Les tricheurs

Article mis à jour le 8 août 2017

Le scandale Volkswagen de fraude massive sur les émissions polluantes de millions de voitures à travers le monde a ouvert la boite de Pandore. C’est toute une industrie qui semble désormais touchée à mesure que les soupçons de fraude et de triche commencent à s’étendre à l’ensemble des constructeurs. Cet article, mis à jour régulièrement, regroupe les dernières informations disponibles sur la triche massive de l’industrie automobile.

Existence d’un cartel automobile en Allemagne

L’hebdomadaire allemand d’investigation Der Spiegel révèle en juillet 2017 l’existence d’un cartel automobile en Allemagne depuis le début des années 1990. Ce cartel, que l’on peut appeler le Club des cinq car il regroupe BMW, Daimler, Audi, Porsche et l’inévitable Volkswagen, régentait la quasi-totalité des aspects techniques et commerciaux concernant les constructeurs allemands et est soupçonné de s’être entendu pour ne pas développer de systèmes anti-pollution réellement efficaces (Source: Der Spiegel)

Triches sur les émissions polluantes des voitures Diesel

Volkswagen: 11 millions de véhicules dans le monde équipés du logiciel de trucage. Après la divulgation d’une gigantesque triche à la pollution, le constructeur allemand Volkswagen a indiqué ce mardi 29 septembre 2015 que 11 millions de ses voitures dans le monde étaient équipées du logiciel de trucage (Volkswagen, Audi, Skoda, Seat et Porsche). « Nous avons totalement merdé », a admis le PDG de la branche américaine. (Source: L’Express, Voir aussi notre article dédié: Le Diesel propre lave plus blanc que blanc)

Fin novembre 2015, il apparaît que la triche de Volkswagen et de ses différentes marques remonte à 2009 et ne concerne donc pas seulement des modèles 2014. (Source: Le Monde)

Et Volkswagen ne se contente pas de tricher… Le groupe automobile est également accusé par le Canard Enchaîné du 30 septembre 2015 de faire du chantage à la pub pour faire taire les médias français au sujet du scandale. (Source: L’Express)

Pour la France, selon Inovev, un site d’analyses relatives à l’automobile, près d’un million de véhicules en circulation en France seraient équipés du fameux moteur truqué. Sur ce million de voitures truquées, 59,6 % soit 637 489 véhicules sont des modèles Volkswagen, essentiellement des Golf et des Polo. Les autres se répartissent entre Audi (21,1 %, soit 225 571 véhicules) – modèle A3 en grande partie -, Seat (10,4 %, soit 111 681 véhicules) et Sköda (8,8 %, soit 94 055 véhicules). (Source: Le Point)

Début mars 2016, le parquet de Paris ouvre une enquête contre Volkswagen pour «tromperie aggravée». (Soure: Euractiv)

La justice espagnole annonce, vendredi 8 juillet 2016, la mise en examen à Madrid du constructeur automobile allemand Volkswagen pour escroquerie et atteinte à l’environnement, dans le cadre du vaste scandale de ses moteurs diesel truqués mis au jour à l’automne 2015. (Source: Le Monde)

Dieselgate : après Volkswagen, Renault dans le viseur avec l’Espace

Selon une association indépendante allemande, le nouveau Renault Espace dépasserait de 13 à 25 fois les normes d’émissions de NOx préconisées par la norme européenne. (Source: Challenges.fr)

Pour l’ONG, donc, le Renault Espace émettrait près de 2 000 mg/km de NOx contre les 80 mg/km autorisés au maximum. « Nous n’avons pas vu des émissions à un tel niveau depuis la fin des années 1980, avec l’adoption de limites européennes d’émission » a commenté Axel Friedrich, membre de DUH et expert des transports. (Source: Economie Matin)

Le 14 janvier 2016, la CGT révèle que la direction des fraudes a lancé une perquisition chez Renault, à la recherche d’un logiciel truqué. A la suite de cette information, Renault subissait une déroute boursière d’une ampleur exceptionnelle: une chute qui a atteint 20% en quelques heures, effaçant ainsi l’équivalent de 4 milliards d’euros pour les actionnaires. (Source: Nouvel Obs)

