Le diesel pire pour le climat que l’essence

Chaque voiture diesel rejette en moyenne 42,65 tonnes de CO2 contre 39 tonnes de CO2 pour une voiture essence.

Transport et Environnement est l’ONG qui a publié les premières enquêtes montrant comment la pollution en particules fines émise par les voitures diesel était bien plus élevée en vraie circulation de conduite qu’en tests organisés pour les contrôles officiels. Ce fut la première démonstration de l’enfumage réalisé en Europe par les firmes automobiles.

Jusqu’à présent les firmes automobiles expliquaient que les moteurs diesel émettaient moins de CO2 que les moteurs à essence. Entre le CO2 facteur du réchauffement climatique et les particules fines aux effets cancérigènes reconnus, les constructeurs automobiles prétendaient choisir la solution la moins mauvaise pour le réchauffement climatique, quitte à enfumer d’émanations cancérigènes populations et salariés de l’automobile.

Une affirmation de plus démentie par la dernière enquête de Transport et Environnement. Sur toute la durée de vie d’un véhicule, en prenant en compte les modalités du raffinage, les techniques de fabrication, la durée de vie et le kilométrage parcouru tout au long de sa vie , chaque voitures diesel rejette en moyenne 42,65 tonnes de CO2 contre 39 tonnes de CO2 pour une voiture essence.

Les calculs qui ont abouti aux conclusions de Transport et Environnement sont publics et peuvent être soumis à la discussion. Cela change avec le secret dont continuent à s’entourer les firmes automobiles. Oui les firmes automobiles doivent rendre des comptes et cesser de nous enfumer.

Lire le rapport complet en anglais de Transport et Environnement

Source: http://www.npa-auto-critique.org

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Actualité des luttes dans l'industrie automobile à l'initiative du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA)

13 commentaires sur “Le diesel pire pour le climat que l’essence

  1. Augustin RiedingerAugustin Riedinger

    Je me serais attendu à des écarts plus importants : on reste sur le même ordre de grandeur (9%).

    Après il ne s’agit que de la mesure en CO2. Si j’ai suivi, les pires conséquences du diesel se trouvent au niveau respiratoire et des particules fines cancérigènes, qui ne sont probablement pas prises en compte dans ce calcul.

    Bref, restreindre le diesel, c’est une idée, mais l’objectif doit toujours être de réduire l’usage de la voiture dans sa globalité. Ca n’est que mon avis.

  2. Jeanne à vélo

    Avec ce bémol, mis en avant par Jancovici si je ne m’abuse, que l’extraction fournit obligatoirement autour de 30 % de diesel dont il est difficile d’imaginer ne rien faire.

  3. Florent

    @marmotte27:

    Ce que dit Jeanne à vélo, c’est que quand on raffine un baril de pétrole, il y a nécessairement une partie, effectivement environ un tiers, qui est du diesel (ou fioul, c’est la même chose), une partie qui est de l’essence, une partie qui est du fioul lourd (utilisé dans les bateaux principalement), une partir qui est du kérosène (aviation), etc etc.
    On ne peut pas dire « je ne veux pas de diesel nulle part » (ni dans les voitures, ni dans les camions, ni dans les chaudières) et continuer à utiliser de manière générale du pétrole (on ne peut pas « ne rien faire », de ce tiers de baril).

    On peut imaginer se passer complètement de pétrole tout court bien sur… mais on en est malheureusement pas encore là…
    En attendant, il y aura bien quelqu’un pour utiliser ce fioul quelque part*. Autant que ce soit le mieux possible et le moins polluant possible.

