Pour une végétalisation des arrêts de transports en commun

Bordeaux: 45 degrés de latitude nord… et de plus en plus chaud encore à attendre les transports urbains en pleine cagna… Les arrêts bus et tram tempérés par la végétalisation.

Attendre un bus ou un tram en plein soleil deviendra de plus en plus éprouvant avec le réchauffement climatique. Les dix dernières années concentrent déjà les années les plus chaudes depuis qu’existent des relevés météorologiques partout sur la planète. Ceux de la station de Mérignac devraient être corrigés à la hausse pour tenir compte du phénomène d’îlot de chaleur perçu au centre des agglomérations.

merignac
Pour tenter de s’adapter au phénomène, et offrir là aussi un bon niveau de service durant l’attente aux arrêts, malgré une fréquence de passage assez élevée, fabriquer un environnement de fraîcheur pourrait relever du domaine du possible avec la végétalisation. Il s’agirait alors « d’habiller » les stations; une première palette de couleurs et de textures, dans le seul domaine des lianes à fruits comestibles, peut être observée ici :

vegetal
Le végétal apporterait de l’ombre et une humidité fraîche par l’évapotranspiration naturelle. Une large palette de plantes pourrait garnir un dispositif en tonnelles ou en pergolas. Resterait à sélectionner les couturiers du végétal, soit au sein directement de la population de la métropole bordelaise, soit auprès d’architectes et d’urbanistes ayant fait leurs preuves en la matière, soit un mix, si possible à partir des variétés fructifiant en produits comestibles… Voici, sur la thématique à symbolique forte de la vigne, un exemple fictif de station bus à dispositif de semi pergola, pour tempérer l’environnement des usagers en attente :

photomontage
Réutiliser la thématique de la liane, avec les lignes de bus les plus chargées, devrait être cohérent en termes d’image avec la politique de communication des élus et des techniciens du transport urbain. Mais ce serait aussi tempérer ce que peut comporter comme négativement minéral ce qu’on a coutume de désigner comme « ville de pierre », le centre de la commune de Bordeaux, derrière les boulevards.

Un bénéfice est à attendre aussi du côté du transport public en ville. Qu’on se rappelle l’histoire du métropolitain à Paris: les bouches de métro ont été décorées de portiques dans le plus pur « art nouveau » par des ferronneries dessinées par les plus grands noms au début du XXe siècle, dont Hector Guimard.

Le thème sous-jacent était plutôt la végétation aquatique, avec des points d’inflexion donnant à la fonte un faux aspect de souplesse. L’agglomération bordelaise devrait fabriquer une nouvelle symbolique verte à partir des vrilles, lianes et rejets que donnent de façon imprévisible et très vivante beaucoup d’espèces végétales. Du lien végétal au lien social on aura l’occasion de transiter.

Ainsi il pourrait être opportun d’associer les riverains aux techniciens des espaces verts municipaux pour l’entretien du dispositif végétalisé – taille, arrosage, cueillette, surveillance, prévention du vandalisme… – en escomptant deux effets positifs: créer du lien social à l’échelle de la rue ou du quartier, mettre en communication l’espace public avec l’espace domestique en brouillant les limites fonctionnelles du territoire urbain. Même les plus froids de nos concitoyens ne sauraient rester indifférents: ne dit-on pas qu’un environnement végétalisé apporterait une plus-value aux biens immobiliers ?

En revenant à des considérations très pragmatiques – la faisabilité de la végétalisation des arrêts de transports en commun de l’agglomération bordelaise – il faut se garder à l’avance des solutions « clé en main », déclinables partout, et accepter un certain dosage de bricolage. D’ores et déjà les exigences de sécurité commandent de réaliser une structure légère mais assez solide pour résister aux bourrasques d’orage, en tenant compte du poids du feuillage du dispositif d’ombrage naturel. Un alignement discret de tiges métalliques de 2.80 m à 3.50 m de hauteur, en frontière de la station, du côté opposé à la chaussée, avec une prolongation recourbée horizontale sur la toiture de celle-ci, permettant d’y accrocher des filins métalliques parallèles à l’axe viaire, devrait offrir un support idéal pour y faire courir la végétation. Enfin le choix de variétés végétales pérennes – vigne ou kiwis par exemple – devrait, les premières années de croissance végétale, s’accompagner d’une culture saisonnière – chayottes ou haricots tarbais par exemple – pour que le dispositif soit assez couvrant pour fabriquer une ombre « efficace ».

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Contributeur de Carfree France

4 commentaires sur “Pour une végétalisation des arrêts de transports en commun

  1. Nikola Watté

    Pourquoi se limiter aux compétences,  d’architectes et d’urbanistes ayant fait leurs preuves en la matière, alors que c’est le  paysagiste concepteur le plus à même de répondre à ce genre de problématiques.

    Merci de faire cet ajout à votre article.

    Nikola Watté – Président FFP PACA Corse.

     

  2. Pédibusnaturenville

    Nikola cette proposition ne voudrait froisser personne : the right man-woman in the right job…

    N’ayant pu faire passer ma proposition sur le site « participatif » de la « consultation » de l’intercommunalité bordelaise au sujet d’un projet de BHNS – une dizaine de tentatives sans succès malgré plusieurs courriers envoyés… – j’ai tenté un repêchage chez Carfree!

    Ici plusieurs messages subliminaux :

    – le réchauffement climatique va s’accentuer et rendre le quotidien intolérable, jusqu’au cagnard (merci emmp) d’une attente à 60° à un arrêt de transports urbains non abrité en été;

    – si les périurbains pouvaient soigner leur mauvaise perception de la ville minérale alors un aménagement « jardiné », végétalisé, professionnellement ou à l’initiative riveraine, pourrait les faire revenir en ville et abandonner leur pavillon quatre façades et leurs deux ou trois bagnoles;

    – enfin relativement à cet empowerment local, plus ou moins inspiré de « Do It Yourself urbanism », les paysagistes pourraient être de bons conseillers comme ils pourraient sans doute s’inspirer eux-mêmes de ce qui jaillirait du dilettantisme…: faisons preuve d’optimisme et laissons faire des « expériences », les habitants sont les mieux à même de résoudre leurs problèmes, pragmatiquement (voir John Dewey)…

     

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