    1′- je n’en ignore pas les avantages (c’est pour cela que je prône davantage un équilibre entre autos propres et vélos).

    2- Pour terminer sur une note qui va dans votre sens : Les américains ont négligé les capacités des vélos à transporter les marchandises à travers la jungle dense du Viet-Nam et cela leur a en parti coûté la guerre ; je suis sûr que ce pied-de-nez historique qui consiste à imaginer un vélo plus efficace qu’un tank vous ravira à merveille

    1- pas de chance, tu as tout faux…
    compare les densités humaines d’amsterdam ou rotterdam, des villes-vélos, à celle de Los Angeles, LA ville-auto : des autoroutes urbains de 2 X 12 voies… avec des embouteillages sur 2×11 voies (la voie de covoiturage n est pas embouteillée)
    La voiture entraine, par la place de voirie qu’elle occupe (en marche et à l arrêt) l étalement urbain, la dé-densification; le vélo, la marche et les TEC font l inverse.
    (pour la marche, c.f. les médinas :
    http://carfree.fr/index.php/2011/04/09/la-medina-ville-du-futur/
    une zone de vie à haute densite (bien plus que L.A. ou que n’importe quelle ville US).

    1′ : la voiture « propre » n existe pas :
    pour transporter 100 kg de charge utile (1,2 personnes, en moyenne, par voiture), sur moins de 5 km (80% des déplacements);
    utiliser un véhicule de plus de 1 200 kg de charge morte, et l’énergie nécessaire à déplacer ces 1,2t, ne pourra jamais être propre… trop d’énergie inutilement gaspillée à déplacer de la charge morte
    (seul le V.A.E, 50 fois moins énergivore que la voiture élec, peut être qualifié de « véhicule individuel à moteur » propre…
    bien sûr, un tram, train ou un vélo sont plus propre qu’un VAE, mais ils ne sont pas des « véhicules individuels à moteur »)

    2- bas, rien de surprenant…
    c.f.
    http://carfree.fr/index.php/2005/10/24/lefficacite-energetique-des-modes-de-deplacement

    ou la chine :
    http://4.bp.blogspot.com/-BAHELoLUbbo/TvhSfAn9AgI/AAAAAAAAOKM/YKTmP0A-2T8/s1600/project_for_bicycle_commuting_in_beijing_02.jpg

    la chine qui a conquis les marchés du monde, est la chine du vélo, des transports fluviaux sur ces grands fleuves, et des transports par trains.
    une croissance de plus de 10% pendant des années (souvent même, au-delà de 15%)
    là, maintenant, la chine vient de passer -c est historique- SOUS la croissance de 10% !
    la cause est connue :
    elle devient, chaque jour de plus en plus, la chine de la voiture en ville, et du transport de marchandise par camions sur route :
    des modes moins efficaces que le vélo en ville et le train/camion hors ville.
    Une chance, pour nous…

    (enfin, une chance niveau compétititivité économique…
    une catastrophe niveau pollution mondiale…)


    sur le graphique de Beijing :

    Entre 2004 et 2010, à beijing, on est passé -en millions- de 9 vélos+2 voitures pour 15, à 4 vélos+4 voitures pour 20 :
    Contrairement à ce qui se passait avant 1996 (à l’époque, plus la ville s enrichit et devient peuplées, plus le %age d habitants avec un moyen de locomotion/avec un vélo augmente), maintenant, depuis 1996, plus la ville est peuplée/s’agrandie et s’enrichit, moins il y a de mobilité indiv. (4+4<9+2), mais, à la place, des embouteillages et une ville qui s'étend de plus en plus.
    (des quartiers populaires denses de la 1ere couronne, style médina, ont été (partiellement) rasés, pour élargir les rues)

    résumé :
    2.5 vélos sont devenus, dans le temps 1 voiture + 4 piétons

    ils ont fait l exact opposé de ce qu'il faut faire,
    l exact opposé de ce qu'à fait Bogota ou Curitiba
    c.f. http://carfree.fr/?s=bogota&x=0&y=0

  25. LEGEOGRAPHE

    @ Jean-Marc : votre lien sur la Chine et Beijing ne fonctionne pas (et je sais qu’il est excellent, ce lien, je voulais relire cette page !).

