Je suis fou, j’ai aimé un film « nul »

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Ben oui, d’ailleurs c’est Le Monde qui le dit, c’est quand même une preuve… Il aurait pu ajouter, ce monsieur au goût très sûr, que la qualité d’image est assez dégueulasse, que les cadrages sont très approximatifs, et que l’image bouge tellement qu’on croirait le film de vacances en Super 8 réalisé par papy Alzheimer après son septième pastaga. Pire, pas une cascade, pas une scène tournée d’hélicoptère, pas un effet spécial, pas un terroriste, pas un alien, pas une scène érotique ! Même pas de meurtre, de flic ou d’arme à feu. Et le pompon : même pas de version 3D ! Quant aux acteurs, alors là, laissez-moi rire. Ni Georges Clooney ni Angelina Jolie. Pas même Dany Boon ni Frank Dubosc. Forcément, il a pas aimé, Monsieur Le Monde. Remboursez !

Bon. On arrête le délire. Ce film, c’est “Solutions Locales pour un désordre global” , de Coline Serreau. Oui, elle avait fait “Trois hommes et un couffin”, il y a longtemps. Mais c’était dans un genre assez différent. Je ne sais pas si Monsieur Le Monde avait aimé. Il est certain que la notoriété est un atout pour faire venir des gens qui ne sont pas forcément des habitués de ces films militants.

Je n’avais pas pu le voir pendant le temps très court où il est resté à Metz. Du coup c’est à Lyon que je me suis rattrapé. Dans une petite salle évidemment, on ne va tout de même pas le passer dans la grande salle d’un multiplexe marchand de pop corn, faut pas déconner, non plus, des fois que plein de gens le voient et qu’ils deviennent gauchistes, après. Néanmoins, la salle était pleine. Et a spontanément applaudi à la fin. Même si mon côté rationnel trouve très con d’applaudir un écran, ce n’est pas tous les jours que ça se produit.

Disons-le tout net : en moins de 2 heures, on entend dans ce film au moins 100 fois plus de choses intelligentes que pendant une vie entière de politique française.

Ah oui, le sujet c’est l’agriculture. Coline Serreau ne donne pas la parole à Monsanto, Nestlé ou Danone qui viendraient, avec toute la respectabilité qui sied à leurs entreprises multimilliardaires, nous assurer que leurs produits vont sauver le monde, alors qu’ils le détruisent.

Non, le film est fait de conversations informelles avec des sommités de l’agriculture paysanne, bio, à l’ancienne. Ceux que Monsieur Le Monde considère manifestement comme des fous sans intérêt. On peut donc y entendre Dominique Guillet (un délinquant qui ose distribuer des semences non référencées), Pierre Rabhi (un petit bougnoule de 52 kg qui cueille des olives en Basse Provence pendant que la France travaille), Serge Latouche (un économiste dégénéré qui crache dans la soupe en osant contester la religion de la croissance et répète comme un demeuré qu’on n’a qu’une planète), Vandana Shiva (une indienne hystérique qui s’oppose aux multinationales sous le fallacieux prétexte qu’elles détruisent la terre, l’eau, et qu’elle exploitent les paysans qui se suicident en masse, sans comprendre que ce sont elles, ces multinationales, qui créent les emplois et la croissance indispensable, et nourrissent le monde), Lydie et Claude Bourguignon (des fous ricanants qui préfèrent les petites bêtes immondes aux pesticides et aux tracteurs géants et font de l’humour déplacé sur la prétendue folie des scientifiques) et d’autres cinglés de leur espèce, croisés au Maroc, en Inde, en Ukraine ou au Brésil, et qui ont tous pour point commun de considérer l’agriculture moderne comme une folie monstrueuse et absurde, et de préconiser un retour à la raison, étayé, contrairement à ce que Monsieur Le Monde avance, par de la pratique probante.

Vers la fin du film, une vieille agronome brésilienne répond à une question sur Lula et son éthanol : “Il est fou !”.

Voilà un bon résumé du sujet. Qui est fou ? La bande de fous furieux et cupides qui est en train de détruire la planète et d’empoisonner ses habitants et en laisser crever de faim plus d’un milliard, tout ça pour assurer les vieux jours des actionnaires des multinationales de l’agro-industrie et de l’agrochimie ?

