AUTO Une saloperie mortelle dans notre tête

Voici les beaux jours revenus, et on va recommencer à s’agglutiner sur l’asphalte, à la queue leu leu, et puis de temps en temps en petits tas fumants, entourés de badauds excités… Oh je vous ferai grâce des statistiques effrayantes, sur le nombre de morts et tout et tout. D’abord parce que je ne les connais pas par cœur, et puis parce que je pense que tous ceux que le problème intéresse en ont déjà une vague idée. Première cause de la mortalité chez les jeunes, plus de morts que les guerres d’Indochine ou d’Algérie (de notre côté, bien sûr, les autres ça ne compte pas dans les statistiques officielles hexagonales, et puis ils n’avaient pas encore d’auto, alors ça ne se compare pas, forcément), enfin bref on connaît tout ça, mais ça n’empêche pas.

Ca n’empêche pas quoi?

Eh bien ça n’empêche pas que chacun de nous fait comme s’il ne savait pas, comme s’il n’était pas concerné, comme si ça devait forcément être le voisin qui trinquera, le voisin à qui c’est la faute.

Bien entendu on peut commencer par le paragraphe de rigueur sur la méchanceté des tenants du grand capital automobile, qui, grâce à des tas de magouilles politico-politiciennes ont réussi par exemple à faire lever la limitation de vitesse là où ça les arrangeait. Sur la saloperie du système fric qui fait que les autos sont des boîtes de métal mal ficelées, ne demandant pas mieux que de se transformer en cercueil. Et sur les points noirs, ah les points noirs, que les pouvoirs publics, et les travaux du même nom, ne se dépêchent pas de rayer de la carte routière.

Bon, voilà c’est fait, la faute aux autres on en a fait le tour vite fait mal fait, on va pouvoir parler de nous, et de ce qu’on joue là-dedans. Parce qu’il se joue à propos de cette sacrée boîte en métal un certain nombre de choses qui nous impliquent assez profondément et que les clivages faciles – en usage à propos du reste (fric, politique, boulot, les autres) – risquent dans ce domaine de s’écailler quelque peu.

Le point de départ du truc, de ce papier, que ce soit clair, c’est mes propres problèmes vis-à-vis de la bagnole : d’abord j’y ai généralement la trouille dès que ce n’est pas moi qui conduis et ensuite je pense qu’elle induit toute une série de comportements qui lui sont propres. TK a beau être le journal des états d’âme de ceux qui ne voient aucun inconvénient à en avoir, je pense que je ne suis pas le seul dans ce cas et ça me donne envie de poser la question.

I.
D’abord il me semble évident que la bagnole fait apparaître de drôles de fêlures dans notre propre système mental, dans notre comportement. Parce qu’il est évident qu’on prend, à cause de la bagnole (ou grâce à elle) un certain nombre de risques qu’en aucun cas on ne prend ailleurs. Qui ne s’est jamais dit, au moins une fois, le fatidique « tant pis, j’y vais », après avoir piétiné pendant cinq ou dix minutes derrière un gros cul, et pour éviter d’y rester encore un temps indéterminé ? Mais des gens qui traversent la rue sans regarder, exprès, en disant « tant pis j’y vais », je n’en connais pas. Des gens qui sont extrêmement attentifs dans ce qu’ils font, dans leur boulot quand il comporte une certaine dose de danger physique, mais qui sont parfaitement détachés des contingences terrestres quand ils conduisent, j’en connais quelques uns. J’en ai connu un, juste le temps d’une descente vers le midi, plus ou moins responsable dans un mouvement assez important: on était quatre, on se relayait au volant, on a tous crevé de trouille chaque fois qu’il le prenait, il n’y a rien eu à faire pour en discuter. Depuis j’ai appris qu’il s’était bousillé la colonne vertébrale dans un accident. Ca leur fait une belle jambe (si j’ose dire … ), à lui et à son mouvement…