    @ Miles Davis :
    Personnellement, si quelqu’un me dit que la marche est pour lui poétique, je le croirais (même si je préfère personnellement le vélo) ; en revanche, je crois en cette vertu (capitale dans notre société aujourd’hui) de la marche :
    http://www.jolpress.com/article/la-marche-pied-nouveau-remede-contre-la-depression-antidepresseurs-etude-ecossaise-598380.html
    La marche est meilleure que le vélo dans la fonction d’antidépresseur, je pense…

    Rappel : les médecins conseillent à tous (tous les âges !) d’avoir 30 minutes d’activité physique par jour (ce peut être de la marche, très simplement !!!).
    Si vous habitez à 3 km de votre bureau, allez-y à pied et faites de même au retour : vous ferez deux fois l’exercice recommandé par votre médecin ; votre santé ne peut en être que meilleure !
    Attention, point faible de la marche par rapport au vélo : il faut faire un peu attention à comment on porte les sacs à dos comment on fait de la marche (plus que sur le vélo, en fait !). Faire attention à son dos peut se faire en prenant la marche à pied aussi comme un exercice de travail en posture bien gainée (faire attention à son esprit, à son dos, et pas seulement à son coeur : triple défi sanitaire de nos jours !).

  26. Jean-Marc

    oups, j’ai juste C/C sans vérifier.

    Il s agit d’une image de http://transit-city.blogspot.fr/, un blog sur « TRANSIT-CITY / URBAN & MOBILE THINK TANK »
    [intéressant sur le transport, la ville, la mobilité des handicapés; même s’il s’occupe trop -selon moi- de la pub et de l’évolution des mentalités des pubards (savoir que nike ou peugeot découvrent le vélo… tant mieux pour eux… mais une proposition d aménagement de carrefour ou d »habitat est plus importante)]

    Il s’agit d’un article reproduisant le travail d’un étudiant du M.I.T., la 2eme image :
    http://transit-city.blogspot.fr/2011/12/beijing-big-return-of-bike-2.html

    et j’en ai profité pour jeter un oeil sur différents autres articles du blog :

    – La densité historique de population
    (la dernière image est particulièrement intéressante : une vue « dégagée » pour la ceinture, sans la vue oppressante d’un mur en béton à 3 mètres de chez soi)
    http://transit-city.blogspot.fr/2012/02/other-densities.html

    une « médina » chinoise, au centre (avec commerces de proxi), avec un immeuble d’habitation de moins de 4 étage autour (pas besoin d ascensseur) : à comparer à un immeuble d habitation en france (suffirait d avoir un toit végétalisé sur la ceinture, avec zone de maraichage et bancs publics, pour avoir un lieu vert à proximité) :
    même surface au sol, mais moins d’habitants, et rien à portée immédiate en france, contre de nombreux commerces de bouche et de nombreux artisans en chine historique.

    – et l’opposé, la poursuite du nouveau cauchemar chinois :
    comme sur l’image 2 de beijing, les autres villes chinoises s’étalent bien plus vite qu’elles ne grossissent en population.
    résultat ?
    ils prévoient la fusion de plusieurs grandes villes autour de Guangzhou;
    la plus grande con-urbanisation du monde :
    une « ville » de 42 millions d’habitants
    http://transit-city.blogspot.fr/2012/02/quel-type-de-super-city-nous-preparent.html


    p.s.
    un sujet à part : quelque dessins de véhicules, dessinés par Moebius/Jean Giraud, en hommage posthume :
    http://transit-city.blogspot.fr/2012/03/bye-bye-et-merci-de-nous-avoir-tant.html

  27. Jean-Marc

    re-oups… je viens de comprendre pourquoi mon 1er lien n est plus accessible :
    on a accès à la « miniature » maintenant, sur l article;
    l’image initiale, qui prenait plus d’un écran, et qui permettait de bien lire les chiffres, en se déplaçant, n est plus accessible sans droits, sur transit-city :'(

    résultat, je suis allé à la source
    http://www.holcimfoundation.org/T1408/A11APng1CN.htm

    et l’image haute résolution y est proposée :

    http://www.holcimfoundation.org/Portals/1/images/holcim_imagegallery/A11AP/A11APng1CN/A11APng1CN-gallery001x.jpg

    crédit photo :: Holcim Foundation

    (« Images may be used for media and academic purposes and must include a photo credit: Photos© Holcim Foundation »)

