La planète malade

La « pollution » est aujourd’hui à la mode, exactement de la même manière que la révolution: elle s’empare de toute la vie de la société, et elle est représentée illusoirement dans le spectacle. Elle est bavardage assommant dans une pléthore d’écrits et de discours erronés et mystificateurs, et elle prend tout le monde à la gorge dans les faits. Elle s’expose partout en tant qu’idéologie, et elle gagne du terrain en tant que processus réel. Ces deux mouvements antagonistes, le stade suprême de la production marchande et le projet de sa négation totale, également riches de contradictions en eux-mêmes, grandissent ensemble. Ils sont les deux côtés par lesquels se manifeste un même moment historique longtemps attendu, et souvent prévu sous des figures partielles inadéquates: l’impossibilité de la continuation du fonctionnement du capitalisme. Lire la suite…

La seule issue est la violence

Gewalt – ja oder nein ? Eine notwendige Diskussion. Tel est le titre d’un petit volume du philosophe allemand Günther Anders qui a ouvert en 1987 une polémique philosophique et culturelle que n’attendaient plus des intellectuels européens résignés qui se souvenaient de 1968 comme on se souvient de quelque chose qui ne se reproduira pas, qui ne voulaient pas regarder en arrière vers la violence désespérée du groupe Baader-Meinhof et avaient fini par se lasser d’entreprendre toutes sortes d’actions pacifistes contre l’État atomique et la société anti-écologique de la consommation et du gaspillage. Pourquoi cette polémique a-t-elle surgi à ce moment-là ? Parce que, dans ce petit volume, Anders, le penseur pacifiste par excellence, le moraliste, avait écrit, à quatre-vingt-cinq ans, alors qu’il pouvait à peine encore bouger ses doigts à cause de la polyarthrite, que la seule issue était la violence. Lire la suite…

Une contestation non-violente est-elle suffisante?

La trahison

Le niveau pré-révolutionnaire de notre lutte contre les préparatifs de l’anéantissement total, celui qui ne consistait qu’en actes factices, sentimentaux et symboliques, appartient désormais au passé. Aller au-delà de ce niveau de violence — ou plutôt de non-violence — est certes en contradiction avec tous les principes et tabous auxquels nous n’avons cessé ou, du moins, je n’ai cessé pour ma part de me tenir depuis la Première Guerre mondiale et que je considérais même à vrai dire comme inviolables ; cela me met d’ailleurs dans un état que je n’ai aucune envie de décrire. Lire la suite…

L’embouteillage mondial

«Le nombre de véhicules dans le monde, aujourd’hui de 800 millions, pourrait croître pour représenter entre deux et quatre milliards de voitures et camions en circulation d’ici le milieu de ce siècle. Où iront tous ces gens ? Où est-ce que toutes ces voitures vont aller ? (…) La réponse ne consistera pas à bâtir des routes, parce qu’il n’y aura pas assez de place. Comment va-t-on pouvoir permettre à la nourriture de circuler lorsque tout le trafic sera bloqué en permanence ? Comment les ambulances pourront-elles remplir leur mission?»
Bill Ford, Président de Ford et arrière petit-fils d’Henry Ford, Wall Street Journal’s ECO:Nomics conference le 03/03/2011

Environnement : les ménages se mettent au vert (ou pas)

Voici une étude de l’OCDE. Mais c’est quoi l’OCDE ? L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE, en anglais OECD : Organisation for Economic Co-operation and Development) est une organisation internationale d’études économiques, dont les pays membres, des pays développés (pour la plupart), ont en commun un système de gouvernement démocratique et une économie de marché. Elle joue essentiellement un rôle d’assemblée consultative. Lire la suite…

Machines génocidaires et crise alimentaire

Christiana Figueres, responsable des Nations Unies pour la Convention sur le climat, a déclaré que « si la communauté des nations se révèle incapable de stabiliser complètement le changement climatique, cela va menacer (…) où et comment nous produisons de la nourriture », et elle a ajouté que « des climats de plus en plus imprévisibles mèneront à une baisse de la production de l’agriculture » (1). Lire la suite…

Les automobilistes aiment les dictateurs

Notre dépendance à la voiture nous amène à soutenir les pires dictateurs de la planète et les récentes révolutions dans le monde arabe révèlent cruellement au grand jour cette « politique du réservoir de voiture ». Le cas libyen est intéressant. En 2007, Nicolas Sarkozy recevait en grande pompe à l’Élysée « notre ami » Mouammar Kadhafi. En 2011, les photos de cette visite officielle ont été précipitamment enlevées du site internet de l’Élysée pour ne pas montrer trop ostensiblement cette connivence entre le gouvernement français et le régime libyen. Lire la suite…

L’étalement urbain trouve ses « climato-sceptiques »… à la Banque Mondiale

L’étalement urbain trouve ses « climato-sceptiques »… à la Banque Mondiale
Los Angeles, symbole de la ville étalée américaine : ici sans voiture point de salut pour naviguer dans une ville sans densité s’étendant sur plus de 200 km

On connaissait les climato-sceptiques, ces scientifiques qui n’hésitent pas, pour un juteux projet de recherche chez Shell, Total… ou pour un peu de visibilité médiatique, à contester l’origine anthropique du réchauffement climatique. On connaissait moins les scientifiques qui réfutent les ravages environnementaux de l’étalement urbain. Ça a un peu changé ces dernières semaines. La Banque Mondiale en a en effet offert fin janvier une tribune inespérée au Lincoln Institute of Land Policy pour qui visiblement l’avenir est aux suburbs de « quatre-façades » à perte de vue… Lire la suite…