Les effets du confinement sur le bruit

Les 150 stations de mesure de Bruitparif déployées en Île-de-France dans des contextes variés sont unanimes: avec le confinement décrété en raison de l’épidémie de covid19, un silence inhabituel a envahi l’Île-de-France et notamment sa zone urbaine dense. La raison en est simple: la très forte baisse des émissions sonores d’origine anthropique en lien avec la diminution drastique des trafics routier, aérien et même ferroviaire, l’arrêt des chantiers et la fermeture de nombreuses activités et lieux festifs (bars, restaurants et établissements diffusant des sons amplifiés).

ENTRE 5 ET 10 DÉCIBELS DE MOINS LE LONG DES AXES ROUTIERS

Depuis le mardi 17 mars 2020 à midi, date d’entrée en vigueur du confinement, le bruit généré par la circulation routière a chuté progressivement, en même temps que le trafic automobile se raréfiait. Les appareils de mesure de Bruitparif situés le long des axes routiers ont ainsi enregistré des diminutions moyennes de bruit sur 24 heures autour de 3 dB(A) le mardi 17 mars, puis autour de 5 dB(A) les mercredi 18, jeudi 19 et vendredi 20 mars et enfin 7 dB(A) samedi 21 et dimanche 22 mars par rapport aux valeurs habituelles, ce qui correspond à des baisses respectives de 50%, 68% et 80% des émissions sonores générées par la circulation routière. La nuit, les diminutions peuvent même atteindre 9 dB(A) aux abords de certaines voies dans Paris intra-muros, ce qui représente un niveau sonore réduit de près de 90%.

Les diminutions sont plus marquées sur le réseau de voirie dans Paris intra-muros que sur les grands axes (bd périphérique, autoroutes, routes nationales ou départementales en banlieue). On constate ainsi une diminution moyenne de 7,6 dB(A) pour l’indicateur Lden (niveau moyen pondéré sur 24 heures) et de 8,8 dB(A) pour l’indicateur Ln (niveau moyen nocturne) sur la période allant du 18 au 24 mars par rapport à la situation habituelle dans Paris intra-muros, alors que ces baisses sont plutôt autour de 5,4 dB(A) et 6,4 dB(A), respectivement pour les indicateurs Lden et Ln, sur les grands axes.

DES NUISANCES SONORES AÉROPORTUAIRES EN TRÈS NETTE BAISSE ÉGALEMENT

Les personnes habitant près des aéroports ont également davantage de calme en raison du ralentissement de l’activité aéroportuaire. Les stations permanentes de mesure du bruit aérien de Bruitparif (http://survol.bruitparif.fr) notent des baisses très significatives en lien avec la forte diminution du nombre de survols.

Les évolutions dépendent toutefois de la localisation par rapport aux aéroports. Ainsi, si le bruit lié au trafic aérien a quasiment disparu autour du doublet Sud de l’aéroport Paris-CDG qui ne compte désormais plus aucun mouvement, la situation est moins drastique au niveau du doublet Nord qui fonctionne encore. Autour d’Orly, une baisse importante a également été enregistrée, celle-ci étant intervenue de manière progressive. Elle atteint de l’ordre de 10 dB(A) à présent.

MOINS DE BRUIT ÉGALEMENT LE LONG DES VOIES FERRÉES

La tendance est également à la baisse pour le bruit en lien avec la circulation ferroviaire du fait de la réduction partielle de trafic. Selon les résultats des stations permanentes de mesure de Bruitparif situées aux abords des voies ferrées (cf. http://reseau.sncf.bruitparif.fr), les baisses vont de 2 à 7 décibels pour les indicateurs Lden et Ln.

EN CUMUL BEAUCOUP MOINS DE BRUIT GÉNÉRÉ PAR LES TRAFICS AU SEIN DE LA ZONE DENSE FRANCILIENNE

Bruitparif a élaboré les cartographies des niveaux sonores générés par les trafics routier, aérien et ferroviaire au sein de la zone dense francilienne pour la situation constatée une semaine après le début du confinement. Le contraste avec la situation habituelle est saisissant: les zones de calme (en vert) ont fortement progressé et les zones considérées comme des situations de bruit excessif (en rouge, rose et violet) se sont considérablement atténuées.


Cumul des bruits liés aux trafics routier, aérien et ferroviaire selon l’indicateur Lden, au sein de la zone dense francilienne. À gauche la situation habituelle, à droite la situation au terme d’une semaine de confinement.

DES QUARTIERS HABITUELLEMENT ANIMÉS LA NUIT, DÉSORMAIS TRÈS CALMES

Les nuisances sonores ont disparu des quartiers animés de la capitale, qui comptent de nombreux bars et restaurants ou établissements habituellement fortement fréquentés en soirée et en début de nuit. Ainsi, selon les résultats des stations de mesure déployées par Bruitparif dans certains de ces quartiers (cf. http://monquartier.bruitparif.fr), les baisses de décibels atteignent en moyenne 8 à 16 décibels sur le créneau compris entre 22 heures le soir et 2 heures du matin. Les soirs de week-end (vendredi et samedi soirs), la chute est encore plus marquée avec de 11 à 20 décibels de moins selon les quartiers.

DU RÉPIT ÉGALEMENT POUR LES RIVERAINS DES CHANTIERS

Les riverains des chantiers à l’arrêt, en particulier ceux du Grand Paris Express, peuvent également profiter du silence, jour comme nuit, avec l’arrêt des chantiers qui s’est généralisé depuis le 18 mars 2020. Sur les stations de surveillance continue déployées par Bruitparif aux abords de certains chantiers de construction du Grand Paris Express (voir http://chantiers.sgp.bruitparif.fr), des diminutions très importantes du bruit ambiant ont été observées sur les périodes diurnes et nocturnes, la chute des décibels pouvant atteindre 20 dB(A).

