A l’ombre du Brexit, l’effondrement de l’atome

Business as usual… derrière les convulsions du Brexit qui déchirent le Royaume-Uni, les affaires continuent d’aller de mal en pis pour l’industrie nucléaire du pays. Sous l’ombre portée de Fukushima, l’avenir de l’atome s’assombrit aussi de l’autre côté de la Manche. Pourtant, dans ce temple du néolibéralisme, les plus grands groupes du monde avaient pu bénéficier de toutes les facilités financières pour se porter au secours du parc atomique britannique en décrépitude. En plus d’EDF qui avait pris pied en 2002 dans le pays et mis la main sur British Energy, les Japonais Toshiba et Hitashi, en déshérence industrielle dans leur patrie depuis Fukushima, étaient aussi arrivés pour rebondir et donner un second souffle au savoir-faire nippon en œuvrant pour la grande cause commune de l’industrie nucléaire.

Mais fin 2019, il ne restait plus qu’EDF et son discret allié Chinois CGN pour maintenir le Royaume sous l’empire de l’Atome. Les deux Japonais avaient déclaré forfait (1).

Comme le temps passe vite… De part et d’autre de la Manche, le redémarrage du nucléaire se fait toujours attendre et semble de plus en plus compromis. Bientôt 10 ans après Fukushima… Retour sur ce qui dans l’ombre du Brexit s’annonce comme la décennie de vérité, celle de la chute de l’Atome dans le Vieux Monde.

EDF en Angleterre

Exception notable dans le paysage de l’Europe occidentale, l’Angleterre avait décidé de se signaler en s’alignant sur le mauvais modèle français quant à l’avenir à donner au nucléaire après Fukushima. Comprenne qui pourra… L’exception culturelle française du nucléaire avait trouvé preneur dans la très néolibérale pétromonarchie britannique.

Pour tenter de maintenir à flot son « indépendance énergétique », le Royaume-Uni a eu cependant la présence d’esprit de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier. Il a su s’entourer des meilleurs experts en la matière; parmi eux le fleuron français numéro un mondial de l’Atome. Ainsi, au tournant du siècle, l’Etat Britannique confiait la gestion de la fin de vie de ses quinze réacteurs au groupe étatique français EDF.

British Energy devenait dans les années 2000 EDF Energy. En contrepartie de cette charge ingrate en soins palliatifs le groupe français avait obtenu un pont d’or pour la construction de deux EPR à Hinkley Point C.

A l’époque du contrat du siècle en Europe, les faveurs accordées pour la commercialisation de l’électricité produite avaient mis en rage les anti-nucléaires du côté français du Channel. Le groupe Sortir du nucléaire et les Verts avaient dénoncé le prix de vente exorbitant de l’électricité accepté par le gouvernement britannique. De son côté, l’Observatoire du nucléaire ne s’était pas formalisé puisqu’avec l’expérience acquise, l’EPR s’avérait toujours inconstructible. En 2016, en effet, au moment de l’aval définitif des britanniques, l’EPR de Flamanville affichait déjà quatre ans de retard sur sa livraison prévue en 2012 et révélait au grand jour toutes ses malfaçons qu’il faudrait tôt ou tard corriger.

Aux dernières nouvelles officielles de l’EPR, le chantier ne sera pas fini pour 2022… Ainsi c’était très mal parti mais rares était ceux qui comme Stéphane Lhomme pronostiquaient que par la suite ça irai de mal en pis. En octobre 2019, dans un mea culpa mis en scène au sommet de l’Etat, un rapport officiel actait le fiasco de l’EPR à Flamanville sans pour autant trancher dans le vif l’avenir de l’Atome tricolore (2). Pour l’Angleterre cependant, l’allié de poids Chinois, le Groupe CGN en renfort d’EDF dans la construction de l’EPR, peut éviter un nouveau fiasco qui pourrait s’avérer fatal au fleuron nucléaire français.