Ou alors une bande de doux dingues, les derniers exemplaires de résistants qui s’efforcent de prouver, comme Pierre Rabhi en Afrique, qu’on peut faire de l’agriculture sans chimie et sans industrie ?

Les premiers ont tellement, à force de propagande et de pub, perverti le cerveau des agriculteurs et des cons-sommateurs, que dans l’opinion publique (ou chez les Spécialistes du Monde), ce sont les seconds qui souffriraient de pathologie cérébrale !

Vandana Shiva, militante féministe, avance que la déconfiture de l’agriculture est liée à sa masculinisation. Pourtant historiquement c’était une affaire de femmes. Elles s’occupaient des plantations, avec lesquelles elles nourrissaient la famille. Mais depuis que les hommes ont repris en main cette activité, il n’est plus question que de rendement et de pognon, peu importe la méthode. Le pire en tant qu’homme, c’est d’être obligé de lui donner raison.

Claude Bourguignon, le comique de la bande, est le plus clair. Il parle de l’INRA, et de ses professeurs Tournesol qui ont manifestement perdu le sens commun. Il cite l’exemple de recherches visant à créer une espèce de poulets sans plumes, car les plumes nécessitent beaucoup d’azote. Recherche vite abandonnée quand ils ont vu que les poulets sans plumes avaient froid, et qu’il fallait donc dépenser plus d’argent pour le chauffage du poulailler.

Il montre aussi, microscope à l’appui, la différence entre une terre fertilisée naturellement, et la terre d’une exploitation céréalière industrielle. La première est friable, aérée, absorbe très bien l’eau, et surtout renferme un myriade de petites bestioles plus ou moins ragoûtantes, dont la seule fonction est de décomposer les végétaux et autres composantes naturelles du sol. La seconde est compacte, dure, imperméable (favorisant l’érosion et les inondations), et surtout elle est morte ! Les mots sont importants, cette terre est morte ! Plus la moindre trace de vie, pas une seule petite bête, puisqu’elles ont été occises par les torrents de pesticides savamment épandus année après année par les agriculteurs-empoisonneurs à la solde (et en même temps victimes) de l’agrochimie.

Bourguignon préconise la cohabitation entre l’élevage et les plantations, afin de pouvoir échanger facilement le nécessaire à la bonne marche de ces activités : par exemple les céréales fournissent la nourriture des animaux, et le fumier qu’ils produisent est épandu sur les sols.

En France, on élève tous les cochons en Bretagne (ce qui fait que le sol n’en peut plus), le blé est en Beauce, et on fait venir la nourriture OGM par bateau du Brésil : qui est donc le fou ?

Pour faire pousser quelques chose dans un sol mort, et donc parfaitement infertile, il faut y mettre des engrais chimiques. Et c’est le but !

L’agriculture moderne est née du besoin de reconvertir l’industrie chimique de l’armement après la seconde guerre mondiale.

On en vient même à sélectionner les espèces qui nécessitent le plus de ces saloperies, car elles sont plus rentables pour les marchands ! Ainsi, je croyais que la pomme Golden avait été choisie pour sa couleur attirante, sa peau lisse, et son absence quasi totale de goût qui la rendait acceptable par tout le monde. Certes, mais pas seulement. C’est aussi celle qui est la plus vulnérable aux attaques d’insectes, et elle nécessite donc 30 à 36 traitements chimiques ! 30 à 36 !!! Qui est donc le fou ?

Et qui sélectionne ces espèces ? Toujours les mêmes, les privatiseurs du vivant, les industriels de la semence. Depuis des millénaires, le paysan prélevait une partie de sa récolte pour ensemencer la suivante. Cette pratique appartient au passé : pas rentable pour les multinationales ! Grâce aux semences hybrides ou OGM, les paysans sont obligés de se fournir chez les semenciers ! Qui leur vendent aussi les saloperies chimiques qui les accompagnent. C’est ainsi que le nombre d’espèces animales ou végétales est réduit au minimum… Avant il y avait des centaines de variétés de pommes ou de tomates. Seules quelques-unes subsistent encore. Même si des contestataires (comme Kokopelli ) s’ingénient à conserver des semences anciennes, et à les fournir gratuitement aux paysans qui permettront ainsi d’entretenir le stock. Mais comme nos gouvernants, intelligents, désintéressés et pas du tout corrompus par les multinationales, ont décidé que seules les semences autorisées pouvaient être cultivées, Kokopelli s’est retrouvé devant la justice comme un vulgaire dealer. Qui est donc le fou ?