    * Je prends un raisonnement un peu par l’absurde: imaginons qu’on interdise au niveau mondial l’usage du diesel.
    1ere conséquence: au niveau mondial, tous les autres produits pétrolier augmente quasi instantanément de 50% en prix (puisqu’un tiers du baril n’est plus utilisable, il faut bien répercuter le prix du baril extrait sur les 2 tiers restants…)
    2ème conséquence: il faut trouver où stocker environ 30 millions de baril par jour (1 baril = 159 l environ je crois…) de volume d’un liquide polluant, dangereux et fortement inflammable quelque part (et ça s’accumule tous les jours bien sur…). C’est un problème pas trivial du tout.
    3ème conséquence: on se prive instantanément d’environ 1/3 des ressources énergétiques pétrolières au niveau mondial. Très louable sur le plan du climat. Pas très réaliste du point de vue même sociétal. Pour rappel: la situation économique en Europe depuis 10 ans s’explique grosso-modo par une perte de seulement 5 à 10% des approvisionnements énergétiques (principalement pétroliers) durant la même période (pour l’analyse, on remerciera à nouveau le même Jancovici…). Je vous laisse imaginer ce que donnerait 30% de moins au niveau mondial…
    Pour le reste…

    Donc oui, la conclusion est assez simple: se passer du diesel, c’est se passer du pétrole tout court.
    Très bonne idée sur le papier (pour le climat, pour nos poumons, pour plein de chose). Mais pas l’ombre d’une chance que cela survienne à court terme, du moins tant que c’est pas provoqué par une raréfaction croissante des ressources pétrolières (rappel: c’est exactement ce qu’il se passe depuis environ 10 ans en Europe. Cf plus haut). Mais ça ne se passe pas en quelques jours ni mêmes quelques années.

  4. Wandu

    @Florent Ce raisonnement est légèrement simplifié. Il est en effet possible de craquer ce fioul/gazole en hydrocarbures plus légers, ce qui permet d’obtenir des essences ou divers précurseurs pour la chimie (médicaments, plastiques…)

    Mais je suis d’accord avec votre raisonnement, d’autant plus que le Diesel a un champ de pertinence pas tout-à-fait nul. Entre autre, l’utiliser pour les bus n’est pas délirant, puisque les bus sur batteries ne sont pas encore (et ne seront probablement jamais) aussi polyvalents que leurs homologues thermiques.

  5. Florent

    @Wandu: oui bien sur, c’était (volontairement) simplifié. Mais les raffineries actuelles sont telles qu’elles sont et vu les investissements nécessaires pour construire une raffinerie, à l’heure actuelle (approvisionnements en pétrole brut déclinant au niveau mondial + parc de raffinage déjà surabondant au niveau mondial), personne ne va construire de raffineries supplémentaires, même « différentes ».
    Et à l’avenir – comprendre dans un monde encore plus contraint au niveau énergétique – ce sera encore plus aléatoire ! donc encore moins probable !
    Effectivement utiliser du diesel dans des bus (éventuellement dans des trains* ou des bateaux, dans tous les cas en faisant un minimum attention aux particules fines si possible…) n’est pas idiot loin de là.
    * Là où l’électrification ne se justifie pas. Soit parce que la ligne en elle-même ne le justifie pas, soit parce que la manière dont l’électricité est produite rend l’électrification inutile voire stupide.
    Mais je reste persuadé que les « dernières goutes » de diesel iront dans un char, un « mechanical » (pick-up avec mitrailleuse très courant un peu partout dans le monde) ou à la rigueur un navire militaire (en fait je parie plus volontiers sur le « mechanical »). Et les dernières goutes de kéro dans un chasseur ou un hélico de combat (et pas forcément de la « dernière » génération! voire certainement pas de dernière génération!)

  6. Vince

    On peut régler le problème facilement : il suffit de ne plus produire ni essence ni diesel….

    Je vous rappelle juste que les camions roulent au diesel et constituent probablement une part importante de la consommation de carburant, le diesel a donc encore de beaux jour devant lui.

    Le diesel représente 70% de la consommation de carburant en France, on reparlera du problème quand on sera à 30%.

