Le Grenelle du pétrole

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Le mouvement de lutte contre la réforme des retraites est désormais terminé et on peut déjà tirer un premier bilan pour les compagnies pétrolières qui s’en sont mises plein les poches et qui ont pu encore plus polluer que d’habitude avec la bénédiction du gouvernement français.

C’est en effet le Canard enchaîné qui nous l’apprend dans son édition du 3 novembre 2010: « Baroin aide les pétroliers à faire le plein« . Pour permettre aux automobilistes de remplir leur réservoir durant le mouvement social, le gouvernement n’a reculé en effet devant aucun sacrifice.

En premier lieu, le ministre du budget François Baroin a décidé de suspendre la perception de la taxe générale sur les activités pétrolières (TGAP) pendant 3 semaines en octobre, soit un manque à gagner estimé par les Douanes à environ 7% sur le prix de chaque litre de carburant vendu à la pompe durant cette période…

Quand on sait qu’il se vend en moyenne 4 milliards de litres de carburant par mois en France, on peut estimer le cadeau fiscal aux compagnies pétrolières à environ 250 millions d’euros, sans compter les gains éventuels liés à l’augmentation du prix des carburants durant cette période.

En effet, cette « facilité » accordée aux compagnies pétrolières n’a pas empêché le prix du carburant de flamber à la pompe pendant 3 semaines…

Le but de ce généreux cadeau fiscal était de « faciliter l’approvisionnement des pompes à essence« .

Approvisionnement qui ne connaissait pourtant aucun problème puisque le premier ministre François Fillon disait lui-même très officiellement durant cette période « qu’il n’y avait pas de pénurie« …

Le plus drôle et le plus ridicule était sans doute Dominique Bussereau, secrétaire d’état aux transports, qui déclarait un soir d’octobre au journal de 20 heures qu’il n’y avait pas de pénurie d’essence en France, juste après un reportage où on voyait des stations d’essence fermées et des files d’automobilistes attendant désespérément leur dose de carburant dans les rares stations encore ouvertes…

Mais le gouvernement ne s’est pas arrêté à quelques largesses financières à destination des entreprises les plus rentables de la planète (pour mémoire, le seul groupe Total fait en moyenne une douzaine de milliards d’euros de bénéfices par an).

Plus grave, Bercy s’est carrément assis sur la protection de l’environnement et de la santé des gens pour que les automobilistes puissent continuer à rouler coûte que coûte. On apprend en effet par le Canard Enchaîné que le gouvernement a accordé durant cette période une « certaine tolérance quant aux spécifications techniques des carburants« …

En clair, on a importé un maximum de carburants de l’étranger puisque toutes les raffineries françaises étaient en grève, sans être trop regardant sur la qualité et en oubliant les normes habituelles en matière de protection de l’environnement…

D’un autre côté, ce n’est pas ça qui va déranger vraiment Jean-Louis Borloo, le ministre de l’écologie et du développement durable, dont l’unique préoccupation durant le mois d’octobre semblait être l’approvisionnement des stations d’essence et l’importation de carburant depuis les pays étrangers…

Vite, un Grenelle du pétrole !

Marcel Robert

A propos de Marcel Robert

Fondateur du site Carfree France et auteur des livres "Vélogistique", "Pour en finir avec la société de l’automobile" et "Îles sans voitures".

38 commentaires sur “Le Grenelle du pétrole

  1. MinouMinou

    « Le mouvement de lutte contre la réforme des retraites est désormais terminé […] »

    NON ! Non non non non non ! D’accord pour tout le reste de l’article mais là non ! Tout mais pas ça ! C’est le discours que nous ont rabâché les médias sarkozystes dès que la loi a été votée, comme s’il ne valait plus la peine de se battre… « puisque le loi elle a été votée »…
    Dans les prochains mois, une manifestation nationale pourrait avoir lieu à Paris. Et demain, les manifestations locales reprennent. Non, la lutte n’est pas finie !

  2. Jean-Marc

    Pareil que Minou ^^

    Sinon, outre le cadeau de la TGAP et la (non)qualité des carburants, il y a d’autres facilités accordées pendant la grève, pour la rendre inopérante :

    http://www.liberation.fr/economie/01012296264-de-plus-en-plus-de-stations-service-sont-a-sec

    « Le transport des poids lourds de 44 tonnes transportant des hydrocarbures a ainsi été autorisé sur tout le territoire.

    De plus, l’autorisation pour les poids lourds transportant des hydrocarbures de circuler le dimanche, qui avait été mise en place à titre dérogatoire pour huit régions, «a été étendue à l’ensemble du territoire national» »

  3. CarFree

    Ah bon le mouvement n’est pas terminé? J’ai cru comprendre que les raffineries ne sont plus en grève, les trains roulent normalement, et la dernière manif était plutôt un échec… On peut toujours prendre ses désirs pour la réalité mais je pense plutôt que c’est foutu, comme en 2003 d’ailleurs… Le mouvement a basculé avec la reprise du travail dans les raffineries, car malgré les discours rassurants de fillon, en coulisse il semblerait bien que la pénurie de carburant était en train d’effrayer le gouvernement… Qui aurait pu céder si les gens avaient tous été bloquer les raffineries plutôt que de manifester en centre-ville…

  4. Gilles ChomelLécoLomobiLe

    Un aspect positif des grèves, c’est que ça encourage le covoiturage et le covoiturage, c’est mauvais pour les ventes d’auto 😎

    Politique-fiction; le 15 Octobre 2011, Dominique Strauss Khan démissionne solennellement de son poste au FMI et rentre triomphalement en France, se fait élire Président de la République où il ne baisse évidemment pas l’âge de la retraite.

