Tramway et automobile, désastres écologiques en série pour l’expansionnisme d’un « bassin de chalandise »

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Crucifiée et bientôt entièrement encerclée de ses multiples réseaux et périphériques autoroutiers, la ville de Tours attend impatiemment son Tramway. Un Ordre Nouveau semble s’être durablement emparé de la ville pour étendre son empire à l’ensemble de la Région Centre. Sous l’autorité de son état major technocratique, les grands chantiers de saccage pur et simple du paysage se sont multipliés.

De la vallée de la Choisille aux projets de réfection du Parc Grammont pour accueillir le tramway, en passant par le Quartier des Deux Lions et les centaines d’arbres centenaires abattus dans la ville… les dévastations écologiques ont été ininterrompues pendant deux longues décennies sur l’agglomération Tourangelle et sa périphérie.

Le massacre de la vallée de la Choisille et sa porté politique.

A coté de la soudaine sur-urbanisation concentrationnaire du secteur des Deux Lions, faisant disparaître sous le béton et le bitume une grande zone naturelle humide, l’un des récents grands massacres en date planifié de site naturel, a été celui de la Vallée de la Choisille. Le chantier pharaonique a été imposé dans l’urgence, mal évalué sur le plan hydrographique, il s’éternise (1,2)…

Sous l’arbitraire et l’empressement de son état major bureaucratique, l’encerclement automobile de la ville tente de se totaliser en force dans son secteur nord ouest. Conformément aux procédures maintenant formalisées et bien rodées, le saccage du paysage et de l’environnement s’est fait sous les oriflammes du « Développement durable ».

L’aménagement du territoire, destructeur du patrimoine paysager et historique, s’affiche et se réactive désormais décomplexé dans son nouveau costume « écolo-vert ». Alors qu’on détruisait la Vallée de la Choisille, flore et faune, loutres, grenouilles et cigognes étaient sur toutes les affiches et prospectus de propagande publicitaire. Il était difficile de faire autant, en si peu de temps, pour asservir ce secteur de la ville et ses habitants au vacarme assourdissant de la circulation automobile. Même le gouffre financier exorbitant n’a pas réussi à ralentir significativement le massacre et l’ampleur des grands chantiers. A l’origine du désastre un triumvirat : BTP, PCPU et PPP rénové (3).

Le Léviathan tricéphale s’approprie et privatise l’espace public à sa convenance. Puissance de feu colossale des engins de chantier, Partenariat Public Privé rénové et Parti Unique de la classe politique unifiée, sont solidaires sur le principe des grands chantiers. C’est exactement la forme modernisée de la spoliation de la population. Le Jardin de la France se métamorphose pour devenir un vaste et extensif bassin de chalandise. La colonisation de l’espace ainsi conquis se fait, en résonance avec les multiples périphériques autoroutiers par les volumineux parallélépipèdes rectangles, d’enfermement commercial de la population (4).

La portée politique du massacre de la vallée de la Choisille est immense, véritablement terrifiante si on veut bien l’analyser sans préjugé idéologique. La dévastation de ce site naturel s’est faite de manière délibérée en pleine conscience et en toute légalité. Malgré la mobilisation soutenue de la population, malgré les rapports réitérés des naturalistes sur les espèces endémiques de la vallée de la Choisille, malgré la monstruosité évidente du chantier ; toutes les autorisations légales sont arrivées en temps et en heure pour valider le massacre.

Dans cette affaire personne n’a été violenté, personne n’a été emprisonné, les populations mobilisées contre le projet ont tout simplement été ignorées, leurs protestations comptées pour rien comme négligeables, inexistantes. Les naturalistes qui croyaient avoir leur mot à dire sur les espèces endémiques de la vallée de la Choisille, n’ont pas non plus été violentés, aucune personne n’a été emprisonnée, leur rapport n’a pas été censuré, simplement considéré comme partie constitutive du dossier, il a été intégré ou plutôt archivé dans le dossier…

Le Léviathan Tricéphale a agit à sa guise sans se préoccuper de l’environnement et encore moins de la population locale. Les habitants n’ont pas été mieux considérés que les indiens à l’époque des « grandes découvertes ». Pas mieux que des peuplades indigènes en Afrique à l’époque coloniale ou les populations locales à l’époque des essais nucléaires au Sahara et Mururoa, et encore pas mieux que des orangs-outans à l’époque contemporaine des grandes déforestations.