  28. Miles Davis

    @Jean-Marc : Il me faut préciser en préambule que je suis tombé sur ce site un peu par hasard et ai posté davantage pour entrer en relation avec l’auteur de l’article (ce qui a été fait) par rapport à un sujet bien précis. Mais c’est sans doute un heureux hasard, puisqu’il semble qu’il y ait bcp de contenu intéressant…
    Je ne m’étalerai pas davantage sur le végétarisme (j’ai juste pris cet exemple pour relativiser un comportement par rapport à un autre dans ses conséquences environnementales) si ce n’est pour dire que le lien que tu as ajouté n’est pas contradictoire avec ce que j’ai pu dire, bien au contraire, notamment la conclusion : « manger bio c’est bien, mais pour le climat il faut surtout manger moins de viande (ce qui du coup rend plus facile de la manger bio, et autant ne pas s’en priver !). ». Je précise que la considération environnementale est venue après celle plus philosophique de ce choix. Elle (et de nombreux autres aspects le font également) valide juste un peu plus ce choix issu à la fois d’une réflexion et d’un parcours de vie.

    Sur le « 90 » : Là c’est vraiment interessant :
    1. Oui, c’est une faute de frappe (je tape un peu au km, et je n’ai pas relu, mais le ferai désormais car c’est source d’incompréhension et m’en excuse). Je note qu’à partir de cela tu me fais une sorte de leçon sur les vitesses en ville en partant du postulat qu’il s’agissait de vitesse. Or en lisant ce que j’ai déjà pu écrire précédemment tu aurais pu en faire un autre qui aurait consisté à partir du principe que je suis plutôt qq’un d’attaché aux règles de ponctuation et que je n’aurais pas mis une parenthèse fermée au milieu d’une phase sans qu’il y en ait une qq part au début. Ainsi tu as d’emblée opté pour considérer qu’il s’agissait de vitesse et rien d’autre, angle d’attaque non dénué de sens qui semble te faire croire que je dois nécessairement être un chauffard en puissance qui ne respecte pas les limitations de vitesses. En réalité si tu regardes ton clavier tu t’aperceveras que je ne parlais absolument pas de vitesse mais d’angle et que le « ) » est juste un oubli : je n’ai pas appuyé sur la touche shift et donc au lieu d’optenir un symbole degré « ° », j’ai obtenu un symbole parenthèse fermée « ) » – même touche sur le clavier. Ainsi bcp de ce que tu indiques derrière en te focalisant sur cette histoire de vitesse tombe un peu à l’eau.

    2. Il me semble que tu portes bcp d’attention à la formulation et je ne t’en blames pas, y étant moi-même attaché, mais ne soyons pas plus royalistes que le roi : Le « si je percute qq’un  » ou « si qq’un me percute » revient au fond au même : Un accident, qui a un responsable primaire évident (celui qui a grillé le feu) et à mon sens un secondaire « celui qui n’a pas pu faire ce qu’il fallait pour s’arrêter ». Car oui je suis au courant que je suis sensé maîtriser mon véhicule en toutes circonstances mais il se trouve qu’entre la théorie et la pratique il y a un souvent un gap. En respectant parfaitement les limitations, en ralentissant à l’arrivée des croisements ou de toutes les zones de danger potentiel, on limite bcp les risques, mais on ne les annihile jamais totalement. La situation que je décrivais était donc : si j’arrives à 90 degrés et que je percutes qq’un (ou que qq’un me percute), même si j’ai ralenti, regardé partout, etc … il demeurera toujours ce risque qui aura conduit au choc. Si j’évite de conduire à Paris en pleine journée c’est pour éviter ces risques et je te garantis que la nuit, s’il y a moins de circulation (donc moins de danger) le danger reste quand même important (les gens se transforment souvent la nuit, un peu comme les gremlins …) mais je réitère que je préfères devoir rouler en voiture de nuit plutôt que prendre un train de banlieue bien craignos qui ne me permettra pas de rentrer chez moi, vu qu’il n’y a pas de gare là où je suis et que le bus me ramenant de la gare ne circule plus à partir d’une certaine heure.

    3. Il me faut préciser que je conduis depuis prés de 20 ans et 0 carton à mon actif : j’avais déjà consulté le type de graphe que tu mentionnes (là encore, pour me caser ce type d’info, il me semble que tu pars du principe que j’ignore nécesairement ces études, erreur …) donc là-dessus je n’aurais rien appris de plus.

