Les grincheux et la gratuité

Parmi les arguments avancés par les opposants à la gratuité des transports en commun, il y a la taille des villes concernées. Selon eux, la gratuité des transports publics est seulement envisageable pour les petits réseaux, à savoir dans des villes de 10.000 à 20.000 habitants. Sauf que la capitale de l’Estonie, Tallinn (416.000 habitants), aura le 1er janvier 2013 un réseau de transports publics entièrement gratuit.

Au détour d’un article des Echos, on apprend en effet que Tallinn sera la 1ère capitale européenne à instaurer la gratuité des transports.

En France, une quinzaine de villes sont passées à la gratuité des transports publics. Certaines depuis très longtemps et ne sont jamais revenues sur leur décision, preuve que cela semble fonctionner. Plus récemment, des villes comme Castres ou Aubagne sont passées à la gratuité et la fréquentation des transports publics a explosé.

Comme toute bonne mesure, les critiques n’ont pas tardé à pleuvoir. Les grincheux ont fait savoir que cela n’était pas économiquement viable, même si la tarification des transports publics ne représente au mieux que 30% du coût des transports publics… Et même si certaines collectivités utilisent la plupart de l’argent récolté auprès des usagers pour payer les contrôleurs et les systèmes de paiement… En gros, on arrive à un système absurde où on fait payer les gens… pour contrôler qu’ils payent bien!

Ensuite, les grincheux ont dit: « les réseaux vont se détériorer car on n’aura plus les moyens de financer leur entretien et leur développement ». Sauf qu’on s’aperçoit que des villes comme Aubagne ont non seulement  un réseau bien entretenu, mais lancent en plus la construction d’une ligne de tramway, qui sera bien évidemment gratuite! Certaines villes avec des réseaux payants ont parfois quant à elles non seulement des réseaux pourris mais en plus pas de tramway! Cherchez l’erreur…

Alors les grincheux ont menacé: « vous allez voir, si les transports en commun deviennent gratuits, les impôts vont exploser! ». Erreur là aussi, les villes qui ont mis en place la gratuité ont augmenté le versement transport payé par les entreprises, et pas les impôts! Ce qui est normal car les entreprises sont les premières à profiter des réseaux de transports publics permettant à leurs employés de les utiliser (quand ils fonctionnent correctement…)

Puis les grincheux ont sorti un argument qui vaut son pesant de cacahuètes: « la mise en place de la gratuité amènera aux transports en commun des gens déjà captifs qui pratiquaient avant soit la marche soit le vélo! » Si on comprend bien leur raisonnement, les automobilistes resteraient automobilistes quand bien même on leur donnerait de l’argent pour prendre le bus et les piétons et les cyclistes ne sont que des fainéants qui n’attendent que la gratuité pour poser leurs fesses dans un bus! Là encore, les faits montrent qu’il n’en est rien: un an après la mise en place de la gratuité à Aubagne, les études ont pu montrer que près de la moitié des trajets déclenchés par la gratuité ont été réalisés par d’anciens automobilistes.

Le dernier argument des grincheux était la taille des villes: « d’accord la gratuité peut fonctionner pour des petites communes avec des petits réseaux, mais cela s’arrête là! » Derrière cet argument, il y a l’idée selon laquelle les gros réseaux ont un besoin impératif de la tarification pour fonctionner, les petits réseaux pouvant se contenter de subventions publiques pour vivoter…

Sauf que si une ville comme Tallinn avec plus de 400.000 habitants passe à la gratuité, une première mondiale, cela assène un coup de massue aux grincheux. Si c’est possible en Estonie, pourquoi des villes comme Nantes, Toulon ou Strasbourg ne passeraient-elles pas à la gratuité?

Alors les grincheux n’ont plus qu’un argument à opposer à la gratuité: « c’est un délire minoritaire d’écolo-marxiste qui ne répond absolument pas aux attentes de la population! ». Erreur là encore, la mise en place de la gratuité à Tallinn a été décidée suite à un sondage. Et selon ce sondage, les trois quarts des 416.000 habitants de la capitale estonienne approuvent le principe des transports en commun publics gratuits dans leur ville…

Aussi, je propose une idée simple: instaurons la gratuité générale des transports publics en France sauf dans une ville choisie au hasard où tous les grincheux pourront se retrouver ensemble pour continuer à payer leurs tickets de bus…

livre-gratuitéMarcel Robert, auteur du livre « Transports publics urbains: Textes sur la gratuité« , 158 pages, 10 euros.

