Un graphique qui a de l’avenir

evolution-automobile-co2

Evolution comparée de la production automobile mondiale et de la concentration en CO2 dans l’atmosphère. Cliquez sur le graphique pour l’agrandir (Source : CarFree France)

En 2008, on avait eu l’idée de mettre sur un même graphique l’évolution de la production mondiale de voitures depuis l’origine (fin 19ème siècle) et l’évolution de la concentration en CO2 dans l’atmosphère depuis la même date. Surprise: les deux courbes collent presque parfaitement…

Si l’on observe en effet l’évolution de la production automobile mondiale et la concentration en CO2 dans l’atmosphère depuis l’apparition de l’automobile dans les années 1880, on est frappé par la similitude des deux courbes. Bien sûr, l’automobile n’est pas la seule responsable des émissions de CO2, mais la croissance continue du parc automobile et de la production mondiale de voitures semble avoir un impact certain sur la croissance à la fois des émissions de CO2 et de la concentration de CO2 dans l’atmosphère.

>> Automobile, CO2, effet de serre et réchauffement climatique

D’après l’Organisation météorologique mondiale (OMM),la teneur moyenne en dioxyde de carbone (CO2) de l’atmosphère terrestre s’établissait en 2006 à 381,2 parties par million (ppm), soit 27% de plus que le maximum atteint au cours de ces 650.000 dernières années.

En 2009, la teneur moyenne en dioxyde de carbone (CO2) de l’atmosphère terrestre a atteint les plus hauts niveaux jamais enregistrés. En 2009, l’atmosphère terrestre contenait ainsi 387 ppm, contre 275 ppm avant la Révolution industrielle. Pour info, 350 ppm serait pour beaucoup de scientifiques le seul moyen de « maintenir une planète semblable à celle où des civilisations se développent »… bref, une planète vivable!

Et pendant ce temps-là, la concentration de CO2 dans l’atmosphère continue d’augmenter… et ce n’est pas la voiture électrique qui changera grand chose à ce climaticide en cours.

Précisons également que le parc automobile mondial est composé actuellement d’environ 1 milliard de voitures en circulation. Les cranes d’œufs du Fonds Monétaire International (FMI) prévoient quant à eux trois milliards de bagnoles en circulation en 2050… Et pendant ce temps-là, la concentration de CO2 dans l’atmosphère continue d’augmenter…

Bref, l’avenir est sombre. Terminons sur une légère touche d’optimisme. Le CRDP (Centre Régional de Documentation Pédagogique) du Limousin, un établissement public à caractère administratif placé sous la tutelle du ministère de l’Education nationale, vient de nous solliciter pour intégrer ce graphique dans un de leurs ouvrages destinés aux enseignants et intitulé «  »Les énergies renouvelables et leurs utilisations ».

Une petite parcelle d’oxygène dans un monde de CO2…

Marcel Robert

A propos de Marcel Robert

Fondateur du site Carfree France et auteur des livres "Vélogistique", "Pour en finir avec la société de l’automobile" et "Îles sans voitures".

16 commentaires sur “Un graphique qui a de l’avenir

  1. Gari

    « la croissance continue du parc automobile et de la production mondiale de voitures semble avoir un impact certain sur la croissance à la fois des émissions de CO2 et de la concentration de CO2 dans l’atmosphère »

    Même si je suis globalement d’accord, je rappelle tout de même que, si la causalité entraine la corrélation, l’inverse n’est pas vrai. Attention donc à ne pas faire de conclusion hâtive à la seule lecture de deux courbes.

    (question : avez-vous rapproché la courbe de production de vélo et celle de la teneur moyenne en C02 ? Je suis persuadé qu’il y aura aussi une forte corrélation…)

  2. HIbou

    Que voila un argument fallacieux !

    Si on mettait la courbe de la population mondiale face à celle du CO2 il y aurait aussi une corrélation en choisissant bien les échelles !

  3. Gari

    @Hibou : Je peux me tromper mais, d’après mes souvenirs, l’échelle n’a rien à voir avec la valeur de corrélation de deux courbes…

  4. Tassin

    Bien dit GARI, d’ailleurs je suis sr que si on met en parallèle la courbe des emissions de CO2 et de production de trombones on obtient la même chose.