Tout s’est passé « normalement ! » « Aucun mort à déplorer ! » Les engins de chantier sont arrivés, le paysage a été dévasté, l’espace approprié asservi à la circulation automobile et les engins de chantier sont repartis… La puissance de feu colossale des engins de chantier a été suffisante pour réduire les habitants de la vallée à un statut d’indien, de peuplades indigènes ou de faune et flore locale sans défense et sans importance (5)…

Le Tramway arrive dans ses nouvelles fonctionnalités économiques

L’hégémonie de la circulation automobile est maintenant durablement établie sur la ville de Tours, conformément aux « bon vouloir » de l’état major technocratique… Définitivement pensée comme un bassin de « chalandise », la nouvelle capitale émergente de la Région Centre, attend impatiente son tramway… Dans son nouveau statut de mégalopole marchande régionale en croissance accélérée, le tramway vient suppléer dans la ville ce que l’automobile n’est plus en mesure de faire, sans aggraver encore plus l’engorgement bruyant et polluant de l’agglomération.

Pour beaucoup de personnes, même parmi celles les mieux informées et les plus sensibilisées à l’environnement, le mot tramway rime avec « développement durable » voire même avec écologie… Pourtant rien n’a changé dans la logique économique et industrielle qui s’est imposée depuis la Seconde Guerre Mondiale. Les tramways avaient été sabordés pour instaurer de toute urgence l’hégémonie absolue de la circulation automobile sur les villes (6).

Aujourd’hui, dans l’engorgement généralisé et le vacarme automobile permanent, le Tramway revient auréolé du « Développement durable ». Mais c’est dans son nouveau rôle modernisé, pour sauver et perpétuer l’empire absolu de l’automobile en ville.

La logique économique, au-delà des affrontements bruyants d’apparat des partis, est restée exactement la même : accroître la fonctionnalité économique des habitants dans la ville et l’étendre au-delà du département. Avec un bassin de chalandise en expansion sur l’ensemble de la Région Centre, la ville de Tours, dans son nouveau statut de capitale de la « Méga fête » de la consommation, célèbre dans un unanimisme débile l’avènement de son tramway. Pourtant il s’agit d’un énième grand chantier, un énième gouffre financier et un énième grand massacre de site naturel, offert au Léviathan Tricéphale BTP-PCPU-PPP rénové. Une nouvelle spoliation de la population par le gouffre financier et la privatisation supplémentaire de l’espace public…

Dans son nouveau rôle modernisé, le tramway n’est plus seulement un mode de transport public. Il répond à de nombreuses autres fonctionnalités politiques, économiques et même franchement militaires. Ces fonctionnalités peuvent se permettre d’être d’autant plus brutales et antipopulaires que les tramways avancent toujours auréolés de « Vert » et de « développement durable ». Spéculation immobilière sur les terrains et les immeubles, prestige technologique intimement associé au « look écologique ».

Sous cette bannière « verte », pour de nombreuses municipalités, il s’agit d’en profiter et de se débarrasser de certains vieux quartiers ou d’en expulser leur « faune et leur flore hétéroclites » devenues indésirables dans leur centre ville.

Orléans et Marseille, ayant récemment défrayé la chronique, sont parmi les villes les plus célèbres dans cet exercice de style et de brutalité sociale, auréolé de « vert » et de « bien public ». Le Tramway à Tours a déjà commencé à faire son chemin. Il avance à la tronçonneuse sur de nouveaux cadavres d’arbres, combien seront-ils au final ? Le site naturel visé cette fois ci est le bois du Parc Grammont. La dévastation de ce milieu naturel classé, à la biodiversité exceptionnelle (7) au sein même de l’agglomération tourangelle, est confiée au tramway dans ses fonctions économiques modernisées.

Dans la vallée de la Choisille, le Léviathan Tricéphale s’est illustré par sa monstruosité; au Parc Grammont, il s’essaye maintenant à la perversité. Depuis l’époque des « Trente Glorieuses », sans interruption, le Parc Grammont a subi de nombreuses déprédations. Aujourd’hui, il n’en reste que le quart de ce qu’il était dans les années cinquante. C’est maintenant aux aménagements liés à l’arrivée du tramway qu’est confié le soin pervers de donner le « coup de grâce » labellisé « vert et durable » à ce bois.

Il est important de connaître la variété des d’espèces protégées par la loi dans cet habitat pour bien comprendre la monstrueuse perversité du Léviathan technocratique municipal.