Photo: Un tramway à Tallin (Estonie) par MarcelGermain

Marcel Robert

A propos de Marcel Robert

Fondateur du site Carfree France et auteur des livres "Vélogistique", "Pour en finir avec la société de l’automobile" et "Îles sans voitures".

22 commentaires sur “Les grincheux et la gratuité

  1. Tassin

    Très bon article.
    C’est clair que la gratuité des transports est une bonne chose et en plus coûte moins cher au final car plus besoins de guichets de ventes, de machines à billets, de validateurs, de maintenance, de contrôleurs, moins de paperasserie etc…
    La gratuité coute moins cher! C’est un comble!

  2. Tassin

    Sans oublier l’amélioration de la qualité du réseau à la fois par la plus forte utilisation du matériel.
    Et un point extrèmement important : l’augmentation de la couverte réseau par effet d’attractivité rendant rentable écologiquement des lignes de transports plus étendues dans des zones un peu moins denses. Fréquentation en hausse là aussi également.

  3. ch

    Il faut arrêter de faire rêver en faisant croire que demain on rase gratis.

    A Marseille, ville exsangue financièrement, si demain les transports sont gratuits, cela représente un manque-à-gagner de 100 millions d’euros par an, c’est pas une paille. Sans compter qu’avec l’augmentation du trafic généré par la gratuité (150% d’augmentation à Aubagne), il faudra mettre en place des moyens (bus et conducteurs supplémentaires) qui coûteront encore plusieurs centaines de millions d’euros (aujourd’hui les dépenses d’exploitation du réseau s’élèvent à environ 250 millions d’euros).
    Où est-ce qu’on trouve le fric? Les impôts locaux sont déjà parmi les plus chers de France.

    Signé : Un défenseur des transports publics qui pense qu’il faut investir dans les réseaux de transport pour les améiiorer et que les recettes perçues auprès des usagers y contribuent.

  4. Pim

    En attendant la gratuité des transports, la mairie de paris ferait bien de prendre des mesures exceptionnelles face à l’épisode de pollution qu’elle rencontre en instaurant au moins un accès à cout marginal (1 ticket de metro valable 24h dans toute l’IDF?) à défaut de gratuité.
    indice du jour selon airparif : 8, indice de demain idem! berk berk

    car c’est pas pour dire, mais limiter le périph à 60 au lieu de 80 c’est du flan car
    1- aux heures creuses, personne ne respecte (les radars restent étalonnées à 80)
    2- aux heures de pointes, ca bouchonne et la vitesse est très inférieure à 60!

  5. Anartoka

    Si le budget « route » était mis dans le budget « transport en commun gratuit », les villes gagneraient énormément d’argent…

    Pour reprendre les 100 millions d’euros pour Marseille… Combien sont dépenser pour les automobilistes ? 10x 20x plus…

  6. Jean-Marc

    CH,
    je pourrais te sortir les chiffres français, montrant que plus de 66% des investissements dans les transports se font pour la voiture + les camions;
    et moins d’un quart pour les TEC… part d’ailleurs en baisse.

    mais je préfère te montrer 3 dessins :

    une vérité utilisée par les autoroutes du centre et du sud-ouest (mais aussi, dans un autre domaine, pour l’EPR et le nucléaire) :
    http://carfree.fr/images/singer-autoroutes1.jpg
    L’entêtement dans l’échec, et dans la dépense pharaonique (dite « prestigieuse »).

    adapter la ville à la voiture est impossible (.c.f. L.A.)… mais son infaisabilité coûte très cher (parkings, routes, morts, blessés, pollution, baisse de qualité de vie et hausse du bruit et du stress, baisse de compétitivité économique,…)

    une question se pose
    http://antivoitures.free.fr/singer_lite-rail.gif

    et, vu l’évidence de la réponse, celà répond à cette problématique
    http://antivoitures.free.fr/singer_subsidy.gif

    Les péages urbains (comme à londres, entre autre) permettraient de favoriser le report des automobilistes vers les TEC+vélos+marche.

