Copenhague : l’usage généralisé de la bicyclette

Copenhague, la capitale du Danemark, est célèbre dans le monde entier pour sa pratique généralisée de la bicyclette. Elle a officiellement été désignée comme la capitale mondiale du vélo, la « Meilleure ville pour les cyclistes » et la « Meilleure ville où il fait bon vivre ».

Ses habitants sont connus pour aimer se déplacer à bicyclette, et nombre de villes étrangères souhaitent désormais importer chez elles ce phénomène. Copenhague est véritablement un paradis pour les cyclistes, en fait c’est la ville des cyclistes. Le vélo est devenu au Danemark un tel phénomène de société que la première ambassade cycliste au monde a ouvert ses portes en 2009.

Au Danemark, la culture vélo est aussi vieille que l’invention de la bicyclette. Les Copenhagois se rendent au travail à vélo depuis les années 1880. C’était, à l’époque, le moyen de se déplacer en ville le plus rapide, le plus pratique et le plus respectueux de l’environnement. Ça l’est toujours.

Copenhague a institué la « culture vélo »

Des jeunes femmes à chaussures à talon haut se rendant à une soirée aux hommes d’affaires en costume trois pièces se rendant à leur lieu de travail, quel que soit le temps et où qu’ils aillent, les Copenhagois prennent leur vélo. Il n’est donc pas surprenant que Copenhague ait été élue Capitale cyclable.

C’est aussi à Copenhague qu’est né le mouvement « Cycle Chic », initié par Mikael Colville-Andersen, et dont le but est de promouvoir une image glamour du vélo urbain.

A Copenhague, le nombre des vélos est supérieur à celui des habitants, et l’agglomération compte près de quatre cents kilomètres de pistes cyclables, parmi lesquelles la plus fréquentée au monde, puisque quelque quarante mille cyclistes l’empruntent journellement.

Classe moyenne et classe politique confondues

Même si se déplacer à bicyclette est le moyen de transport le moins cher après la marche à pied, les Copenhagois adorent la bicyclette quel que soit leur train de vie. Nombre de familles de la classe moyenne avec des enfants n’ont pas de voiture. Les parents utilisent le vélo pour se rendre au travail et pour emmener leur progéniture à la crèche ou au jardin d’enfants. Un quart des familles habitant à Copenhague transportent leurs bambins en triporteur.

Même les membres du gouvernement et une majorité de députés (63%) se rendent tous les jours à vélo au palais de Christianborg, siège du Parlement situé dans le centre-ville.

Bicyclette et neutralité carbone

La première fois qu’ils découvrent Copenhague, les visiteurs sont abasourdis d’y voir autant de bicyclettes. Mais ils réalisent très vite que c’est parce que Copenhague considère la petite reine comme une pièce essentielle du puzzle que représente la gestion des transports urbains.

Des « autoroutes cyclistes » pour sortir de l’agglomération seront bientôt une réalité. La première de ses autoroutes, d’une longueur de quinze kilomètres entre centre ville et banlieue, a été ouverte fin 2011.

Forte de ses 390 kilomètres de pistes cyclables et de ses feux de circulation adaptés au rythme de circulation des cyclistes, l’infrastructure de la capitale fait valoir que la bicyclette n’est pas seulement le moyen de transport le moins cher, le plus sain et le plus rapide pour se déplacer en ville, mais qu’elle contribue aussi à réduire les émissions de gaz à effet de serre. C’est pourquoi la Ville la considère comme un atout majeur dans ses efforts pour atteindre l’objectif qu’elle s’est fixée de devenir en 2025 la première capitale neutre en carbone du monde.

Copenhague et la bicyclette, en chiffres

  • 50 % des habitants de Copenhague se rendent sur leur lieu de travail ou à l’école à vélo
  • 35 % de tous ceux qui ont un emploi à Copenhague, y compris les habitants de la banlieue et de la grande banlieue, font le trajet domicile-lieu de travail à bicyclette.
  • 25 % des familles avec deux enfants ont un triporteur pour emmener ces derniers au jardin d’enfants, faire les courses, etc.
  • Les Copenhagois parcourent à vélo 1,2 millions de kilomètres par an, ce qui équivaut à deux voyages vers la lune, aller-retour. En comparaison, leurs déplacements en métro ne représentent que 660 000 kilomètres.
  • On compte plus de vélos que d’habitants dans le centre de Copenhague: 560 000 pour  520 000 habitants.
  • La piste cyclable la plus fréquentée au monde passe par le pont Dronning Louise, que plus de 36 000 Copenhagois traversent chaque jour.
  • 63 % des députés se rendent chaque jour à vélo au Parlement, situé dans le centre de la capitale.
  • Copenhague a été désignée Ville cyclable 2008 – 2011 par l’UCI.