En avril 2016, la répression des fraudes confirme qu’elle avait perquisitionné également des établissements du groupe PSA, dans le cadre d’une enquête portant sur des « anomalies » d’émissions polluantes de trois véhicules testés dans la foulée du scandale Volkswagen. (Source: Nouvel Obs)

En août 2016, le Financial Times révèle que le rapport final de la commission Royal sur les voitures diesel aurait omis des informations-clés laissant supposer que des véhicules diesel de Renault émettent dix à onze fois plus de gaz toxiques en conditions réelles que lors des tests antipollution. Le Financial Times, qui s’appuie sur le témoignage de trois des dix-sept membres de la commission, met en cause la version diesel du Renault Captur. La trappe à oxydes d’azote – les très polluants NOx – de ce modèle fonctionnerait en situation de tests, mais pas en conditions habituelles de conduite sur route. (Source: Le Monde)

Le journal Libération publie, mercredi 15 mars 2017, le contenu d’un rapport confidentiel réalisé par les services de Bercy, et qui est à l’origine de l’information judiciaire ouverte, en janvier, par le parquet de Paris. La justice suspecte la marque française d’avoir installé « un dispositif frauduleux » afin de fausser des tests sur les émissions de polluants des moteurs. (Source: France TV)

Dieselgate : tous les constructeurs sont dans le collimateur

Lundi 28 septembre 2015, Audi, une filiale de Volkswagen, a fait savoir que 2,1 millions de ses véhicules sont équipés du dispositif frauduleux dans le monde (dont 1,42 million d’automobiles en Europe). Les moteurs truqués touchent de nombreux modèles de la gamme: les berlines A1, A3, A4 et A6, la sportive TT et les 4×4 urbains Q3 et Q5. (Source: L’Express)

Skoda annonce à son tour 1,2 million de voitures truquées. Skoda, le constructeur automobile tchèque du groupe Volkswagen, a annoncé lundi 23 septembre que 1,2 million de ses véhicules avaient été équipés du logiciel truqué pour fausser les résultats des tests antipollution. (Source: La Tribune)

La marque automobile espagnole Seat a vendu environ 700.000 véhicules dans le monde équipés d’un moteur diesel porteur d’un logiciel truqueur, sur un total de près de 11 millions écoulés par sa maison-mère Volkswagen, a indiqué mardi un porte-parole de Seat. (Source: Le Point)

Début novembre 2015, de nouvelles révélations font apparaître que des moteurs plus puissants des marques Volkswagen, Audi et Porsche sont aussi truqués. (Source: Le Monde)

Quelque 13.000 véhicules 4×4 Porsche Cayenne sont équipés aux Etats-Unis du logiciel capable de tromper les contrôles anti-pollution à l’origine d’un vaste scandale chez Volkswagen, maison-mère de Porsche, a indiqué fin novembre 2015 un porte-parole du constructeur, confirmant une information de l’agence dpa. (Source: TV5 Monde)

BMW, Opel, Mercedes et Citroën également soupçonnés: voici comment les constructeurs trompent les contrôles pour vendre des diesels « 5 fois plus polluants ». Selon une récente étude de l’ONG Transport & Environment, le scandale Volkswagen ne serait que la partie immergée de l’iceberg. Seuls 10% des voitures diesel testées par l’ONG respectent les normes européennes en conduite réelle. L’étude constate en effet que la plupart des constructeurs optimisent leurs moteurs pour tromper les tests de pollution et obtenir l’homologation de leurs véhicules. Les techniques, très nombreuses, sont à la limite de la triche mais permises par une législation européenne trop vague. (Source: RTL.be)

L’organisation allemande Deutsche Umwelthilfe (DUH) rapporte début novembre 2015 que l’Opel Zafira émettrait 17 fois plus de NOx qu’indiqué par le constructeur, dans certaines conditions de conduite. (Source: ccfa.fr)