Les Rois Mages de l’Atome d’Extrême-Orient

Pour parfaire son bouquet nucléaire, l’Angleterre avait eu la chance de voir venir du Soleil levant deux autres géants de la technologie atomique: Toshiba et Hitachi. Tous deux accouraient dans le temple du néolibéralisme pour tenter de ranimer la flamme éteinte dans leur pays d’origine. Impossible, après Fukushima, de se reconstruire un avenir radieux dans le nucléaire en leur Patrie. Même les pantomimes féroces d’ultranationalisme militaro-industriel du Premier ministre japonais Shinzo Abe restèrent désespérément inefficaces.

Les deux Rois Mages japonais avaient aussi, comme EDF Energy, un projet de construction de deux réacteurs. Ce qui, en perspective d’avenir, positionnait l’Angleterre en numéro un de la renaissance de l’Atome pour l’ensemble de l’Occident. « Incredible ! » Puis surprise, rien ne va plus.

Coup sur coup en 2018 et 2019 les deux opérateurs japonais Toshiba puis Hitachi déclaraient forfait. Quatre (projets de) réacteurs en moins. Mais, avec les deux d’EDF, le Royaume restait toujours « Number One » de la renaissance de l’atome dans le Vieux Monde.

Ce bouquet désormais fané aurait assuré plus de 10 % de la production d’électricité du Royaume.

Calcul mental de coin de table

Sachant que, dans le bouquet électrique de l’Angleterre en cette fin de première décennie de l’après Fukushima, les « énergies (dites) renouvelables » représentent 30%; sachant aussi que les quinze vieux réacteurs de feu-British Energy assurent, tant bien que mal, 20% de la fourniture électrique du pays et qu’ils devront cesser de fonctionner en 2030… Et en considérant aussi, pour simplifier, qu’un EPR puisse être construit en 10 ans, quelle sera la part du nucléaire dans le bouquet électrique de l’Angleterre de 2030? Cochez la réponse qui vous parait la plus proche de la réalité: 10% ; 5% ; 2,5% ou 0%.

Bonne réponse, si votre choix a écarté la première proposition. L’atome s’effondre dans le bouquet électrique du Royaume. Comme partout en Europe continentale comprenant aussi la France, l’avenir du nucléaire s’annonce sombre outre-Manche. Ça sent la fin d’Empir ; mais avec EDF Energy, seul sur le champ de bataille technologique en friche, c’est déjà la Bérézina si ce n’est pas encore Waterloo…

Avec cette perspective soudain assombrie, une question politique émerge: quel est le jeu de l’establishment britannique? Certainement pas parfaire son indépendance électrique ni perpétuer le nucléaire qui n’a désormais plus la cote dans les milieux d’affaire. Reste l’hypothèse militaire: couler EDF!

Dans ce monde de brutes et de crapules en col blanc animé par une férocité néolibérale sans cesse exacerbée, la question mérite d’être posée.

Mais laissons notre fleuron national fané ferrailler sur son champ de bataille britannique et revenons au bouquet électrique britannique débarrassé de l’atome en 2030. Du coup et par contre coup ledit « renouvelable » se retrouve faire en pourcentage un bond vertigineux. A l’échéance 2030, il pourrait percer le plafond de 50% et, de ce plancher, franchir les 75% en l’an 2050. EDF coulé, l’Angleterre se retrouverait à l’exact opposé du modèle français actuel avec ses 75% de nucléaire dans le bouquet électrique.

L’énigme du reniement des deux Rois Mages

Si l’on admet que dans les domaines de l’ingénierie nucléaire les deux Rois Mages du Soleil levant disposent d’un savoir-faire parfaitement fiable et largement éprouvé, qu’est-ce qui a bien pu faire capoter leurs ambitions nucléaires en Angleterre? Point de mystère: le nerf de la guerre. L’argent, le montage financier, pour les deux réacteurs d’Hitachi le coût estimé de départ était à 24 milliards d’euros. Dans la Patrie du néolibéralisme, le Pont d’Or de l’Etat ne pouvait pas raisonnablement afficher les 24 carats.

Mais ne nous laissons pas impressionner par ce chiffre exorbitant. Dans l’ordre de grandeur des investissements pharaoniques qui caractérisent le capitalisme mondialisé dans sa marche triomphale perpétuelle dans la démesure, cette somme n’a rien d’exceptionnel et les investisseurs peuvent être recrutés de toutes parts.