Source: http://denmark.dk/fr/vivre-ecologique/l-usage-generalise-de-la-bicyclette/

Vélove

A propos de Vélove

Rédacteur du site Carfree France, spécialiste des questions relatives au vélo et aux aménagements cyclables.

16 commentaires sur “Copenhague : l’usage généralisé de la bicyclette

  1. kw

    Bon, vous pouvez arrêter de nous faire baver !
    Et puis d’abord, nous on est les champions du diesel et du nucléaire, et ça, ça crée de l’emploi (y a qu’à voir). Alors, hein ? on fait le plus malin maintenant…

  2. Alain

    Le triporteur que nous voyons sur la première photo est un nihola. Superbe engin, très bien conçu, résistant et assemblé avec des composants de qualité. Certainement le meilleur triporteur si on le compare à d’autres.

  3. Vincent

    > Au Danemark, la culture vélo est aussi vieille que l’invention de la bicyclette. Les Copenhagois se rendent au travail à vélo depuis les années 1880. C’était, à l’époque, le moyen de se déplacer en ville le plus rapide, le plus pratique et le plus respectueux de l’environnement. Ça l’est toujours.

    En même temps, la voiture n’existait pas encore… et n’a été de toute façon accessible au grand public que dans les années 60.

    > Des jeunes femmes à chaussures à talon haut se rendant à une soirée aux hommes d’affaires en costume trois pièces se rendant à leur lieu de travail, quel que soit le temps

    Je serais curieux de voir comment ils s’habillent lorsqu’il pleut/neige. Les boîtes offrent des vestiaires pour se changer voire prendre une douche?
    C’est en effet une raison souvent évoquée par les gens en France pour refuser d’aller au boulot en vélo (pour ceux qui vivent suffisamment proche, bien sûr).

    Je serais aussi intéressé de savoir combien l’usage important du vélo au Danemark et en Hollande fait économiser d’importation de pétrole (France : 50 milliards). Quelqu’un a des chiffres?

    > 50 % des habitants de Copenhague se rendent sur leur lieu de travail ou à l’école à vélo

    Mais pour ça, il faut que les emplois, les logements et les commerces soient suffisamment proches (et que ça soit assez plat). En France, après des décennies de politique du tout-bagnole + pavillons, on est coincés. Y a intérêt à ce que dans les vingt ans qui viennent, des petits génies arrivent à faire avancer les bagnoles à autre chose qu’au pétrole…

    KW > Et puis d’abord, nous on est les champions du diesel et du nucléaire

    Nous, on a des centrales nucléaires, eux, ils ont des centrales au charbon. Je ne suis pas sûr qu’ils aient raison et qu’on ait tort.

    « Dong Energy: ‘Clean’ Denmark’s dirty secret »
    http://www.guardian.co.uk/environment/cif-green/2009/sep/17/greenwash-dong-energy

  4. kw

    @Vincent « Nous, on a des centrales nucléaires, eux, ils ont des centrales au charbon. Je ne suis pas sûr qu’ils aient raison et qu’on ait tort. »

    La différence fondamentale c’est que « nous » considérons encore que le nucléaire est une solution d’avenir et que la solution pour le transport c’est du carburant propre. Je n’ai jamais entendu dire qu’ils faisaient la promotion du charbon, c’est un pis-aller, ils investissent massivement dans les ENR.

  5. apanivore

    En Allemagne ils construisent des centrales au charbon parce qu’ils produisent du charbon. Ça permet à l’Allemagne de garder son indépendance énergétique. Tout en sachant que ce ne sera pas éternel, d’où l’investissement tout de même continu vers les ENR. Les grandes mines de charbon à ciel ouvert à l’ouest de Cologne sont prévues pour rester en exploitation jusqu’en 2045.