    4. Je partage tout ce que tu indiques quant aux comportements de conduite pour éviter de se taper les feux rouges, etc… : il me semble, là encore, que pour que tu prennes la peine de préciser ces aspects de la conduire, tu partes du postulat que je les ignorerais et que je serai forcément ce type qui roulerait à 70km/h en ce se disant « boa, 20km:h de plus c’est pas bien grave au fond ». Je ne crois pourtant pas avoir donné ce sentiment en écrivant ce que j’ai pu écrire précedemment. Bref, on est un peu dans le procès d’intention, allez … disons la caricature pour être plus soft.

    Pour la suite, j’ai un du mal à voir où j’ai à ce point « tout faux » : sur tous les points qui suivent je ne suis pas aussi expert que toi, c’est certain, alors n’hésites pas (je te fais confiance ;)) à m’apporter la contradiction, j’ai beau avoir de la bouteille, je crois que l’intelligence est aussi l’art de changer ses positions à la lumière de vérités que l’on ignore. Cela étant :

    1. Je ne vois pas en quoi j’ai « tout » faux : la natalité en France (la 2ième dynamique d’Europe après l’Irlande, avec 2.01 enfant/femme) fait que la population ne va malgré tout croître (ce qui n’est pas le cas de l’Allemagne ar exemple) que dans des proportions raisonables (selon l’Insee on sera 70millions en 2050) : Il est cohérent d’imaginer une linéarité de l’augmentation des voitures (et probablemnt même un tassement en raison de tout un tas d’autres facteurs) et donc l’inutilité d’arriver à des situations comme celle de LA avec ces méga-autoroutes à douze voies. Il me semble que tu agites un chiffon rouge à partir d’un exemple qui ne correspond pas à ce que l’on a en France (beaucoup moins de maisons qu’aux usa, et donc une horizontalisation de l’urbanisme bien moindre, nécessitant moins de transport). L’exemple de la médina est en revanche instructif. Pour avoir visité celle de Fes il y a bien longtemps j’avais été frappé par l’intelligence de ce type d’urbanisme. Néanmoins l’évolution des mentalités en général ne va malheureusement pas dans ce sens mais plutôt dans celui de ce que je nommais « hyperindividualisation » au travers de mes échanges avec la personne ayant rédigé cet article. Dis autrement, et pour paraphraser Zemmour « les gens ne veulent plus vivre ensemble ». On peut le regretter (c’est mon cas) mais c’est une réalité et un paradoxe en milieu urbain. Le changement de paradigme sur cette question n’est à mon avis pas pour demain …

    2. L’exemple du Viet-Nam était une boutade fondée sur une réalité historique, rien de plus, et qui va dans le même sens que toi… là encore je ne vois pas où j’ai « tout faux ». Merci en revanche pour ton complément d’info sur l’évolution du transport en Chine.

    Sinon 2/3 réflexions sur les aspects que tu développe :
    – Certes la voiture c’est beaucoup de charge morte : Mais avec le progrès, les matériaux tendent à alléger cette charge. Le tout dernier modèle de Renault, la Twizy est une petite voiture électrique qui ne pèse plus que 450kg (donc 3 fois moins que les 1,2T). En discutant avec un Product Manager (direction marketing) de chez Kia, celui-ci me confirmait que les tendances pour les prochaines années étaient à l’allègement, au « compact »… De fait, mêm si on arrivera probablement jamais au poids d’un vélo, il semble que les considérables progrès qui pourront s’accomplir dans ce sens (épuisement des ressources fossiles aidant) tendront à abaisser cette charge. Certes on aura probablement jamais de voiture totalement propre mais ce mode de transport restera interessant. Si on pousse le raisonnement, il faudra m’expliquer, si on passe au tout vélo, comment financer le démantelement des autoroutes … Bref, je continue de penser que les deux modes de transport pourront mieux coexister à l’avenir et ne crois pas au tout ou rien.
    – Les VAE marchent avec du jus, jus qu’il faut bien produire non ? (sans parler des batteries qui nécessitent une matière première dont on ne dispose pas forcément sur place, et donc encore du transport) : Est-ce réelement la solution miracle ? (question sans préjugé aucun)
    – Pour ce qui est du transport de marchandises en train, il me semble avoir lu que le fret est rentable à partir du moment où les lignes font x centaines de kilomètres et que si cela ne se développe pas en Europe comme aux USA c’est précisément car il n’y a pas ces centaines de km de rail, et donc que le seuil de rentabilité n’est pas atteint, et donc le camion semi-remorque continue de prospérer. Je veux dire par là que les conditions géographique influent probablement sur les choix faits (encore une fois ce ne sont que des conjectures qui ne demandent qu’à être complétées ou même, tu l’auras compris je suis plutôt open, démenties)