  7. mikado

    Une observation qui n’est pas du tout prise en compte dans l’article : c’est que les déplacements ont un coût : pour la collectivité, pour l’environnement, pour le contribuable …
    En effet se déplacer a un effet un coût financier, environnemental et des effets de différents ordres, que la gratuité masque.
    Même si l’on se déplace en TC, le déplacement n’est pas neutre. La gratuité c’est faire croire aux gens que le déplacement est sans incidence. Alors que c’est faux …Au final on arrive aux mêmes effets qu’avec les transports qui n’englobent pas l’ensemble de leurs coûts comme l’aérien puisque voyager c’est presque gratis.
    C’est en somme favoriser la mobilité et a-écologique…
    Autre élément non négligeable les transports publics ont développé la gratuité ou des tarifs sociaux pour certaines catégories sociales.
    Est -ce un scandale de faire payer plein tarif un cadre quand il prend le métro à Rennes par exemple ? Où d’attribuer la gratuité à une personne invalide sur le réseau des TUL à Laval ?
    Pourquoi les transports publics devraient -ils se priver de ses ressources surtout quand cela est accepté socialement ? La gratuité cela un effet pervers surtout dans les sociétés où l’altruisme disparait et la notion de bien collectif n’est plus reconnu et enseigné … C’est souvent peu ou pas respecté …
    Alors contribuer financièrement à payer son transport en fonction de ses moyens c’est une marque de reconnaissance sociale… Le transport public est un service public mais il n’a pas besoin de la gratuité pour exister… Si à Paris toutes les couches de la population prennent le métro ce n’est pas parce qu’il est gratuit …S’il l’était on ne les retrouverait pas toute… Je ne souhaite pas transformer les TC en ghettos …
    C’est pour cette raison que je trouve scandaleux la gratuité des transports en cas de pollution atmosphérique…
    Enfin pour moi qui milite depuis un quart de siècle pour la défense des transports publics je ne me reconnais pas comme grincheux… La question n’est pas la gratuité des transports publics mais la lutte contre le surinvestissement routier et aérien depuis plus de 40 ans… et la réorientation des politiques publiques des transports en France et une meilleur prise en compte des effets sur l’environnement.

  8. Jean-Marc

    Pour une raison simple, Mikado :

    la voiture et les 2RM (que je regrouperai sous le terme de Transports Indiv Ultra Polluant = TIUP) ont un coût, pour la société très très supérieur au coût des TEC.

    Ainsi, un cadre sup. qui prend les TEC -même s’ils sont gratuits- fait économiser de l’argent à la société.

    (un peu comme, pour l’éduc. nat., une distribution de pommes bio gratuite, à une époque où l’obésité explose, est un bon investissement, est rentable pour la société… à l’inverse des qq euros reversés pour avoir un distributeur de confiserie ou de sodas installés, qui eux, sont un coût pour la société)

    Sans parler des effets annexes… pas si annexes que celà :

    Ainsi, les TEC font que des gens de milieux (âge, couleur de peau, …) différents se cotoient TOUS LES JOURS.
    Bien sûr, il y a parfois des incivilités, de petites frictions, mais celà n a rien à voir avec les frictions que les TIUP induisent :

    des accidents parfois mortels avec tentative de fuite, des personnes sortant de leur véhicule avec un clé à molette (ou autre )à la main à cause d’une queue de poisson ou autre,…

    [c est anecdotique (vu qu’il y a des morts de la route tous les jours), mais hier, chez moi, une vieille dame est morte, tuée sur un passage cloutée par un 2RM..
    on ne peut même pas utiliser l âge pré-pubère/pubère du tueur : c est un homme de 50 ans, qui roulait à une vitesse disproportionnée, vu sa très faible visibilité (soleil dans les yeux, rendant la vieille dame, qui avait oublié son gyrophare, invisible)]

    On peut vouloir fuir les petites incivilités… et se séquestrer volontairement dans une prison de tole individuelle…
    mais alors, faut pas s’étonner de l aggravation des pb pendant qu’on les ignore :

    C’est un peu comme mettre son enfant dans une école confessionale, pour le protéger des moqueries des enfants des autres religions :
    celà protége des railleries hedbomadaires; mais, en créant des mondes isolés, indépendants, qui peuvent se jalouser (les écoles privées sont quasi tjrs dans les beaux quartiers.. même si des enfants de classe moyenne y vont parfois) celà permet à l’indifférence et à la haine d’augmenter dans son coin; c’est la fin de l’intégration et de la connaissance mutuelle dans le respect.

    Bilan : moins d’incivilités, moins de frictions, mais bcp plus de rencontres explosives, violentes.

