« Le vélo et le réfugié »

Des usagers méconnus de la bicyclette se font jour au fil des nombreux articles de ces derniers mois sur les réfugiés cherchant à rejoindre les pays les plus riches d’Europe.

On y rencontre des migrants traversant la Macédoine grâce à des vélos achetés à Gevgelia, au sud du pays, près de la frontière grecque. Ils empruntent, en groupe, une autoroute en construction jusqu’à Kumanovo, au nord du pays, près de la frontière serbe, où ils revendent leurs vélos avant de poursuivre leur route. (Article du journal Le Temps ; Blog de l’AFP)

Ailleurs, des Syriens n’hésitent pas à passer par le poste frontière russo-norvégien de Storskog, au-delà du cercle polaire arctique : « Le passage de Storskog étant interdit aux piétons, certains migrants exploitent une faille dans la réglementation et traversent la frontière à vélo. “ On en a qui sont passés en vélo en plein hiver ”, a confié à l’AFP le numéro deux du poste-frontière, côté norvégien, l’inspecteur Gøran Stenseth. “ Le froid, la neige, l’obscurité… Tout cela pose un vrai défi pour ces personnes ”. La police de Kirkenes dit avoir saisi une vingtaine de bicyclettes » (Article du journal Libération)

Si le sujet n’était pas si grave, sur certaines photos, les réfugiés pourraient nous faire penser à des groupes d’amis en vacances sur l’itinéraire touristique EuroVelo 11, chantant :
Quand on partait de bon matin, Quand on partait sur les chemins. À bicyclette. Nous étions quelques bons copains : Y avait Ayman y avait Marwan Y avait Burhan et Fethawi Et puis Zula.

Dans la « New Jungle » de Calais, des ateliers de vélos sont mis en place par des ONG, ils permettent aux migrants de retrouver autonomie et dignité en réparant eux-mêmes des vélos qui les aident dans leurs démarches quotidiennes. (Article du journal La Voix du Nord)

Pendant ce temps, dans les pays « développés », on regarde ailleurs : on construit des kilomètres d’autoroutes, des hectares de parking, on fore des puits d’hydrocarbures, on invente des robots-tueurs et autres armes high-tech, on mure des frontières, on se vend des joueurs de foot, on se demande si Loana aimait Jean-Édouard, etc, mais… on n’a ni les moyens ni la place (ni le temps) « d’accueillir toute la misère du monde » et, avec l’aide de quelques politiciens clairvoyants, on finasse même sur la façon de ne pas en « prendre notre part ».

Bienvenue donc et Merci à ceux qui bravent la mort pour faire tinter la sonnette d’alarme sous nos fenêtres et nous aider à réfléchir sur notre époque…

 

Photo: AFP

Boris D

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Contributeur de Carfree France

4 commentaires sur “« Le vélo et le réfugié »

  1. Vincent

    > Pendant ce temps, dans les pays « développés », on regarde ailleurs : on construit des kilomètres d’autoroutes, des hectares de parking, on fore des puits d’hydrocarbures, on invente des robots-tueurs et autres armes high-tech, on mure des frontières, on se vend des joueurs de foot, etc.

    Un peu hypocrite : s’ils viennent ici plutôt que de s’arrêter dans les pays voisins en paix (Turquie, Macédoine, etc.), c’est justement pour jouir du même niveau de vie.

    Ils pourraient aussi tenter leur chance en Corée ou au Japon, mais ces pays sont encore plus fermés que nous. Mais on n’en parle jamais.

  2. Jean-Marc

    Le vélo, simple, robuste, fiable, facile d utilisation, facile d entretien.

    Tout ce dont on a besoin pour se déplacer, quand on a très peu de moyens et de ressources (migrants) ou même quand on a les moyens.

     

    De même, après chaque catastrophe humaine ou climatique (guerre-bombardement, inondation, tremblement de terre, tsunami,..),

    avec des routes et ponts défoncés, des arbres couchés, … on voit disparaitre les voitures-camions-motos, et les gens se déplacer à vélo (en portant leur vélo sur 1 mètre, si nécessaire (arbres à enjamber).

    « Un peu hypocrite : s’ils viennent ici plutôt que de s’arrêter dans les pays voisins en paix »

    mais au contraire, c est ce qu’ils font, très très très majoritairement…

    Ainsi, le Liban accueille énormément plus de réfugiés venant de syrie-iran-irak et autres pays, que l allemagne + france réunies (je vous laisse chercher les populations et superficies de ces 3 pays… alors que le « Liban-Sud » n est même pas le Liban…),

    En sachant que la france accueille moins de réfugiés que l allemagne, mais aussi moins que la suède… un pays qui doit donc avoir un climat proche de celui des syrie-iran-irak somalie-ethiopie-erythée, vu les choix de leurs réfugiés de guerre, de s’installer en suède plutôt qu’en france…

    Vu un certain nombre de ses choix politico-administratif, la france est devenue, surtout, une terre de passage de migrants (à Calais, ils veulent continuer la route… ce n est pas Calais, ni la france, leur objectif…)

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