La course aux énergies, ce qu’on vous dit… et ce qu’on vous cache

Cet essai de Jean-Marc Sérékian prend comme fil conducteur l’énergie et sa gestion politique à travers l’histoire pour démontrer que la course à l’énergie que vivent les sociétés contemporaines est comparable à la course aux armements, et se trouve même dans sa continuité. Il analyse parallèlement le système capitaliste comme une vaste entreprise de destruction massive et plaide pour la décroissance énergétique.

Jean-Marc Sérékian, qui publie régulièrement des articles sur Carfree France, nous avait présenté en janvier son ouvrage. Voici aujourd’hui la présentation qui en est faite par l’éditeur. C’est un livre que nous vous conseillons vivement pour saisir les implications politiques, sociales, économiques et historiques de la crise énergétique actuelle.

L’énergie? Que recouvre véritablement cette notion jamais questionnée? Jusqu’à aujourd’hui, les aspects techniques, économiques et les chiffres des experts censuraient les dimensions humaines, éthiques, écologiques et politiques de la problématique énergétique. Mais le décor a changé et disqualifie les « experts »: « crise de l’énergie », « choc pétrolier », « marées noires », « effet de serre », « réchauffement climatique », « finitude des ressources « .

Dans la caste des technocrates c’est la cacophonie, et la zizanie règne entre sommités scientifiques. Pour essayer de sauver ce qui peut encore l’être sans remettre pour autant en question la logique globale du système capitaliste, une nouvelle écolocratie prône le « verdissage » des machines énergétiques et tente de promouvoir un « capitalisme vert » centré sur le marché de « l’efficience énergétique ». Mais que découvre-t-on lorsque l’énergie est prise comme fil conducteur de l’histoire?

Dans ce livre, avec juste ce qu’il faut de chiffres, l’optique est explicitement politique. La « course à l’énergie » est analysée comme la continuation de « la course aux armements ». Et de ce fait, le capitalisme se retrouve orphelin de sa fonction autoproclamée (le développement des forces productives) et apparaît n’être plus qu’une « vaste entreprise de destruction massive ». Cette thèse, et d’autres encore, soutenues dans ce livre, en explicitant le passé et le présent, ouvrent la voie d’un avenir susceptible de nous éviter la catastrophe annoncée. En tout cas, avec le temps, nul n’échappera à ses conclusions!

La course aux énergies
ce qu’on vous dit… et ce qu’on vous cache

Auteur : Jean-Marc Sérékian
Éditeur : Ed. libertaires, Saint-Georges-d’Oléron (Charente-Maritime)
Description : 256 pages; (21 x 14 cm)
EAN13 : 9782919568000

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Steve

A propos de Steve

Rédacteur du site Carfree France, spécialiste du pic pétrolier et des questions d'étalement urbain et de consommation d'espace.

4 commentaires sur “La course aux énergies, ce qu’on vous dit… et ce qu’on vous cache

  1. MOA

    Merci de ce rappel ! j’étais passé au travers de la sortie de ce livre dont la thématique et le traitement ont de fortes chances de m’intéresser.
    Par contre, je vais préférer passer chez un libraire pour le commander 😉

  2. Jean-Marc Sérékianjms

    Merci pour cette nouvelle promotion du livre. Il en a encore besoin. Son succès en librairie a était relativement faible d’après l’éditeur. Dans tous les cas, il s’est nettement moins bien vendu que les livres de Claude Allègre. Portant il traite exactement des mêmes sujets, l’énergie, le réchauffement climatique…
    Le point de vue est cependant différent. Car il dit précisément ce qu’il faut en permanence censurer dans notre esprit pour ne pas sombrer dans la déprime devant l’effondrement général et accéléré de l’écosystème.
    L’énergie c’est la guerre, elle gouverne la dialectique du maître et de l’esclave et représente le moteur de l’histoire. Le livre illustre tous ces aspects de multiple façon.
    Dans l’évolution générale du militarisme à travers l’histoire, le capitalisme représente l’utilisation terminale de l’écosystème. On s’éloigne donc du prix du carburant à la pompe, et du montant de la facture d’EDF.
    Dans tous ces aspects, la politique énergétique est décrite dans ses articulations historiques et politiques. Elle apparaît comme la forme moderne de la guerre et le monopole de l’énergie comme l’essence à la croissance du pouvoir. On s’éloigne encore à grande vitesse des honnêtes préoccupations exprimées par les « automobilistes téléspectateurs ».
    C’est peut-être pour ça que le livre n’a pas eu un grand succès en librairie.

    Cependant, il n’est pas passé totalement inaperçu. Il a bénéficié d’une bonne présentation dans le numéro d’été de la revue S!lence (N°392), page 51, signé EG (Emilienne Grossemy ).

    « Malgré un sous-titre un peu présomptueux (puisqu’on ne trouvera pas ici de révélations fracassantes (1)), cet essai au sujet hautement d’actualité retrace au fil de l’histoire les rouages qui mènent à l’appropriation des énergies. Avec pour trame, le livre de « Sainte soeur Anne d’Aréva »: la nouvelle révolution énergétique, l’auteur présente la croisade à opérer pour vendre le nucléaire. Cela passe notamment par le biais de la langue de bois et la manipulation du langage, en disqualifiant toutes les autres possibilités énergétiques. Celles-ci n’apparaissant dès lors que comme accessoires.. L’auteur souligne, avec justesse, que l’accaparement des énergies futures, qui viendront suppléer le pétrole, si nécessaires à la poursuite du mode de vie de  » l’automobiliste téléspectateur », s’apparente clairement à la course aux armements: des guerres sont menées pour posséder l’énergie qui elle-même assurera le maintien de la domination, de l’exploitation, et du capitalisme.  » EG.

    (1) Le titre, sous-titre et la regrettable mention tamponnée « secret d’état » sont le fait de l’éditeur. Le titre et sous-titre du manuscrit proposé par l’auteur étaient « La notion d’énergie dans le meilleur des mode » « La fée électrique et son Léviathan technocratique »

  3. MOA

    Livre très intéressant.

    En vrac, et pour ma part, mention particulière à :

    – la dénomination automobiliste-télespectateurs

    – chapitre « les carottes antarctiques sont formelles » : avoir bien distingué l’activité humaine de l’activité industrielle humaine. La première n’étant pas à l’origine du dérèglement climatique alors que la seconde oui ! le réchauffement n’est pas d’origine anthropique à proprement parler mais plutôt d’origine industrielle. C’est bon de le rappeler, j’en rajoute donc une couche : le réchauffement d’origine anthropique est parfaitement ambigue et devrait systématiquement être complété ou remplacé par le terme industriel.

    – j’ai particulièrement aimé les 2 derniers chapitres « la mondialisattion du STO par l’auto » et « la roue de l’histoire déboussolée. De karl Marx à Ivan illitch »

    – et celui ci aussi : chapitre « historique et numérotation des « révolutions énergétiques »

    Bref, je m’en vais prêter le bouquin.

    A noter qu’il était très bien placé il y a 2 semaines à la librairie Ombres Blanches à Toulouse. On ne pouvait pas le rater (même si je ne l’ai pas revu il y a quelques jours quand j’y suis retourné).

    A noter (bis), les (nbreuses) coquilles présentes dans le bouquin le rendent… humain. Un peu dommage néanmoins mais il ne s’agit que de la forme, donc pas bien grave.

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