L’effondrement, c’est maintenant!

On connaît déjà plutôt bien le pic de pétrole (Peak Oil), à savoir la décrue prévisible des ressources pétrolières une fois le « pic » de production atteint puis dépassé, ce qui est désormais le cas. Un peu moins connu est le Peak Everything, que l’on pourrait traduire par le « pic de tout ». Sur le même modèle que le pétrole, toutes les matières premières non renouvelables pillées dans le sol vont chacune atteindre progressivement leur pic d’extraction, pour ensuite devenir de plus en plus rares et surtout, de plus en plus difficiles à extraire à des coûts de plus en plus élevés. Au bout du chemin, il y a l’effondrement, de l’économie, de la société, de l’environnement.

Un article d’Hubert Guillaud dans le journal Le Monde fait le point de manière très éclairante sur le sujet: Faut-il prendre l’effondrement au sérieux ?

Au travers de l’analyse de deux ouvrages récents, L’âge des low tech de Philippe Bihouix et Comment tout peut s’effondrer de Pablo Servigne et Raphaël Stevens, Hubert Guillaud explique en substance qu’un point de non-retour a été franchi: il n’y a désormais plus de solutions viables sans changement majeur de nos modes de vie, de notre système économique et industriel, et surtout de nos paradigmes en matière de modèle de développement technologique.

Il ne s’agit pas ici de faire du catastrophisme, mais de penser l’effondrement, la seule voie réaliste de penser l’avenir face aux autruches de la technologie. Et cette approche porte même un nom, la collapsologie, c’est-à-dire l’étude transdisciplinaire des conséquences de l’effondrement.

Ces travaux semblent faire écho aux trois ouvrages majeurs qui ont fait date dans la prise de conscience de la finitude de la Terre et de ses ressources naturelles, à savoir la « trilogie » sur les Limites de la croissance écrite par Dennis et Donella Meadows avec Jorgen Randers, et plus connue sous le nom des travaux du Club de Rome.

Là où Dennis Meadows et son équipe restaient résolument optimistes quant aux possibilités d’inverser la tendance, montrant en cela une certaine forme de naïveté, les travaux récents sur l’effondrement semblent beaucoup plus réalistes et pragmatiques.

Avant de détailler un peu plus de quoi il s’agit, précisons que ces travaux démontrent une bonne fois pour toutes l’inanité de toutes les solutions technologiques préconisées actuellement pour nous sortir « par le haut » des crises structurelles qui ont déjà commencé et qui vont s’accélérer dans le futur.

Dit autrement, que ce soient les gourous de la « révolution hydrogène » comme Jeremy Rifkin ou de la voiture électrique comme Elon Musk, le PDG de Tesla, tout ceci nous amène un peu plus vite dans le mur de la finitude. Et, au-delà de ces gourous emblématiques, c’est toute une économie basée sur le « Green Business », la « croissance verte », la « high tech environnementale », etc. qui nous amène sur un chemin pavé de greenwashing vers l’effondrement global.

Philippe Bihouix résume lui-même son livre dans cet article: « Nous faisons face à ces deux problèmes au même moment, et ils se renforcent mutuellement : plus d’énergie nécessaire pour extraire et raffiner les métaux, plus de métaux pour produire une énergie moins accessible. »

Le problème est que nous avons « commencé à taper dans le stock qui était le plus facilement exploitable, le plus riche, le plus concentré ». En d’autres termes, nous avons mangé notre pain blanc. Désormais, produire de l’énergie demande toujours plus d’énergie et de métaux quand dans le même temps extraire des métaux nécessite toujours plus d’énergie.

Aujourd’hui, les apôtres du Green Business nous promettent des lendemains qui chantent à base de fermes éoliennes ou photovoltaïques géantes, d’économie hydrogène, de réseaux de smart grids, d’économie circulaire et de recyclage généralisé. Tout ceci est entièrement faux et complètement déconnecté des réalités du monde physique. Comme Philippe Bihouix le dit dans son article : « Il n’y a pas de loi de Moore dans le monde physique de l’énergie ».

Toutes les nouvelles technologies dites vertes et présentées comme des solutions face aux crises énergétiques, climatiques et environnementales actuelles sont des technologies particulièrement intensives en matériaux et en énergie. Ivan Illich aurait sans doute dit que ce sont des technologies nécessitant de hauts quanta d’énergie, ce qui provoque à terme la destruction de la structure sociale et du milieu physique.

Dit autrement, moins on a d’énergie et de matières premières disponibles, plus on est obligé de mettre en place des technologies de remplacement fortement consommatrices d’énergie et de matières premières.