    Le salariat, en France se réduit comme une peau de chagrin et il ne représentera bientôt politiquement plus grand chose.

  5. rv

    +1 avec Carfree !!!

    ré-écoutez les réponses de Ségo sur la retraite en 2012 si elle gagne…
    « retraite à 65 et à 60 pour ceux qui auront travaillés dur et longtemps… »
    ça veut rien dire de précis ça !

    et évidemment que c’est les raffineries qu’il faut bloquer, pas les centres ville !!!

  6. MinouMinou

    « Ah bon le mouvement n’est pas terminé? J’ai cru comprendre que les raffineries ne sont plus en grève, les trains roulent normalement, et la dernière manif était plutôt un échec… »

    En effet, Carfree, mais la raison en est en grande partie ce qu’ont fait les médias : avant même le début des manifestations (après que la loi ait été votée) ils disaient qu’il y avait deux fois moins de monde dans la rue. Donc les gens se disent « ah bon ben si y’a pu personne dans la rue ben j’y vais pas non plus » et ils se découragent. Pendant les vacances scolaires, c’est normal qu’il y ait eu moins de monde. Les raffineries ne sont plus en grève, d’accord, mais il y a toujours des blocages de supermarchés, des occupations, blocages et fermetures d’universités (Lyon et Saint-Étienne ces derniers jours). Les étudiants font des caisses de soutien aux salariés qui restent en grève.
    Je peux me tromper mais il me semble que beaucoup de monde ne veut pas baisser les bras.

  7. CarFree

    On est donc bien d’accord minou, le mouvement tire sur la fin, que ce soit la faute des médias ou de quoi que ce soit d’autre. Et ce ne sont pas les quelques mouvements sporadiques de ci de la qui changeront grand chose…. Mais bon, l’espoir fait vivre…

  8. MinouMinou

    Je reviens de la manifestation inter-syndicale de Lyon. Je pense que nous étions entre 5000 et 10000 !

  9. espritcritique.be

    Tout à fait, le mouvement est bel et bien terminé, même s’il risque de persister ici ou là quelques « évènements revendicatifs ». En outre, penser que ce mouvement pourrait mener à un véritable changement révolutionnaire relève selon moi d’une profonde méconnaissance des forces profondes qui maintiennent le système en place… ce qui affaiblit donc la lutte.
    Vous pouvez consulter à ce sujet http://www.espritcritique.be/?p=191 ou encore, moins directement lié http://www.espritcritique.be/?p=100

  10. MinouMinou

    Ben après c’est à moi, si souvent ici, qu’on reproche d’être pessimiste…
    Personne ne sait comment les choses peuvent tourner. Peut-être que de nombreux beaufs qui ont voté sarko en 2007, commencent à se poser des questions depuis les affaires Bettencourt, Malakoff Médéric…
    Peut-être que sarko va arriver à se faire détester même par les plus cons. Grèves, sabotages, blocages, tout ça fait ralentir l’économie et on ne sait pas comment peut réagir le nabot. En tout cas, on sait comment il ne réagira pas : en étant conciliant, en négociant. Il est trop prétentieux pour ça. Il trouvera d’autres bouc-émissaires pour noyer le poisson (ces derniers temps : la menace terorriiiiste).

    Au lieu d’être pessimiste, ne vaut-il pas mieux militer pour ramener la gauche au pouvoir en 2012 ? Pas le P.S., hein, la vraie gauche. Tout le monde n’est peut-être pas au courant (pour ma part je ne le sais que depuis 15 jours), mais un Front de gauche s’est constitué début 2009, qui comprend le Parti de gauche de Mélenchon, les communistes, un parti écolo (je ne sais plus lequel), peut-être bientôt le NPA, et d’autres. Mélenchon est un homme authentique. Il est lucide sur le temps que nous vivons ; pas parfait, mais ouvert d’esprit : c’est un homme capable d’entendre des conseils. Il a un CAPES de lettres et une maîtrise de philosophie (ce qui ne prouve a priori rien quant à la culture d’un homme mais lui il est humble et cultivé, il n’étale pas sa culture et il est clairement anticapitaliste). Sur l’argument fatal des journalistes, lèche-cul du gouvernement, qui lui disent « on vit plus vieux donc blahblah », il a osé, OSÉ remettre en cause la « valeur » du travail, et dire qu’on a pas à travailler toute sa vie. Qui dirait ça aujourd’hui dans nos sociétés de drogués au travail ?

    Je viens de voir l’émission puante « Vivement dimanche ». Le portait qui a été fait de lui s’est attaché uniquement à son passé (passager) de trotskiste. Pas un mot sur le fait qu’il soit à l’origine du PACS. Pas un mot sur ses études. Il est détesté par les journalistes parce qu’il est le seul homme politique à montrer leur puanteur. Ils ne le lâcheront pas mais, à mon humble avis, Mélenchon est le seul espoir de la gauche.
    Pour ceux qui ne le connaitraient pas encore, je conseille simplement de regarder des passages de Mélenchon sur des émissions politiques. Il y en a sur son blog, sur le site du Parti de gauche, sur http://www.lateledegauche.fr/, sur le groupe Facebook Télé Mélenchon…

    Une de mes Mélenchon-vidéo préférées : il démolit l’abject Apathie sur RTL2 le 29 octobre.