  5. Lapinou

    Pourquoi utiliser un graphique dont l’échelle est trafiquée pour appuyer ce fait ? L’échelle de droite commence à 288 alors que celle de gauche commence à 0.

    moins de voiture ! plus de vélo !

  6. CarFree

    Et la courbe du CO2 avec la production de carottes, idem! Autrement dit, tout est dans tout, et on ne peut rien dire, rien faire, juste respirer les gaz d’échappement et fermer sa gueule…
    Et au passage Lapinou chimiste, si la production de voitures a commencé à 0 au 19ème, la concentration de CO2 dans l’atmosphère n’a quant à elle jamais été de 0…

  7. LomoberetLomoberet

    L’a pas tord LAPINOU !

    Mais les saletés à moteur qui rendent les cons gras et laches n’existaient pas avant 1900, alors que le CO2 est un composant de l’air atmosphérique qui existait déjà bien avant la prolifération des crétins motorisés !

  8. boddah

    même si le graphique est discutable, l’objectif ne l’est pas, alors arrêtons les blablas qui polluent et vive le vélo !

  9. Lapinou

    Comme vous les dites : dans certains cas, on peut faire dire ce qu’on veut aux graphiques. Personnellement, je me demande parfois leur utilité, même si la cause est noble et l’article qui l’accompagne intéressant.

    Mais Boddah a raison cessons cette digression et laissons place à la communication et à l’action.

  10. Gari

    @Carfree : ce n’est pas parce que la méthode n’est pas correcte (prendre une corrélation pour une causalité) qu’on « ne peut rien dire, rien faire, juste respirer les gaz d’échappement et fermer sa gueule ».
    Je l’ai déjà dit et je me répète, je suis bien trop anti-voiture pour accepter que de faux arguments pour aider notre cause apparaissent, au risque que ce genre d’argument soit démonté et tourné en ridicule lors d’un éventuel débat public. Vous vous imaginez sortir ce graphique dans une réunion publique quelconque ? C’est la risée assurée.
    Il y a beaucoup d’articles particulièrement intéressants sur Carfree, vrais et pertinents, et c’est pour cela que je viens ici. Que certains articles soient faux (en tout cas en terme d’interprétation) ne prête pas à conséquence à condition de le remarquer et de ne pas utiliser les arguments de ces articles…
    J’admets cependant bien volontiers ne servir que de « critique » ici, n’ayant jamais publié un article moi même. J’ose cependant espérer que mes critiques permettent d’aller dans le bon sens, c’est à dire à renforcer les arguments de la cause anti-voiture (en évitant d’y intégrer de faux arguments).

    @Lapinou : Il n’y a strictement rien de trafiqué sur le graphique, la corrélation est tout à fait correcte. Un test de corrélation n’a que faire des différences d’échelle ou des origines, elle se borne à comparer l’évolution de deux courbes conjointement dans le temps.

  11. Marcel RobertMarcel Robert

    Eh bien, je vois que ce graphique suscite de nombreux commentaires et critiques, tant mieux! Je ne reviendrais pas sur la question de l’échelle ou sur l’hypothétique traficotage des chiffres et du graphique, je pense que la question est réglée. Par contre, il me semble utile de préciser une ou deux choses. Plusieurs commentaires parlent de « corrélation »… à aucun moment dans mon article je n’utilise ce terme qui a une définition statistique précise. A vrai dire, je n’ai pas cherché à déterminer le coefficient de corrélation des deux séries de chiffres, et je ne sais si cela aurait un sens! Donc, la vraie question (posée par Gari) est celle de la « causalité ». Dans mon article, je précise bien que l’augmentation du parc automobile à un rôle dans l’augmentation de la concentration en CO2 dans l’atmosphère tout en rappelant qu’il ne s’agit bien évidemment pas de la seule cause…!
    Les chiffres habituels attribuent en général à hauteur d’environ 25% la part des transports routiers dans les émissions mondiales de CO2 (désolé, je n’ai pas la source). Mais ce chiffre est à mon sens complètement faux, car il ne prend pas en compte les « émissions grises » de l’automobile, depuis la production des voitures et l’extraction des matières premières permettant de les produire, jusqu’à l’extraction du pétrole et son transport jusqu’aux pompes à essence, en passant par la destruction et le recyclage des voitures… La réalité est donc beaucoup plus importante que ces 25%…
    Voir à ce sujet:
    http://carfree.fr/index.php/2009/06/19/emissions-grises-de-co2-et-bilan-carbone-de-lautomobile/
    Il y a donc bien à mon sens une relation de causalité entre phénomène automobile et concentration de CO2 dans l’atmosphère, même si je le redis, l’explication de la concentration élevée de CO2 dans l’atmosphère est multicausale.
    L’objet de ce graphique était dans ce contexte uniquement de rappeler ce rôle important de l’automobile dans la concentration de CO2 dans l’atmosphère… et je ne vois toujours pas ce qui n’est pas correcte dans cette approche? En tout cas, cela n’a pas semblé choquer le CRDP.