     

  7. Prolo

     » Sur toute la durée de vie d’un véhicule, en prenant en compte les modalités du raffinage, les techniques de fabrication, la durée de vie et le kilométrage parcouru tout au long de sa vie , chaque voitures diesel rejette en moyenne 42,65 tonnes de CO2 contre 39 tonnes de CO2 pour une voiture essence. »

     

    C’est étrange de calculer la quantité de CO2 rejeté par une seule voiture, en prenant en compte sa durée de vie : généralement, les gens remplacent leur voiture quand elle ne fonctionne plus. La donnée pertinente serait le CO2 rejeté par unité de temps, ou par conducteur sur tout le temps passé au volant (du permis, jusqu’à la mort ou l’incapacité à conduire).

    La différence de moins de 10% est au contraire compensée par la plus grande durabilité (en moyenne) des Diesel. Quelqu’un qui choisira de ne rouler qu’en Diesel va probablement « user » une ou deux voitures de moins sur sa carrière de conducteur, donc additionner moins de « 42.65 tonnes » que quelqu’un qui enchaine les « 39 tonnes de CO2 » en voiture essence.

    En plus, les Diesel ont moins tendance à surconsommer avec le vieillissement. Les vieux moteurs essences (surtout à carburateur) finissent par devenir des gouffres financiers. La différence est visible sur le marché de l’occasion des petites voitures : une 205 Diesel en bon état est bien plus côtée qu’une 205 essence d’état comparable. Elles sont recherchées pour leur sobriété et leur fiabilité.

  8. Vince

    On s’en fout de savoir qui va « gagner » entre l’essence et le diesel c’est un peu comme choisir entre deux cancers les deux polluent trop et puis de toutes façons on se base sur quels chiffres puisque les chiffres sont truqués.

     

  9. Jean-Marc

    Jeanne à vélo 25 septembre 2017 à 15:01

    Avec ce bémol, mis en avant par Jancovici si je ne m’abuse, que l’extraction fournit obligatoirement autour de 30 % de diesel dont il est difficile d’imaginer ne rien faire.

     

    2 choses :

    1- Comme le dit Florent :

    2 – toujours Florent

    En attendant, il y aura bien quelqu’un pour utiliser ce fioul quelque part*. Autant que ce soit le mieux possible et le moins polluant possible.

     

    moi :

    et ce n est pas dans une voiture.. elles sont conçues pour rouler, en essayant de ne pas trop allourdir la machine par des filtres et autres ajouts sur la chaudière/le moteur :

    sur une centrale électrique au fioul, le poids et le volume des filtres de sortie d’échappement n’ont pas d’importance.

    de même, aucune accélération : on peut brûler le fioul dans une centrale au réglage le plus judicieux : on n a pas à passer de 0 à 60km sur 100m, pour pouvoir juste après freiner au feu rouge qui nous attend 100m plus loin : un régime +/- stable est de rigueur…

     

     

    3- Jancovici

    un problème et un truc bien :

    le problème :

    il parle souvent de CO2 et de réchauffement climatique, des choses relativement impalpables, et sur laquelle on a chacun qu’un faible impact, assez difficilement mesurable, et -surtout- dont nos actions moins polluantes ne se voient pas.

    Hors je ne suis pas une planète -> les particules fines créées à moins de 3km de moi et les routes à 3m de chez moi ont un impact négatif bien plus visible, et sont largement plus facilement modifiable par son action.

     

    le truc bien : son article  » frugalité  » « dans quel monde vivriont nous si nous étions frugal en énergie, s’il n y avait plus d’énergie peu chère et moins d’énergie »:

     

    un article très intéressant, sur manicore (l ancien site de Jancovici) Mais que je ne retrouve pas sur jancovici.comil explique ce que donne un monde avec peu d’énergie, peu de pétrole

    cependant en préabule, le nombre d esclave énergétique est intéressant :

    https://jancovici.com/transition-energetique/l-energie-et-nous/combien-suis-je-un-esclavagiste/

    ainsi qu’un autre sujet :

    https://jancovici.com/changement-climatique/economie/la-croissance-economique-fait-elle-de-leffet-de-serre/

     

    spoil, de mémoire : plus d’artisans, PME et PMI à rayonnements souvent locaux, plus de liens sociaux, d activités locales, plus de réparation/entretien/2eme main, plus d’emplois non délocalisables et plus d emplois, de la densification humaine autour de pôles locaux

    moins de supermarchés, moins de grosses productions internationales (IKEA/Alinée, danone/nestlé, Zara/Camaus),

    moins de jetable, moins de chômage, moins de publicités à la télé, moins de gros budgets pub, moins de pollutions,

    et quelques autres modifs.