    Cependant, je t approuve quand tu dis vouloir réduire l’investissement routier et aérien.
    Mais c est le corrolaire normal de l’offre de transport public :
    si on dépense de l argent dans des TEC, ce n est pas pour qu’ils ne soient pas utilisés;
    pour qu’on garde en parallèle autant de nuisance de la part des TIUP.

    Donc, forcément, quand on investit dans les TEC, il faut une réduc des TIUP…
    mais si on a une VRAIE politique pro-TEC et transport vélo + marche, alors c est le cas :
    Transformation de voies auto + parking auto en rue piétonne;
    création d’un réseau de TEC en voie propre, en prenant une voie auto/camion/2RM pour la transformer en voie TEC-(taxi)-vélo :

    Bcp moins de voies auto, bcp plus de voies TEC propre (donc rapides) et vélo…
    Et là, miracle, les nuisances des TIUP dimineront.

    Méthode pour diminuer les TIUP :
    – augmenter les nombres de voies sans TIUP (double-sens cyclable par ex)
    – augmenter le parcours fait en TIUP pour arriver d’un point à un autre (-> baisse de la vitesse moyenne, et donc des conséquences des accidents : les rues en villes n’ont pas à immiter les autoroutes : il faut qu’on « chemine » dessus), c.f. http://tinyurl.com/distanceenville

  9. ch

    Plutôt que la gratuité qui comme cela a été dit plus haut n’a pas de justification réelle (pourquoi plus les transports que les piscines, les musées, l’élimination des déchets voire l’électricité …) et peut avoir des effets pervers en générant des déplacements non indispensables, une proposition acceptable me semble-t-il serait de créer des péages urbains et avec les ressources que cela procurerait de proposer des tarifs en TC bon marché style 1€ le voyage avec des réductions significatives pour les citoyens à bas revenus voire la gratuité pour quelques « cas sociaux » à définir….

  10. Anartoka

    Les grincheux ont décidément une imagination folle pour inventer des arguments…

    Générer des déplacements non indispensables… J’imagine bien une personne qui ne sait pas quoi faire de sa journée qui se dit : « Tiens, je passerais bien ma journée dans un bus ».

    La mobilité n’est pas une justification réelle pour la gratuité ? Juste lol.. C’est un besoin fondamental au même titre que l’électricité, se nourrir, se loger.

    D’ailleurs, on retrouve l’argumentaire anti-transport gratuit des socio-communistes verts… Pas pour rien qu’en france, la majorité des TC gratuit sont mis en place par des municipalités de droite…

    Juste d’un point de vue comptable, le budget « TC gratuit » est et sera toujours inférieur à un budget de TC « traditionnel ». Si vous ne comprenez pas ça, c’est que vous devez vous informer plus sérieusement sur cette thématique…

  11. CarFree

    Mouais, les péages urbains, on en a déjà parlé de nombreuses fois, c’est un autre sujet… par contre, désolé de vous l’apprendre, mais les tarifs réduits pour certaines catégories de population, cela existe déjà et depuis longtemps… Egalement, la gratuité est déjà mise en œuvre dans de nombreuses collectivités pour ceux que vous appelez les « cas sociaux », en l’occurrence de nombreuses villes accordent par exemple la gratuité des TEC pour les chômeurs… (mais je ne pense pas que les chômeurs soient des « cas sociaux »…)
    De manière plus générale, vous ne semblez pas ou ne voulez pas comprendre la spécificité des transports: non, cela n’est pas pareil que les musées ou l’électricité! Les TEC sont un élément du système de transports (avec la marche, le vélo, la voiture, etc.), en l’occurrence un des éléments les moins énergivores et polluants (en comparaison avec la voiture). Rendre les TEC gratuits, ce n’est donc pas rendre le transport gratuit, mais seulement une de ses composantes, à savoir celle qui est beaucoup plus efficiente que le transport individuel motorisé…
    Après, la remarque sur les « déplacements non indispensables » me choque: sous prétexte de gratuité, les gens se mettraient à prendre le bus pour aller n’importe où n’importe quand…? Egalement, vous raisonnez à mon sens de travers: dans certains cas, il peut arriver que des gens marchent assez longtemps sur un parcours donné, car il font l’arbitrage suivant: coût du TEC+desserte imparfaite du TEC= je préfère marcher. Si le TEC devient gratuit, ces personnes pourraient bien entendu arbitrer en faveur du TEC, mais où est le mal? Pourquoi la personne qui avait fait une sorte de choix par défaut de marcher dans une situation parfois peu idéale ne devrait pas pouvoir utiliser les TEC à partir du moment où ils sont gratuits? En quoi est-ce des «  »déplacements non indispensables »? Bref, je trouve que tous ces arguments sur les « déplacements non indispensables », les tarifs pour « cas sociaux », etc. transpirent le moralisme à la petite semaine…