    Ici, Mélenchon face à deux cruchasses lors de la matinale de CANAL+ du 07.04.10.

    Ici (1ère partie) et (2ème partie), il démolit une journaliste servile sur FRANCE24 le 26.05.10

    Ici, il ridiculise des journalistes collabos, sur I-TÉLÉ le 24 octobre.

    P.S : il y a aussi une émission du 30 avril, sur le site arretsurimages.net, dans laquelle Mélenchon donne une petite leçon d’économie à un financier et « expert en économie » régulièrement invité sur TF1 et autres chaînes de télévision ; en réponse à tous les gens de mauvaise foi qui affirment que quand on est de gauche, on est forcément nul en économie…
    La vidéo s’appelle « Mélenchon-Touati, le match ». Pour pouvoir la consulter, il faut soit payer 30 euros par an soit s’inscrire gratuitement en prouvant qu’on est pauvre. Pour ceux qui pensent que ça ne servirait à rien parce que déjà convaincus, ça vaut peut-être quand même le coup d’essayer : Mélenchon est une mine d’arguments contre les cons de droite.

  11. MinouMinou

    Absolument pas ! Il a plusieurs fois critiqué sans concession le productivisme. Pas de langue de bois chez Mélenchon, il est clairement anti-productiviste. Il le dit, et à la vérité, il est obligé de faire gaffe à ne pas passer pour un « extrémiste écolo » parce que les journalistes le descendent, ils le haïssent !
    Il faut parler de lui. C’est un homme authentique qui donne toute son énergie pour sauver la gauche. S’il a des failles (il croit à l’énergie géothermique) il est ouvert au dialogue, c’est ça qui compte ! Il est clairement contre le nucléaire. Mais surtout il est pour ne plus donner autant de pouvoir à un seul homme, il veut redonner le pouvoir au parlement. Et, s’il est élu, les écologistes de toutes les maisons auront alors leur mot à dire au Parlement !!!

  12. MinouMinou

    Beaucoup d’anciens cocos très productivistes, c’est vrai. Mais pas seulement. Sur le problème de la bagnole, je suis absolument d’accord, Mélenchon est naïf voire peu éclairé sur la chose. Mais ! Mais c’est un homme ouvert d’esprit, ouvert au dialogue, capable d’apprendre, je le répète. Il veut une VIe République, il veut redonner le pouvoir au parlement. Ce n’est pas un nabot qui prendrait des décisions tout seul. Dans tous les cas, les écologistes auront beaucoup plus de place dans son gouvernement que dans celui d’une majorité P.S. La question aujourd’hui c’est de savoir qui est le plus authentiquement à gauche, qui est le plus clair dans les valeurs qu’il revendique, qui a une chance d’arriver au pouvoir ? Un tout petit parti qui fera 5%, ou plusieurs parti réunis au sein du Front de Gauche (ce qui représente actuellement environ 10%) qui pourrait bien monter très haut en un an et demi ? Quelles possibilités avons-nous ? Moi qui suis d’ordinaire si pessimiste, j’entrevois un brin d’espoir, et en gros on me répond partout « tous pourris, tous les mêmes ». Dites-moi si vous voyez d’autres solutions.

  13. MinouMinou

    Je me permets de mettre ici l’extrait d’un discours (version écrite apparemment) du 29 nov. 2008 Si les modérateurs trouvent qu’il n’a pas sa place ici, qu’ils le suppriment et laissent ce lien : http://prs88.over-blog.com/10-categorie-10651689.html