Ce simple constat physique a d’immenses répercussions pour notre futur. Avec l’épuisement progressif des matières premières, on met en place des stratégies de remplacement très coûteuses en énergie et en matières premières, au prix souvent de la destruction de l’environnement comme dans le cas des gaz de schistes par exemple. De la même façon, le seul développement à grande échelle des énergies renouvelables nécessite toujours plus de matières premières et d’énergie, le plus souvent non renouvelable.

Rien que le recyclage est une sorte de gigantesque arnaque, mais cela Nicholas Georgescu-Roegen l’avait déjà expliqué dès 1979 dans son ouvrage La décroissance – Entropie – Écologie – Économie: « il n’y a pas plus de recyclage gratuit qu’il n’y a d’industrie sans déchets« .

Face à la pénurie généralisée de matières premières, les industriels promettent pourtant une sorte d’économie circulaire magique où tout serait récupéré, sans dire que le recyclage est lui-même fortement consommateur d’énergie et surtout qu’il est de plus en plus difficile.

En cause, des matériaux toujours plus complexes (alliages, composites…) qui rendent de plus en plus impossible la séparation des métaux que nous y avons assemblés. « Le cercle vertueux du recyclage est percé. » En fait, il s’agit moins d’un « cercle vertueux » que d’un boyau percé…

Et les nouvelles technologies dites vertes sont généralement basées sur « des métaux moins répandus et contribuent à la complexité des produits, donc à la difficulté du recyclage« .

Un exemple parmi d’autres, la consommation des voitures. Pour la faire baisser, on pourrait diminuer la taille des voitures ou leur puissance, sans même parler de diminuer le nombre de voitures. Bien évidemment, ce n’est pas la solution retenue par l’industrie qui préfère développer et utiliser des alliages toujours plus complexes, utilisant des métaux toujours plus rares et très difficilement recyclables.

Philippe Bihouix résume assez bien l’impasse des énergies renouvelables et des technologies vertes:

Eolien, solaire, biogaz, biomasse, biocarburants, algues ou bactéries modifiées, hydrogène, méthanation, quels que soient les technologies, les générations ou les vecteurs, nous serons rattrapés par un des facteurs physiques : impossible recyclage des matériaux (on installe d’ailleurs aujourd’hui des éoliennes et des panneaux solaires à base de matériaux que l’on ne sait pas recycler), disponibilité des métaux, consommation des surfaces, ou intermittence et rendements trop faibles. Les différentes énergies renouvelables ne posent pas forcément de problème en tant que tel, mais c’est l’échelle à laquelle certains imaginent pouvoir en disposer qui est irréaliste. (…) Il n’y a pas assez de lithium sur terre pour équiper un parc de plusieurs centaines de millions de véhicules électriques et pas assez de platine pour un parc équivalent de véhicules à hydrogène. »

En fait, il s’agit d’une véritable « impasse extractiviste, productiviste et consumériste. » La réalité du monde physique nous dit ainsi que les solutions actuelles basées sur la voiture électrique, à hydrogène ou à tout ce que vous voulez ne sont ni viables ni soutenables à l’échelle planétaire.

Alors, on ne peut qu’être profondément troublé quand on voit tant de gens qui se disent et se pensent sans doute sincèrement écologistes défendre des solutions basées sur le Green Business en général et l’électro-mobilité en particulier. Car, il ne peut être question de dire ici que « cela va dans le bon sens ». En fait, cela va justement dans le très mauvais sens, à savoir faire accroire aux gens et aux politiques que l’innovation technologique va nous permettre de nous en sortir.

Dit autrement, un constructeur de voitures diesel est peut-être un vulgaire pollueur provoquant pillage de matières premières, émissions de polluants et de CO2 tout en détruisant la santé des gens. Mais, au moins, il n’a pas la prétention de « sauver la planète ». Un constructeur de voitures électriques comme Tesla a par contre des prétentions écologiques alors même qu’il va probablement encore plus loin dans le pillage de ressources rares et nécessitant toujours plus d’énergie à extraire (lithium, platine, etc.).

Par ailleurs, il ne s’agit pas de dire que les énergies renouvelables sont mauvaises en soi, elles peuvent jouer un rôle important dans le cadre de l’effondrement, mais il s’agit de dénoncer l’hybris d’un Green Business qui voudrait nous faire croire que l’on peut et que l’on doit industrialiser à grande échelle le renouvelable. Dans le domaine énergétique, la seule voie encore viable et soutenable reste la sobriété, la diminution drastique de notre surconsommation. Est-ce compatible avec le Business tout court?