Les paysans, reconvertis en vulgaires épandeurs de chimie, sont les premières victimes du système. Ce qu’ils peuvent gagner en plus, ils sont obligés de le reverser aux semenciers, aux chimistes, aux marchands de tracteurs et aux banques. En Inde, il y a eu des milliers de suicides de paysans (en buvant une bouteille de pesticides…) qui ne s’en sortent plus. Pourtant, la green revolution leur avait promis bonheur et prospérité.

Pour comprendre qui est le fou, on peut par exemple visualiser le système d’approvisionnement de Paris : aucune production locale ou presque, un flux continu de camions en provenance d’Espagne ou du Maroc. A peine quelques jours de stock. Comme le disait le gérant d’une AMAP : si un jour il y a un problème et que l’approvisionnement est interrompu, on verra une horde de parisiens affamés qui s’abattront comme des criquets pour venir piller notre exploitation.

Avec la hausse inéluctable du prix du pétrole due à sa raréfaction, la catastrophe est pourtant prévisible : ces saloperies d’engrais et de pesticides sont faits avec du pétrole. Ils vont d’abord devenir de plus en plus chers. Et sans pétrole, plus d’engrais, et plus rien qui pousse sur des terres mortes.

Il est urgent de reprendre la barre. Il ne s’agit plus de réformes, il s’agit bien d’une révolution. Pour cela, il faudra dégager nos gouvernants à la solde des multinationales (j’ai déjà parlé d’Ollier, mais il y en a combien d’autres !) et caressant les exploitants dans le sens du poil. Sarkozy ne disait-il pas au dernier salon de l’agriculture : “L‘écologie, ça commence à bien faire”, propos démago et honteux censés refléter la pensée des agriculteurs, qui sont pourtant les premières victimes de ce système. Non, l’écologie ça ne suffit pas, ça ne fait que commencer !

Il faudra re-lo-ca-li-ser ! Redonner aux agriculteurs leur fierté de produire de la nourriture saine. Arrêter de bouffer de la merde. Arrêter la prolifération des cancers “inexpliqués”. Et même créer de l’emploi, car il faudra bien sûr plus de main d’œuvre en agriculture bio qu’en chimie lourde ! Raser les hideuses “zones d’activités” pour en faire des exploitations bio.

Bref, il faudra rendre la parole et les manettes aux “fous”, ceux qui ont su garder la raison dans cette période folle.

Vous avez donc compris que j’ai adoré ce film (même si la pub-récup de biocoop sur le générique de fin était facultative), et que je vous engage à me faire davantage confiance qu’au critique du Monde. Même si vous aurez sans doute un peu de mal à le trouver dans votre région !

SuperNo

A propos de SuperNo

Ex-blogueur, râleur, ex-chômeur, gaucheur, photographeur, linuxeur et même geekeur à ses heures.

11 commentaires sur “Je suis fou, j’ai aimé un film « nul »

  1. Le cycliste intraitableVélops

    La critique du Monde souffre de la mauvaise foi du journaliste et sa fixation sur des points contestables du film et sa conception soi-disant « amatrice », d’ailleurs je n’ai aucun souvenir du moment où il est question de position des astres.

    Ce film gagnerait clairement à recevoir une critique constructive, à la hauteur des solutions proposées.

  2. Nicolas

    Comme on est dimanche et que c’est week-end, je vais aussi laisser ma mauvaise foi s’exprimer. Cela détend parfois. Ce film m’a tant été conseillé par mes co-amapien (tendance bobo, bien que moins fortunés que leurs homologues parisiens), il semblait tellement reprendre tout ce que j’ai pu entendre comme propos lors des années précédentes (les années post Mac-do de Millau), autant sur l’indépendance des paysans que la qualité de ce qu’on trouve dans l’assiette, que ça m’a gonflé d’avance. Je suis allé plusieurs fois au cinéma depuis la sortie de ce film, mais pour y visionner des fictions, des oeuvres s’adressant à moi via d’autres biais, en utilisant le génie de l’art. Ca fait parfois du bien !

  3. Pim

    Merci SuperNo pour cette critique, (un peu longue?).. J’irai voir ce film ASAP.
    Bizarrement, je ne pense pas qu’Hervé Kempf du Monde soit du même avis que l’auteur de la critique … A te lire, j’ai le sentiment que ce qu’il faut comprendre, c’est que ce n’est peut etre pas un chef-d’oeuvre d’un point de vue purement cinématographique et technique etc. (d’où la critique du Monde) mais un excellent documentaire ?