Dans la ville de Tours sous le contrôle de son Léviathan Tricéphale, résolument conçue comme un bassin de chalandise en expansion, le tramway modernisé auréolé de « Vert » arrive pour imposer un énième massacre de milieu naturel.

Dans cette affaire, d’une perversité politique nouvelle, même « Les Verts » comme des bleus n’y voient que du feu. Le tramway modernisé c’est encore BTP, Parti Unique et PPP rénové. Dans ses nouvelles fonctionnalités, le « Tramway Modernisé » n’est que confirmation et perpétuation de l’emprise de la circulation automobile sur la ville permettant un nouvel expansionnisme du « bassin de chalandise ». Rien à voir avec une quelconque préoccupation environnementale, « Circulez ! »

Jean-Marc Sérékian, Tours, Juin 2009

Notes

(1) La choisille, les inondations et le périphérique – le blog velorutiontours
(2) http://blog.lanouvellerepublique.fr/index.php?2006/05/12/55-plan-loire-apprivoiser-le-risque#co
Réponse n°6 Michel Bel, « Périphérique nord-ouest tourangeaux, on vous a menti ! »
(3) PCPU Parti de la Classe Politique Unifié. PPP rénové ; voir « Un jardin de la France en béton armé » 3ème partie.
(4) « Un volumineux parallélépipède rectangle bleu » voir « Un jardin de la France en béton armé » 3ème partie.
(5) Voir « Une Amérique et des indiens toujours à porté de la main » dans « Un jardin de la France en béton armé » 1ère partie, ainsi que « Nous sommes vivant exactement comme des Orang outans » dans « Un jardin de la France en béton armé » 2ème partie.
(6) Alfred Sauvy « Les Quatre Roues de la Fortune » Ed. Flammarion 1968
(7) Inventaire des espèces (flore et faune) de la forêt de Grammont. Laboratoire de physiologie végétale faculté de Tours

Jean-Marc Sérékian

A propos de Jean-Marc Sérékian

Rédacteur du site Carfree France, spécialiste des questions d'énergie et de biodiversité.

13 commentaires sur “Tramway et automobile, désastres écologiques en série pour l’expansionnisme d’un « bassin de chalandise »

  1. Marcel RobertMarcel Robert

    Ok sur le tramway « arme de consommation massive », mais je préfère quand même une ville quadrillée de lignes de tram plutôt qu’une ville quadrillée de rocades et de voies rapides…

    En outre, le tram n’est pas qu’un facteur d’expansionnisme du « bassin de chalandise ». Sur le plan urbanistique, on peut aussi considérer qu’il est un facteur de densification de l’habitat et de relocalisation de l’économie, des commerces et des activités économiques le long de la ligne et près des arrêts de tramway.

    On peut ainsi très bien envisager un re-développement des petits commerce de proximité (au niveau des arrêts de tram), a contrario de l’urbanisme commercial automobile (grandes surfaces et hypermarchés en périphéries autoroutières).

  2. Tassin

    On est sur antivoitures.free.fr ou sur antitramway.free.fr?

    Ça me fait penser aux anti-éoliens soit disant écolos.

  3. Jean-Marc Sérékianjms

    Urbanisme et totalitarisme ou Urbanisme et Écologie, voici la question.

    La dialectique est diabolique. Tout peut se transformer en son contraire.
    Les villes sont en modernisation permanente sous la direction de leur Léviathan technocratique. Elles se sont mise à instrumentaliser le tramway non pas pour en finir avec l’emprise de la voiture sur la ville mais bien au contraire pour en assurer la perpétuation. La voiture et tous ses dégât collatéraux et problème d’urbanisme qu’elle crée, fait vivre et valorise le Léviathan technocratique. C’est une chose dont il faut avoir conscience en permanence

    Dire que Carfree est un site « anti-voiture » c’est dramatiquement réducteur. La voiture n’est pas seulement un moyen du transport c’est d’abord un prise du pouvoir, sur la ville et le territoire, par le Léviathan technocratique (industries et appareil d’état). Le Léviathan technocratique crée, en même temps, de « toute pièce » sa propre clientèle, « sa basse de masse » politique : l’automobiliste. Voir Ivan Illich « Énergie et Équité » « La Convivialité », René Dumont « L’Utopie ou la Mort », Alfred Sauvy « Les quatre Roues de la Fortune » et aussi mon article sur le site « Quand la Voiture devient automobile ».
    La question fondamentale en matière d’urbanisme n’est pas : quel moyen de transport est optimal pour la ville ? Parce que la réponse est trop simple et n’embrasse pas la totalité du problème. Parce que l’on reste confiné dans le cadre technique toujours valorisant pour le Léviathan technocratique. Les problèmes et dégâts collatéraux inhérents à l’automobile peuvent être en partie « gérer » ou plus exactement atténué et dissimulé par le développement tramway dans les villes.
    La question fondamentale est urbanisme et écosystème, vu sous cet angle le développement expansif de la ville en bassin de chalandise et l’instrumentalisation du tramway dans ce choix politique là, du Léviathan technocratique, devient évident et doit être dénoncé !

