Révolutionner les transports…

S’il est une question qui me préoccupe presqu’autant que le chômage c’est celle de l’avenir des transports et surtout de la place de la voiture. En effet on nous fait croire aujourd’hui que la voiture de demain est en train de voir le jour et qu’elle sera vraisemblablement électrique ou hybride. Autrement dit, on nous envoie le message subliminal suivant : continuez à rouler, nous nous occupons de tout !

Or, même si je ne suis ni ingénieur ni chef de projet, je crois qu’il est important de se poser des questions de bon sens :

D’abord, est il pertinent d’imaginer que les transports de demain passent nécessairement par la survie de la voiture ? Dans notre pays urbanisé nous pourrions sans doute repenser la ville sans la voiture ! Il suffirait que chacun accepte d’aliéner une part infime de sa liberté pour que cela soit possible. Si tous les automobilistes actuels qui réalisent des migrations pendulaires, prenaient les transports en commun, les tramways et autres modes de transport alternatifs auraient plus d’espaces pour se développer. Au surplus, dans l’idée que demain les voitures seront électriques, on peut se demander s’il est pertinent de maintenir ces modes de transports individuels alors que l’électricité réussit si bien à nous transporter collectivement ! Ne vaudrait il pas mieux, démultiplier les voies de chemins de fer et tramways que continuer à construire des voitures dont les batteries mêmes feront peser sur l’environnement une hypothèque encore inconnue ?

Le “modèle voiture” a peut être vécu.

Je sais c’est dur à admettre, mais au fond, nous les hommes, nous avons vécu des millénaires sans voiture. Pourquoi celle-ci deviendrait-elle un modèle de développement indépassable ?

La voiture individuelle n’a peut être pas vocation à survivre indéfiniment.

Mais me direz-vous, si celle-ci ne survit pas, c’est un grand pan de notre industrie nationale et même Européenne qui risque de s’effondrer !

Et pourquoi ne pas l’imaginer ?

Parce qu’il y a une autre chose qui me chagrine dans cette affaire de transport électrique ou hybride : d’où l’électricité viendra-t-elle pour remplacer le pétrole ? Doit-on imaginer des milliards d’esclaves sur des vélos en train de pédaler des journées entières afin de remplir nos “divines batteries” ? Bien sûr que non, derrière l’industrie de la voiture électrique dite “propre”, il y a c’est évident : l’industrie nucléaire ! Des mégawattts à gogos et du plutonium à ne plus savoir qu’en faire ! Enfin, on ne sait jamais ça peut toujours servir !

Oui, ça peut servir, ça peut servir notamment à nous faire oublier qu’il faut d’urgence repenser notre société post-industrielle en fonction de modes de transports massifs et peu couteux, en voie de disparition. Peut-être, sans doute même que demain, se déplacer coutera plus cher, beaucoup plus cher, j’en veux pour preuve l’augmentation continue des prix des transports en commun.

Or que faisons nous pour désenclaver certains territoires ?

Que faisons nous pour repenser les banlieues et notamment les transports de banlieues à banlieues ?

Rien nous continuons désespérément à construire des routes et à imaginer des voitures, sans penser une seule seconde que nous commettons là une erreur majeure tant du point de vue de l’économie que de la société dans son entier.

Thierry
http://anticonformiste.blog.lemonde.fr/

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7 commentaires sur “Révolutionner les transports…

  1. Pim

    A la lecture de cet article intéressant, je soumets 2 remarques…
    1-« Il suffirait que chacun accepte d’aliéner une part infime de sa liberté pour que cela soit possible. » Je ne crois pas qu’il y ait vraiment de liberté à aliéner. Il faut juste procéder différemment dans l’organisation de notre vie quotidienne, et changer ses habitudes. Cela nécessite un certain nombre d’infrastructures aujourd’hui inexistantes. Le risque d’aliénation dépend de cela…

    2- « l’industrie nucléaire ! Des mégawattts à gogos et du plutonium à ne plus savoir qu’en faire ! ». Et aussi des déchets hautement radioactifs pour plusieurs centaines de millénaires… Par ailleurs, l’estimation actuelle des réserves de plutonium est suffisante pour maintenir l’état actuel du parc nucléaire pendant 60 ans seulement. Sans compter que de nouveaux réacteurs poussent tous les jours en Chine particulièrement et dans le reste du monde.
    Bref, une énergie vachement durable!
    (Je rebondis de suite sur la recherche de 30 ans sur l’EPR…. qui me parait bizarrement ridicule. Faire 30 ans de recherches pour 30 ans d’énergie? no comment)

  2. LomoberetLomoberet

    La piste de l’énergie nucléaire inépuisable grace à la « fusion à froid » semble ne plus beaucoup faire parler d’elle !
    Ou en sont les élucubrations des scientifiques pro-nucléaire sur cette recherche fondamentale dont on pensait il y quelques années qu’elle pourrait mener à une recherche appliquée dans une cinquantaine d’année ?
    Si un médium pouvait me répondre, car je crains de ne pas pouvoir observer la mutation vers cette énergie « inépuisable »
    Ou alors, je pourrais aller au bistrot du coin où les scientifiques de comptoir éructent entre deux PICONs « qu’on trouvera bien autre chose ! », idée partagée même par les gens sobres !