    […] Des écologistes sont présents parmi les fondateurs de notre parti. Mais cela ne suffit pas. Nous avons besoin d’être beaucoup aidés pour opérer à fond sur nous même la mutation idéologique que l’écologie politique propose. J’en appelle aux écologistes de gauche. Venez, aidez nous, prenez votre place pour fonder le programme et les propositions du nouveau parti de gauche. Ne vous laissez pas mettre à la remorque des politiciens de centre droit du type de Cohn Bendit ! Comme l’ont fait ceux qui viennent du PS : rompez les rangs ! Nous avons tellement besoin de vous ! Ne laissez pas passer l’occasion offerte à l’écologie sociale d’occuper sa place centrale au cœur d’un Parti de Gauche qui lui demande de le faire et lui tend la main ! Nous, les fondateurs du Parti de Gauche, nous proposons que dès le mois de janvier les écologistes qui le veulent, quelque soit leur appartenance, nous aident à fixer les grands axes du projet de Planification Ecologique dans le cadre du premier forum pour le programme général du Parti de Gauche.
    Réinventer la gauche dans la crise par l’action.
    Oui, nous croyons qu’après la chute du communisme d’Etat et la déroute de la social démocratie, devant les limites si vite atteintes par l’écologie politique, la gauche doit être réinventée.
    Mais on ne peut pas attendre.
    La crise du capitalisme enfonce le monde vers une nouvelle tragédie sociale et politique. La catastrophe écologique s’avance. Mais rien de tout cela n’est fatal. Rien n’est joué d’avance. On peut, on doit, changer le cours de cette histoire.
    Encore faut-il la regarder en face. Encore faut-il en comprendre la gravité. La crise du capitalisme surgit cette fois ci comme les dix sept fois précédente dans l’histoire sous la forme d’une crise financière et bancaire. Elle devient une crise économique, donc une crise sociale. Elle sera annonce une crise politique. Le toutes les relations dans les nations et entre elles vont être mises sous tensions. Ce n’est pas pour rien que Jaurès a dit : « le capitalisme porte la guerre comme la nuée porte l’orage ».
    On ne peut y faire face avec la droite. C’est évident. Mais on ne le peut pas davantage sous la direction du social libéralisme qui domine la gauche institutionnelle dans le monde. En Amérique latine, par exemple, presque tout le mouvement progressiste s’est fait sans elle et sinon contre elle. En Europe elle oscille entre l’auto dissolution comme en Italie avec les « démocrates », les gouvernements de coalition avec la droite ou la stagnation identitaire. En France elle fait les trois à la fois !
    La gauche va donc devoir se réinventer dans l’action. Concrètement. A partir des problèmes qu’elle affrontera et qu’elle voudra résoudre. C’est possible ! Sous nos yeux c’est de cette façon que s’est construite dans toute l’Amérique latine la vague des révolutions démocratiques contre le néolibéralisme. La force qui lui permet de tenir tête à l’empire agressif des Etats-Unis d’Amérique est l’implication populaire, constante, à toutes les étapes, dans les luttes et par les élections. La révolution par les élections ! Cette implication c’est à la fois le moyen et le projet lui-même. Il n’y avait pas de plan préétabli. Nous en tirons la leçon.
    Le Parti de gauche ne proclame pas une nouvelle doctrine globale. Il affronte des problèmes. Il recherche des solutions en lien avec les mouvements de la société. Il le fait à la lumière de l’expérience. Sa méthode intellectuelle est le débat raisonné et argumenté, sans a priori. Son projet socialiste porte un nom, c’est la République sociale, en France et dans l’union européenne. L’appui qu’il recherche est celui d’une société mobilisée et de citoyens motivés. Le Parti de gauche affirme qu’un autre futur est possible plutôt que le capitalisme jusqu’à que mort s’en suive. Un futur ou la marchandisation recule au lieu de tout envahir, ou l’argent n’est plus le roi des cœurs et des griffes, ou les créateurs et les savants marchent devant et les financiers derrière, ou ceux qui font tourner la machine du quotidien sont respectés, honorés et vivent dignement de leur travail, ou le droit au bonheur n’est pas un slogan de supermarché ouvert le dimanche, ou la vie douce n’est pas le droit au gaspillage et au saccage écologique. Un monde ou le travail encore et toujours n’est pas la frontière entre la vie et la mort sociale ! Bref un futur humain, tout simplement.
    [je souligne]
    La stratégie du front de gauche
    Un programme, un parti. Je viens de les présenter.
    Reste à décrire la stratégie. C’est la stratégie qui est décisive. Quelle est notre stratégie ?
    Nous pouvons la résumer.
    Nous voulons rassembler une nouvelle majorité de Français pour former une nouvelle majorité politique de gauche au Parlement et un gouvernement qui applique ce programme.
    Comment rassembler cette nouvelle majorité ? Quel est le moyen concret ?
    Ce qu’il ne faut pas faire :
    Il y a plusieurs façons de rendre cela totalement impossible. La première est d’utiliser les méthodes qui ont déjà échoué. Cette méthode, on la connaît :
    Annoncer que l’on est ancré à gauche puis dire que l’on est « réformiste » pour dire qu’on ne touchera pas aux fondamentaux du système capitaliste.
    [je souligne] Enfin proclamer que comme l’Europe est « un projet en soi », on accepte n’importe quel traité avec évidemment l’engagement d’appliquer la politique, économique, sociale et écologique qu’il contient. Car c’est la ligne de toute la social-démocratie européenne. C’est le nœud coulant avec lequel la gauche s’étrangle elle-même. Et ça évidemment, on ne le répétera jamais assez, c’est le contraire de ce qui est nécessaire à notre pays et le contraire de ce que veut la quasi-totalité des électeurs de gauche comme on a pu le constater au référendum de 2005. Il est donc vain de croire que l’on peut rassembler une majorité de Français de cette façon. Et il est absolument impossible de pratiquer une politique gouvernementale de gauche qui s’attaque aux racines de la crise sociale et de la crise écologique dans ce cadre européen.
    C’est pourtant à cette ligne que s’accroche le parti aujourd’hui majoritaire à gauche. C’est pour cela que nous l’avons quitté.
    Mettre en quarantaine le social libéralisme.
    […]

  14. CarFree

    Je comprends le raisonnement, et je le partage en partie. D’autant plus que j’ai vu un autre article-interview de Mélenchon (je n’ai plus la référence) où il dit clairement qu’il fait entrer les thèmes de la décroissance dans son mode de pensée. Je pense seulement qu’il est encore à mi-chemin dans l’élaboration d’une pensée globale et cohérente (certaines incertitudes comme dans le cas de la bagnole le montrent). Il ne s’est pas encore débarrassé complétement d’un certain mode de pensée productiviste.
    Sinon, l’hypothèse « Front de Gauche » repose aussi sur la bonne volonté du NPA à faire des accords, ce qui est loin d’être le cas toujours même si cela a pu se faire parfois avec succès.

  15. MinouMinou

    « Il ne s’est pas encore débarrassé complétement d’un certain mode de pensée productiviste. »

    C’est vrai. Mais il ne faut pas oublier que s’il parle ouvertement de décroissance aux journalistes, il est fini. Il va déjà loin, comparé aux autres, et pour ça il est décrit comme un communiste, un trotskiste…etc. Je ne sais plus quel connard de socialiste a dit qu’il préférait le FN à Mélenchon. Les socialistes sont tarés !

