Roadshow par Hubert Blanz

Le travail du photographe et artiste visuel antrichien Hubert Blanz est principalement axé sur l’architecture et les espaces urbains, mais aussi sur l’infrastructure urbaine, les modèles spatiaux et les réseaux géographiques et virtuels. Les métropoles, leur expansion rapide et constante, les défis qu’elles posent, leurs visions et leur impact sur notre vie en commun constituent un thème central de ses travaux.


Kazys Varnelis écrivait dans The Infrastructural City que « l’infrastructure n’est plus une solution » et Blanz semble attirer notre attention sur cette question avec cette série de photos intitulée Roadshow réalisée en 2007.

Roadshow est une série d’images formées et construites à partir d’enregistrements numériques de réseaux d’autoroutes, de routes, de ponts et d’intersections préexistants. Les images sont à la fois des documentations d’espaces bâtis réels et la recréation imaginaire de nouvelles villes potentielles.


Ces réseaux hors de contrôle se développent sans limites et de manière anarchique tout en semblant avoir cessé de soutenir les plans d’urbanisme pour devenir aussi importants que les villes elles-mêmes.

Ils illustrent d’une certaine manière la fuite en avant vers le toujours plus d’infrastructures routières. L’automobile individuelle étant intrinsèquement inadaptée pour assurer un flux massif de personnes, la vocation de toute infrastructure routière est de finir congestionnée. Dès lors, il ne reste plus qu’à construire de nouvelles infrastructures ou d’augmenter la largeur de celles en service jusqu’à la congestion suivante.

Suivant le principe bien connu « si vous construisez, ils viendront, » les politiques au service des automobilistes ne servent qu’à multiplier des infrastructures routières de plus en plus délirantes. Comme le disait l’historien Lewis Mumford, « ajouter des voies de circulation pour faire face à la congestion du trafic, c’est comme desserrer sa ceinture pour soigner l’obésité. »

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Or, en matière de mobilité, on ne cherche pas à soigner l’obésité automobile, elle est consubstantielle du mode de vie et de développement automobile: toujours plus d’obèses à l’intérieur de voitures toujours plus grosses roulant toujours plus vite sur toujours plus de routes. C’est aussi ce qu’on appelle parfois le « cercle vicieux de l’automobile. »

Et pourtant, on sait désormais que pour diminuer la congestion, il ne faut surtout pas créer de nouvelles routes ou développer celles déjà en service. La meilleure solution en la matière, c’est le paradoxe de Braess qui nous l’explique: de la même manière que créer de nouvelles routes détériore la situation, supprimer des voies de circulation ou mieux, fermer à la circulation des voies routières, permet de… réduire la congestion.

3 commentaires sur “Roadshow par Hubert Blanz

  1. Letard

    Bonjour à tous et toutes,

    Plus de routes exigent plus d’entretiens et plus de réparations.

    C’est ce que ne semble pas avoir compris nos gestionnaires de voiries de papier.

    Le trafic automobile détruit,  démolit le revêtement dés rues et des routes mais aussi leurs supports qui peuvent être des ponts et des tunnels.

    Leurs réparations ne peut que créer qu’un gouffre financier qui ne peut qu’augmenter et ne jamais être comblé.

    A votre service.

    Danny

  2. Letard

    Bonjour à tous et toutes,

    Les photos présentés dans cet article me semblent montrer toute la fragilité d’infrastructures faites de ponts en béton précontraint qui ne tient qu’à un fil …

    A votre service.

    Danny.

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