    Merci par avance pour ton retour

  29. Pim

    @Miles : tes reflexions sur la voiture du futur légère sont intéressantes.
    1-En effet, cela parait seduisant de passer d’un parc de voitures à >1.2t à 450kg, cad grossomodo diviser par 3 le poids de la voiture. Mais le marketting réalisé autour de ce genre de voiture est clairement une 2e voiture dans un menage! autrement dit, etre encore plus polluant qu’avant. Tu comprends bien que dans un monde purement capitaliste, on ne peut pas t’inciter à consommer moins. La belle notion de croissance verte

    2- Sur le VAE, les debats ont aussi deja eu lieu sur Carfree. Mon point de vue perso (et tout le monde ne le partage pas ici), est que je préfère clairement voir qqn troquer sa voiture pour un VAE, meme s’il y a une batterie dessus (et donc tous les problèmes liés à cela). D’un point de vue rendement NRJ c’est bien meilleur que de deplacer peniblement sa tres grosse tonne de ferraille. Dans pas mal de cas d’utilisation, ca peut aider l’automobiliste à evoluer vers un mode plus doux de transport.

    3-fret ferroviaire VS route. La rentabilité est elle le seul facteur à prendre en compte par les politiques? il y a l’aspect humain, ecologique, social qui me semble etre important. Ha oui, je suis un doux reveur, on est dans un monde capitaliste religieusement géré par l’argent. Plus terre à terre, l’axe francais lille marseille fait 1000km, les plaines d’alméria qui nourissent l’europe sont à 1200km de perpignan. Il y a surement des choses à faire de ce côté, car les centaines nécessaires à la rentabilité du rail commencent à se cumuler. C’est plus de la mauvaise volonté politique+lobbies

  30. Jean-Marc

    « tout faux »
    ben, relis où j ai écris « tout faux », et tu comprendra à quoi je fais référence :
    « 1- »[b]il me semble que le caractère poétique du vélo[/b] que je n’ai pas trop eu le loisir de connaître [..] [b]ne pourra pas répondre aux problématiques [/b]de surpopulation dans certaines zones du monde et que l’urgence consiste souvent à mettre en oeuvre des solutions à échelle comparable, et là, la poésie on doit l’oublier. »
    1′-

    2-

    1- pas de chance, tu as tout faux…
    compare les densités humaines d’amsterdam ou rotterdam, des villes-vélos, à celle de Los Angeles, LA ville-auto : des autoroutes urbains de 2 X 12 voies… avec des embouteillages sur 2×11 voies (la voie de covoiturage n est pas embouteillée)
    La voiture entraine, par la place de voirie qu’elle occupe (en marche et à l arrêt) l étalement urbain, la dé-densification; le vélo, la marche et les TEC font l inverse. »

    La france, depuis des années, imite « l exemple » américain, avec des villes tentaculaires et des surburbia qui s’étalent de plus en plus… bien plus vite qu’elles ne grossissent en population.

    Sur le végétarisme, bien sûr que JM Jancovici et moi somes d accord avec toi, je n ai pas dis l’inverse.
    J ai juste dis que c est un sujet connu sur carfree, où tu peux trouver des interventions ou liens sur le sujet.

    – tu connais des choses dont je t ai parlé :
    Pour le 90 km/h et les lois et pratique d’éco-conduire/conduite sure/conduite responsable que tu connais, tant mieux; plus il y a de monde qui les connaissent, et agissent en conséquence, mieux c’est.