    C’est pourquoi aller ouvertement plus loin serait dangereux. Je pense que Mélenchon pense plus qu’il n’en dit. Il est haï, la presse va se déchaîner de plus en plus contre lui, c’est pourquoi il doit être prudent.

    Vous imaginez un candidat à la présidence qui se proclamerait ouvertement pour la décroissance dans cette société masochiste ? Jamais un tel homme ne serait élu. La majorité est masochiste, elle est ivre de travail. Vous ne pourrez lui parler de décroissance qu’après une cure de désintoxication.

    Pour ce qui est de la bonne volonté du NPA, c’est vrai que c’est problématique : ils sont encore trop fiers. Nous verrons. En tout cas, je ne suis pas doctrinaire ; je pose simplement la question de savoir quelles solutions s’offrent à nous. 2012 approche et la moitié de la France est sous perfusion sarko-médiatique. Je pense que notre tâche est maintenant de convaincre les beaufs. Ils commencent à comprendre que sarko les a entubés. Mais comprennent-ils ce qu’est la gauche ? Comment les sortir de TF1, FR2, FR3… ? Je pense que c’est LA question qui va décider du sort des élections. Il faut informer les beaufs sur ce que sont les grands médias.

    Une des solutions ? >

    http://rebellyon.info/local/cache-vignettes/L450xH600/pannaux1-14ccb.jpg

    http://rebellyon.info/La-desinformation-ne-passe-pas.html

  16. G-ROME

    Enfin Minou et Carfree vous avez peut-être raison, mais cependant on voit bien que tant qu’on cherche le pouvoir on fait toujours de beaux discours et une fois au « pouvoir » c’est maintenant j’en profite et tout dans ma poche !

    On ne peut pas chercher le pouvoir sur les autres et croire profondément que « tous les hommes sont égaux », voila pourquoi la politique apporte plus de mal que de bien.

    En tout cas super article. S’il y a toutes ces incohérences flagrantes dans les actes et ces mensonges énormes, il n’y a qu’une seule explication possible : ils puent tous la corruption

  17. MinouMinou

    OK donc soyons cyniques, n’ayons aucun espoir. « Tous pourris, tous corrompus, tous les mêmes ! ». Selon vous, Mélenchon voudrait juste le pouvoir, c’est ça ? Vous êtes malhonnête, G-Rome. Avez-vous donc seulement une fois entendu parler Mélenchon, une seule fois ?
    Il existe des hommes politiques sincères, authentiques. Ils se comptent certes sur les doigts de lapin, mais ils existent, et ils peuvent changer beaucoup de choses.

    Regardez l’exemple de sarko. Depuis 2005, il a rendu la France et les media plus fascistes qu’en 12 ans de Chirac. Ce sont les hommes politiques et les médias qui contrôlent les valeurs de la société. 5 ans peuvent changer beaucoup de choses. Si nous crachons sur tout le monde, autant se pendre !

  18. cycliste alcoolique

    @G-ROME

    « Enfin Minou et Carfree vous avez peut-être raison, mais cependant on voit bien que tant qu’on cherche le pouvoir on fait toujours de beaux discours et une fois au « pouvoir » c’est maintenant j’en profite et tout dans ma poche ! »

    Ben non. Sarko n’a meme pas pris la delicatesse de faire une seul beau discours!

  19. Antoinecycliste végé

    Oui, Mélenchon drague bien, et j’ai même été séduit, quelques instants, par le fait d’entendre des mots comme « lutte de classe » et « prolétariat » dans la bouche d’un politicien.

    Le tout n’est pas d’entendre ce que disent les politiques (à peu près aussi crédibles publiquement que n’importe quel séducteur- et c’est bien logique, il leur faut des voix) mais de voir que concrètement, le pouvoir d’État n’est pas actuellement encadré par un mandat impératif. La loi n’impose pas de comptes à rendre aux électeureuse, et encore moins la démission en cas de non respect. Autrement dit, dans ce contexte, les discours pré-électoraux n’engagent que ceux et celles qui y croient.

    Pour autant, Mélenchon est peut être sincère aujourd’hui. Mais une fois à la tête de l’État, il sera tenté, et qui ne le serait pas à cette place, de s’asseoir sur ses promesses les plus contraignantes. Je renvoie ici à une expérience de psychologie sociale où les volontaires de l’étude étaient placés dans une situation carcérale Certains jouaient le rôle de gardiens, et d’autres, de prisonniers. Assez rapidement l’expérience, a dû être arrêtée. Les gardiens, investis de pouvoirs similaires à ceux de vrais gardiens, faisaient de plus en plus subir de sévices aux prisonniers. Tout ça pour dire que, mis dans un contexte de possession de pouvoir, n’importe quel individu a de sérieuses chances de souhaiter en user et abuser, quelle que soit sa personnalité d’ailleurs, ou son engagement politique. D’où la phrase de louise michel, qui, en voyant des personnes pour qui elle avait beaucoup d’estime devenir imbues de leur pouvoir pendant la Commune, avait déclaré que « le pouvoir est maudit, c’est pour cela que je suis anarchiste ». Ce constat de la nocivité intrinsèque du pouvoir d’Etat, pourrait se rapprocher de celui de la nocivité intrinsèque de la voiture : en lui même, l’objet voiture est tel qu’il n’y a pas de bon conducteur. Et comme pour le pouvoir d’État qui transforme radicalement celui ou celle qui y accède, la voiture tend à nous transformer en fous du volant (comme ici : http://carfree.fr/index.php/2009/02/09/la-motor-mania-de-dingo/)

    Si je vois personnellement un espoir, c’est dans la lutte sociale dure, type 36 ou guadeloupe. Ce sont les seules armes dont nous disposons réellement pour imposer une autre politique. Après, rien n’empêche de faire élire mélenchon. Mais quand il sera effectivement élu, quand l’état de grâce sera passé, que la déplétion pétrolière et son lot de crises cycliques probables fera ses effets, alors la tentation sera grande pour le dirigeant d’État, qu’il soit mélenchon ou non, de prolonger la politique de rigueur actuelle. A ce moment là, ce qui risque de compter réellement ce sera, comme aujourd’hui, la pression de la rue, des assocs, etc.