  12. Marcus

    @CARFREE
    « Après, la remarque sur les « déplacements non indispensables » me choque: sous prétexte de gratuité, les gens se mettraient à prendre le bus pour aller n’importe où n’importe quand…? »

    En tout une chose est sur c’est que les gens prendront le Bus ou les Tramway pour faire 500m, c’est le cas à Nice ou des personnes prennent le Tramway juste pour aller d’un arrêt à l’autre.

    ————————————–
    C’est bien beau tout ça, mais si on veux que les gens prennent les TEC (gratuit ou payant) il en faudrait déjà beaucoup plus et pas seulement sur les axes principaux (selon les villes).

    Demain même si les TEC passent gratuit dans ma ville, ce n’est pas pour autant que je les prendrais parce que justement il n’y en as pas assez, que ce soit pendant les heures de pointes (mode « boite à sardines » non merci) et le reste de la journée (un bus toute les heures pour ma zone de résidence pour aller au boulot ou ailleurs).

  13. Tom34

    @Anartoka
    > Générer des déplacements non indispensables…
    > J’imagine bien une personne qui ne sait pas quoi faire
    > de sa journée qui se dit : « Tiens, je passerais bien
    > ma journée dans un bus ».

    Ca s’appelle du tourisme, et c’est le « moteur » économique des commerces, restaurants et opérateurs culturels.

    Avec comme avantage que ce tourisme est local, et peu polluant (car mutualisé dans les transports en commun).

    A+
    TOM.

  14. LEGEOGRAPHE

    @ CH :
    Les piscines sont gratuites dans un certain nombre de pays. Ça s’appelle une politique de salubrité publique (rappelons que les thermes étaient dès l’origine urbains et permettaient d’améliorer la santé de ces citadins entassés).
    Les musées sont gratuits dans un certain nombre de pays ou de villes (exemple de la ville de Londres où les grands musées sont gratuits !). Là, c’est en comprenant que la culture gagne tout à être sucée jusqu’à la moelle, que l’on peut comprendre l’intérêt d’une telle mesure. La culture ne sert à rien si elle est pour se moquer du gars du ghetto qui n’en a pas. Et la culture a un coût d’usage ridicule en comparaison de son coût de conservation ou de son coût de mécénat.

    De même, les transports peuvent être gratuits. Ce sont bien des choix politiques. Depuis quand les choix politiques devraient-ils être limités pour aussi peu ?

  15. dominique

    bonsoir.
    je ne suis pas grincheuse, mais :
    les TEC gratuits = beaucoup plus de gens dedans….et vous les mettez ou ??? prenez les TEC ( tiens, le RER D par exemple ) à 8h00 du matin.
    C’est déjà plein !!
    et pas qu’à Paris , je connais bien Lille, ils viennent de doubler la longueur des quais et des rames ( c’était une opération prévue dès la construction du VAl en 1983 ), et bien c’est plein pendant les rush hours.
    En fait, pour toutes les grandes villes de France, il est simple de constater que quand c’est congestionné, et bien c’est congestionné, quelque soit le mode de transport.
    Deplus je suis aussi assez d’accord pour croire que cela va générer un appel d’air pour des déplacements supplémentaires ( argument répété à de maintes reprises sur Carfree quand vous dénoncez l’élargissement d’une rocade, pourquoi ce serait différent parceque c’est des TEC ? il y aurra forcément le même phénomène ).
    Pour moi, et je le redis ici, la clé elle est pas là.
    en effet, vous restez dans le même schéma, celui du  » commment on va trabsporter », alors que je pense que la bonne question est POURQUOI
    transporter.
    et j’en reviens immanquablement à mon dada : aménagement du territoire et maîtrise du coût de l’immobilier, tant locatif qu’à l’achat.
    Et à partir de là, nous serions beaucoup moins nombreux à se transporter !

    bien à vous

    Dominique

  16. LEGEOGRAPHE

    @ Dominique :
    « Pourquoi des mégapoles ? », aussi, est une bonne question.

    Comme certains réclament un salaire maximum, il faudrait peut-être envisager une densité maximum et/ou une taille maximum aux villes.