    Pour résumer de manière très schématique.
    Oui au tramway contre la voiture, s’il se développe sur des axes routiers déjà existant et remplace les voitures.
    Non au tramway si, dans les mains du Léviathan technocratique, il est instrumentalisé pour de nouvelles dévastations d’espaces naturels encore préservés.
    Le cas de la ville de Tours est un modèle en ce domaine. Après avoir multiplié les périphériques autoroutiers pour asservir la ville à la circulation automobile et agrandir le bassin de chalandise, elle s’offre, sous le couvert « vert » du tramway, une nouvelle et vaste opération de dévastation de site naturel classé.
    Non ! Et encore non, même pour le tramway !

    Pour ce qui est de l’éolien voir,
    « L’Éolien industriel, un cheval de Troie dans le camp des écologistes », article et réponse de l’auteur aux critiques.
    decroissance.info – L’éolien industriel : un cheval de Troie dans le camp des écologistes

  4. alain

    J’abonde dans le sens de Jean-Marc.
    Le tramway de Tours préfigure des abattages d’arbres alors qu’il devrait prendre sur des voies automobiles. Mais telle n’est pas la volonté de la mairie.

    Les verts de Tours voient aussi dans le tramway l’avantage de possibles zones à urbaniser. comme si c’était un but pour le tramway. Dommage.

    Le tramway doit être vu différemment.

  5. Marcel RobertMarcel Robert

    Je confirme tes propos alain et j’ajouterais même qu’un tramway qui ne prend pas physiquement une partie de l’espace automobile est condamné à l’échec si l’objectif est un report modal de l’automobile vers les transports publics. Toutes les réalisations de tramways en France depuis plus de 20 ans le montrent: il faut à la fois créer de l’offre attractive de transport public (comme le tramway) et en même temps réduire les files de circulation automobile pour créer les synergies indispensables (développement du transport public, amélioration du cadre de vie, augmentation des surfaces piétonnes et vélo, diminution de la pollution, etc.). Un des meilleurs exemples que je connaisse en France est Nantes qui a beaucoup fait pour réduire l’espace automobile et développer le tram (même si tout n’est pas parfait bien sûr).

  6. Gilles ChomelLécoLomobiLe

    Avez-vous remarqué que la grande distribution sent le vent tourner? Manoeuvre de repli: elles réinvestit dans les magasins de ville: ben oui! sa bonne clientèle riche n’est plus en banlieue 😎 Il y a 30 ans, posséder une voiture était un signe de richesse. Posséder une voiture sera bientôt un signe extérieur de pauvreté 8-). On assiste à l’effondrement des 2 piliers de l’organisation sociale du XXème siècle: le salariat et l’automobile particulière.

    Inutile de vous dire que je ne regretterai ni l’un ni l’autre !

    Personnellement, j’ai pris un compte sur lautoentrepreneur.fr

  7. Gilles ChomelLécoLomobiLe

    Marcel: j’ai corrigé 2 coquilles:

    Avez-vous remarqué que la grande distribution sent le vent tourner? Manoeuvre de repli: elle réinvestit dans les magasins de ville: ben oui! sa bonne clientèle riche n’est plus en banlieue Il y a 30 ans, posséder une voiture était un signe de richesse. Posséder une voiture sera bientôt un signe extérieur de pauvreté. 😎 On assiste à l’effondrement des 2 piliers de l’organisation sociale du XXème siècle: le salariat et l’automobile particulière.

    Inutile de vous dire que je ne regretterai ni l’un ni l’autre !

    Personnellement, j’ai pris un compte sur lautoentrepreneur.fr

  8. Gilles ChomelLécoLomobiLe

    Décidément! (j’ai pas fait gaffe que le copier/coller ne copie pas les smiley).