Pour comparaisons le Grand Projet Inutile imposé (GPII) du Grand Paris Express porté par la Société du Grand Paris avait un coût de départ estimé du même ordre de grandeur, 22 milliards d’euros. Avant même le premier coup de pioche, le budget avait bondi d’un coup à presque le double, 38 milliards d’euros. Mais en dehors des ordres de grandeurs équivalents au départ, il s’agit ici d’un mauvais exemple. En France on est dans une sorte de capitalisme d’Etat où justement l’Etat-providence du BTP planifie chaque année la spoliation maximale de la population pour régaler les géants du BTP: Vinci, Bouygues, Eiffage et tout leur aréopage de fournisseurs et sous-traitants. Dans la même veine de l’Etat-providence de l’industrie automobile, il y a la grande arnaque des infrastructures de recharge des voitures électriques. Dans un article du Monde du 24 octobre 2015, Stéphane Lhomme, révélait d’abord qu’en termes d’émissions de CO2 et de particules fines la voiture électrique n’était pas plus vertueuse que la voiture thermique. Ensuite, il rappelait le budget monstrueux représenté par l’installation sur le territoire de sept millions de bornes de recharge électrique à dix mille euros pièce, soit 70 milliards. Là encore on a une mesure du pouvoir de nuisance sociale et environnementale d’un capitalisme d’Etat. Si, après l’abandon du GPII de Notre-Dame-des-Landes, l’aéroport international offert à Vinci, il manque perpétuellement de l’argent pour faire fonctionner les hôpitaux c’est parce que l’Etat providence des transnationales a d’autres priorités urgentes.

Par contre, en dehors du capitalisme d’Etat, dans le beau monde de brutes et de crapules du néolibéralisme anglo-saxon on a le bon exemple des transnationales du capitalisme fossile. Les budgets colossaux mobilisés révèlent en effet une exemplaire solidarité financière entre banques et compagnies pétrolières d’une rare efficacité pour extraire du pétrole et du gaz de l’extrême.

« Il en fut ainsi du gisement de Kashagan en mer Caspienne au Kazakhstan qui finit par cracher son pétrole en 2016, vingt ans après sa découverte. Malgré toutes les difficultés techniques, les risques environnementaux et sanitaires liés au Sulfure d’Hydrogène, le projet finit par se réaliser. […] Plusieurs dizaines de milliards de dollars furent injectés par huit compagnies pétrolières (3) » dont Total toujours partout dans tous les mauvais coups. Avec d’autres géants du pétrole, on retrouve notre compagnie nationale dans le gigantesque complexe gazier Yamal en Sibérie… Avec ce projet gazier au-dessus de Cercle Polaire, il nous faut remarquer que de part et d’autre du rideau de fer et de feu militaire de l’OTAN, les capitaux ont pu se mobiliser et s’allier pour venir faire ami-ami avec Gazprom, prospecter et mettre en exploitation un gisement longtemps regardé comme inaccessible. En plus de Total, Vinci était de la partie…

Ainsi la question reste posée : qu’est-ce qui a contraint Hitachi et Toshiba à plier bagage ?

Puisque nous ne sommes pas dans le secret des brutes et truands en col blanc, avançons modestement une réponse pour conclure sur l’effondrement de l’atome britannique: plus que les malheureux 24 milliards d’euros, il est possible que le capital-confiance du nucléaire dans les milieux d’affaires ait atteint le niveau zéro ou peut-être pire: le doute se serait installé au sein même de la filière. Pour des raisons historiques et géopolitiques évidentes avec des plaies passées toujours béantes et vives, les deux Mages du Soleil levant ne pouvaient se permettre de faire ami-ami avec l’Empire du Milieu. Sans pont d’or britannique et filet fin 24 carats d’un géant chinois de l’atome, les deux japonais loin de leur Patrie se sentirent bien isolés dans le bourbier politique du Brexit; ils prirent sagement conscience des risques et comprirent que le mieux serait de s’éclipser.