Il n’y a pas que ça, il n’y a pas que l’accident. Il y a tout le reste, toute cette puissance que le moteur met entre nos mains. Rencontre de la mécanique et de l’irrationnel : si on prend par exemple le changement de vitesse, on peut en dire des choses ! J’ai découvert un jour les voitures à changement de vitesse automatique : c’est idéal, tout se fait tout seul, au bon moment, ça ne demande rien à personne. Et c’est comme si j’entendais d’ici une grande majorité des lecteurs faire la fine bouche et dire: « oui, oui, l’automatisme, c’est pas mal mais c’est pas la même chose, c’est moins efficace, c’est moins sportif, on s’embête, etc… (NB : arguments entendus souvent, donc rapportés ici, même si de l’aveu même de leurs auteurs ceux-ci n’avaient jamais conduit de voiture automatique). Pour l’efficacité je rappelle que les voitures des 24 h du mans sont presque toutes automatiques, pour la sportivité j’invite les intéressés à aller faire du circuit si c’est le vroum-vroum qui les fait bander, et pour l’ennui je trouve gênant que l’activité mentale de quelqu’un dépende de façon importante du levier métallique à remuer de temps en temps (Ah le charme des démarrages à la manivelle ! ).

Bon, je me laisse emporter, ce genre de discussion me mettant en colère, tant il est évident que la bagnole, sous sa forme actuelle, est chargée de tout un contenu phallocratique dont précisément le changement de vitesse est un beau symbole. Ca nous arrange parfaitement que l’auto soit ce qu’elle est encore, c’est-à-dire une saloperie mortelle qui joue de toutes nos envies de vitesse et de puissance et pas ce qu’elle pourrait être, un simple outil de déplacement. Une fois on a fait aux Etats-Unis un assez long voyage en voiture : et au début ça nous exaspérait, ces longues files sur les autoroutes, toutes à la même allure, calmement les uns derrière les autres. Et puis on s’y fait (pas seulement à cause des amendes pour excès de vitesse) et c’est même drôlement plus reposant. Alors, au retour, cette corrida des weck-ends français, l’inquiétude dans le regard, ou le mépris du traînard, et l’injure jamais bien loin…

II
Il n’y a pas que ça, cette espèce de changement de mentalité qui se fait dans notre tête. Il y a aussi le rapport aux autres que la bagnole ne laisse pas intact. On est en effet à peu près tous d’accord que les problèmes de pouvoir, de possession, de hiérarchie, ça n’arrange pas les relations entre les individus, et qu’il vaut mieux éviter tout ce qui comporte l’un ou l’autre de ces poisons là – partout et le plus possible – sauf en bagnole bien entendu. Là il n’y a pas de doute, c’est le chauffeur le chef, celui qui tient tout, le maître à bord. Ca dépend pour qui, me direz-vous? Moi je veux bien mais je dis qu’en règle générale il y a en voiture une sorte de « savoir-vivre » imposé, et des choses qui ne se font pas: ça ne se fait pas de dire qu’on a la trouille et qu’on aimerait bien que le conducteur aille un peu moins vite ou regarde un peu plus aux carrefours. En tous cas, ça se fait difficilement et le résultat est loin d’être garanti. La réponse est assez facile, et presque toujours la même : ne t’en fais pas je connais la route, ma bagnole, mes réflexes, etc… En insistant un peu tu arrives à ce que le chauffeur se mette à faire la gueule et à traîner ostensiblement pour bien te signifier: tiens voilà, tu l’as eue, ton allure d’escargot.

Ce même chauffeur qui un quart d’heure avant, chez lui, aurait volontiers éteint la radio si tu avais eu mal à la tête, ou vidé son frigidaire pour toi si tu avais eu faim. Ce même chauffeur qui est évidemment moi aussi : parce que les rôles sont interchangeables et que la trouille en bagnole c’est en effet pas pareil selon que c’est toi qui l’as, tout recroquevillé sur le siège arrière, ou que c’est toi qui l’impose aux autres, bien calé derrière ton volant, tout à porté de la main, calme et sûr de toi. Et parmi ceux qui lisent ça j’aimerais bien savoir s’il y en a beaucoup qui n’ont pas rempli un moment ou l’autre chacune de ces deux fonctions?

III
Il reste encore tout le problème de la relation aux autres, tous ceux qu’on ne connaît pas et qu’on risque de ne connaître un jour qu’à travers notre prolongement de tôle. Parce que le risque pas choisi mais partagé quand même, ça court les routes.

Le type que je ne connaissais pas, qui est allé dans les Alpes et qui s’y est décroché en même temps que quelques autres, je peux toujours me dire, qu’après tout… Mais celui que je connaissais aussi, et que j’aimais bien, qui se promenait tranquillement avec toute sa petite famille sur une corniche, au moment où une auto a fait un dérapage pas du tout contrôlé, et qui n’est plus là, pas plus que les trois quart de cette même petite famille, ça m’emmerde considérablement.