  4. Béatrice

    De ce film, je n’en retiens que du bon ! Et surtout Bourguignon (dont les extraits sur Internet font fureur depuis la sortie) 🙂

    Et même si l’image est amatrice, même si on a l’impression d’être parfois sur un grand huit, le message est clair & efficace.
    Film conseillé dans mon entourage et qui a fait l’unanimité.

  5. Gari

    @Vélops : sisi à un moment, la voix-off explique vite fait qu’un certain groupe de personne s’intéresse aux positions des astres pour leurs cultures. Juste quatre mots dans le film complet. Qui ne préconise en aucun cas cette méthode, d’ailleurs…

    Sinon je suis sidéré de voir que certains décrient le film sous prétexte qu’il ferait « amateur ». Je n’ai pas du tout trouvé que c’était le cas (mais j’admets ne pas aller au cinéma souvent et ne pas aimer du tout les « chef-d’œuvre » hollywoodiens, bien mieux filmés mais au contenu creux). Bien plus important, je ne me suis absolument pas intéressé à la façon dont c’était filmé, c’est le message sur lequel je me suis concentré.
    Je comprends qu’une personne habituée des films nuls au graphisme époustouflant ait pu trouver ce film inintéressant.

  6. CG94

    Bonjour,
    Agriculture, le sujet le plus grave de l’époque. Pourtant la plupart des agriculteurs ne peuvent plus vivre de leur travail ! Vite des reconversions en masse vers l’agriculture biologique. Aussi le consommateur doit accepter de payer un plus juste prix au producteur. Alors producteurs bio associez-vous pour créer des circuits de vente directe.
    CG4

  7. sab

    Sympa l’article, et très bien écrit. J’ai très envie de voir ce film. Au passage, le calendrier lunaire est un grand classique de la culture extérieure, c’est dans tous les manuels type rustica et consort, je ne sais pas si c’est véritablement efficace et prouvé mais ce ne sont pas des usages d’illuminés épars.

  8. Pim

    +1 pour SUPERNO ! Je l’ai vu hier et j’ai adoré.
    Je commencerais par dire que d’un point de vue cinématographique, c’est une merde, et je peux comprendre que Le Monde n’ait pas apprécié… Ben oui, les plans sont flous et ca bouge etc. De plus, ce documentaire n’a rien à faire au cinéma, car c’est un documentaire composé d’interviews exclusivement, pas un chef d’oeuvre artistique. Pas de belles images à la YAB/NH ni de scénario…

    Bref, on n’est pas là pour regarder un film, mais pour apprendre tout un tas de choses sur l’agriculture, bien plus intéressantes que « la Terre va mal au secours ».
    Le contenu est donc ultra méga giga etc. intéressant. Vraiment, de loin le meilleur documentaire sur le sujet de l’agriculture. Il dépasse en qualité de contenu le monde selon monsanto (qui était parmi mes number one). Sa place est à la télé, même s’il contient de nombreuses explications expertes par et pour des ingénieurs agronomes. (On pourrait espérer une version simplifiée par moments, car n’étant moi meme pas expert du sujet, j’aurais aimé connaitre le point de vue des agriculteurs pro pesticides pour pouvoir comparer ).

    J’attends donc avec impatience qu’Arte le diffuse, car je pense que sa place est à la télé. Il ne doit pas être réservé à un public restreint, tout le monde devrait le voir! Evidemment, c’est pas TF1 qui ferait ca : 70% de sous titrages et au moins 6 langues différentes, le public du big deal aura zappé avant la première pub pour McDo!

  9. +d'humilité SVP

    Non je ne suis pas du tout d’accord avec cet article!
    Il ne faut pas mélanger tous les plans de discussion sous prétexte qu’une cause est juste. Le côté bordélique dessert la cause et c’est grave.