    Avez-vous remarqué que la grande distribution sent le vent tourner? Manoeuvre de repli: elle réinvestit dans les magasins de ville: ben oui! sa bonne clientèle riche n’est plus en banlieue. 😎 Il y a 30 ans, posséder une voiture était un signe de richesse. Posséder une voiture sera bientôt un signe extérieur de pauvreté. 😎 On assiste à l’effondrement des 2 piliers de l’organisation sociale du XXème siècle: le salariat et l’automobile particulière.

    Inutile de vous dire que je ne regretterai ni l’un ni l’autre !

    Personnellement, j’ai pris un compte sur lautoentrepreneur.fr

  9. Jean-Marc Sérékianjms

    Oui on a remarqué ! Urbanisme et totalitarisme
    La ville de Tours en est l’exemple caricatural.
    Trois immenses supermarchés sont venus conquérir le centre ville dont en particulier le « géant bleu » IKEA. Plus d’un hectare de terre inondable a été transformée en une galerie marchande « L’Heure Tranquille »…
    En fait le Léviathan technocratique municipal est tout simplement en train de privatiser la ville et de la donner en gestion aux multinationales de la grande distribution. La ville est définitivement pensée comme un vaste bassin de chalandise, par les « élus du peuple ». Les habitants sont fonctionnalisé économiquement comme des « usagers de la ville » comme les automobilistes sont des « usager de la route » « vache à lait » traite à volonté sous l’autorité de son propre Léviathan industriel policier et sécuritaire.
    La Création de « l’usager de la ville » et l’organisation du « grand renfermement du troisième millénaire » doit faire l’objet de la cinquième partie de mon article « Un Jardin de la France en béton armé »
    Je traite justement de l’épuisement de « l’usager de la route » et de son remplacement progressif par « l’usager de la ville ».
    Les trois premières partie de ce long article sont en ligne en feuilleton sur « décroissance.info ». La quatrième est déjà envoyée.
    Tout est parti d’une question simple : « pourquoi l’état major municipal ordonne encore d’abattre des arbres remarquables en ville malgré la crise écologique connue de tous? »
    Bonne lecture

  10. Jean-Marc Sérékianjms

    Le Tramway ne dévastera pas le bois

    Le jeudi 25 juin, l’autocrate multicéphale de l’agglomération Tourangelle, maire et président de toutes les institutions locales de dévastation des paysages et du patrimoine, a estimé qu’il fallait renoncer au tracé du tramway dévastateur du bois de Grandmont. Il a demandé à ses subalternes d’entériner sa décision, au cours des questions diverses de la réunion du SITCAT (syndicat intercommunal des transports en commun de l’agglomération Tourangelle). Après la mobilisation d’un collectif contre la dévastation illégale du bois classé de Grandmont, après la mobilisation des associations naturalistes LPO Ligue protectrice des oiseaux et ASPAS (association de protection des animaux sauvage) menaçant de porter plainte (dépôt d’un référé de suspension), l’illégalité des travaux éclatait au grand jour sur la place publique et même jusque dans la presse asservie aux institutions politiques locales.
    L’autocrate multicéphale local a donc décidé d’arrêter le massacre. Les procédures de déclassement du bois étaient trop chronophages et l’image de marque des institutions politiques aurait été publiquement ternie ; Le coût financier de l’opération, par contre, n’était pas susceptible d’arrêter le rouleau dévastateur des écosystèmes sur l’agglomération.
    A cette occasion on apprenait que malgré les dévastations en série d’écosystèmes, les abattages d’allées d’arbres centenaires, la ville de Tours, tout comme les automobiles aujourd’hui, avait décroché un label « vert » européen pour sa politique des « espaces verts »; un comble qui assure la bonne conscience des autocrates politiques comme des constructeurs automobiles…
    Voir Nouvelle République du vendredi 26 juin 2009

  11. stoppeur

    Pour voir une ville en constante et profonde restructuration,venez voir la bel le ville de Lyon….Je vous la présenterai volontiers:il y a aussi matière à dé bat!Voilà bientôt 30 ans que cela a commencé,et c’est loin d’être fini!