Rien de tout cela n’affecte l’Atome tricolore. En impasse évolutive, il reste vaillamment empêtré dans les déboires et surcoûts de son EPR. Après bientôt dix ans de vains ferraillages, il faut craindre ou même déjà constater que le directoire d’EDF pétrifié de ses certitudes technologiques se soit définitivement emmuré dans la cuve fissurée de son réacteur fétiche. « On ne peut pas résoudre un problème avec le mode de pensée qui l’a engendré » disait Albert Einstein. Encore faut-il bien définir le problème pour pouvoir lui apporter une solution définitive, mais parfois ce sont les cerveaux qu’il faut changer car ils font partie du problème. L’Etat français n’en est pas encore à ce stade-là de la réflexion et la mise en scène d’un mea culpa officiel sur l’EPR en octobre 2019 vient encore confirmer le haut niveau idéologique du blocus technologique. En attendant la levée du blocus atomique tricolore qui solutionnerait bien des problèmes, comment trouver une porte de sortie honorable pour extirper EDF de sa galère britannique sans lui faire comprendre qu’il faut aussi tourner la page de l’atome en France?

JMS, Novembre 2019

(1) Le Monde, 18 janvier 2019 : « Au Royaume-Uni, l’avenir du nucléaire s’assombrit »
Après Toshiba, Hitachi annonce la suspension de son projet de réacteur. Un coup dur pour le programme nucléaire britannique, mais aussi pour la filière au niveau mondial.
Eric Albert et Nabil Wakim
(2) Reporterre, 29 octobre 2019. Émilie Massemin Un rapport blâme EDF sur l’EPR… et préconise de construire d’autres réacteurs
Rapport au Président Directeur Général d’EDF : La construction de l’EPR de Flamanville Jean-Martin FOLZ Octobre 2019
(3) Jean-Marc Sérékian : Capitalisme fossile, Editions Utopia 2019

Jean-Marc Sérékian

A propos de Jean-Marc Sérékian

Rédacteur du site Carfree France, spécialiste des questions d'énergie et de biodiversité.

6 commentaires sur “A l’ombre du Brexit, l’effondrement de l’atome

  1. Ingénieux

    Tourner la page de l’atome en France, c’est bien gentil, on remplace par quoi, des centrales à gaz ? Ça vous plairait ça ? Je demande car je sais que Greenpeace s’en est félicité en Belgique (en oubliant totalement les émissions de CO2 d’un KWh d’électricité produit qui sont passées de 16g à 500g soit une multiplication par 31, et oui, le nucléaire est peu émetteur de CO2 et le GIEC recommande même d’en faire plus, mais allons-y, considérons nous comme plus intelligents que les personnes qui dédient leur vie au changement climatique).

    Car non, on ne remplacera pas les centrales avec des éoliennes. Ou alors on change de paradigme dans notre société et on accepte de prendre le train quand le vent souffle. « Bonjour Mesdames et Messieurs, votre train 6897 à destination de Paris départ initialement prévu à 8h30, partira avec un retard de 4 jours, pour cause, l’intermittence de l’électricité, due à la production éolienne. »

    Non, on ne peut pas stocker l’électricité éolienne et solaire (qui par ailleurs pour cette seconde est plus émettrice en CO2 que nucléaire). Le premier moyen de stockage utilisable serait de faire plus de barrages STEP, or les Alpes sont équipées déjà à 98% de leur potentiel de barrage, et par ailleurs les barrages détruisent également les éco-systèmes, et les vies. Vous parlez de Fukushima, mais connaissez-vous le nombre de morts de Fukushima et le nombre de déplacés ? Je vous laisse comparer avec le nombre de mort de Banqiao, et le nombre de déplacés dus au barrage des 3 gorges en Chine.

    Le deuxième moyen de stockage, ce sont les batteries au Lithium. Hmmmm le bon lithium. Je vous laisse imaginer les côtés négatifs de cette solution (minage, réserves finies, métaux polluants, déchets industriels, et je n’ai pas mentionnés ceux des éoliennes, car pour une centrale nucléaire pilotable il faut près de 1000 éoliennes de 80T d’acier et de béton, qu’il faut changer deux fois plus souvent).

    D’ailleurs en Allemagne, ils l’ont fait, ils sont passés à 40%  d’électricité issue d’éolien. Ils ont fermé des centrales nucléaires. Et à côté ils ont quoi ? Des centrales à charbon, et ils prévoient d’en faire d’autres. Est-ce que leurs émissions de CO2 ont baissé ? Non. Est-ce qu’ils consomment moins ? Non. En Norvège, ils ont la chance d’avoir une petite population et beaucoup de montagnes, mais que doivent faire les Pays-bas et la Belgique ?