En fait, tout se passe comme si c’était désormais l’heure de vérité pour le Green Business. Les solutions électro-écolo et la high tech environnementale apparaissent désormais assez clairement comme de fausses solutions destinées uniquement à la classe mondialisée des super-riches qui veulent se donner bonne conscience.

Rien que le vélo à assistance électrique est une fadaise. Voire même pire, car le vélo est justement à la base une technologie low-tech idéale, nécessitant très peu de matériaux et facilement recyclable. En tant que mode de déplacement autogène, le vélo est sans doute l’outil adapté pour limiter et survivre à l’effondrement. Et pourtant, on trouve désormais une multitude de startups qui veulent électrifier le vélo ou le doter de toujours plus de technologie qui va à l’encontre de l’esprit même du vélo. Certains parlent désormais même de vélo à hydrogène. On a presque envie de rire si cela n’était pas si pitoyable et si l’enjeu n’était pas si dramatique.

En effet, il ne s’agit pas de conclure de tout ceci que toutes les technologies sont à jeter et qu’il faut « revenir à la bougie », comme aiment bien le dire les technologues. La question est plutôt de redéfinir nos besoins et de s’orienter vers des technologies de basse intensité, des technologies « low-tech » telles que celles mises en avant par exemple par Kris de Decker dans son Low-Tech Magazine.

Le problème, c’est que derrière le Green Business, il y a tout simplement le Big Business. Ou plutôt, en utilisant le vocabulaire du sociologue Pierre Bourdieu, le Green Business est un sous-champ du champ relatif au Big Business.

Et pour le Big Business, il ne saurait être question de s’orienter vers le low-tech. L’immense intérêt du Green Business pour l’industrie est de maintenir l’illusion que les innovations technologiques vont permettre de nous en sortir, ce qui est faux. Et surtout, Big Business ou Green Business partagent la même appétence pour des technologies toujours plus complexes, consommatrices de ressources rares et de haute technologie.

A l’inverse, la low-tech, que l’on pourrait définir comme la technologie de basse intensité, cherche plutôt à promouvoir des technologies basées sur la robustesse, le recyclage et la frugalité: « éviter les alliages, concevoir des objets modulaires, réparables. Il faut innover dans le « faire moins » et le « faire durable ». Il nous faut une innovation qui ait une finalité différente de celle d’aujourd’hui. »

On le voit, on est ici très loin du modèle actuel d’une industrie basée sur l’obsolescence programmée.

Pour rester dans le domaine du vélo par exemple, au lieu de développer des vélos électriques intégrant toujours plus de haute technologie, préférons ainsi des vélos utilitaires modulaires, sans perdre de vue que le vélo en soi est déjà une technologie low-tech… Philippe Bihouix nous rappelle d’ailleurs à ce propos que « la vraie voiture propre, ou presque, c’est le vélo ! »

En outre, dans le domaine du transport, la véritable approche low-tech reste sans doute la marche… Ce qui n’est pas sans poser de problèmes dans un monde périurbain fait avant tout pour la voiture. Comme cela n’aurait pas de sens de raser les lotissements pavillonnaires, il faut plus que jamais s’interroger sur l’avenir de ces lotissements périurbains et chercher des solutions du côté de la réparation de l’étalement urbain.

En matière d’innovation technologique, il faut se poser une question simple: pour chaque invention, pour chaque innovation, il faut non pas envisager le gain à court terme pour l’usager ou la société, mais envisager quel est le résultat d’une généralisation de cette innovation à l’échelle planétaire.

Quand on parle de voiture électrique ou de voiture à hydrogène par exemple, il faut donc d’abord envisager leur généralisation à l’échelle d’un parc automobile mondial d’un milliard de voitures tout en prenant en compte le fait que tous les spécialistes tablent sur trois milliards de voitures en circulation sur Terre en 2050. Dès qu’on a abordé la question sous ce simple angle, on comprend tout de suite que cela n’a plus aucun sens…

Et on peut raisonner de la même manière pour le vélo à assistance électrique, les logements BBC (bâtiments à basse consommation) bourrés d’électronique ou l’Hyperloop du techno-gourou Elon Musk.

C’est pourquoi, si on veut juste accélérer l’effondrement général, continuons dans cette voie. L’effondrement, c’est maintenant!

 

Image tirée du film La route (2009) de John Hillcoat, adapté du bestseller de Cormac McCarthy, via Allociné.

Marcel Robert

A propos de Marcel Robert

Fondateur du site Carfree France et auteur des livres "Vélogistique", "Pour en finir avec la société de l’automobile" et "Îles sans voitures".