  3. stoppeur

    A l’heure où l’on constate que la générosité des Français est mise à mal par la « Crise »(les dons du Téléthon),il est particulièrement choquant de de voir se rendre à l’évidence:ce sont les plus modestes qui assurent l’essen tiel des dons!Par ailleurs,quel citoyen entrant dans la vie active,ou même, déjà installé,est prêt à admettre que « rouler voiture »,c’est s’endetter au pré sent et pour le futur…Comment comprendre que le « budget portable »réduit d’autant celui de la qualité de la nutrition?La vie,aujourd’hui,est essentielle ment construite sur le « niveau de consommation »des « ménages ».On cons omme d’abord pour se faire plaisir;en second ressort pour tromper sa faim, si possible grâce aux produits élaborés à l’extérieur du « foyer »:pizzas,keb abs,sandwiches,surgelés…Et pour survivre,on s’endette…énergiquement!!

  4. stoppeur

    Et voilà le dilemme:si on ne consomme plus,le travail va se raréfier,le reve nus vont encore baisser;la Société de Consommation va perdre de son at tractivité…La vraie question,qui devrait conduire à plus de sagesse,de bon heur de vivre pour tous,c’est:d’abord servir les plus exposés à la précarité; et aussi:ça sert à quoi d’être riche,de possèder une voiture?Pourquoi les handicapés,les vieux,les plus fragiles sont-ils toujours « servis en dernier?A lors,soyons un peu logiques pour que tout le monde s’en « sorte »:la voiture doit d’abord un instrument collectif de transport.Ca devrait être comme l’a vion:une exception…Hélas,80% des voyageurs en avion le sont pour leurs vacances:aller se faire dorer sur des plages de sable blanc…Comment inv erser les choses?C’est bien LA Question…

  5. Cleripage

    Globalement je suis d’accord avec cet article. Cependant j’ajouterai ceci :
    L’une des particularité de la société humaine est qu’elle doit pour le moment sa survie à sa facilité d’adaptation.
    Ne voit-on pas en ce moment et devant l’inéluctable catastrophe (si on continue de vivre comme on le fait) du réchauffement climatique, de la montée des eaux et autres jouyeusetés, ne voit-on pas, disais-je, les imaginations se débrider pour adapter notre société à ces nouvelles conditions ? Depuis quelques semaines on parle de Copenhague et les médias de dégoter toutes les idées, plus ou moins farfelues, qui naissent sur le problème du réchauffement. L’imagination est au pouvoir. Dommage, on se plante dans le contenu de la question. Il ne s’agit pas (pas encore) de s’adapter à la catastrophe, mais de tout faire pour l’éviter.
    Or, virer les transports individuels (en dehors du vélo, du cheval, de la montgolfière, des patin à roulette) de notre espace terrestre, reste si l’on en croit ce qui se dit des émissions de CO2, une bonne part de la solution. Alors si on changeait la question « Comment s’adapter au réchauffement ? » par « Que faire sans moyens de transport individuel ? » je pense que nos belles têtes pensantes trouveraient des solutions.

    En conclusion, nous ne sommes pas face à des problèmes techniques, mais bel est bien face à des problèmes politiques. Qui osera changer la question ?

  6. stoppeur

    Pour accélérer la mise en place de mesures tendant à faire baisser effica cement le parc des VL,il faudrait annoncer franchement la couleur:interdire le stationnement sur la voie publique dans les villes de + de 15000h,par e xemple;ou encore limiter la puissance fiscale des voitures,en ville à 5CV; la consommation à – de 4l/100;et,en parallèle,ne plus déduire les frais de route de la « feuille d’impôt »,si le type de véhicule utilisé pour aller au travail dépasse les 5CV de puissance…Pour mettre un point d’orgue à de telles dispositions,faire prendre en charge, dans les frais généraux d’entreprises, les frais de TC,de co-voiturage ou d’auto-partage,à 50% de leur montant… Il faut « pousser » le citoyen-consomm’acteur là où il n’ira pas si on ne l’y po usse pas:la pub,ça sert pas à ça…?

  7. gnudav

    Je suis bien d’accord avec toi stoppeur. Il faudrait cependant sévériser plus tes critères et y ajouter une bonne taxe carbone sur TOUS les produits. Car la taxe carbone a, je pense, vraiment un grand pouvoir. La mettre en place sérieusement, c’est se donner une chance d’y arriver.

    Ainsi, on délocaliserait moins car le coût du transport deviendrait prohibitif devant l’avantage de la main d’oeuvre. Donc c’est du boulot qui ne part plus (ou qui revient).

    Nos agriculteurs retrouveraient un peu de force face aux grandes surfaces : rappelons quand même que l’agriculteur vend à perte (ou à peu de profit) aux grandes surfaces, les magasins font des marges substantielles, et les clients achètent ça légèrement moins cher qu’au marché ou au petit commerçant d’à côté. Sauf que une partie de nos impôts sert à faire vivre nos paysans. Au final, l’état (nos impôts) subventionne les grandes surfaces. D’autant plus qu’avec une hausse du carburant, il sera moins intéressant financièrement de faire 30km pour les courses.

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