Le gasoil, une énergie sociale et populaire?

Le gasoil, carburant le plus consommé en France, avec environ 80% de part des carburants a rendu dépendants des millions de Français (particuliers et entreprises) qui ont été orientés vers cette énergie, présentée comme économique, écologique et sociale.

Aujourd’hui banni des centres-villes, le prix de son carburant à la pompe augmenté pour être aligné sur le prix de l’essence SP 95-E10, le diesel a trouvé des défenseurs qui tentent encore de le faire passer pour bon pour le climat.

Certaines voix se sont élevées pour tenter de faire passer ces mesures pour impopulaires et venues de l’élite parisienne, du pouvoir centralisateur : la France des villes contre le monde rural, les « bobos » contre les « prolos », contre le peuple et ses intérêts. Certains partis politiques ont même exploité ce filon en instrumentalisant le débat et en présentant ces mesures comme anti-sociales et punitives.

Par des questions-réponses, nous allons tenter de savoir si le diesel est aussi social qu’il n’y paraît.

Qui l’a introduit, développé et encouragé en France ?

Ce sont justement les élites : successivement les dirigeants politiques (de droite comme de gauche) et les grands industriels de l’automobile et du pétrole.

Quel est son impact sur le réchauffement climatique et les ressources ?

Les diesels sont très émetteurs des gaz suivants, en plus du CO2 (dioxyde de carbone), dont il a été démontré qu’il était en réalité plus émetteur que les moteurs à essence (ONG Transport et environnement) :

– le N2O (protoxyde d’azote), gaz à effet de serre 300 fois plus réchauffant que le CO2

– le Black carbon suie

– l’O3 (ozone)

– le NO2 (dioxyde d’azote) précurseur d’ozone

L’utilisation de terres rares pour la fabrication des pots catalytiques.

Quel est son impact sur la santé ?

De nombreuses études soulignent aujourd’hui le danger de ses émissions sur la santé humaine, un danger reconnu par l’OMS qui a classé en 2012 les particules fines (PM) de diesel « cancérogène certain ». Les affections cardiovasculaires, respiratoires, au cerveau, au foie, sur le fœtus, ont notamment été pointées.

Est-il économique ?

Non. Le coût de la pollution de l’air a été estimé à 101,3 Milliards d’euros par an (rapport du Sénat de juillet 2015), dont le diesel est en partie responsable. La pollution atmosphérique due au diesel a été évaluée entre 20 et 30 milliards d’euros par an pour l’État, donc pour le contribuable, sans compter le manque à gagner de la niche fiscale évalué à environ 7 milliards d’euros chaque année et les amendes de la Commission européenne prévisibles pour le dépassement des seuils de pollution de l’air. Il se révèle donc indirectement plus cher que l’essence à la pompe.

Par ailleurs, son entretien est plus élevé et les frais et pannes engendrés plus importants, notamment en raison d’une utilisation inadaptée, soit sur des courts trajets urbains. Son surcoût à l’achat n’est bien souvent pas amorti (kilométrage moyen des Français 12700 km par an selon l’INSEE, seuil d’amortissement du diesel à l’origine 25000 km par an). Le scandale du Dieselgate et la révélation de son impact considérable sur la santé publique auront en outre un coût pour les consommateurs qui verront leur véhicule se déprécier, voire devenir invendable. De plus, son impact sur la santé engendre des frais médicaux supplémentaires que les ménages supportent, en plus de la sécurité sociale et des complémentaires-santé.

Qui sont les personnes les plus touchées par la pollution liée au diesel ?

Les études ont mis en lumière que les personnes les plus pauvres étaient les premières victimes de la pollution de l’air au diesel, celles-ci habitant davantage dans des zones où le trafic routier est le plus élevé.

Est-il adapté à la ville et à l’utilisation des français ?

Non. Cette motorisation a été conçue à l’origine pour les longs trajets et les fortes charges. La valeur commerciale préconisée de 25 000 km par an étant le seuil minimum de rentabilité et d’utilisation de cette motorisation. Or, selon l’INSEE, les trajets quotidiens domicile-travail sont inférieurs à 8 kilomètres pour la moitié des salariés français, et en 2012 le kilométrage moyen des français était de 12666 km.

Créé t-il du chômage ?

Oui. Le diesel créé du chômage : fermeture de raffineries en raison du déséquilibre de la balance commerciale dans la mesure où l’on doit l’importer pour répondre à la demande et exporter l’essence non consommée.

Quel est son impact sur notre cadre de vie ?

Les gaz du diesel sont particulièrement malodorants et envahissants dans les villes. Des émissions de fumées opaques sont également souvent relevées en raison d’un moteur déréglé ou d’un dispositif anti-pollution inopérant.

Le niveau sonore d’un moteur diesel est également plus élevé que sur les autres types de motorisation.

Alors non le diesel n’est pas l’ami de notre santé, de la planète, de nos finances, de notre économie et n’est surtout pas populaire et social !

Jazz

A propos de Jazz

Contributeur de Carfree France

3 commentaires sur “Le gasoil, une énergie sociale et populaire?

  1. cochise

    Sans compter que l’un des composant du diesel est l’huile de palme. C’est même 46% de l’huile de palme consommé en europe qui est pour le diesel….

    Donc c’est a prendre en compte aussi dans le calcul du rechauffement climatique, étant donnée les déforestation qui sont faites pour les plantations.

    Sur ce je retourne manger ma tartine au nutella sur mon vélo…. 😉

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