  12. BEL

    Depuis le 8 juin 2009, il y a du nouveau. Il importe de revoir l’affirmation suivante:

    « Dans cette affaire personne n’a été violenté, personne n’a été emprisonné, les populations mobilisées contre le projet ont tout simplement été ignorées, leurs protestations comptées pour rien comme négligeables, inexistantes. Les naturalistes qui croyaient avoir leur mot à dire sur les espèces endémiques de la vallée de la Choisille, n’ont pas non plus été violentés, aucune personne n’a été emprisonnée, leur rapport n’a pas été censuré, simplement considéré comme partie constitutive du dossier, il a été intégré ou plutôt archivé dans le dossier… »

    Madame Roiron, Présidente du Conseil Général, et monsieur Dattin, pilote du périphérique, ont porté plainte contre Michel BEL et l’ont fait mettre en garde à vue parce que, ne pouvant plus supporter le bruit, au paroxysme de la douleur cérébrale, ce dernier a osé leur dire que s’ils ne voulaient rien faire pour réparer les dégâts et arrêter le bruit infernal dans la vallée de la Choisille il ne resterait plus qu’à « tirer » pour défendre les droits de l’homme comme cela s’était fait en 89. Chacun sait qu’il est plus facile de battre les esclaves et de les mettre en prison que de supprimer l’esclavage. C’est ce qu’a fait le Conseil Général au lieu de se remettre en cause.

    Je m’empresse de dire qu’il n’est personne de plus pacifique que Michel Bel, mais à force de battre les chiens, même les plus doux il arrive qu’ils aboient. De là à passer aux actes il y a un monde. Michel Bel n’a jamais eu l’intention de faire du mal à qui que ce soit. Dès la parution du décret d’utilité publique il avait dit, en prenant appui sur un regard rétrospectif porté sur l’histoire : « Ceux qui détruisent la nature aujourd’hui demain seront capables de tuer leurs semblables ». Il n’a pas fallu attendre « demain ». La poursuite des innocents et des victimes a déjà commencé. Le philosophe Platon avait été vendu comme esclave par le tyran Denys. Le philosophe Michel Bel a été envoyé en garde à vue, sous les verrous, derrière les grilles, sans lacets ni ceinture, par le Conseil Général d’Indre et Loire parce qu’il a eu l’audace pendant quatre ans de rappeler aux élus l’existence des lois sur la protection de l’environnement.

    Malgré cela la destruction de l’environnement dans la vallée de la Choisille continue. Ce n’est qu’un début. Il paraît, selon Monsieur Germain, maire de Tours, Président de la communauté d’agglomération « Tour(s) Plus », qui a eu le culot de le dire à Michel Bel lors d’une communication téléphonique concernant le prolongement du périphérique, qu’« il n’y a personne qui habite dans la vallée de la Choisille, donc personne ne peut être gêné ». Or trois mille personnes sur les flancs de la vallée sont victimes de l’impact de cette voie express intra urbaine passant en plein cœur des zones pavillonnaires ; voilà ce que monsieur Germain appelle « personne ».

    Michel Bel a eu le courage de s’élever contre la honte locale pour défendre l’environnement pour les enfants de demain au nom du développement durable. C’est donc lui « ce pelé, ce galeux, ce tondu » qui est responsable du mal dont souffre la Touraine, il faut s’empresser de l’enfermer. S’il y a encore une justice en France, une vraie justice, il serait peut-être temps qu’elle s’exprime. J’en appelle au « grand architecte de l’univers » et à tous les honnêtes citoyens qui ont encore au fond de leur cœur un peu de conscience humaine. Ne laissez pas les enfants de demain être victimes de vos actions et, plus grave encore, de votre inaction.

    Affaire à suivre…

  13. Jean-Marc SérékianJMS

    Merci pour cette information objective.
    Le but général de l’article est de témoigner sur la monstruosité des projets d’aménagement de l’agglomération Tourangelle. Il fait parti de la série « Un Jardin de la France en Béton armé ».
    Voir la série des 4 articles sur carfree : http://carfree.fr/index.php/author/serekian/

    Le groupe de phrases que vous relevez, ne cherche pas à donner une vérité objective, mais elle veutmontrer et faire comprendre l’immensité du pouvoir des autorités administratives et l’absence totale de démocratie locale. Le Léviathan technocratique est tellement puissant qu’il agit en toute liberté, au mépris de toutes les protestations de la population. Il n’y a plus de contre pouvoir, plus d’opposition, seulement un Parti de la Classe Politique Unifié, justement contre la population. L’agglomération Tourangelle est mise en chantier perpétuel sous l’autorité de la nouvelle troïka PCPU, PPP rénové et Multinationale du BTP.
    Telle est la situation politique désastreuse pour l’Indre et Loire…

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