Le 19 janvier 2016, une enquête menée par la chaîne de télévision belge VRT révèle qu’Opel aurait demandé à ses concessionnaires de changer un logiciel équipant ses Zafira afin de réduire les émissions de Nox des véhicules. (Source: autoactu.com)

Fin octobre 2015, un article du journal britannique The Guardian fait état de plusieurs études indépendantes montrant que les voitures diesel polluent au moins autant si ce n’est plus que les bus ou les camions en circulation. (Source: carfree.fr)

En France, à la suite de la demande de Ségolène Royal, des tests portant sur cinquante-deux véhicules ont été présentés, jeudi 7 avril 2016, à la commission indépendante chargée, à la suite du scandale Volkswagen, d’évaluer les émissions polluantes de cent diesels commercialisés en France. L’analyse de ces résultats fait apparaître qu’en condition réelle de conduite, toutes les voitures dépassent les normes d’émissions autorisées. (Source: Le Monde)

En novembre 2014 déjà, une étude de l’ICCT (International Council on Clean Transportation) portant sur 15 modèles diesel très récents respectant la dernière norme Euro6 ou son équivalent américain mettait en évidence des émissions d’oxydes d’azote (NOx) en situation de conduite réelle en moyenne sept fois supérieures à celles théoriquement imposées par la norme. (Source: carfree.fr)

Une quinzaine de marques déjà épinglées (Source: Le JDD)

Groupe VW (Volkswagen, Audi, Seat, Skoda)
-Présence d’un logiciel qui active le système antipollution en situation de contrôle inopiné.
Le groupe allemand a bien équipé des millions de ses véhicules d’un mouchard qui active le système antipollution quand ils se retrouvent en phase de test en situation réelle. Des accusations avaient déjà été portées contre cet équipement frauduleux, dès 2004, par des ONG. Elles étaient remontées jusqu’à la Commission européenne, qui avait décidé de les passer sous silence. Les autorités américaines ont aussi été alertées : leurs investigations ont confirmé la tricherie et déclenché le scandale des deux côtés de l’Atlantique.

Renault, Mercedes, Ford, Opel, Nissan, Peugeot
-Désactivation du système antipollution selon la température.
Plusieurs constructeurs ont opté pour un système antipollution qui limite les émissions en réinjectant une partie des gaz dans le moteur (Exhaust Gas Recirculation ou EGR). Sur plusieurs modèles, ce système se débranche ou ne fonctionne qu’au ralenti quand la température extérieure descend sous les 20 °C. Un hasard? Pas tout à fait puisque les tests d’homologation en laboratoire s’effectuent dans un environnement à 20 °C. Chez Opel, Renault et Nissan, l’arrêt du système s’effectue dès que la température descend sous 17 °C. Chez Peugeot, sous les 5 °C. Les constructeurs s’abritent derrière la réglementation européenne, qui autorise cette déconnexion dans le cas d’un dommage moteur. Selon les autorités américaines, la mécanique ne peut être affectée par l’EGR qu’à condition que la température descende sous les – 4 °C.

Fiat Chrysler
-Désactivation du système antipollution au bout de 22 mn.
Pourquoi le groupe italien stoppe-t-il le traitement des gaz au bout de vingt-deux minutes d’utilisation d’un véhicule? Peut-être parce que le procédé d’homologation dure en général vingt minutes. Ces résultats, obtenus après des tests menés en Allemagne, sont contestés par le constructeur italien, qui estime n’avoir de comptes à rendre qu’aux autorités de son pays.

Mitsubishi, Suzuki
-Tricherie sur la consommation réelle du véhicule.
Si toutes les études montrent qu’il existe un écart, souvent considérable, entre la consommation réelle des véhicules et les promesses des constructeurs, les deux marques japonaises se sont fait coincer pour utiliser une mesure de carburant trompeuse sur leur marché.