  20. MinouMinou

    « Je comprends le raisonnement, et je le partage en partie. D’autant plus que j’ai vu un autre article-interview de Mélenchon (je n’ai plus la référence) où il dit clairement qu’il fait entrer les thèmes de la décroissance dans son mode de pensée. »

    À Carfree : l’article-interview en question est ici.

    Autre chose pour que chacun puisse juger de l’authenticité ou pas de ses propos :

    Mélenchon interviewé dans « Face à nous » sur la chaîne Public Sénat le 02/12/2008 à 18h45.

    Carfree disait justement : « Je pense seulement qu’il est encore à mi-chemin dans l’élaboration d’une pensée globale et cohérente (certaines incertitudes comme dans le cas de la bagnole le montrent). Il ne s’est pas encore débarrassé complétement d’un certain mode de pensée productiviste. »

    C’est possible, mais je le redis : d’une part, Mélenchon ne peut pas se permettre d’être ouvertement « radical » (il est déjà suffisamment haï et calomnié par les journalistes comme ça) ; d’autre part il est vrai qu’il n’est pas tout-à-fait cohérent mais, je le répète, c’est un homme ouvert d’esprit, ouvert au dialogue. Ce n’est pas une brute autoritaire comme l’autre nabot ou tant d’autres à gauche. Il peut entendre des conseils.

    Carfree, tu disais plus haut que les cocos sont productivistes. Absolument ! Ils sont complètement tarés, ils sont pour le nucléaire (je ne sais pas dans quelle proportion, mais ils sont tarés). Pour preuve ce communiqué du bureau de presse du PCF. Oui, vous avez bien lu : « Les Français ont consenti beaucoup d’efforts pour constituer une filière nucléaire qui fait désormais référence partout sur la planète. Le nucléaire malgré l’inconvénient majeur que constitue toujours le traitement des déchets devient en ces temps de réchauffement climatique lié à la production de gaz à effet de serre, une énergie d’avenir. » Ils sont TARÉS (attention toutefois il date de fin 2007 mais je pense que leur position là-dessus a peu changé : l’écologie, ils s’en tamponnent, nous sommes d’accord là-dessus).

    Je précise que ce n’est pas parce que Mélenchon fait front commun avec le PCF (et peut-être un jour avec le NPA) qu’il partage leurs idées. Mélenchon n’est pas communiste. Il est pour une sortie du nucléaire et, je le répète, il est en quête de solutions, il cherche, il pense.

  21. CarFree

    La photo était prémonitoire, on voit Nathalie Kosciusko-Morizet, à l’époque simple secrétaire d’état à l’écologie, dans l’ombre de Jean-Louis Borloo pour préparer ce Grand Grenelle du pétrole…
    Maintenant qu’elle est ministre d’état du développement durable, elle va pouvoir régler son compte aux thèses de la décroissance, même si ce qu’elle raconte à ce sujet n’a strictement aucun intérêt… Voir ici:
    http://www.decroissance.org/?chemin=textes/kosciuscko-morizet

  22. MinouMinou

    Merci pour le lien.

    « Si on utilise un indicateur plus global comme l’empreinte écologique, la courbe qui relie celle-ci au PIB ou à l’IDH (17) est, elle aussi, clairement croissante.

    Les progrès scientifiques sont porteurs d’espoir mais nous montrent aussi, et toujours plus, l’étendue de notre ignorance.

    Au-delà des querelles sur les courbes, c’est bien de politique dont nous avons besoin, afin de décider collectivement du futur que nous souhaitons et de la société vers laquelle nous voulons tendre.

    Même si les « fameuses courbes en cloches » existaient, nous pourrions politiquement les trouver non désirables et choisir une autre voie de développement (18), plus conforme à l’idée que nous nous faisons du progrès humain. »

    À propos d’ « indicateurs environnementaux », d’espoir, d’ignorance et du besoin de politique, un livre a été publié en 2008 exactement sur le sujet : Heidegger, Politics and Climate Change – Risking It All, de Ruth Irwin. J’en publierais bientôt un extrait sur Carfree.

  23. MinouMinou

    Oui, j’ai vu ça. Selon Nicolino, Mélenchon = PS pendant 31 ans = PS toujours. Un de ses arguments favoris est « tous pourris ».

    Quand je lui dit que Mélenchon n’est pas le messie mais qu’il me semble que c’est ce que nous avons de mieux, il me répond que je suis naïf. Nicolino prône l’abstention et le laissez-faire.

    Quand je demande à Nicolino en quoi nous pouvons espérer si, d’après ce qu’il dit, les politiciens sont « tous pourris », il me répond qu’il faut « inventer autre chose » et « attendre »… mais quand je lui demande « quoi ? », il se garde bien de répondre.