11 commentaires sur “L’effondrement, c’est maintenant!

  1. Henri Bourjade

    Ce pic viendra, mais il n’est pas pour tout de suite. Il est fort probable que dans l’intérêt de minorités, toutes les ressources de la terre vont être surexploitées. Les humains vont s’acharner à exploiter toutes les ressources d’énergie fossile carbonés, entraînant irrémédiablement un grand réchauffement.

    Sans la révolution agricole du néolithique, il est probable que l’environnement des pays désertiques au sud et à l’est de la méditerranée serait bien plus vert. Et les pays nordiques bien plus froids. La faune sauvage en Europe a bien changé. Les loups, les lions, les bisons on disparu d’Europe, avec toute une faune et une flore sauvage.

    Continuellement l’impact de l’homme sur la terre va aller croissant. Les progrès de l’éducation dans le monde ont pour corollaire la réduction massive de la misère mais aussi l’exploitation de chaque recoin de la planète.

    La croissance accélérée de l’économie mondiale nous surprend. Elle ne butte pas encore dans le mur. De tous temps le monde fait la sourde oreille aux Malthus. Mais les progrès scientifiques ne sont pas infinis. Dans ce monde fini le reflux de l’espèce humaine viendra. Ce n attendant, une seule chose peut freiner l’expansion humaine. L’éducation. Les femmes éduquées font moins d’enfants. L’éducation inclut de plus en plus un regard sur les faits environnementaux. La conscience de la situation ne peut que croître.

  2. vu de sirius

    Merci pour cet article et à signaler l’excellent article de Fabrice Nicolino sur son blogue concernant le business des éoliennes.

  3. Vincent

    > Peak Everythnig → Peak Everything.

    Malheureusement, le pic de pétrole ne sera même pas l’occasion de mettre un terme à deux siècles d’industrialisation, puisqu’on sait depuis des décennies produire du carburant à partir de charbon – même si le rendement est pourri et la méthode extrêmement polluante.

    Comme dit lephysicien Étienne Klein : on brûlera tout. Il suffit de voir ne serait-ce que l’extrême résistance à simplement réduire la place de la voiture en ville.

    Côté positif : la physique a toujours le dernier mot.

    vu de sirius > Merci pour cet article et à signaler l’excellent article de Fabrice Nicolino sur son blogue concernant le business des éoliennes.

    http://fabrice-nicolino.com/?p=2068

    De fait, c’est un coup dur pour les écologistes d’apprendre que même les éoliennes et les panneaux solaires ne nous sauveront pas.

    Si, c’est le retour à la bougie. Qui veut aller faire un stage chez les Amish? 🙂

  4. Alain

    C’est bien pire qu’un retour à la bougie car la bougie, c’est de la cire… Mais l’avenir, c’est plutôt la crise, la famine, la guerre, l’extrème droite qui monte… En gros, ce qui se passe actuellement, mais en pire… Bien pire, et tellement pire qu’on ne se l’imagine pas.

    Les états sont déjà en train de défaillir, de l’Italie à la France (Dans les Pouilles en Italie ou règnent des zones de non droit, dans le sud de la France avec l’actu des gens du voyage ou dans le Nord vers Calais). Ceci n’est que le début..

    Il n’y a plus d’alternative. Les gaz de schiste américains sont déjà dans le déclin depuis 6 mois en gros, la Chine truque ses chiffres de croissance et tout le monde fait semblant de croire sinon les bourses s’effondreraient. Toutes les plus grandes banques mondiales sont au bord de la faillite. Et si tout pétait d’un coup, qui saurait survivre? Plus personne ne sait rien faire. Qui saurait fabriquer une bougie? Qui saurait survivre sans internet? sans électricité? sans gaz? Comment trouverait-on du bois dans les villes pour se chauffer? Ou sont d’ailleurs les vieilles cheminées des maisons anciennes dans les grandes villes?

    La physique ne nous sauvera de rien. D’ailleurs, la physique est à la base de ce vaste bordel de la croissance (cf. le documentaire fleuve « un siècle de progrès sans merci »).

    Si on regarde le monde ou l’histoire en prenant un peu de hauteur, que voit-on? Que tous les jours un événement peut entrainer un effondrement. Pour le moment, çà va, la corde s’effrite mais tient encore pour le plus grand bonheur des politiciens. Mais la corde est tendue, tendue à l’extrême et dans un monde où l’ordinateur et le portable à remplir les savoirs anciens, ne nous voilons pas la face: seul le  désastre est l’avenir.

