TRANSPORTS PUBLICS URBAINS: Textes sur la gratuité

Comme on a pu le voir fréquemment sur ce site, la gratuité des transports publics urbains est un sujet « clivant ». Face aux avantages de la gratuité, de nombreuses voix se font entendre pour critiquer l’intérêt de la gratuité. J’ai donc réuni dans un livre la plupart de mes textes sur la gratuité, plus quelques autres encore, afin de faire le point de manière synthétique sur le sujet.

Vous trouverez ci-dessous une brève présentation du livre.

TRANSPORTS PUBLICS URBAINS: Textes sur la gratuité

Comme le disait Albert Jacquard, en fait les automobilistes devraient remercier chaque jour les usagers des transports en commun pour toute la place qu’ils libèrent dans les rues et qui leur permet de ne pas être bloqués en permanence dans les embouteillages. En l’occurrence, ce remerciement des automobilistes devrait passer en toute logique par le financement des transports en commun par ces mêmes automobilistes.

Or, et c’est bien le problème, les automobilistes s’entassent en ville sur des routes qu’ils ne payent pas en tant qu’automobilistes, mais en tant que contribuables, tout comme les piétons ne possédant pas de voiture les payent également avec leurs impôts. Dans le même temps, on demande aux usagers des transports en commun de payer leur ticket.

Rappelons par ailleurs que, en ville, 80 à 90% de l’ensemble de l’argent public affecté au transport va à l’automobile. Les transports en commun ne reçoivent donc qu’environ 10% et quelques des fonds publics destinés au transport. On peut se demander quel est le mode de déplacement le plus subventionné.

En fait, on finance largement, au sens de subventionner, le mode automobile alors qu’on fait payer les usagers des transports en commun. Par ailleurs, nous ne sommes pas contraints d’accepter une “diminution perpétuelle” des fonds publics. À niveau budgétaire constant, c’est-à-dire sans augmentation des impôts, si seulement on affectait à l’automobile ne serait-ce que seulement 50% de l’ensemble de l’argent public destiné au transport, on dégagerait des marges financières considérables pour des transports en commun de qualité, plus nombreux et gratuits.

Pour sortir de ce vieux modèle, il faut donc opérer une révolution complète du système de transport, du même ordre que celle du début des années 1980. Il faut tout remettre à plat pour envisager un système intégré dans lequel les transports en commun seraient le moteur principal de la mobilité, les autres modes (voiture, vélo, marche, etc.) étant les modes complémentaires. Il faut donc inverser totalement le système de transport actuel en faisant tomber la voiture de son piédestal pour la mettre à sa juste place de véhicule d’appoint, en particulier en tant que voiture partagée.

Et le seul élément majeur permettant d’envisager cette nécessaire révolution du système de transport tient en un mot: gratuité.

couverture-livre
Transports publics urbains: Textes sur la gratuité
Par Marcel Robert
Couverture souple, 158 Pages
ISBN 9781326332518
10 euros

Marcel Robert

A propos de Marcel Robert

Fondateur du site Carfree France et auteur des livres "Vélogistique", "Pour en finir avec la société de l’automobile" et "Îles sans voitures".

6 commentaires sur “TRANSPORTS PUBLICS URBAINS: Textes sur la gratuité

  1. Loic

    Il faut donc inverser totalement le système de transport actuel en faisant tomber la voiture de son piédestal pour la mettre à sa juste place de véhicule d’appoint, en particulier en tant que voiture partagée.

    OUI ! et OUI !

    Je ne veux pas faire de pub mais juste faire savoir que des solutions sont déjà en place,  exemple à Marseille CITIZ (voitures mises en commun au sein d’une scoop) voir ici http://provence.citiz.coop/

    J’y suis client depuis 3 ans et c’est une vraie solution qu’on peut utiliser maintenant.

  2. Pédibuspedibus

    « Les transports en commun [urbains] ne reçoivent donc qu’environ 10% et quelques des fonds publics destinés au transport. »

    Et ça représente le plus souvent une part modale des déplacements supérieure à 10% : ce qui suffirait déjà à prouver l’inefficience du système automobile.

    Quant au reste, les 90% de parts de déplacements, faisons contribuer nos motorisés individuels avec le péage urbain en limite d’intercommunalité et étendons dans toute la zone le stationnement réglementé: ce sera tout bénef pour l’endettement des collectivités et amorcera sérieusement un changement dans les pratiques de mobilité tout en assurant la ressource pour construire de vrais réseaux performants de transports en commun en capacité de répondre aux besoins des citadins…

  3. Jean-Louis

    Totalement d’accord avec l’article et les deux commentaires. Je veux juste ajouter que dans ce schéma la voiture électrique n’a pas plus sa place que la classique voiture à essence, contrairement aux allégations de madame la Ministre de l’écologie soucieuse avant tout des intérêts de Heulliez, grosse entreprise de sa région.

    Or nous sommes parti vers un scénario de financement par l’ensemble des contribuables d’un réseau onéreux de bornes électriques et de subventions à l’achat qui ne bénéficieront qu’aux « CSP+ », au détriment d’une mobilité pour tous.

  4. Augustin RiedingerAugustin Riedinger

    Bonjour,

    Excellente initiative. Je me suis systématiquement régalé en lisant les différents articles sur la gratuité publiés, notamment l’interview de Sagot-Duvauroux.

    Toutefois, et je sais que c’est un sujet complexe, mais est-ce qu’un livre qui prône la gratuité ne devrait-il pas être lui-même gratuit ?

    En ce qui me concerne, je serais intéressé par une version électronique, réduisant l’impression papier, et donc probablement peu onéreuse à produire (indépendamment du coup de rédaction on est bien d’accord).

    N’hésitez pas à me contredire si vous n’êtes pas d’accord !

  5. Pédibuspédibus

    Allez une p’tite obole au Marcellou siouplait, pour l’encourager un pneu, tout travail mérite salaire. Un peu raide ces mois-ci je propose l’ouvrage à la BU à la rentrée.

  6. Marcel RobertMarcel Robert Auteur

    Déjà, merci pour vos commentaires. Pour la version « gratuite », il suffit de demander! Ceci dit, pour info, mon but n’est pas de gagner de l’argent. S’il y a des bénéfices lors de la vente des livres, comme pour mes précédents ouvrages vélogistique et îles sans voitures, ils servent à financer la vie du site, en l’occurrence l’hébergement et le nom de domaine carfree.fr.

    Pour la version numérique du livre, c’est ici:

    http://carfree.fr/img/2015/07/gratuit.pdf

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