    3 choses :
    d abord, j écris aussi pour les autres lecteurs, donc même si tu connais, c’est toujours utile de rappeler certaines choses pour d’autres,

    ensuite, je ne suis pas devin, donc je préfère expliquer trop de choses, que d avoir un discours sans communication possible, car les interlocuteurs ne connaissent pas, pour certains, la loi, l accidentologie, la physique (pb de l énergie cinétique, de la quantité de mouvement), ou …
    c’est plus facile de parler sur du solide, que de parler sur du sable, pour essayer, après, de remettre des fondations.

    enfin, comme tu t’étais plains des autres usagers, dans leur ensemble… j’ai répondu aux personnes qui se plaignent de tous les autres usagers
    (si « tout le monde » se comporte mal autour de soi…
    le pb n est peut-etre pas « tout le monde »; un peu comme si un jeune des cités venait en jogging et en utilisant un langague Wesh Wesh à un entretien d embauche, en machant un chewing-gum, et qu’il disait, en sortant : « p’tain, quelle bande de tarba ! ils m’ont pas pris ! »))

    – 90°
    d ailleurs, la nuit, 90° est particulierement dangereux, en voiture, pour les vélos :

    Je l ai -malheureusement- expérimenté à mes dépens : une voiture arrêtée à un STOP a démarré et m a renversé quand je lui ai passé devant (j’étais sur la route prioritaire avec des lumières allumées)

    explication :
    en fait, c était la nuit tombante, mais celà reste valable pour la nuit :
    légalement, la nuit, en agglomération, sous éclairage public,
    une voiture doit mettre….

    TADAM…

    ses feux de positions (veilleuses) afin D’ÊTRE VUE.

    Hors, malheureusement, 99,9% des voitures,
    qui oublient les clignottants (celà renseignent les autres… dont on s’en moque)
    roulent en feux de croisements (« JE » vois mieux, qu’importe si celà éblouit un peu les autre, et surtout, qu’importe si celà met la vie des autres (piétons, cyclistes et même 2RM) en danger de mort)

    Pour comprendre, il suffit de savoir plusieurs choses :
    d abord, quand observe-t-on le mieux les étoiles ?
    la nuit, ou le jour, quand il y a un gros phare d allumer juste à coté d elles ? (pour les enfants : OUI ! elles continuent à briller le jour… tout autant que le jour)

    ensuite, il faut connaitre la persistance rétinienne et le temps d adaptation de l oeil à des changements de luminosité… surtoutà la baisse de luminosité (adaptation plus lente) [dans une salle semi-obscure, où tu réussis à lire; allume une grosse lampe, fixe là 1 minute; éteinds là, et essaye de continuer à lire de suite, quand tu es remis d’un seul coup dans la semi-obscurité];

    enfin, il faut connaitre les feux de croisements d’une voiture française (les voitures anglaises sont différentes… à cause de la différence de poste de conduite) :
    ils font une très grosse tache lumineuse droit devant le chauffeur, loin (150m de mémoire… mais si qq un viens de passer le code, qu’il me corrige) en débordant de moins d’un mètre sur la gauche (pour ne pas éblouir les chauffeurs d en face), et en débordant de plus d’un mètre sur la gauche (pour voir le bas-coté / la voie moins rapide)

    résultat, en dehors de cette zone centrale, légèrement déportée sur la droite, qu’on voit très bien (très pratique pour le cycliste qui roule sur la chaussée devant soi);
    on a, sur les cotés, de 20° à 160°, une zone qui n’est éclairée que par l’éclairage public/les feux des autres usagers.

    résultat : en feux de croisement, sur autoroute (peu d arrivée sur le coté… même les voies d accélération utilisent une voie de droite, éclairée par nos feux) on a tout juste
    sur nationale… faut faire attention, à l avance, aux intersections
    en ville… ben, on est un danger public à chaque intersection…

    les SEULS qu’on voit sont :
    – les gens pris dans nos phares
    – les intensités équivallentes ou supérieures à nos phares = les phares des voitures et 2RM (on voit leurs phares… on ne les voit pas EUX : on les verrait EUX, en roulant en veilleuses)

    [la personne qui m a percuté, m a affirmé (et je la crois, vu qu’elle était en feux de croisement) qu’elle ne m avait vraiment pas vu)]

    Rouler en feux de croisement en ville, c est donc plus dangereux pour les cyclistes et les piétons, qui n’ont pas de phare auto, mais, soit pas de lumière, soit une faible lumière (les catadioptres renvoient très bien la lumière des phares… mais il faut être dans les phares d’une voiture, pour qu’ils fonctionnent.. ce qui n est pas le cas, juste avant qu’on entre dans la zone de phare/la zone d accident d’une voiture qu’on croise)