En fait on considère tous ça comme une fatalité, sans doute, où les compagnies d’assurances jouent le rôle des dieux réparateurs. Parce que vu le nombre d’accidents mortels qu’il y a, et la faible quantité de vengeances individuelles que cela entraîne, il faut bien constater que chacun considère en quelque sorte celui qui a causé l’accident comme une espèce de victime lui aussi, un agent d’une force collective qui nous dépasse tous. Alors on oublie…

CONCLUSION

Tout ça pour dire que la bagnole induit chez moi, comme chez beaucoup d’autres je suppose, un certain nombre de comportements qui ne me semblent pas particulièrement flatteurs. Et comme ça me semble une question, non seulement de vie ou de mort, mais aussi une question de vie quotidienne, ça m’intéressait d’en parler ici. Et maintenant c’est pas tout ça, il faut que j’y aille, j’ai encore pas mal de route à faire, il va falloir que je fonce pour rattraper le temps perdu.

B.F.
Source: TANKONALA SANTE, n°10, mai 1974.
http://archivesautonomies.org/IMG/pdf/sante/tankonalasante/tankonalasante-n10.pdf

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6 commentaires sur “AUTO Une saloperie mortelle dans notre tête

  1. ritow

    Un beau jour, les villes seront pour la vie, des villes sans voitures, sans motorisation. Et les départementales pour que les autres aient encore la joie de s’entretuer à grande vitesse :).

    Rien à dire de plus. Je suis tout à vélo, amis, soirée, déménagement, loisirs, vacances, travail, enfants. Je suis monté dans une voiture, il y a deux mois, en 2 ans. J’en ai eu deux, mais n’en n’aurai plus jamais. A mille lieux de comprendre celui qui se prends pour un sportif dans une citadine, alors que sur un vélo, ses poumons demanderai clémence :). A vomir, celui qui me dit qu’une vie ne peut pas se réussir sans. Je ne les cotoîe pas et ils ne veulent pas me cotôyer. Je n’ai rien à leur dire, rien à leur donner, à part du mépris. On a une haute opinion de nous, et on assume. On vous emmerde et demain sera à nous :).

     

  2. Bibinato

    Très bel article, qui rappelle un temps où les voitures ne servaient pas qu’à transporter une seule personne. Avec les systèmes de co-voiturage, on revit ces sensations de peur, livrés à des conducteurs soi-disant intouchables, on n’ose pas mettre de mauvaise appréciation sur le site, car après tout, on est arrivé vite et entier, de quoi se plaindrait-on ?

    J’ai même rencontré des conducteurs soi-disant de tourisme de co-voiturage : comme c’est étrange, ils parcourent tous les mois la distance qui va d’Agadir à Amsterdam, en faisant des arrêts réguliers dans toutes les grandes villes entre les deux, j’appelle ça faire profession de transporter les gens dans sa voiture. Je suis montée une fois – pas deux – avec ce type de conducteur, combien il vous fait sentir que vous êtes son client, mais que vous n’avez pas voix au chapitre en ce qui concerne la vitesse, les arrêts, leur durée…

     

  3. Letard

    Bonjour à tous,

    Un ou une automobiliste qui conduit, à son volant, n’a pas les pieds sur terre. Cet article me semble bien le signaler.

    Le seul problème c’est que, je crois, pour la plupart des automobilistes ce sont les autres conducteurs ou conductrices ou même des piétons (le comble) qui n’ont pas les pieds sur terre à leur volant ou leur guidon.

    Ils ne semblent pas, vraiment, se rendre compte que c’est eux aussi qui n’ont pas les pieds sur terre quand ils ou elles conduisent une automobile, sauf quand ils ou elles arrivent à la pousser en même temps.

    A votre service.

  4. Prolo

    > Et parmi ceux qui lisent ça j’aimerais bien savoir s’il y en a beaucoup qui n’ont pas rempli un moment ou l’autre chacune de ces deux fonctions?

    Si, les deux. J’ai fait peur à un ami – sans faire exprès – parce que je conduisais ma 205 à 80 et que ça fait un peu du bruit, une 205 à 80 (j’ai vu le même être totalement impassible, des années plus tôt, dans une berline quasi neuve qui prenait des routes similaires à ~100km/h dans un silence assoupissant).