  17. mimipontois

    Mais pourquoi la gratuité des transports en commun? les automobilistes vont nous dire « c’est une concurrence déloyale ». Et on peut dire que, pour les usagers, « gratuit=sans valeur ». ce qui veut dire que les responsables diront, quand on émettra une critique, « ne vous plaignez pas, c’est gratuit »

  18. Dominique

    mouais…
    plus la mégapole est concentée, plus il est facile d’y mettre des TEC,
    et de faire le moins de km entre sont lieu de travail et son habitat.
    le problème actuel c’est le périurbain qui va en s’éloignant toujours plus des lieux de travail. il est sur que c’était plus simple avant, quand la cité ouvrière était aux portes de l’usine…!
    maintenant l’usine ( c’est une image, il n’y a presque plus d’usine ) s’installe sur le territoire le plus attractif ( sous entendu là ou les collectivités locales payent le plus pour avoir cette usine ), en faisant fi de tout le reste, entre autre de comment les salariés vont venir,
    ou alors, si l’emploi reste au coeur des territoires habités de longues dates, là c’est le prix de l’immobilier qui chasse les salariés à salaires normaux ( qui habite Paris maintenant ? ou bien le Vieux Lille ?? )
    bonne soirée
    Dominique

  19. LEGEOGRAPHE

    La mégapole, dans sa définition géographique, comporte plus de 8 millions d’habitants…
    Et même, une révision de l’ONU a porté le seuil à 10 millions.
    http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9gapole#cite_note-0

    Que ce soit 8 ou 10 millions, la réunion des fonctions de métropole est là bien avant d’atteindre cette taille gigantesque. En fait, seule la fonction de capitale manque encore à certaines mégapoles.
    Paris, c’est une mégapole. Rien ne peut augurer d’un bon « développement durable » (désolé de l’expression… ou dirons-nous plutôt « survie durable ») en temps de véritable crise, comme une crise alimentaire ou agricole.

    Les nuisances collectives de la concentration sont difficilement assumables. La pollution humaine existe depuis la fondation des villes. Plus la ville est grande, plus les nuisances sont grandes, dont la ségrégation résidentielle par l’embourgeoisement de quartiers plutôt que d’autres (et notamment le vice de l’étalement périurbain).

    Ce qui est marrant, c’est que les usines aujourd’hui dans les petites villes (pôles ruraux) sont celles qui nourrissent les grandes villes et cette société qui détruit son espace rural, à savoir les IAA (industries agro-alimentaires). Elles emploient de la main-d’oeuvre, oui, mais beaucoup moins qu’une agriculture biologique suivie d’une vente directe !

  20. Metalrod11

    Pourquoi les « grincheux » le seraient-ils ? Laissons tomber les arguments qui peuvent être dogmatiques (par exemple sur les détériorations) et regardons les choses en face. Qu’est-ce qu’on voit ?

    * que la raison qui fait que les gens qui ont des revenus moyens ne prennent pas le bus ne réside pas dans son tarif. Et c’est d’autant plus vrai que les employeurs doivent en prendre aujourd’hui la moitié à leur charge ce qui rend l’acte passablement moins cher que le déplacement en voiture ! Pour référence : lisez les comptes-rendus des Enquêtes Ménages Déplacements ou Enquêtes Déplacements Villes Moyennes. Lorsqu’on recherche précisément les raisons qui font basculer d’un mode à l’autre, on s’aperçoit que c’est très rarement le coût et plutôt la facilité ou non de se stationner, l’écart de temps entre les différents modes (y compris le temps d’attente)…

    * que dire que les coûts du contrôle des titres de transport compense les recettes, c’est faire une affirmation sans références (ce qui n’est pas très crédible…). Lyon a calculé à l’occasion de la révision de son PDU (2005) qu’il lui faudrait 100M€ par an pour compenser la gratuité.

    * que oui, la question de la taille de la collectivité est essentielle ! Lorsque la collectivité est très petite et/ou avec une très faible utilisation des TC, le taux de couverture des recettes est ridicule (moins de 30%, justement). Là, la question de la gratuité se pose. Dans ce cas, elle est parfois remplacée par une facturation symbolique (ex. cars départementaux à 1 ou 2 € pour des trajets qui peuvent se monter en dizaines de kilomètre !). Mais 30%, ce n’est pas rien !! A Lyon, c’était 100M€ par an. A Marseille, si j’en crois un commentaire plus haut, c’est pareil. Et 100M€, je ne suis même pas sûr que ça comprenne les nouveaux frais d’investissement et de fonctionnement nécessaires pour absorber des déplacements supplémentaires dont certains seraient dûs à l’opportunité.