  12. Pim

    Ce graphique ne me semble pas si absurde… à condition, comme l’explique Marcel, de considérer la voiture+ ses émissions grises. Dans ce cas, on associe la voiture et la production industrielle et toute l’activité (voire sur-activité) humaine, et on se retrouve avec un graphique que l’on voit souvent qui met en évidence l’influence de l’activité humaine depuis l’ère industrielle …

    par exemple ce lien… http://www.asder.asso.fr/httpdocs/documents/Bilan%20carbone%20-Inddigo%20-29%20janvier%202009%20pour%20site%20internet%20asder.pdf

    conclusion : (pour ceux qui parlaient de production de trombones) : oui on a bien le meme genre de courbe si on prend en compte la production de n’importe quel objet produit industriellement depuis le XXè siècle.
    Par compte, ce qu’il ne faut pas conclure c’est des raccourcis du genre « la voiture est la seule responsable du réchauffement climatique »… ce qui est totalement absurde!

  13. Gari

    Le graphe ne me gênait que parce qu’il semblait être posé en preuve ; la mise au point de Marcel Robert (« L’objet de ce graphique était dans ce contexte uniquement de rappeler ce rôle important de l’automobile dans la concentration de CO2 dans l’atmosphère ») recadre sa portée : celle d’une conséquence, d’une illustration du problème.

    Je pense qu’il faudrait tout de même changer l’introduction de l’article, qui pose quand même le graphique en « preuve de la cause ».

    Je propose :
    « En 2008, afin d’illustrer le fait que l’automobile joue un rôle important dans l’augmentation de la concentration en CO2 de l’atmosphère, on avait eu l’idée de mettre sur un même graphique l’évolution de la production mondiale de voitures depuis l’origine (fin 19ème siècle) et l’évolution de la concentration en CO2 dans l’atmosphère depuis la même date. On ne peut que constater que les deux courbes collent presque parfaitement… »

    Ca peut paraitre du pinaillage, mais ça permet de clarifier la situation.

  14. LomoberetLomoberet

    Dans ces graphiques on peut extrapoler de manière assez nette une ressemblance des courbes, mais la courbe du nombre de voitures ne doit pas être très différente de la courbe de consommation d’énergie fossile qui a accompagné la période industrielle, qui elle n’a guère pris son essor avant la fin du XIXème siècle.
    Il serait interressant de trouver l’évolution du CO2 depuis l’antiquité (à vrai dire depuis la découverte de la metallurgie, qui a massacré les forêts à rythme accéléré au moyen-âge et jusqu’à l’avènement des énergies fossiles)

  15. Jean-Marc SérékianJMS

    « Les carottes Antarciques sont formelles »
    les activités humaines ne sont pas responsables du « réchauffement climatique »…
    Ne pas confondre « activité humaine » et « activité industrielle », les carottes Antarciques sont formelles.
    Je propose cet article à carfree
    jms

  16. blondin

    la seule chose que je remarque est l’odeur nauséabonde qu’il y a dans nos villes et cela devrait suffire à faire réfléchir et à moins voir plus utiliser la voiture, moto et aussi l’avion…
    trier , ne pas trop chauffer chez soi et voilà…

Les commentaires sont clos.