    En France on ne peut pas être indépendant énergétiquement avec du charbon qu’on exploite plus, du pétrole qu’on extrait en quantité ridicule dans le bassin parisien ou du gaz de Lacq. L’uranium ça fait plus de 10 ans qu’on a arrêté d’en exploiter, donc on dépend uniquement d’importations. Heureusement pour ce dernier ça vient du Niger donc c’est pas cher et on peut se permettre de ne pas être regardant sur les conditions d’extraction. D’ailleurs on en entend jamais parler.

    La société danoise qui construit les centrales au charbon ne fait que répondre à la demande Allemande.
    Est-elle plus à blâmer pour cet opportunisme économique que la France, chantre de la paix dans le monde, qui reste un des premiers exportateurs d’armes ?

  6. Telramund

    Pour avoir un tel usage généralisé du vélo, il faut en être amoureux. Et quand on est amoureux, on trouve des solutions à chaque problème.
    Le Danemark a déjà fait un grand pas vers l’avenir tandis que les gouvernements français successifs soutiennent à bouts de bras une industrie automobile moribonde tournée vers le diesel donc vers le passé.

  7. Alain

    Il est clair que la France fait du nucléaire pour l’avenir et sans aucune envie de faire autre chose. C’est un dogme étatique.
    L’Allemagne fait des centrales à charbon mais pour une utilisation à moyen terme afin de compenser la fin du nucléaire en attendant que les ENR prennent très clairement le dessus sur le reste. C’est du pragmatisme.

    Non, je n’ai pas d’actions chez Nihola, mais je voulais faire remarquer que c’est un très bon triporteur. De même, on pourrait en dire autant des vélos allemands Winora. Dans le vélo, il est assez effarant de voir que le bonheur est au nord de l’Europe. Tout comme la France s’est enfoncée dans le nucléaire , le supermarché, le pavillon-banlieue et l’usage de la « voiture obligatoire », elle s’est enfoncé dans le vélo VTT et a du mal à en sortir. Les allemands, eux, font des vélos fonctionnels.

  8. Jean-Marc

    Vincent :
    « Je serais curieux de voir comment ils s’habillent lorsqu’il pleut/neige.  »

    Je sais pas… peut-etre de la même façon que les véloteuses/vélotafeurs français ?
    des habits normaux, mais avec une couche en plus :
    une cape de pluie, un ciré, ou tout autre vêtement de protection…
    Vincent, peux tu me dire comment les skieurs/skieuses font ?

    Pour ma part, je me demande comment un automobiliste fait pour respirer dans une voiture :
    quand je monte dans une voiture, en général, les vapeurs me rendent malade (je peux tenir quelques km, mais l envie de vomir devient de plus en plus prégnante).
    Problème plus fort dans les diesels (même neufs/common rail : c est le carburant qui pose pb, pas le type de moteur) que dans les essences… mais leurs vapeurs me rendent aussi malade.

    > 50 % des habitants de Copenhague se rendent sur leur lieu de travail ou à l’école à vélo
    Vincent : »
    Mais pour ça, il faut que les emplois, les logements et les commerces soient suffisamment proches (et que ça soit assez plat). En France, après des décennies de politique du tout-bagnole + pavillons, on est coincés. Y a intérêt à ce que dans les vingt ans qui viennent, des petits génies arrivent à faire avancer les bagnoles à autre chose qu’au pétrole…

    Comme disait Coluche :
    « et dire qui suffirait que les gens arrêtent d acheter ses merdes, pour qu’elles ne se vendent plus. »

    il en est de même pour les points de vente :
    si tu fais tes courses à vélo, tu achètes pas trop loin de chez toi, dans des magasins de ville, de proximité.