    La réalité c’est que la production « d’énergie » est une transformation de ressources de l’environnement et que cela génère forcément des produits et des déchets. Dans le cas d’une centrale nucléaire, ce sont les déchets nucléaires, ce qui représente pour les déchets dangereux environ 150T par an pour toute la France, ceux-ci sont à l’état solide donc déplaçables. Pour une centrale à gaz, charbon, pétrole, c’est le CO2, qui a une durée de vie de 10 000 ans dans l’atmosphère et qu’on ne sait pas récupérer. Et encore une fois on ne peut pas avoir de système 100% éolien et solaire. Aujourd’hui la France a engagé 120 milliards d’euros dans l’éolien, (sans compter l’offshore, 20 milliards de plus), et notre part d’électricité issue de l’éolien est passée à combien au juste ? Combien de CO2 économisé ? Aucun. Avec ce budget, vous remplacez la totalité des chaudières au fioul par des pompes à chaleur, et il vous reste de l’argent pour un paquet de pistes cyclables.

    Je vous conseille de lire sur le sujet de la production d’électricité, il n’y a pas d’énergie parfaite, toutes sont mauvaises d’une façon ou d’une autre, ensuite, il faut faire un comparatif des externalités négatives.

     

  2. Loic

    « Ingénieux » à tout dit. Le charbon, le gaz et le pétrole ont de beaux jours devant eux.

  3. Ikook1

    Ingénieux et Loic ont tou dit mais n’ont pas tout compris:
    Le pic du pétrole conventionnel a été franchi en 2006 dans l’indifférence générale et le refus d’y croire. L’AIE (agence internationale de l’energie) a quand même décidé de le reconnaitre en 2010 (après 4 ans de refus).
    L’ASPO (qui avait prédit ce pic) annonce maintenant, après avoir été quantités de données et de rapports pays par pays, que le pic du pétrole non-conventionnel est pour 2025.
    Actuellement, tout le monde reconnait (même les pétroliers) que nous consommons 6 barils pour 1 trouvé. Nous vivons donc sur un stock qui s’épuise et nous ne trouvons pas assez pour compenser. Des grandes majors du pétrole commencent même une (timide) reconversation et voient que l’avenir est bien sombre.

    Ingénieux: il va falloir t’habituer. Le monde tel que tu le vis actuellement est voué à disparaitre et à changer dans le meilleur des cas. Dans le pire, prépare toi à la guerre civile et au chaos.
    Loïc: il n’y a pas de beaux jours à venir dans le front des énergies. Nous sommes au bout du chemin. Fini le chauffage facile, les voitures et les déplacements inutiles. L’heure du rationnement va sonné dans la décennie qui vient. Que tu y crois ou pas, les chiffres sont là.
    Le plus prometteur c’est la Russie: d’énormes réserves de gaz et environ 20% des réserves mondiales de Pétrole. Mais voilà, le prix montera forcément et il n’y en aura pas pour tout le monde. Les oleoducs s’en vont vers la Chine et l’Allemagne. Les autres….
    https://aspofrance.org

  4. jol25

    Il y a beaucoup à dire sur l’énergie, beaucoup trop pour un simple article ou encore moins un commentaire…

    Le nucléaire n’est pas générateur de CO2 (quoique…) si on considère uniquement la centrale en fonctionnement, mais c’est au même titre qu’une voiture électrique : le problème est déplacé en amont (construction, alimentation) ou en aval (démantèlement, traitement des déchets). Le problème majeur du nucléaire est d’abord la menace permanente qu’il fait peser, surtout en France: sa densité est sans équivalent, avec des structures vieillissantes dont on prévoit de prolonger la vie. Un autre problème est la durée de vie des déchets ultimes, que l’on cède en héritage à des centaines de générations (comment sera-t-on jugés ?). De plus, avec la localisation des centrales (choisie il y a 50 ans) et le changement climatique, les conditions d’exploitation peuvent devenir plus que délicates… Personne ne s’en vante, mais la catastrophe a déjà été frôlée en France (ex. Golfech). Enfin la France ne produit pas 1 gramme d’uranium, donc nous participons au pillage des ressources de l’hémisphère sud, et aux conditions inhumaines qui nous arrangent.