Une immense supercherie

En avril 2016, le journal Le Monde lève le voile sur un autre scandale, concernant la nature cancérigène du diesel qui est en fait connue depuis plus de 20 ans. Les scientifiques, les pouvoirs publics et les industriels de l’automobile savaient depuis au moins 1997 que le diesel est cancérogène, mais l’information est restée confidentielle jusqu’à aujourd’hui. (Source: carfree.fr)

A la suite du scandale Volkswagen, il apparaît désormais assez clairement que cette fraude cache un bien plus grand scandale: la généralisation de la tricherie sur les normes antipollution en Europe avec l’assentiment des États et des institutions européennes. En fait, autant les États européens que les institutions européennes savaient depuis longtemps que tous les constructeurs de voitures ne respectent pas les normes en matière d’émissions polluantes. (Source: carfree.fr)

Également, le scandale Volkswagen sur les émissions polluantes des voitures semble se doubler d’un autre scandale, financier et fiscal. Il apparaît désormais que Volkswagen ne vend pas seulement des voitures toxiques, le constructeur vend aussi des produits financiers toxiques avec l’aval de la Banque centrale européenne. (Source: carfree.fr)

Par ailleurs, la tricherie au diesel de Volkswagen aurait donné lieu à des fraudes fiscales. La justice allemande enquête désormais sur une possible fraude ou évasion fiscale du constructeur allemand. Selon les premières informations disponibles l’enquête concernerait tout à la fois une potentielle évasion fiscale mais également une fraude, voire une violation des règles de la concurrence (Source: Les Echos)

Triches sur la consommation de carburant et les émissions de CO2

C’est peut-être le prochain scandale qui pourrait éclabousser l’industrie automobile. Selon un rapport de l’ONG Transport et Environnement paru le 28 septembre 2015, il existe de très fortes disparités entre la consommation d’essence observée en laboratoire et la consommation réelle, sur route. Chez certains modèles Mercedes, BMW, Peugeot et Renault ces différences atteindraient même les 50%. (Sources: Euronews, Transport & Environment, Médiapart)

En septembre 2008, la directrice de 60 millions de consommateurs, Marie-Jeanne Husset, affirmait déjà que les consommations en carburant annoncées par les constructeurs automobiles sont inférieures de 20% à 60% à la consommation réelle, en se basant sur des tests réalisés par la revue. (Source: carfree.fr)

Début novembre 2015, le scandale Volkswagen s’enrichit d’un « volet CO2 ». Après les révélations sur les taux d’émission d’oxydes d’azote (NOx) trop élevés par rapport à ce qu’ils auraient dû être, c’est la consommation de carburant des véhicules concernés qui serait cette fois plus élevée que celle indiquée par le constructeur allemand. Cette nouvelle affaire concerne, selon une première estimation, essentiellement les moteurs diesel des marques VW, Skoda, Audi et Seat, mais aussi des moteurs essence. (Source: Le Monde)

A la suite du DieselGate, le magazine Auto-Plus a testé fin octobre 2015 la consommation de carburant de 1114 modèles, et les chiffres de consommation relevés en conditions réelles comparés à ceux qu’annoncent les marques révèlent ainsi un écart important, en moyenne de +37,2%. Citroën, Peugeot et Renault comptent parmi les constructeurs dont les modèles sont les plus éloignés de la réalité. C’est le cas en particulier de leurs derniers diesels Euro 6 sur lesquels existent des écarts compris entre +50% et +74,3% par rapport aux valeurs homologuées. (Source: Auto-Plus)

Le quotidien allemand Die Welt révèle jeudi 26 novembre 2015 l’existence d’un nouveau logiciel affectant la consommation de carburant et donc les émissions de CO2 de certains véhicules Volkswagen. L’ampleur du phénomène n’est pas encore connue, mais un nouveau rappel pourrait être mis en oeuvre. L’anomalie pourrait concerner un « grand nombre d’automobiles à moteur à explosion. » (Source: L’Express)

En avril 2016, Mitsubishi reconnaît avoir également manipulé des tests d’émission pour présenter de meilleurs rendements énergétiques. 625 000 véhicules de marque Mitsubishi, mais aussi Nissan seraient concernés. (Source: Le Point).