    Il y a beaucoup plus de subjectivité qu’on voudrait le croire dans la conduite automobile et sa perception par les passagers. On ne voit tout simplement pas la voiture sous le même angle, au sens propre. Le conducteur voit la vitesse, sait quelle est la vitesse enclenchée, s’il a le pied sur le frein ou sur l’accélérateur.. tous ces éléments manquent le plus souvent aux passagers. En plus, à la « place du mort », l’angle selon lequel on voit la route donne toujours l’impression que le conducteur est au milieu de la route (les pointillés de séparation des voies passent à peu près au milieu du capot, vus du siège de droite).

    Ces pinaillages mis de côté : Oui, il y a un rapport irrationnel à l’automobile, et ça conduit à une forme de « respect » indu vis à vis d’un mauvais conducteur. Tant qu’il n’est pas mort et que sa voiture n’est pas cassée, le conducteur a raison (après, c’est trop tard). Le prix global de la voiture explique peut-être ça : la personne qui conduit a payé et passé son permis, payé la voiture, l’assurance, le carburant, et peut-être que ça sous-entend que transporter autrui, c’est lui faire un immense cadeau. Il ne manquerait plus qu’on se plaigne du cadeau ?

    > Une fois on a fait aux Etats-Unis un assez long voyage en voiture : et au début ça nous exaspérait, ces longues files sur les autoroutes, toutes à la même allure, calmement les uns derrière les autres. Et puis on s’y fait (pas seulement à cause des amendes pour excès de vitesse) et c’est même drôlement plus reposant. Alors, au retour, cette corrida des weck-ends français, l’inquiétude dans le regard, ou le mépris du traînard, et l’injure jamais bien loin…

    Peut-être parce que la police ne laisse rien passer ? C’est en tout cas l’impression que me donnent les réactions de la police française. Par exemple, ils se posent à un rond-point, et arrêtent toutes les voitures.. qui ont l’air abimée et en mauvais état. Pendant ce temps, des gens passent avec une voiture de riche, mettent leurs clignotants n’importe comment et en retard (sans doute un peu paniqués à la vue des uniformes, ils essaient de se souvenir de comment on faisait la dernière fois qu’ils ont mis les cligno, il y a 25 ans en passant le permis), et ne se font pas arrêter. Je ne suis pas certain qu’aux USA, on puisse merder ses clignos sous le nez de la police, et s’en tirer. Il y a en France, y compris de la part de la police, une certaine tolérance pour la conduite laxiste : les dépassements sur autoroute en mordant un peu sur la ligne du milieu (donc en passant parfois à ~30cm de la voiture dépassée), les petits excès de vitesse en dehors des radars, le non-respect total des distances de sécurité, le refus de priorité à un piéton qui attend devant un passage protégé, l’absence de clignotant.. La seule fois où j’ai été contrôlé (hors contrôles systématiques), c’est parce que j’avais mis mon cligno pour indiquer que je voulais tourner  à droite, à un endroit où c’était obligatoire de tourner à droite. Ça leur a paru très suspect, ils ont vérifié mon permis avec insistance (en dictant chiffre par chiffre le numéro à quelqu’un au téléphone, pendant qu’un autre me demandait quand j’avais eu mon permis, quel âge j’avais, etc.). Pourtant, indiquer sa direction même quand on n’a pas le choix, c’est ce qu’on m’a appris au code de la route : ça donne une info de plus à la personne derrière, à savoir qu’il est possible d’aller à droite, et si on s’est trompé et qu’il était possible d’aller à gauche, on a finalement fait ce qu’il fallait. Dans la vraie vie, PERSONNE ne fait ça. Absolument personne. Conduite laxiste : s’en tenir au strict respect des règles, c’est pour les cons, apparemment.

    Pourtant, vu qu’on n’est jamais parfaits, se donner comme référence le respect strict des règles, c’est s’offrir de la marge de manoeuvre. Le jour où on merde parce qu’on n’a pas respecté une des règles, c’est le fait d’avoir mis sa ceinture, de respecter les limitations, d’avoir gardé ses distances, d’être bien placé sur la voie, qui peut sauver la vie. Le code de la route ressemble à un empilement de ceintures et de bretelles pour tenir un unique pantalon : on doit toujours faire comme si on allait faire une connerie, et qu’en même temps, les gens autour vont aussi faire une connerie. On est prioritaire MAIS on regarde quand même. Ça permet d’éponger nos propres erreurs et celles des autres.