    Un tel film est en effet une grave erreur pour les raisons suivantes :

    1. L’objectif d’un tel film ne devrait pas être de caresser dans le sens du poil des spectateurs qui critiquent les films hollywoodiens. L’objectif devrait être au contraire de toucher et faire prendre conscience des désordres globaux un maximum de gens, ceux justement qui préfèrent voir par facilité les films hollywoodiens.
    La responsabilité d’un réalisateur qui se veut engagé devrait être d’en trouver le moyen. Coline Serreau est ici très médiocre, voire paresseuse, elle ne touche que les convaincus et leur fait plaisir avec une forme qui se veut anti-conventionnelle, or cette attitude est précisément conventionnelle.
    2. C’est grave car évidemment les acteurs de l’agro-alimentaire qui pourraient être remis en cause par un tel sujet sont rassurés par un tel film : « encore un film d’écolo bordélique, … la preuve que c’est n’importe quoi! » entend-on certainement dans les couloirs de Monsanto.
    3. Enfin sur la méthode,en ne présentant qu’un son de cloche, en ne montrant pas l’incohérence de certains discours, on n’entre pas dans une démarche didactique qui permettrait au spectateur de progresser, de changer d’attitude.
    Il faut un peu dépasser les clichés si on souhaite avancer!

  10. Legeographe

    La position des astres est bien évoquée dans le film, c’est le principe de l’agriculture en biodynamie (je ne sais pas grand-chose sur ces pratiques… la Lune a de l’influence sur les cycles de marées et donc les énormes masses d’eau sur Terre, avec des coefficients de marée changeant significativement… la position des astres pourrait donc avoir des effets sur la nature) :
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Agriculture_biodynamique
    Comme un article Wikipédia est rarement l’expression d’une pensée univoque, je vous conseille, si vous êtes curieux, de lire la très longue discussion entre les rédacteurs wikipedia (des particuliers passionnés pour certains, des chercheurs pour d’autres, des pratiquants de la méthode pour les plus impliqués) :
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Discussion:Agriculture_biodynamique

    Bon, le film est en effet d’un cadrage très amateur. Normal, ce fut des entretiens très naturels. Cela aurait pu être mieux fait, mais c’est se dire vraiment que le 7e art n’est que du spectacle pour en rester à la critique négative.

    Le documentaire est né bien après les débuts du film (avec le cinéma muet, on aurait pu faire du film docu trash, mais pas possible de construire un discours véritable), il a d’autre codes qu’Hollywood.

    Ensuite, les intervenant expliquent (c’est mon avis) des notions qui sont parfois nouvelles pour le spectateur, mais je les trouve compréhensibles ; les argumentaires sont étoffés. Le film est donc un véritable micro donné aux solutions locales (celles qui n’ont pas le micro d’habitude).

    Très bonne critique, Superno.

    Claude Bourguignon dit entre autres dans le film une phrase qui devrait être méditée par tous :
    « Une des grandes caractéristiques des débuts de l’an 2000 [Claude Bourguignon voulait certainement plutôt dire « débuts des années 2000 »] : les riches se révoltent, ils trouvent que vraiment les pauvres ça suffit, il va falloir que ça s’arrête un petit peu parce que ça commence à être franchement pénible. »
    Cf. « Y’en a marre des pauvres », chanson ironique de Didier Super.

  11. Flower

    J’ai vu ce film dès sa sortie et j’ai vraiment accroché, je rejoins PIM pour le classer dans les 1ers sur ce sujet.
    Par contre je ne comprends pas votre débat sur est-ce que ce film est un bon film du point de vue réalisation, montage… on s’en fout ce n’est pas l’objet de ce film. C’est un documentaire qui a pour objectif de faire passer un message. Perso je l’ai vu dès sa sortie au cinéma et il y était tout à fait à sa place..
    Le petit + du film c’est en effet le côté humour qui nous fait passer un moment instructif (parfois difficile) mais avec plaisir..
    Je rejoins + D’HUMILITE SVP, c’est vrai que ce film prêche un peu pour les déjà convaincus… Il faut je pense réfléchir à des moyens de toucher le plus grand nombre.
    En ce qui concerne la réalisatrice Coline SERREAU, peu de temps après avoir vu le film j’ai entendu une émission la concernant sur Inter et plus particulièrement sur son rôle de directrice au sein de l’ecole de cirque Fratellini, l’estime que je lui vouais grâce à ce film en a prit un coup d’un coup! Ci-dessous un lien vers cette histoire :
    http://theatre-danse.fluctuat.net/blog/44300-du-rififi-a-l-academie-fratellini.html

    M’enfin l’essentiel c’est que le film en lui même est vraiment bon et qu’on découvre des trucs tels que les vendeurs de graines kokopelli que perso j’étais contente de découvrir.

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