    Si l’Allemagne fait le choix du charbon, c’est bien la preuve que la transition énergétique est une fumisterie: le lissage de la production d’énergies renouvelables ne peut être garanti que par le fossile, car le nucléaire a trop d’inertie pour répondre à ce besoin.

    Le stockage du CO2 existe : ça s’appelle les énergies fossiles, la nature l’a fait pendant des millénaires. Donc si on voulait arrêter les émissions de CO2, très simplement, il faudrait commencer par arrêter de libérer le stock existant!

    Le problème global de l’énergie aujourd’hui est la demande sans cesse croissante, et qui va continuer à augmenter (croissance de la population mondiale et augmentation globale du niveau de vie des populations les plus nombreuses, comme la Chine ou l’Inde).

    Je pense, comme Ikook1, que la frugalité s’imposera tôt ou tard, de gré ou de force, de façon contrôlée ou dans la douleur. Vu la pensée globale des dirigeants, je pense hélas qu’on se dirige plutôt vers la deuxième voie.

    Natifs du 20e siècle, nous avons un point de référence très élevé : une période unique de l’humanité durant laquelle nous avons eu une gabegie d’énergie et le niveau de vie qui va avec. Un nouvel équilibre est à trouver, plus sobre. Ce n’est pas nécessairement un retour vers le passé, mais probablement quelque chose de différent, à réfléchir et construire ensemble.

    Aujourd’hui, dans le monde actuel, la fin du pétrole, c’est guerres, famines et maladies, ne nous leurrons pas…

  5. Ikook1

    Dans le grand jeu énergétique, il n’y a que 3 acteurs et à la vue de ceux-ci on comprend mieux les tensions actuels:

    Le n°1: c’est les USA et ses pays « satellites » qui sont soit des amis plus ou moins « consentis » (Canada / dictature d’Amérique du Sud / Moyen-Orient) soit des satellites (l’UE ou ce que certains appellent les Euronouilles). Les USA ont vécu sur le pétrole des autres (Moyen-Orient et Amérique du Sud) mais celui-ci s’est épuisé ou s’épuise alors ils vivent maintenant sur leur pétrole et essaie de rabaisser la puissance du n°2 (pour conserver leur hégémonie sur les euronouilles notamment) et lorgne sur le pétrole du n°3

    le N°2: c’est la Chine. Elle n’a quasiment pas d’énergie. Mais elle est l’usine du Monde.  Elle empiète sur les plate-bandes du N°1 pour l’accès au peu d’énergies restantes au Moyen-Orient et en Afrique et voit le marché des Euronouilles comme un immense marché pour ses produits (les nouvelles routes de la soie). Elle a un superbe allié stratégique: le n°3.

    LE N°3: c’est la Russie. Elle possède des quantités de gaz gigantesques. Elle a 20% des réserves de pétrole encore à exploiter. Avec la fonte de la banquise au Nord, de nouvelles routes maritimes permettant de réduire les temps de transport s’ouvre et et elle est maitre de cette zone. Elle possède une puissance militaire et un territoire difficilement envahissable.

     

    Le N°1 est en déclin et ses satellites (les euronouilles) encore plus. Le N°2 joue sur un temps long et sait que le N°1 devient de plus en plus faible et que le temps joue pour la Chine. Le N°3 est maitre du jeu énergétique et s’est posé comme maitre militaire des futures routes commerciales au nord (nouvelles route commerciales par bateau) et au sud grâce à l’OCS (Organisation de Coopération de Shangai)  et l’UEE (Union Economique Eurasienne).

    Les euronouilles sont à scinder en deux groupes: L’Allemagne et les pays de l’est considérés comme un zone de débouchés de l’industrie allemande ou de main d’oeuvre peu chère pour l’industrie allemande. La France, le Portugal, l’Italie et l’Espagne considérés par l’Allemagne comme des pays secondaires, qui ont peu d’influence stratégiques et qu’on laisse ou qu’on délaisse mais à qui on fait plaisir de temps en temps, histoire de leur faire croire qu’ils comptent même si ils ne comptent pas.

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