    En somme, Nicolino demande à ses lecteurs d’être « prêts », et rien de plus. D’attendre. Que ça vienne. Que quelque chose vienne. C’est profond, n’est-ce pas ? La « marche du monde », en somme. La roue, l’esprit du monde… Il me semble que c’est du nihilisme, du pessimisme, du défaitisme.

    Son argument suprême est que Mélenchon aurait un passé douteux. Franchement, je veux bien croire Nicolino sur parole (je ne connais Mélenchon que depuis octobre). Mais est-ce qu’un homme ne peut pas changer ? Est-ce que Mélenchon n’est pas ce que nous avons de mieux (ou, selon d’autres, de « moins mauvais » ) ?

    Nicolino parle-t-il du programme de Mélenchon ? Non. Comme les médias de masse, tiens ! Comme les médias de masse, il s’attaque à son passé et à sa personne, pas à son programme.

    Qui aujourd’hui, oserait dire que « travailler 40 ans c’est déjà trop » ? Qui oserait critiquer le productivisme et ces échanges commerciaux totalement absurdes ? Quel parti oserait critiquer le capitalisme vert ? Qui serait assez suicidaire pour être à l’écoute du mouvement pour la décroissance ? Qui ose dire qu’il faut prendre aux riches pour donner aux pauvres ? Mais ça, c’est du populisme, si si, c’est les médias qui le disent. Et Nicolino fait comme les médias : pas un mot sur le programme du Parti de gauche. Le programme. Pas la petite personne de Mélenchon. Le programme. J’admirais beaucoup Nicolino jusqu’à ce qu’il devienne fou. Car c’est de la folie de vouloir qu’un homme soit sans tache, c’est de la folie de nier qu’un homme puisse changer, puisse être ouvert d’esprit. Tout ce qui l’intéresse, c’est son passé.

    Pourtant, un jour, voici ce que Nicolino lui-même a dit de Vincent Cheynet :

    « Vincent Cheynet a travaillé dix ans dans la publicité, qui est l’industrie du mensonge. Je ne lui en fais aucunement le reproche, car je souhaite sincèrement que les individus les plus baroques se mettent en mouvement. »

    Pourquoi Nicolino ne souhaite-t-il pas que Mélenchon se mette en mouvement, alors ? Non, il préfère attendre la catastrophe écologique définitive pour prouver que lui, Mr Nicolino, avait raison. Attendre en parlant de la multitude de petites et grandes associations écolos qui – aussi louables et nécessaires soient-elles – ne seront jamais aussi puissantes qu’une légitimité politique sincère et des lois étatiques. Je pensais être plus pessimiste que lui, je me suis trompé. Je le répète, Nicolino ne dit pas un mot du programme du Parti de gauche.

    Nicolino ne veut pas entendre qu’il puisse être bon de tenter quelque chose plutôt que rien. Pourtant il écrit toujours dans Charlie Hebdo, qui est dirigé désormais par un sale con : Philippe Val, un type qui va à l’université du MEDEF, parce que, selon lui, « les grands patrons sont pas tous pourris » et que ça peut être utile d’argumenter avec eux. Argumenter avec des tayloristes. Argumenter avec des monstres, des milliardaires, des criminels. Désolé, mais entre Mélenchon qui dit « qu’ils s’en aillent tous », qui veut « prendre tout ce qui dépasse 30000 euros par mois pour donner à ceux qui n’ont rien », et Nicolino qui écrit dans un journal dirigé par un type qui fréquente le MEDEF… je préfère Mélenchon…

    Mais pourquoi il ne s’abstient pas, lui, d’écrire dans Charlie Hebdo ? Nous ne devrions pas prendre part aux élections présidentielles mais lui peut prendre part à Charlie Hebdo ? Je m’abaisse à donner des arguments, mais en fait, la chose est simple : Nicolino est juste nihiliste.

  24. CarFree

    Je suis d’accord avec toi sur l’essentiel, en outre je trouve sa critique un peu « faiblarde » sauf sur un point: la conception essentiellement verticale de la politique melenchonienne alors que les enjeux sont « horizontaux ». C’est pourquoi je reste quand meme pessimiste, et non pas nihiliste, quant aux possibilités d’evolution d’un Melenchon… Meme si je reconnais par ailleurs que c’est sans doute un des politiciens les plus crédibles.

  25. Pim

    Assez d’accord aussi avec vous Carfree et Minou, la critique de Nicolino ne vaut pas grand chose et se compose d’attaques de style un peu gratuites, notamment sur le passé, comme s’il était impossible au cours de sa vie de changer d’avis.
    Je ne veux pas spécialement défendre Mélenchon, mais pour l’instant, sur ses idées et son programme, c’est ce que j’ai vu de moins critiquable… Certes, rien ne nous dit que s’il en avait le pouvoir, il le réaliserait. En 2007, on a élu un président qui avait fait beaucoup de promesses et qui n’en a pas tenu beaucoup (c’est un euphémisme)!

  26. MinouMinou

    Lors du discours de clôture du congrès du Parti de Gauche au Mans (ce 21 novembre), Mélenchon a rappelé que

    “L’intérêt général est fondé D’ABORD par la leçon que nous enseigne l’écologie politique : si l’écosystème humain est détruit il n’y a plus de discussion même sur l’intérêt général. Par conséquent, la bataille socialiste, la bataille de gauche, la bataille républicaine est ordonnée, elle est alignée par la prise de conscience de l’exigence de l’écologie politique.”
    […]
    « L’écologie politique, appliquée par la planification écologique est incompatible avec le capital financier, il n’y a pas de capitalisme vert.»