    MAIS c est aussi plus dangereux pour les 2RM :
    s’il y a 1 phare de 2RM au milieu des veilleuses auto, on repère ce phare… même si on ne le voit pas directement (caché par la carosserie d’une voiture, on ne voit que sa trâce au sol);
    alors que, s’il est perdu (voire caché par une camionnette/voiture) au milieu des phares d’une file de voitures, il passe inapercut… même si le 2RM peut continuer à avancer, alors que la file de voitures est à l arrêt…

    (cas classique d’une file de voitures arrêtée à un feu; une voiture nous laisse passer, on avance : aucune voiture ne peut passer, car la voiture nous cédant le passage les bloque toutes, mais le 2RM qui remonte la file nous percute/est percuté par nous)

    p.s.
    tu roules peut-etre déjà en veilleuses, la nuit, en ville, et alors, c’est tant mieux;
    mais je n en sais rien : chaque jour (enfin, chaque nuit), la pratique très largement majoritaire des automobilistes montre l’inverse.

  31. Jean-Marc

    La twinzy…
    dejà, de UN, ce n est pas une voiture,
    de même que, malgré ses 3 roues, un MP3 est bien un scooter,
    là, la twinzy est juste un scooter carené.

    Que renault essaye de la vendre comme voiture, pour profiter de l’obligation légale qu’il a de faire des voitures à 0 émissions, c’est juste un tour de passe-passe avec la loi… sur lequel le gouvernement ferme les yeux, pour ne pas embêter renault.

    de 2, je te laisse lire l’évolution réelle du poids des voitures en france :
    http://carfree.fr/index.php/2010/12/07/lindustrie-automobile-nous-vendra-bientot-des-camions/

    alors qu’une majorité des transports en voiture pourraient se faire
    à pied/TEC/vélo (+ saccoche et/ou remorque et/ou siège enfant)

    et, pour ceux qui ne peuvent pas,

    en VAE (+ Saccoches et/ou Remorque et/ou SiègeEnfant si nécessaire)
    ou sinon,
    en cyclomoteur (mobylette) (+ S./R. / S.E. si nécessaire)
    ou sinon,
    en smart, (+ Coffre de Toit et/ou Remorque si nécessaire
    et enfin, pour ceux transportant plus de 2 personnes
    en twingo (+ C. T. / R. si nécessaire)

    or, que constate-ton dans les rue, et dans les stat ?

    y a-t-il 90% à 99% de twingo + smart dans les rues, ce qui correspondrait aux besoins que les automobilistes disent vouloir remplir ?
    (en fait, si certains utilisent une 4L ou une 2CV au lieu d’une twingo, c est encore mieux)

    Je te laisse répondre…


    La twinzy, si elle est achetée par des gens, qui, a coté, n achetent pas une voiture qu’ils auraient acheté, sinon…

    alors, pourquoi pas, c est un peu moins mal qu’une voiture… même si ce n est pas -loin de là- une solution aussi parfaite qu’un RER, un train ou un vélo;

    Mais surtout, le grand risque, c est qu’elle peut être acheté EN PLUS, comme le sont actuellement une majorité de scooter et moto de 125 et plus : on a la voiture, et, quand il fait beau, on sort la 2RM

    Dans ce cas, elle n apportera rien…
    Même si elle pollue, à l’usage, un peu moins qu’une voiture; le temps qu’elle rembourse sa fabrication supplémentaire fait qu’elle n apportera rien.
    (si une voiture n est pas fabriqué, alors là oui, elle devient, car plus légère, donc consommant moins de matière*, de suite mieux que la voiture qu’elle remplace)

    * mais utilisant plus de terres rares et autres produits entrant dans la fabrication de ses batteries :
    un VAE,
    car il roule moins vite,
    car il accélère moins vite,
    car il utilise en plus la force des mollets,

    utilise moins de batteries que la twinzy

  32. LEGEOGRAPHE

    En fait, j’ai appris (en 2004 et 2005, en passant le code de la route et le permis) que les automobilistes pouvaient mettre au choix feux de croisement *ou* feux de position.
    Les raisons qui pourraient mener à un choix judicieux entre les 2 n’ont jamais été abordées (alors que ça coûte cher, cette formation ! ^^).