  5. Pédibuspedibus

    Vive l’effondrement gravitationnel! De nos systèmes d’activités informes, à faible rendement socio environnemental, usines à gaz promises à la casse sitôt le retour sur investissement jugé toujours insuffisant, on doit espérer troquer la matière et l’énergie contre l’information, l’intelligence et le lien social : positivons sans être radioactifs aux positons… Singeons les étoiles : du gaz à la lumière, sous l’effet du poids de l’accrétion…

    Sinon les plus belles inventions restent à faire : une par décennie du genre roue, brouette, vélo, essieu sur rail… et nous pourrions alors tourner bien plus rond… Les critères devraient être simplicité, robustesse et rétroactivité corrective ; l’idéologie diogénique, le tonneau avec un fond et la consommation… modérée (boaaa).

    Les marchands nous ont aidé à sortir des serres des tyranneaux, l’autonomie de la pensée et de l’agir devrait maintenant les mettre sous la tutelle du terrien bon citoyen de la petite planète bleue.

  6. la decroiss

    J’ai lu cet argumentaire pratiquement mot à mot sur le journal la décroissance des casseurs de pub il y a un mois auparavant,

    c’était un de ses principaux gros titres ….. avec les mêmes références

    Bonne journée

  7. Gino

    Voir le travail du groupe Adrastia, qui considère le déclin comme inévitable et réfléchit plutôt à la manière de l’accompagner qu’à celle de l’éviter : http://adrastia.org/

  8. Tom34

    Evidemment, écrire « le VAE est une fadaise » est de la provocation. Mais je vais quand même réagir.

    Le vélo hybride à propulsion humaine/électrique est justement, de mon expérience, le meilleur exemple de technologie résiliente.

    C’est le seul véhicule à moteur qui fonctionne encore quand le moteur est HS ou l’énergie épuisée (il est alors en mode vélo à propulsion humaine).

    C’est le véhicule à moteur, autorisé sur route, avec le meilleur ratio pour déplacer principalement son chargement, et accessoirement sa mécanique. 80% de la masse déplacée est la masse utile (cycliste + chargement) et 20% inutile (vélo + moteur + batterie).

    Encore mieux, c’est un véhicule pouvant facilement être propulsé à 100% énergie renouvelable (humaine), et dont on active l’assistance mécanique en cas de besoin (ou de flemme).

    Et quel autre véhicule à moteur est transportable à main nues par son conducteur ? Réparable avec de simples outils ?

    A+

    TOM.

  9. Ledian

    Merci pour cet article que je trouve essentiel sur le fond. Une sobriété matériel et technologique est la seule issue envisageable ou nous allons droit au chaos dans les prochaines décennies. Un petit bémol sur le moteur électrique qui peut être une solution pour certains usages, aide aux handicaps par exemple ; mais je suis d’accord qu’il ne pourra pas se substituer au moteur thermique actuel. L’alternative à l’automobile étant : un autre aménagement du territoire basé sur les transports collectifs, la marche et le vélo.

    Le green business, les green technologies sont comme une ultime tentative de la société de consommation technicienne de survivre et poursuivre son idéal délétère d’effacement du vivant… Il est à craindre que les thèmes écologiques seront ainsi les uns après les autres récupéré et mis au service de ce système, qui est avant tout un système de pensée. Nous sommes dans une métaphysique d’hyperconsommation et d’identification aux objets technologiques. C’est cette métaphysique qu’il faudrait avant tout questionner et attaquer de front.

  10. Haricophile

    Encore une fois le problème c’est pas les ressources, le problèmes sont les déchets. Notre planète est polluée à mort, elle se réchauffe et on n’en connait pas les conséquences en dehors du fait que certains territoires dans le monde sont déjà condamnés dans un avenir proche, on ne sait toujours pas recycler le nucléaire (ni même démonter proprement une centrale et encore moins arrêter la pollution des cœurs fondus de Fukushima qui se baladent dans le sous-sol).

     

    Si on continue, on sera morts bien avant d’avoir épuisé les ressources.

  11. Françoise

    Pour limiter les dégâts, pourquoi ne pas penser à notre RESEAU FERRE ? dont la moitié des lignes, tant pour les voyageurs que pour le fret, ont été supprimées ou désaffectées (sans aucun bon sens à mon avis), dans le courant des 50 dernières années, pour mieux faire fructifier l’industrie automobile. A présent, ce serait peut être intelligent de remettre en état et en service les lignes qui peuvent encore l’être. Certaines régions y ont déjà pensé, dont celle où je réside.

Les commentaires sont clos.