     

  10. Jean-Marc

    J ai retrouvé le lien de jancovici, le mot-clé pour le trouver était « sobriété » (et pas « frugalité« ),

    et son nouveau lien :

    https://jancovici.com/changement-climatique/quel-monde-ideal/que-peut-on-dire-sur-un-monde-qui-serait-energetiquement-vertueux/

    La 1ere partie (40% du texte) parle des différentes sortes d’énergie, et de leur évolutions attendues,  et n est pas trop intéressante. (sauf pour détruire certains rêves de « tout renouvelable sans rien changer d autre« , sans passer en priorité par une importante réduction des consommations énergétiques, donc en favorisant plutôt les systèmes sobres, plutôt que le renouvelable, c-à-d le vélo/les TEC/les rues piétonnes plutôt que l’auto, et les immeubles d’habitation, murs mitoyens, isolations, plutôt que les maisons indivs. aux 4 vents)

    La 2eme partie et la suite, parlent des conséquences sur les gens, d avoir moins d énergie et/ou une énergie moins chère :
    – Ce que nous n’aurions plus dans un tel monde
     
    L’énergie fossile peu chère ou d’utilisation libre
    Le transport aérien démocratique
    D’une manière générale la faculté de se déplacer vite, à volonté et pour pas cher
    (même si, un bon usage généralisé des TEC permet de se déplacer vite, à volonté, pour pas cher… par exemple, un convoi de vélo-train permet de rouler à plusieurs -sans effort- à 120km/h en interurbain)
    Des hypermarchés loin de toute habitation
    Des produits manufacturés – et certains services – peu chers
    Des emballages jetables
    La construction de maisons individuelles peu chères
    (là aussi, autre bémol : même s’il a raison, sur le principe, des maison en torchis, des maisons à bases de terre locale, sont très faibles en énergie grise.. et, étant faite en matériaux locaux, ne consomment rien pour le transport; mais il a raison : le ciment et le béton, très consommateurs d’énergie grises, seront moins présents, donc la construction de nouvelle maisons béton sera bien moins accessibles pour les classes moyennes; et un mur mitoyen entre 2 locaux occupés, est forcément plus efficace, en plein hiver, qu’un mur extérieur le plus isolé qui soit)
    Des lieux d’habitation très chauffés en hiver et très climatisés en été
    Beaucoup de viande – En particulier, des McDo !
    => cette partie montre donc les gros conso d’énergie ou les plus dépendant au transport rapide, donc ceux qu’il convient de moins utiliser, si on veut favoriser l’émergence de solutions viables, de solutions à long terme.

     
    – Ce que nous gagnerions probablement
    Plus d’emplois 
    Moins de bruit – Moins de pollution locale – Moins de congestion
    Probablement moins de stress
    – Ce qui changerait probablement, sans que ce soit obligatoirement une perte ou un gain
    – Quels sont les comportements actuels de la puissance publique qui sont incompatibles avec un objectif à terme de vertu énergétique ?
    -> malheureusement, en général, de Sarkozy à Macron, en passant par Hollande, il font exactement l’inverse..

    (notre dame des landes, autoroutes à la pelle, EPR .. -> ils ne préparent pas l avenir, mais nous aident à être encore plus dépendant de l’énergie -> ils nous aident à foncer plus vite dans le mur..)
    – Quelles sont les conséquences possibles pour l’économie d’un choix de sobriété énergétique ?
    => cette partie montre vers quoi on peut se lancer, en tant qu’entreprise, asso ou individu, car, sur le moyen-long terme, il s agit de domaines qui vont aller, de façon tendancielle, en occident, en progressant.

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