Au Salon de l’automobile

En descendant de taxi, vers cinq heures, sur le perron du Grand Palais, vous recevez avant toutes choses le coup de vent rose et glacé du crépuscule d’octobre. De ce perron que l’altitude isole, peut-être devez-vous donner un regard au Cours-la-Reine, à ces marronniers d’automne embrasés, qui couvent la braise du soir. Dites adieu, au seuil de demain, à ce jadis qui, chaque octobre, meurt en vous — pour, hélas! renaître en avril. Et déboisez-moi donc ce vieux parc indéracinable dont chaque branche est un souvenir d’enfance. Lire la suite…

Le monstre

Le décor ? L’unique rue d’un petit village à midi. Quel village ? Cela ne fait rien à l’affaire. Un village quelconque: Cœur-sur-la-Main ou Portanville, si vous voulez, avec du soleil plus chaud qu’ailleurs, des murs d’un blanc plus aveuglant qu’autre part, des maisonnettes closes, une ferme… Lire la suite…

Prehistoric Pink

Dans cet épisode de 1968, la Panthère rose et un homme des cavernes, petit et au nez pointu, s’efforcent de déplacer une grande dalle de pierre rectangulaire dans une jungle préhistorique. La Panthère rose se rend compte que la pierre serait plus facile à déplacer si elle était ronde. Alors, lui et l’homme des cavernes la transforment en sphère et la font rouler le long d’une colline. Lire la suite…

Avez-vous lu Veblen ?

Thorstein Veblen (1857-1929) reste peu connu dans l’espace francophone, malgré un certain regain d’intérêt pour sa pensée et son œuvre qu’on peut constater depuis une dizaine d’années. Si son nom figure dans les manuels d’histoire économique, au titre d’un des pères fondateurs de l’économie institutionnaliste, c’est souvent de façon assez expéditive; on y retient sa Théorie de la classe de loisir (1899), sa critique des économistes néoclassiques et ses réflexions sur le rôle des institutions. Lire la suite…

Le dernier piéton

À la fin du XXIIe siècle, le nombre des Parisiens et des Parisiennes qui continuaient à se servir de leurs jambes pour se déplacer diminua très rapidement. Ce moyen de locomotion, vieux comme le monde, ne répondait plus aux goûts, aux besoins d’une humanité qui voulait aller vite et qui répugnait à l’effort physique. Lire la suite…

La mort de la Terre

Successivement, les Parisiens affolés avaient noté 32, 35, puis 36, 38 et 40 degrés à l’ombre. Dans un ciel d’azur implacable, le soleil dardait ses rais qu’on eût dits d’airain en fusion, tant ils semblaient pénétrer et fouiller jusqu’au tréfonds de l’organisme humain, grillant l’épiderme, tordant les muscles, crispant les nerfs, altérant les muqueuses dont la dessication se traduisait par une soif ardente et fiévreuse. Lire la suite…

La Société protectrice des piétons

Un des actes les plus courageux auxquels puisse se livrer un homme solidement trempé, c’est d’aller à pied dans Paris – dans le Paris du centre. On frémit en songeant que d’imprudents vieillards, traversent, sans même avoir fait leur testament, certaines rues particulièrement encombrées, comme la rue Montmartre, pour ne citer que celle-là. De temps en temps, on en écrase quelques-uns, mais les autres persistent à se lancer, à corps perdu, au milieu des tramways, des automobiles, des bicyclettes, etc., etc. Il faut bien reconnaître là ce besoin d’héroïsme et cette légèreté incurable qui caractérisent les Français, même quand ils sont vieux. Lire la suite…

L’enterrement du dernier piéton

Il y a quelques jours, les joyeux Parisiens suivirent l’enterrement du dernier omnibus à traction animale. Hier, ce fut le tour du dernier piéton, qui fut reconduit à sa dernière demeure avec tout le respect qu’il convenait de témoigner à ce vénérable débris des temps anciens, où l’homme pataugeait lamentablement dans la boue, usant de ses jambes pour vaquer à ses occupations journalières. Lire la suite…

Les écraseurs

Samedi soir, un petit garçon d’une douzaine d’années était renversé par une automobile et amené chez le pharmacien qui se trouve au n° 17 de la rue de Paris. Le pauvre gosse qui avait le bras cassé en divers endroits faisait entendre des cris déchirants. Un certain nombre de cyclistes tournaient autour de l’auto, ressemblant à ces petits oiseaux qui dans un bois voltigent autour d’un hibou et dénoncent la présence de leur redoutable ennemi. Lire la suite…

L’absurdité de la bagnole

Jean-Luc Godard est un cinéaste franco-suisse né le 3 décembre 1930 à Paris et mort le 13 septembre 2022 à Rolle (canton de Vaud). Parmi ses nombreux films, il y a Week-end, sorti en 1967, qui montre un couple de Français moyens qui passe son week-end en voiture sur les routes d’Île-de-France, en circulant (quand c’est possible) entre embouteillages monstrueux et accidents sanglants. Lire la suite…

Zigs Zags d’une cancoire

Depuis trop longtemps déjà, des êtres sales, puants, hideux, affublés de muselières, parfois accompagnés de leurs femelles, accroupis dans un baquet, passent comme des ouragans sur les routes de France. Partout s’entendent les rauques beuglements de leur cor, partout, effrayants, sinistres, ils passent, empestant l’air, couvrant les alentours d’une poussière épaissie, et tous les jours, hélas! estropiant, mutilant, tuant de braves gens qui avaient eu la naïveté de croire que la route est à tout le monde. Lire la suite…