Le Plan Vélo

Le 2995ème Plan Vélo vient de sortir. Sur le papier, il va nous sauver de Poutine, de la fin du monde, de la fin du pétrole, voire même de la pollution automobile. Dans la vraie vie, on va continuer encore pas mal de temps à pédaler dans la choucroute au milieu de voitures et de camions qui roulent comme sur un circuit de Formule 1 et comme si on venait de découvrir du pétrole en Ardèche.

Vous vous rendez compte, le gouvernement vient de lâcher, grand seigneur, 250 millions d’euros en 2023 pour le vélo, répartis en 200 millions pour les infrastructures et 50 millions d’euros pour le stationnement. C’est sûr que c’est mieux que les 250 euros par-ci par-là auxquels on était habitué…

Mais, c’est encore loin des 2,5 milliards d’euros réclamés par les associations… On voulait un Plan Marshall, on aura un Plan Béchu.

Et comme le nouveau ministre de la transition écologique Christophe Béchu a voulu assurer le service après-vente du Plan Vélo, il est monté comme de juste sur un vélo, électrique bien sûr, avec le ministre des transports Clément Beaune bien entendu.

A vrai dire, on sent la fébrilité du pédalage pour faire les 2,5 kilomètres entre le ministère de la transition écologique et l’hôtel Matignon…

Tout ceci rappelle quand même un peu ce vieux dessin de Wolinski qui n’a pas pris une ride…

Si l’argent est nécessaire pour financer enfin des infrastructures vélo en France, cela risque de ne pas être suffisant. Car en France, il reste un problème de taille à régler, à savoir la culture bagnole.

Il faut quand même rappeler que nous n’en sommes pas à notre première crise énergétique. Déjà dans les années 1970, le prix de l’énergie explosait, les accidents de la circulation faisaient un carnage sur les routes, la pollution automobile était généralisée. Et pourtant, cela n’a pas vraiment remis en question la culture bagnole en France, alors que dans le même temps, certains pays comme le Danemark ou les Pays-Bas passaient réellement à une culture vélo avec près de 50 ans d’avance sur nous. On voit la différence aujourd’hui…

A vrai dire, quand on voit un ministre de l’écologie monter en France sur un vélo, on ne peut pas s’empêcher de penser que le reste de l’année il est dans sa voiture de fonction avec chauffeur. Et il est là le problème.

7 commentaires sur “Le Plan Vélo

  1. Adri1

    Mettons en perspective ce « merveilleux plan vélo » à 250 millions d’euros…

    La construction d’un kilomètre d’autoroute vaut 6 millions d’euros.

    Le budget publicitaire annuel français pour les bagnoles est de 2.6 milliards d’euros.

    Le système bagnolard revient à 65 milliards d’euros annuel entre les subventions à l’achat, à la pompe, et le non-paiement des externalités négatives des grosses bouses roulantes.

    Je continue ou bien tout le monde a compris qu’on était encore loin du compte ?

    Et aussi bon à savoir, quitte à se répéter :

    30% des micro-plastiques dans les océans proviennent du roulement des bagnoles (donc même électriques – vertueuses-gentilles toutes vertes sans émissions)

    Une bagnole c’est 40 à 50 tonnes de planète Terre et 400 000 à 500 000 litres d’eau à la production.

    Je trouve que tout ça c’est cher payé pour voir deux droitards faire 2.5 km à vélo en tremblant des genoux…

  2. Jean HAAS

    Entièrement d’accord. Et la perpétuelle litanie des chiffres n’y changera rien : les chiffres ne peuvent pas rendre compte à eux seuls de la réalité, contrairement à ce qu’on enseigne dans certaines grandes écoles. Il y a des éléments incontournables et assez simples : un enfant a le droit de rouler sur le trottoir jusqu’à l’âge de 8 ans. Un aménagement cyclable digne de ce nom est donc un itinéraire (et pas un tronçon !) où l’on peut sans risque excessif lâcher seul à vélo un enfant de 9 ans… Je suis peut-être « mère-poule », mais à mon sens, cela exclut d’emblée les simples coups de peinture sur la chaussée…

    D’autre part, il serait peut-être temps d’acter dans le code de la route la priorité des pistes cyclables dans la traversée de la chaussée le long d’un passage piétons … et de la faire respecter, en faisant preuve de la même « pédagogie » que celle qui est appliquée aux cyclistes, par exemple

  3. pedibus

    la culture bagnole.

    le denier du culte, pour Ste-Gnognole… ?

    à Bordo-bordel on a les exvotos à chaque carrefour, avec la vénération de l’anneau autoroutier local appelé « rocade » :

    https://www.google.fr/maps/@44.829386,-0.5548222,3a,24.2y,118.23h,93.5t/data=!3m7!1e1!3m5!1sSNQOPLlyVlSu8PZ4oTtA8Q!2e0!6shttps:%2F%2Fstreetviewpixels-pa.googleapis.com%2Fv1%2Fthumbnail%3Fpanoid%3DSNQOPLlyVlSu8PZ4oTtA8Q%26cb_client%3Dmaps_sv.tactile.gps%26w%3D203%26h%3D100%26yaw%3D124.734985%26pitch%3D0%26thumbfov%3D100!7i16384!8i8192

     

     

     

  4. Haas Jean

    Et le Figaro, pour une fois, se préoccupe des « sans-dents » qui ne peuvent pas changer leur poubelle fumante ! Ils n’ont vraiment honte de rien…

  5. zaph

    S’il est nécessaire de prévoir de l’argent public pour favoriser les déplacements à vélos, il est tout autant indispensable de faciliter les déplacements à pieds.

    Hors il ne me semble pas qu’ il y ait eu des annonces pour promouvoir ce mode de déplacement le plus utilisé.

    Pas besoin de beaucoup d’argent juste un peu d’intelligence et surtout de volonté politique de bouter la voiture hors de la ville.

    Qui va s’y atteler ?

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