Triches sur la sécurité des voitures

Le 17 septembre 2015, nous apprenions que General Motors (GM) payera une amende de 900 millions de dollars (796 millions d’euros) pour avoir dissimulé des informations concernant un défaut mécanique [de ses voitures] lié à la mort de 124 personnes et à des centaines de blessés. L’entreprise s’était organisée pour dissimuler un défaut de sécurité mortel, en violation du droit américain, et s’est par conséquent « rendue coupable de fraude », écrit le ministère dans un des documents judiciaires. (Source: Le Monde)

En 2015 aussi, Fiat Chrysler n’a pas signalé des décès et blessés liés à des rappels de voitures. Fiat Chrysler (FCA) a omis de mentionner des cas de décès et de blessés liés à ses campagnes de rappels de voitures. Une enquête interne du groupe automobile a conclu que certains accidents, qu’ils soient mortels ou non, n’ont pas été portés à la connaissance des régulateurs comme il est requis. (Source: Le Point)

En novembre 2014, l’équipementier automobile japonais Takata, dans la tourmente depuis plusieurs mois pour ses airbags défectueux responsables de plusieurs décès (affaire des « airbags fous »), est visé par une enquête pénale du département américain de la Justice, qui soupçonne le groupe d’avoir masqué le problème pendant des années. Le défaut en cause concerne le gonfleur qui peut éclater sous certaines conditions et projeter alors des fragments de métal et de plastique sur les occupants de la voiture. (Source: Le Monde)

En 2012, le constructeur auto Mitsubishi Motors était soupçonné de dissimuler des défauts de ses véhicules. Le ministère des Transports japonais perquisitionnait dans les bureaux et concessions du constructeur nippon Mitsubishi Motors pour vérifier que la firme auto n’avait pas dissimulé des défauts avant de procéder à des rappels massifs. Une enquête interne a révélé des centaines de cas de réparations de véhicules menées en secret sans vérifier si des rappels de modèles entiers étaient nécessaires. Ces irrégularités ont été à l’origine d’un accident mortel. (Sources: La Tribune et Le Monde)

Les abus et arnaques de la réparation automobile épinglés

En pleine affaire des moteurs truqués de Volkswagen, les pratiques commerciales des réparateurs automobiles sont à nouveau pointées du doigt en France. La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) publie ce vendredi les résultats d’une enquête sur le respect des règles de protection du consommateur dans le secteur de la réparation et de l’entretien automobile. Verdict: le taux d’infraction reste «élevé» – à 38,85% pour 803 établissements visités – ce qui «justifie une surveillance régulière du secteur par les agents de la DGCCRF». (Source: Le Figaro)

Trafic d’épaves et escroquerie aux expertises

La carambouille et l’escroquerie ont encore de beaux jours au fond de certains garages si l’on en croit l’avis de recherche lancé par Emmanuel Barbe, le délégué interministériel à la sécurité routière. Celui-ci recherche les propriétaires de pas moins de 5.000 véhicules jugés potentiellement dangereux. Accidentés, ils ont tous fait l’objet d’expertises « arrangées » afin de retrouver une allure convenable pour reprendre du service au lieu de suivre le chemin de la casse. Et cela, en dépit des défaillances graves qui peuvent les affecter. (Source: Le Point)

Carfree

A propos de Carfree

Administrateur du site Carfree France

6 commentaires sur “Les tricheurs

  1. Loic

    Ce qui est a retenir dans la tricherie des chiffres c’est

    1) Détournement de l’argent publique !

    l’argent publique distribuée au nom de l’écologie : en bonus écolo .
    Sous entendu pas dans les transports en mode doux (transports en commun, vélo, marche à pieds…) , ni dans la recherche…

    2)L’arnaque des études sur qui pollue l’air.

    Tous ces calculs pour dire  qui est le plus responsable de la pollution de l’air. Ces calculs qui montrent qu’une vache qui pète dans son champ c’est aussi polluant qu’un 4×4 de chez Audi ou que le feu de cheminée est à interdire alors qu’on laisse le diesel se développer en ville.

