Retour à Illichville

En 2008, nous avions fait état sur Carfree France de l’utopie urbaine qui s’intitule Illichville, du nom d’Ivan Illich, l’auteur d’Énergie et équité. Il s’agit d’un projet urbain réalisé par des artistes américains qui se situe en rupture avec la ville-automobile que l’on connaît aujourd’hui.

En d’autres termes, il s’agissait d’imaginer comment pourrait fonctionner une ville sans voitures, avec seulement la marche, le vélo et le train.

En 2011, un étudiant en architecture du nom de Fabien Costanzo réalisait un mémoire dans le cadre de ses études à l’École nationale supérieure d’architecture (ENSA) de Saint-Étienne. Ce mémoire a pour titre: FACE A LA DÉMESURE: ILLICHVILLE, VERS UNE DÉCROISSANCE CONVIVIALE.

Ce travail essaye d’imaginer, en partant de l’utopie urbaine d’Illichville, ce que pourrait être une ville décroissante.

Extrait:

L’architecture classique par la quête de l’idéal, était une architecture qui travaillait foncièrement avec le passé. L’architecture moderne dans sa quête infinie de la ville industrielle de demain, était une architecture tournée vers le futur. L’architecture contemporaine, dénuée de sens et de finalité, libérée de son ambition de faire synthèse, est une architecture prisonnière du présent.
Fort de ce constat, il me semble urgent de se (re)donner un idéal, un sens, sans céder aux sirènes de l’universalité, qui sonnent aujourd’hui le glas des utopies passées, à l’heure de la reconnaissance de la richesse des diversités. Reprenant une utopie urbaine créée par des artistes américains, je vais tenter de construire une ville de la décroissance; et ce, sans tomber dans une recherche d’une sorte de grand récit à sens unique comme l’ont fait les Lumières (l’histoire de l’humanité comme la quête de sa propre émancipation) ou les idéaux industriels (l’industrie salvatrice) à travers les utopies urbaines évoquées. La ville de la décroissance, dans son attachement à un sol, dans la multiplicité des réponses possibles, ne peut prétendre à une vision unifiée. Les idées avancées formeront toutefois une trame permettant de saisir quel visage aurait cette ville décroissante.

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Ivan Illich

A propos de Ivan Illich

Auteur d'Energie et équité, penseur de l'écologie politique et figure importante de la critique de la société industrielle

5 commentaires sur “Retour à Illichville

  1. Vincent

    > En d’autres termes, il s’agissait d’imaginer comment pourrait fonctionner une ville sans voitures, avec seulement la marche, le vélo et le train.

    En même temps, ça n’est pas comme si on n’avait jamais connu : c’est comme ça que fonctionnaient les villes entre 1850 et 1900.

    Marche, vélo, train.

  2. PMeBC

    Une chose qui a changé depuis 1900, et c’est peut être un des héritages positifs de l’automobile, c’est que maintenant les rues sont goudronnées. Pour le vélo ça va tout de même mieux que les pavés.

  3. Pédibuspedibus

    Oui! sortons de l’universalité du plan en damier et des trèfles à quatre feuilles, le plus souvent au service de la seule fonction circulatoire et des modes individuels de déplacement…

    et intégrons pleinementles habitants aux nécessaires modifications de leur cité.

  4. Jean-Marc

    « c’est que maintenant les rues sont goudronnées. Pour le vélo ça va tout de même mieux que les pavés. »

    Pour être -rarement- tombé sur du macadam, de la terre battue, et de la terre battue herbue (mais sans ronces^^);

    Je peux te garantir que la terre battue (par le passage des piétons et cyclistes), partiellement herbues ou pas (tondues par le passage des piétons et cyclistes) est -bien que très légèrement plus lente lors des déplacements- bien plus confortable au roulement… et que, en cas de chute, ta peau appréciera bien plus les chutes dessus :

    On voit des aménagements auto, donc on fini par penser en automobiliste, même quand on n en est pas un (c.f. les projets d autoroute-vélos sur-relevées de certains, en totale déconnexion avec la large majorité des usages du vélo en ville).

    De même, pour fluidifier les autos (et augmenter l accidentologie et la gravité des accidents…) on a inventé les feux rouges.

    Ainsi, les automobilistes se demandent pourquoi certains cyclistes ne respectent pas certains feux (avec tourner-à-droite cycliste ou pas).

    Mais ces cyclistes urbains qui sont passés, se demandent POURQUOI un feu a été mis là, alors qu’il ne sert strictement à rien (par exemple, pour un passage piéton, afin d obliger les automobilistes à laisser passer les piétons; alors que la loi OBLIGE déjà les automobilistes à s arrêter à un passage piéton sans feu, si un piéton se présente, mais que 99% des automobilistes ne respectent pas la loi ni -encore moins- les gens, mais uniquement les feux (par peur du gendarme/de la perte de points))

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