    @ Miles Davis :
    En fait, pour l’avenir de ces autoroutes, il y a bien quelque chose qui serait cool… En fait, avec tout le fric englouti, on aura des pistes cyclables quasi increvables ! Il faut se rendre compte, on veut des autoroutes faites pour pouvoir supporter longtemps d’énormes essieux (poids lourds) ; les vélos n’abîmeront donc en rien la surface des autoroutes ! Seul le temps (météorologie et temporalité, les deux) les détériorera, et nous pourrons avoir d’immenses pistes cyclables pour 100 ans au moins !
    Il y avait un article sur ce sujet sur Carfree, je ne le retrouve plus…

  33. LEGEOGRAPHE

    @ Miles Davis :

    Malgré la pertinence de ce lien, c’en est un autre que je cherche… il était dit que, dans le futur, on réserverait une « bande motorisable » ou « carrossable ».

    Grosso modo, l’idée est de réserver la voie tout à droite aux voitures polluantes et chères, dans un avenir proche… (sorte de piste cyclable pour voitures).
    L’idée est une grosse provoc’, qui apportait de la fraîcheur : en effet, qu’est-ce qui nous interdit de penser ce retournement de situation (beaucoup plus juste pour la planète, en tout cas) ?
    Si quelqu’un retrouve le lien ou le titre (pour taper les mots-clés autre que « autoroute » ou « futur », merci.)

  34. Jean-Marc

    Legeographe :
    il y a une différence entre obligatoire, autorisée, (tolérée), et interdit :

    en agglo sans éclairage, on doit rouler en feux de croisement (pour voir les nids de poules, les plots, les trottoirs, les piétons, cyclistes, …)

    en agglo sous brouillards, avec visibilité à moins de 50 mètres, on doit rouler en feux anti-brouillards

    en agglo sans brouillards, avec visibilité à plus de 50 mètres, il est interdit d’utiliser les anti-brouillards

    en agglo éclairée, on DOIT rouler en veilleuses,
    et, selon les circonstances, on PEUT rouler en feux de croisements (ou faire un appel de phare lorsqu’on arrive à une intersection, s’il n’y a personne devant soi, afin que les gens de la voie qu’on va couper nous repèrent);
    mais alors, on est censé passé de croisement à veilleuse en fonction des circonstances :

    Par ex, en agglo éclairée;
    tu es le 1er d’une file de voiture, tu peux rouler en phare (quoique… juste aux abords des carrefours, c est mieux… enfin, le mieux, c est l appel de phare en arrivant au près d’un carrefour)
    tu n es pas le 1er… tu n as aucune raison de ne pas être en veilleuse

    quand il y a une limite à 50 km/h, on DOIT rouler sous les 50, mais on PEUT rouler à 10 km/h [il n’y a que le 80 km/h sur autoroute (voie de gauche, en plus, je crois) qui est interdit].

    Maintenant, combien de personnes roulent sous les 10 km/h en zone 50 ?
    C est légal… comme les phares, mais ce n est pas le maxi/mini obligatoire, qui sont les 50 et les veilleuses.

    [en fait, faudrait vérifier, pour les feux de croisement, s’il s agit d’une autorisation, ou d’une tolérance…
    mais, dans les 2 cas, celà ne change rien à l’éclairage obligatoire :
    celà reste les veilleuses; et celà reste surtout l’éclairage le plus sûr en ville éclairée (les piétons et nids de poules sont éclairés par l éclairage public)]

    p.s.
    http://carfree.fr/index.php/2008/01/07/pour-des-pistes-bagnolables/

    http://carfree.fr/index.php/2008/12/18/pistes-cyclables-sur-autoroutes/

    ou
    http://www.ptitvelo.net/vive-les-Pistes-Bagnolables.html
    et sa copie, reproduite sur carfree :
    http://carfree.fr/index.php/2011/04/01/vive-les-pistes-bagnolables/

    et SURTOUT cette superbe ré-appropriation d’une autoroute par les habitants vivant alentour,
    dans la 1ere puissance économique d’europe;
    pays adorateur des belles berlines;
    pays qui dépense bcp plus en voiture/ménage que les français :

    l autoroute allemande « prétée » aux citoyens sans voiture :
    http://carfree.fr/index.php/2010/08/05/vie-tranquille-sur-voie-rapide/

Les commentaires sont clos.