    Et ben , tous ces calculs va falloir les refaire en multipliant le taux de pollution de la circulation automobile par 2 !

  2. Pédibuspedibus

    Oui Loïc… et multiplier par dix ce coût évalué, pour ce qui est supporté par les citadins, pour la seule claustration engendrée par la perception négative de l’environnement urbain, précisément engendrée par l’usage automobile.

    En termes de santé publique la restriction de mobilité due à cet usage motorisé toucherait autant le psychisme de la population que la perte d’autonomie des seniors, dès l’instant où on se décourage de mettre le nez dehors, de mettre un pied devant l’autre, de se frotter à l’autre dans foule plus ou moins anonyme…

    Alors sans doute cette évaluation nous mettrait bien au-delà des chiffres de l’hécatombe routière, purement accidentologique, de la période évoquée par Jean-Marc, avant les années 1980…

  3. Jean-Marc

    « 2)L’arnaque des études sur qui pollue l’air. »

    3 pbs avec bcp de ces études :

    1- outre qu’elles peuvent partir de valeurs fausses (VW, mais aussi les autres, fournissant des valeurs de conso et d emissions théoriques, sans aucun rapport avec la réalité… mais les instances européennes ont validées cette arnaque..)

     

    2 – la totalité sur le pays : mauvaise mesure :

    Ce qui compte, et que mesurent trop souvent ces études, ce n est pas la totalité de telle ou telle pollution, qui ne sont pas réparties régulièrement sur le territoire :

    à part pour l agriculteur industriel épandant son champs et pour ses rares voisins, savoir que son lisier émet des substances nocives pour ceux le respirant localement n a pas forcément bcp d’incidence sur les plus de 80% de citadins de notre pays

    (un peu quand même… mais à la marge… à l inverse des rues automobilisées qui sont sous nos fenêtres, et donc qui sont pires que les autoroutes dans la campagne, où il y a peu de personnes polluées)

     

    3 – la déresponsabilisation :

    chaque type de pollution s ajoute, s additionne :

    combien d automobilistes nous disent : oui, mais regardez, l agriculture industrielle + l industrie + le chauffage, en particulier le chauffage au bois, polluent ensemble plus que ma voiture, donc aux autres de faire qq chose, surement pas à MOI !.

     

    même si c est vrai… pour un particulier, c est plus simple de faire quoi ? :

    a- fermer toutes les usines du pays

    b- ne plus manger de l agriculture industrielle (mais du bio paysan local)

    c- chauffer 3 degrés de moins tous les logements et bureaux, et sans utiliser de bois

    d- faire chaque jour 4 km à vélo plutôt qu’en voiture ? ou, au moins, une fois par semaine ?

    bien sûr, on peut baisser la température de son logement et manger bio, mais cela n empêche pas de faire un trajet par semaine (ou plus) en vélo, à pied, ou en TEC

    Or, à l inverse de ce que disent les automobilistes, pour justifier leur 4km seul dans une auto de 1.5tonne; chaque production de polluants qu’on arrête de produire, à notre échelle individuelle*, est un mieux.
    (si tu continue à faire autant de km en auto, mais que tu rajoutes 10km de VTT dans les bois en plus, pour montrer que tu respectes la nature et l effort physique, cela n est pas un mieux… tes « autant de km en auto » polluent tjrs autant…)* échelle individuelle : par la loi/les reglements/les normes, l échelle collective, bcp plus efficace que l echelle individuelle, existe aussi. Mais, à moins d être un élu, cela nous concerne moins directement.

  4. jack

    L’occasion de rappeler qu’on peut faire des dons au site carfree qui nous donne des informations importantes pendant que les sacs a pubs (de l’express a libe)  vont avoir peur d’informer vu que les constructeurs auto sont l’un des plus important acheteurs de pubs dans les medias..

