La mise à sac de la ville a commencé

Les Jours d’après le 12 avril

Les manifestants du comité de protection des arbres ont vite été submergés par la marée répressive déployée sur la ville. La milice privée du maire, la police nationale, la puissance de feu des engins de chantier, les huissiers de justice et autres agents technico-administratifs du « Sitcat » et de la municipalité ont vite eu raison des manifestants. Lire la suite…

La planète malade

La « pollution » est aujourd’hui à la mode, exactement de la même manière que la révolution: elle s’empare de toute la vie de la société, et elle est représentée illusoirement dans le spectacle. Elle est bavardage assommant dans une pléthore d’écrits et de discours erronés et mystificateurs, et elle prend tout le monde à la gorge dans les faits. Elle s’expose partout en tant qu’idéologie, et elle gagne du terrain en tant que processus réel. Ces deux mouvements antagonistes, le stade suprême de la production marchande et le projet de sa négation totale, également riches de contradictions en eux-mêmes, grandissent ensemble. Ils sont les deux côtés par lesquels se manifeste un même moment historique longtemps attendu, et souvent prévu sous des figures partielles inadéquates: l’impossibilité de la continuation du fonctionnement du capitalisme. Lire la suite…

La seule issue est la violence

Gewalt – ja oder nein ? Eine notwendige Diskussion. Tel est le titre d’un petit volume du philosophe allemand Günther Anders qui a ouvert en 1987 une polémique philosophique et culturelle que n’attendaient plus des intellectuels européens résignés qui se souvenaient de 1968 comme on se souvient de quelque chose qui ne se reproduira pas, qui ne voulaient pas regarder en arrière vers la violence désespérée du groupe Baader-Meinhof et avaient fini par se lasser d’entreprendre toutes sortes d’actions pacifistes contre l’État atomique et la société anti-écologique de la consommation et du gaspillage. Pourquoi cette polémique a-t-elle surgi à ce moment-là ? Parce que, dans ce petit volume, Anders, le penseur pacifiste par excellence, le moraliste, avait écrit, à quatre-vingt-cinq ans, alors qu’il pouvait à peine encore bouger ses doigts à cause de la polyarthrite, que la seule issue était la violence. Lire la suite…

La mobilité européenne en 2050 : au service du Marché, pas des citoyens

La Commission européenne a présenté lundi son nouveau Livre Blanc sur les transports à l’horizon 2050. Occasion historique de réorienter LE secteur dont les émissions de gaz à effet de serre augmentent de la façon la plus préoccupante (un tiers d’émissions en plus depuis 1990), ce document, très attendu, mérite une lecture attentive et une analyse approfondie. Quelques lignes de force (ou de faiblesse…). Lire la suite…

Ne soyons pas des écologistes benêts

Dans les années 60 et 70, les précurseurs de l’écologie étaient dénigrés, tournés en ridicule par les firmes et autorités politiques. Il ne fallait surtout pas les prendre au sérieux, ces lanceurs d’alerte trop subversifs (1). Mais progressivement, devant des périls environnementaux de plus en plus prégnants, les dirigeants ont arrêté de se voiler la face. Alors les pollueurs ont massivement investi dans l’écoblanchiment, les médias ont évoqué les menaces, et les gouvernements ont pris en main la question. L’écologie banalisée a été vidée de toute critique trop radicale. « Il ne s’agit plus de se désintéresser du discours écologiste, mais de l’intégrer, de le digérer, pour continuer à faire le même business, la bonne conscience en plus. » (2)  Lire la suite…

Un Contre-Grenelle le 2 avril : pour l’écologie, contre le capitalisme vert

Un troisième contre-Grenelle est organisé le 2 avril 2011 à Vaulx-en-Velin (69) sur le thème de « décroissance ou barbarie ». Le choix de la ville la plus pauvre du département est un enjeu politique : parler d’écologie et de décroissance aux plus pauvres car ce seront aussi les premières victimes de l’effondrement environnemental, mais aussi parce que c’est auprès des plus pauvres que peuvent émerger des formes de résistance, et mieux encore la construction d’un autre monde comme l’attestent ces lieux de vie que sont les communautés Emmaus en France, le mouvement du « buen vivir » en Equateur. Lire la suite…

Dire « merci » quand on ne peut plus rien dire d’autre

Publicité automobile: l'ours polaire qui dit merci à l'automobiliste !
Publicité automobile: l’ours polaire qui dit merci à l’automobiliste !

Les signes de la délégation du pouvoir d’organiser la cité aux forces économiques, qui elles-mêmes ne jurent que par la sacro-sainte liberté du consommateur, se laissent à voir dans les remerciements, spatialement distribués, pour l’un ou l’autre comportement considéré comme « bon ». L’automobiliste qui respecte le seuil de vitesse autorisé, se verra signaler la qualité de sa démarche par un message automatique le remerciant de rouler à la vitesse permise ; durant les nombreux pics de pollution, les sociétés de transport remercieront les usagers d’avoir opté pour leur service ; lors de leur achat, les individus-consommateurs seront gratifiés pour avoir choisi les produits du « commerce équitable »… Lire la suite…

Du tramway au PLU, épilogue politique

Le préfet a déclaré « d’utilité publique » l’élimination de la trame arborée de la ville véhiculée par le tramway municipal et rejeté l’option de tram-train présentée par le front de convergence. Ces deux aspects de la problématique révélés par la population et les associations puis argumentés et défendus par le front de convergence ont donc été annihilés par la « déclaration d’utilité publique » du représentant local de l’État. Lire la suite…

La relocalisation heureuse

delocalisations_massives

Dans son livre posthume Ecologica (1), André Gorz écrivait que « la question de la sortie du capitalisme n’a jamais été plus actuelle. Elle se pose en des termes et avec une urgence d’une radicale nouveauté ». Geneviève Azam, dans son livre publié récemment, « Le temps du monde fini »(2), (p 151-155) nous indique que « l’état d’urgence devient la règle » et que « l’idée de transition à mettre en œuvre dès aujourd’hui dessine une sortie possible du capitalisme de la catastrophe et ébauche les contours d’une bifurcation. » Cette transition passe par la relocalisation des activités à travers des choix démocratiques ; c’est la résistance à la globalisation et non la régulation ou la maîtrise de celle-ci.  Lire la suite…