UN PAYSAGE SONORE COMPLÈTEMENT MODIFIÉ

Avec la chute de la pollution sonore en ville, le paysage sonore s’est beaucoup modifié. Il devient désormais possible de percevoir les sons de la nature comme les chants des oiseaux ou les bruissements des feuilles dans les arbres. Autant de sonorités qui sont habituellement difficiles à entendre car masquées par le bruit incessant de la circulation et des activités humaines.

Pour en savoir plus : Document complet en téléchargement sur le site de Bruitparif

7 commentaires sur “Les effets du confinement sur le bruit

  1. Pédibuspedibus

    si y avait pas ce piaillement incessant des zoziaux sociaux on pourrait s’entendre péter dans les chaumières…

     

    boaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa

  2. Bobo

    Faut pas trop s’y habituer, le retour à la normal va faire très mal. Mais bon c’était sympa ce petit air de campagne en ville l’espace d’un instant.

  3. Zaph

    Chacun peut aujourd’hui constater que la ville sans voiture est ce vers quoi il faut aller.
    Pour ceux qui en doutait, ils ont maintenant la preuve que le trafic automobile est délétère sur la santé physique et psychique des riverains en les asphyxiant et en les coupant de toute autre forme de vie.
    A l’issue de cet épisode, il ne faudra pas que tout redevienne comme « avant ». Les riverains de ces axes encombrés et pollués ( dont je fais partie) doivent imposer aux élus les mesures pour réduire la circulation automobile. En absence de réaction, nous devrons descendre dans la rue et empêcher que les monstres d’acier reprennent droit sur notre santé.
    On veut des coquelicots dans les champs mais on veut aussi réentendre le chant des oiseaux en ville.

  4. Pédibuspedibus

    ah s’il pouvait pousser des clones de Roosevelt un peu partout dans nos Etats, pour occuper le temps de la relève des tyranneaux  : mettre en place des cures de cheval à coups d’anti-dépresseurs orientés chantiers urbains…

    reconvertir de force les adorateurs de Ste-Gnognole, à coup de gros bâton fiscal, comme un sultan insultant laïcisant de force les tenants des vieilleries décaties…

     

    au programme pour toutes les régions urbaines du monde en retard :

     

    – 10km de ligne nouvelle de tram par tranche de 50.000 hab en agglo urbaine

    – mise en place de réseau RER pour toutes les villes située au coeur d’une étoile ferroviaire, à réactiver sans doute le plus souvent…

    – végétalisation à outrance, déjà sous la forme systématique d’alignements d’arbres à la place du stationnement adorateur de Ste-Gnognole…

    – transformation de toutes les toitures d’immeubles et de maison individuelle d’agglo en toiture-terrasse pour gagner en isolation du bâti et en surface à valoriser pour la détente et le jardinage…

    – la suite réservée à toutes et tous qui ne manqueront pas d’idées en la matière…

  5. Bernard

    Bonjour

    Pédibus écrit « – végétalisation à outrance, déjà sous la forme systématique d’alignements d’arbres à la place du stationnement adorateur de Ste-Gnognole… »

    Alignements ? sans soute pas possible, c’est sûrement plein de tuyaux. Donc il faut repérer où la maille de ces tuyaux se desserre un peu, et planter les arbres dans les « trous », où qu’ils soient.

    Et tant pis s’ils ne sont pas alignés, ça n’en sera que plus sympa et naturel.

  6. Pédibuspedibus

    De Bernard : 

    Alignements ? sans soute pas possible, c’est sûrement plein de tuyaux. Donc il faut repérer où la maille de ces tuyaux se desserre un peu, et planter les arbres dans les « trous », où qu’ils soient.

    C’est aussi l’argument très fréquemment utilisé par les élus qui ne veulent pas répondre à la demande riveraine de végétalisation de l’espace public. Ils ont une grande répugnance à gérer les conflits : au cas où ils répondraient favorablement à la demande d’une association d’habitants d’un quartier ils auraient à arbitrer entre les riverains écolos enthousiastes et les bagnolards-gueulards qui verraient une place de parking sur deux ou trois disparaître au profit d’une fosse pour planter un arbre d’alignement…

    La connaissance des réseaux quand un projet nécessite de défoncer le sous-sol urbain on l’acquiert… ! Quand on ouvre une nouvelle ligne de tram on commence par la première phase appelée encore « déviation des réseaux ». On ne fait pas appel à Total ou aux avions renifleurs de l’ancien pharaon de France copain de Bokassa mais on se débrouille. Les services techniques d’une ville ont une mémoire formidable. Par exemple, quand les lotissements de la fin du XIXe siècle des villes se sont construits, des plans de voirie, de réseaux d’adduction, d’égouts et plus tard de gaz et d’électricité ont été montés en même temps que les divers contrats, conventions et accords entre les lotisseurs, les entrepreneurs et la municipalité…

    Au cas où des blancs persisteraient quelques sondages prudents sont sans doute nécessaires. Mais risquer de percer une conduite de gaz ou de merde ne doit remettre en cause ni un tracé de nouvelle ligne de tram ni une future canopée de platanes centenaires, la première prenant forme beaucoup plus vite, bien sûr, même si le système automobile y fait trop souvent obstacle…

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