  5. Bagaïni François

     
    Tout à fait d’accord avec Pedibus, mais j’irais encore plus loin. L’impacte du diesel en ville est sanitaire.

     Bruno Guibeaud, président d’Europe Qualité Expertise: « Le Diesel en ville aujourd’hui est une gigantesque bombe à retardement. Ceux qui roulent peu, moins de 10 000 km, et ils sont nombreux, ne devraient jamais rouler avec un Diesel. C’est criminel. »  Ne parlons pas de ceux qui laissent tourner leur moteur à l’arrêt devant la boulangerie, sur le parking de la gare, ou à la sortie des écoles !

     

    Pour satisfaire les lobby du diesel les état membres, enfin certains états membre (France, Allemagne, Italie, Espagne) concèdent, au niveau européen, environ 250000 morts prématurées et près de 400 milliards de dépenses de santé. (Summary report of the Aphekom project 2008-2011)

     

     

      Les NOx sont irritants pour les voies respiratoires et tuent tout aussi bien que les particules fines dont ils sont en partie à l’origine (PM2.5). L’Allemagne est bien placée pour le savoir puisqu’elle figure au top 15 des pays qui affichent le plus de mortalité en relation avec la qualité de l’air extérieur. Actuellement les recommandations de l’OMS pour les NOx sont de 40µg/m3 en moyenne d’exposition annuelle et de 200µg/m3 en maximum d’exposition sur une heure. L’Europe a adopté ces normes. Cependant, dans la situation actuelle, seule l’Estonie et l’Irlande les respectent. En France, au moins 25 villes dépassent largement la norme annuelle, le double en Allemagne. Par ailleurs certaines zones comme Paris intra-muros, le périphérique de Paris, l’A7 dépassent le seuil horaire de 200µg/m3 en permanence. Au point que les seuils d’alerte sont fixés à 400µg/m3 !

    L’agence européenne de l’environnement sur la qualité de l’air écrivait en 2014 :

    « There are clear indications that for traffic emissions, the primary NO2 fraction is increasing significantly due to increased penetration of diesel vehicles, especially newer diesel vehicles (Euro 4 and 5). This may lead to more frequent breaching of the NO2 limit values in traffic hotspots  »
    « These findings demonstrate that NO2 concentrations still need to be substantially reduced in large areas of Europe (focusing on traffic and urban locations), for the annual limit value to be met. »
    Conclusion, en assouplissant la réglementation sur le Nox en connaissance de cause, les états membres se rendent coupables d’homicides volontaires

     
    Pour le volet économique ce n’est pas mieux, puisque l’Europe est en déficit de gazole qu’elle importe de Russie. Par ailleurs elle doit écouler sa production excessive d’essence de l’autre côté de l’océan, aux Etats-Unis. Cette gestion des ressources, économiquement aberrante est également dévastatrice écologiquement parlant. En effet le gazole européen incorpore 20% de « biodiesel »  sous forme d’huile de palme (+365% en 6 ans!) . Celle-ci est importée d’Indonésie où son exploitation engendre une déforestation et une désertification dévastatrice. J’oubliais, les « biodesel » génèrent plus de NOx.
     

     
    Je pense que les générations futures ont tous les éléments pour faire un procès à cette politique irresponsables et désastreuse. Reste à comprendre que les générations futures c’est nous.
     

     

  6. Bagaïni François

    Réponse à Jean-Marc qui écrit:

    « à part pour l agriculteur industriel épandant son champs et pour ses rares voisins, savoir que son lisier émet des substances nocives pour ceux le respirant localement n a pas forcément bcp d’incidence sur les plus de 80% de citadins de notre pays »

    La France en tête et l’Allemagne sont les plus gros émetteurs, en Europe, d’ammoniaque et d’oxyde nitreux N2O. Ceci à suite de l’amendement azoté des sols. Outre les problèmes de pluie acides, d’eutrophisation (comme les NOx), l’oxyde nitreux à un effet de serre 300 fois supérieur au CO2! Cette pollution dépasse donc très largement la sphère locale.

Les commentaires sont clos.