    Les énormes zones commerciales françaises (la france est la championne du monde des hyper/supermarchés… devant les USA),
    avec des parkings à perte de vue, c est pour les proprio de voitures :
    ils dépensent 10 à 20€ en s’y rendant en voiture, et économisent ainsi 10 centimes sur leur litre de lait… donc ils sont content de leur bonne affaire… ils repartent aussi avec dans le coffre, une machine à 50€ ou plus (perceuse, cafetière, piscine,…) qu’ils n avaient pas prévu d acheter, mais celà ne compte pas…

    Depuis 40 ans, les zones commerciales grossissent et les magasins de centre-ville disparaissent.
    Petit changement depuis quelques années : tassement-regression des ventes dans les zones commerciales (due au/conséquence du pic de transport) ainsi qu’influence d’une loi sous Sarko : la « Loi sur la Modernisation (sic…) de l’Économie » de 2008;

    non pas pour aider ceux toujours implantés en centre-ville ou pour plus taxer ceux en zone commerciale (pour partiellement réquilibrer la balance),
    mais… pour aider à l’implantation de nouveaux entrants :
    8 à huit, city market,… des enseignes des groupes possédant les hyper/super (disparition de la demande d’autorisation préalable à une éventuelle ouverture/agrandissement, pour les surfaces de moins de moins de… 1 000m²)

    C est le choix des consommateurs qui fera fermer des magasins plutôt en centre-ville ou plutôt en périphérie…

    p.s.
    j ai recherché le commentaire sur carfree, avec les liens vers les articles parlant de la loi sarkozy, la LME sur l ouverture de superette, mais je ne l ai pas retrouvé.

    par contre, voici un article parlant de la LME :
    http://www.lefigaro.fr/conso/2008/07/10/05007-20080710ARTFIG00237-la-grande-distribution-passe-a-l-offensive-.php
    (en fait, 5 ans après, ce n est pas les hard-discounters -qui ont peu de réserve d argent- qui en ont le plus bénéficié; mais les gros groupes d’hypers/supers, qui ont (re-)créer des chaines de supérettes).

    Lors de ma recherche infructueuse, j ai cependant trouvé divers sujets tournant autour :

    http://carfree.fr/index.php/2009/02/09/la-fin-des-supermarches/
    http://carfree.fr/index.php/2008/07/04/quel-avenir-pour-les-hypermarches-avec-un-litre-dessence-a-4-euros/
    http://carfree.fr/index.php/2012/07/06/et-si-la-voiture-disparaissait/
    http://carfree.fr/index.php/2011/08/24/la-bagnole-contre-la-ville/#more-15082
    http://carfree.fr/index.php/2011/06/17/comment-font-les-familles-sans-voiture/
    http://carfree.fr/index.php/2008/06/09/reduire-la-dependance-a-l%E2%80%99automobile-pour-une-autre-vision-de-l%E2%80%99amenagement-du-territoire/
    http://carfree.fr/index.php/2005/10/30/tout-voiture-la-responsabilite-des-collectivites-territoriales/
    http://carfree.fr/index.php/2009/02/10/supprimer-la-voiture-pour-creer-des-emplois/
    http://carfree.fr/index.php/2011/06/24/quand-les-amenagements-cyclables-creent-des-emplois/

  9. Groumpf

    …oui, « Démographie Responsable », quand il y a du monde… il y a du monde.

    Mais en quoi un moyen de locomotion devrait « évacuer la question du nombre » ? Ce n’est pas sa fonction (à part la bagnole qui est largement meurtrière) ni son but.

    Je ne comprends pas trop l’intérêt de ce lien dans cette discussion… pour dire que le vélo n’est pas la solution parce-que quand il y en a trop… il y en a trop ?
    Préfèreriez-vous voir tous ces gens dans des bagnoles ? C’est sûr, il y aurait moins de personnes sur ces photos. Mais plus de place, j’en doute fort.

    Enlevez les vélos par contre, et vous vous retrouverez avec probablement la même densité, mais de piétons.

  10. jean claude

    je pense aussi que ce qui aide les danois à faire du vélo, c’est que la voiture est fortement taxée, il me semble si chez nous on augmentait les taxes liées à l’auto ca nous aiderait à retrouver notre culture vélo. Quand on voit déjà les bienfaits de la hausse du baril sur la pratique du vélo, une petite flambée fiscal serait la bienvenue.

  11. kw

    Niveau transport, la question du nombre est vite réglée quand on voit l’encombrement d’une voiture par rapport au nombre de ces occupants !

    La question des taxes elle n’est pas bien formulée, concernant la voiture il suffirait déjà de diminuer les subventions.

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