    * parce que oui, en effet, des retours sur l’expérience de Châteauroux ont été décevants. La part des trajets remplacés semble inférieure à ce qu’on aurait pu escompter. C’est un peu comme les vélos en libre service. Après 2 ans de mise en service, 6% des trajets effectués en VLS à Lyon auraient été faits en voiture dans le cas où le service n’existerait pas. 6%… Mais si on en revient au TC, on peut se féliciter qu’il y ait du report modal… Mais on peut aussi se questionner : au regard des coûts pour la collectivité, est-ce que la meilleure façon de procéder ?

    * lorsqu’on parle du Versement Transport, il ne faut jamais perdre de vue au moins deux choses : d’une part, les entreprises sont concernées quelle que soit leur situation économique et sociale (dans les entreprises, il y a des méchants du CAC 40, des PME qu’on pare parfois de toutes les vertus mais aussi des coopératives responsables !). D’autre part, il peut déjà être à son maximum. Que fait une agglomération dont le VT est à son maxi ?

    * qu’il y a aussi de grosses agglomérations qui sont revenues sur la gratuité (Bologne, en Italie). Je ne connais pas le contexte mais affirmer que ça n’arrive jamais, ce n’est pas sérieux !

    De mon point de vue, il est très intéressant d’observer ce qui se fait en matière de gratuité. ça permet de voir quels sont les résultats. Mais si on parle de report modal et si on se base sur les mécanismes déclencheurs, c’est plutôt sur la performance des réseaux qu’il faudra jouer. On me dira que ce n’est pas exclusif ? Certes ! Mais la gratuité, de ce point de vue, n’est pas nécessaire. Si on parle d’objectif social, ça me semble plus intéressant d’envisager des tarifs adaptés aux situations des uns et des autres, quitte à envisager la gratuité pour ceux qui se posent la question entre se déplacer ou ne pas bouger de chez soi pour des raisons financières !

    Dans les toutes petites collectivités où le taux de couverture tourne autour de 10%, la gratuité, pourquoi pas ! Dans les grandes, je pencherais plutôt pour la gratuité pour ceux pour qui c’est essentiel et des tarifs équitables pour les autres. Et je ne suis pas grincheux. J’essaye d’avoir une réflexion non-partisane (ni-pro, ni-anti)…

  21. Anartoka

    Je veux la gratuité car je souhaite que ce moyen de transport soit financé par la société (impôts = indexé sur le revenu) et non par les utilisateurs ( ticket = injustice sociale). Car les TC (et autres modes doux) font du bien à la planète et à la société…

  22. MOAMOA

    Où l’on parle de gratuité d’utilisation des transports…. des vélos en libre service en l’occurence. Cela rejoins l’avis d’Anartoka d’ailleurs.

    Tiré de l’article CarFree : Libérez les vélos en libre service

    Le concept des Vélos en Libre Service (VLS) est typiquement une activité qui devrait être un service public. Car, avant de rendre service aux utilisateurs, les Vélos en Libre Service sont avant tout bons pour l’environnement et donc pour tout le monde! Que ce soient les piétons ou les autres cyclistes, tout le monde a intérêt à ce que l’usage du vélo se développe: moins de bruit, moins de pollution, moins de stress, moins d’accidents, moins d’émissions de CO2, etc. Et même plus, le Vélo en Libre Service est également bon pour les automobilistes car plus de vélos dans les rues, c’est moins de voitures et donc moins de bouchons et de congestion…

    En fait, les Vélos en Libre Service relèvent typiquement d’une mission d’intérêt général, ce qui correspond exactement à la définition d’un service public.

    C’est pourquoi, les Vélos en Libre Service devraient être un service public financé exclusivement par l’impôt, qui est en outre dégressif, ce qui garantit en plus la justice sociale!

    Le problème, c’est qu’après des décennies de matraquage néo-libéral, peu de gens conçoivent l’idée même de créer un nouveau service public. La plupart des salariés et des syndicats essayent tant bien que mal de préserver quelques miettes de services publics n’ayant pas encore été immolés sur l’autel du libéralisme triomphant. Alors, vous vous doutez bien qu’il faut être sacrément gonflé pour réclamer la création d’un nouveau service public!

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