    Mais puisque ce ne sont que des mots, selon Nicolino, alors n’ayons aucun espoir. Suicidons-nous. De toutes façons, « y-sont-tous-pourris-tous-pareils-les-hom-politik ». Cela clôt le débat.

    Mais Mr Nicolino, imaginez un instant que nous transposions ce principe au journalisme, alors vous aussi tomberiez dans le même sac que les grands médias collabos.

    Eh bien non ! Ainsi qu’il y a des bons – bien que rares – journalistes indépendants, il y a des bons et authentiques hommes politiques.

    Par contre, une chose est sûre, il n’y a pas de bons patrons parmi ceux qui vont à l’université du MEDEF. Ces gens sont l’inhumanité décomplexée :

    [dailymotion x62vee]

    …Et votre patron Philippe Val y va. Et vous continuez d’écrire dans son journal. Alors s’il vous plaît, ne nous donnez pas de leçons.

  27. MOA

    Suite à son billet contre Mélenchon, Fabrice Nicolino en remet une couche ->  » Je ne suis pas une serpillière (avis)  »
    Toujours aussi surprenant… et vide.

  28. MinouMinou

    Bon, je reviens sur ce que j’ai dit à propos de la participation de Nicolino à Charlie : il n’a commencé à y écrire qu’après le départ de Val, je m’excuse donc auprès de lui pour cette erreur. J’attends qu’il me dise avec quels autres journaux il collabore, mais après tout ce n’est pas bien important.
    Ce qui est important, c’est que Nicolino soit là pour nous rappeler qu’il n’y a rien à espérer… Rien, ou alors « quelque chose » qui adviendra on ne sait quand, ni comment. Faisons le pari avec Nicolino que ce sera mieux que rien. Parier : c’est à cela qu’il nous exhorte…

  29. MOA

    Serge Dassault – 1mn40 – mot pour mot : « y a pas besoin de grève politique ou à caractère social. C’est scandaleux. Quand le gouvernement veut réduire le temps de travail ou augmenter le temps pour la retraite, on fait grève.. mais ça rime à quoi? on est en anarchie? ca veut dire que c’est la rue qui commande? que c’est pas le président? que c’est pas le parlement? »

    Sénateur UMP Dassault, Vice-Président de la commission des finances, vous faites honte à la démocratie.

  30. LanimO

    hahaha! serge dassault! croustillante cette entrevue! on dirais n’importe quel type de l’UMP pris au hasard qui ouvre enfin son cœur, mort beurré sur un plateau télé!
    rassurez moi, il est bourré la?!?

  31. MinouMinou

    Du coup, cette vidéo est un peu hors-sujet puisque j’ai voulu réfuter Nicolino précipitamment et maladroitement…

    …mais d’un autre côté, à mon humble avis, cela montre la faiblesse de l’argument de Nicolino (ne pas voter, mais « inventer », « attendre quelque chose », « autre chose », qui viendra on ne sait quand on ne sait d’où) face à la puissance de nos dirigeants.

    Pour ne prendre que cet exemple, tout le monde ne sait pas que Dassault est à la fois un sénateur et un milliardaire proche de sarko, propriétaire du Figaro, de L’Express, de L’Étudiant, de Lagardère (propriétaire du Monde et du Monde diplomatique, d’Europe 1 et 2, en partie de Canal+, d’itélé, etc.)
    Alors que faire face à une telle emprise ? Que faire ? Les États sont aux mains de gros beaufs d’industriels milliardaires, de boutiquiers, de banquiers. Ils ne lâcheront rien. Entre 1789 et 1936, un tel monstre se serait fait couper la tête ; aujourd’hui, les pauvres considèrent la richesse comme de la réussite, comme du mérite social, comme si elle était le fruit d’un travail – et quand bien même ! – alors qu’elle est toujours une rente.
    La foule n’est pas prête de se relever. C’est pourquoi nous avons besoin d’une force politique qui foute ces monstres dehors.

    Une sélection du best-of Dassault à diffuser le plus largement :

    « À quoi ça sert les grèves ? »

    « Pourquoi on fait la grève ? »

    « Pourquoi les syndicats appellent à la grève ? »

    « Le Président n’a qu’à faire ce qu’il faut sans en parler, et c’est normal. »

    « Les Chinois, ils travaillent 45h, ils dorment sur place dans leurs usines, ils font de bons produits pas chers. »

    « Les chefs d’entreprise ne peuvent plus faire ce qu’ils veulent pour gérer leur entreprise, et dans une entreprise, c’est le client qui compte, c’est pas le syndicat, c’est pas le salarié. »

  32. Tommili

    J’aime bien la fin du reportage : REQUIEM (il n’aime pas la musique, même classique, parce que lui c’est un bosseur, pas un saltimbanque le monsieur Dassault…) REQUIEM donc, pour les pauvres ingrats avachis que nous sommes devenus, regardez donc ces valeureux chinois qui dorment dans l’usine. Mon papa aussi il dormait au chantier quand il était maçon à douze heures par jour, dans les années soixante…et il est pas chinois.
    Y veut quoi, qu’on lui baise les pieds encore, le Dassault ? on revient au temps de Germinal ou quoi ? Qu’il aille donc se faire foutre, lui et toute sa bande de capitalistes puants.

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