    > J’ai découvert un jour les voitures à changement de vitesse automatique : c’est idéal, tout se fait tout seul, au bon moment, ça ne demande rien à personne. 

    En France, les boîtes automatiques ont mauvaise réputation, peut-être parce qu’on fait à chaque fois référence aux modèles d’il y a 30 ans. À savoir des voitures plus lourdes, plus chères, moins rapides, qui consommaient plus (voire beaucoup plus), et dont la carte grise coûtait plus cher. Ça donne envie d’apprendre à utiliser une boîte manuelle, non ? La boîte automatique était aussi très merdique dans les routes de montagne, toujours sur la mauvaise vitesse, et demandant de « ruser avec ».

    Dans le monde rural français, la boîte à vitesse manuelle est aussi préférée parce qu’elle permet bien mieux de sortir une voiture coincée dans la neige ou la boue. C’est aussi la même boîte que les paysans ont (avaient, maintenant il y a des tracteurs automatiques) sur leurs tracteurs (paysans qui pour certains ont passé tardivement ou jamais le permis de conduire, tout en conduisant des tracteurs depuis qu’ils arrivaient à atteindre les pédales).

    A contrario, aux USA, beaucoup de camions ont des boîtes de vitesse manuelle dites « Fuller », qui demandent encore plus d’apprentissage qu’une boîte manuelle normale. C’est une façon de passer les vitesses assez proche de celle qu’on a sur un vélo à dérailleur : il faut désaccélérer un peu pour « libérer » la boîte de vitesse (soulager les efforts entre roues dentées), passer le point mort puis la nouvelle vitesse en accélérant juste ce qu’il faut pour que le moteur soit « raccord » avec la nouvelle vitesse (la comparaison avec le vélo s’arrête ici : il n’y a heureusement pas de « roue libre » sur un camion. En vélo on peut attraper n’importe quelle vitesse en pédalant mollement si on est assez lancé, alors qu’avec un camion américain il faut « aller chercher » le régime moteur correspondant). Comme sur un vélo, ça demande donc d’anticiper et de ne pas « tomber » une vitesse au dernier moment sur le point de caler. Bien évidemment, l’intérêt d’un camion est de passer la plupart de son temps sur la vitesse la plus haute, à l’allure maximale autorisée, sur une autoroute toute droite et si possible plate.

    Il ne faut pas oublier que la France est un pays globalement moins plat que les USA. C’est donc probablement pour ça que c’est le pays des vélo à 24 vitesses et des voitures à boite manuelle.

  5. vince

    Merci pour cet article qui rappelle les graves distorsions engendrées dans le cerveau humain par la voiture.

    1. C’est ma route.

    Elle m’appartient et nul ne peut s’opposer à mon passage. Une mamie met du temps à traverser ? Intolérable. etc..

    2. Je fais deux mètres de large et trois mètres de long et j’ai une carapace d’invincibilité. On finit par y croire, non ?

    J’ajoute une touche plus moderne à l’article : pas de sexisme, nous côtoyons tous nombre de dames très accrocs à la tuture et qui n’abandonneront leur siège chauffant et ronronnant que sous une extrême contrainte.

     

  6. Pédibuspedibus

    Je fais deux mètres de large et trois mètres de long et j’ai une carapace d’invincibilité

    Je vais encore pinailler, mais c’est tellement important pour comprendre les processions à la gloire de Ste-Gnognole… :

    le carrosse métallique à quatre mètres cinquante de longueur, en moyenne, ça nous fait la manif d’heure de pointe – pas la gilonasserie, hein… ! – en capacité de fabriquer du bouchon au kilomètre avec seulement 222 bagnolards auto-solistes…

    videz les périurbains d’une grosse aire urbaine et vous comprendrez le phénomène thrombotique habituel de nos grandes villes à c’t’heure-là, avec notre bon vieux système automobile théologico-politique industriel pas trop cartésien…

     

    Cependant je reste indécrottablement attaché à l’idée que l’idéologie bagnolarde est d’abord une « belle saloperie » en termes de santé publique, et à l’échelle mondiale, aujourd’hui pour sa responsabilité dans l’inédite pandémie d’obésité et ses co-morbidités, avec comme explication première l’inactivité physique…

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