Dictionnaire en ligne de l’automobile

Dictionnaire en ligne de l’automobile
Petit glossaire de l’altermobilité

Le dictionnaire critique de l’automobile est désormais accessible en ligne. Il s’agit à l’origine d’un ouvrage édité numériquement par CarFree France, qui constitue une référence pour l’ensemble du mouvement CarFree (sans voiture) ainsi que pour l’ensemble des personnes intéressées par les alternatives à l’usage de l’automobile individuelle. Le Dictionnaire critique de l’automobile a été réalisé par Gilles Chomel et Marcel Robert.

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a

alarme antivol: Sonnerie stridente et insupportable servant à pourrir la vie du voisinage. Exemple : « Les alarmes antivol sont insupportables et ne servent à rien, bien au contraire on risque davantage de se faire esquinter sa voiture par un voisin furieux que de se la faire voler ».(Helen Fielding, Extrait de Le journal de Bridget Jones)

aliénation : Alternative cornélienne de l’automobiliste qui doit utiliser sa voiture pour aller travailler et qui doit travailler pour payer sa voiture. (voir ici)

altermobilisme : Mouvement socio-environnemental composé d’acteurs très divers qui proposent pour l’essentiel de mettre en avant et promouvoir l’ensemble des modes de déplacement alternatifs à l’automobile et aux deux-roues motorisés. Le mouvement se rassemble autour du slogan « Une autre mobilité est possible« , mais oscille entre un réformisme (par exemple à travers la participation à la journée sans voiture) et un « imaginaire de la rupture ». Le terme « altermobilité » vient de l’association de alter (autre) et mobilité. Exemple: Le mouvement altermobiliste promeut l’altermobilité comme seule alternative crébible à l’échec du système automobilistique.


autocentrisme : Développement d’un pays fondé sur le système automobile, que ce soit au niveau économique (indusries automobile et pétrolière) ou au niveau urbanistique à travers la mise en place de l’autopia.


autocratie : Une autocratie est un régime politique où les automobilistes détiennent le pouvoir, alors qualifié de pouvoir de l’individualisme absolu. Étymologiquement, autocratie signifie « qui tire son pouvoir (cratie) de la voiture (auto) ». L’autocratie est donc un pouvoir qui n’a d’autre justification et légitimité que lui-même.


autodafé : Un autodafé consiste à brûler des voitures considérées comme païennes, blasphématoires ou immorales (mesure qu’aurait pratiquée saint Paul). L’autodafé a été remis au goût du jour lors des émeutes de banlieue en France en novembre 2005
.


autodébile : (voir Automodébile)


autogène : Concept inventé par Ivan Illich, l’auteur de « 
Energie et équité » en 1973, pour caractériser les modes de locomotion qui se fondent sur l’énergie métabolique de l’homme (marche, bicyclette, roller, etc.), à la différence du transport mécanique (motorisé) des gens. Par extension, on parle de transit autogène ou de mobilité autogène.


autoholique : Traduction française de autoholic, personne « droguée de la voiture » qui veut se désintoxiquer en suivant le programme « 12 points en 12 mois » des « Autoholics Anonymous » (voir
ici)


automatique : Réflexe conditionné de type pavlovien consistant à prendre son automobile pour aller chercher du pain à moins de 500 mètres de chez soi.

automobilique : Personne dépendante de l’automobile, au même titre qu’un alcoolique est dépendant de l’alcool. Les Automobiliques Anonymes (AA) se sont organisés en association Loi 1901 (voir ici). Ils sont les pendants français des autoholics anglo-saxons (voir aussi Autoholiques)


automobilisation : Collectif parodique d’automobilistes qui réclame plus de surface au sol pour les voitures, en particulier en prônant un élargissement des rues, afin de ridiculiser les tenants du tout-automobile. (voir
ici leurs arguments)


automobilisme : L’automobilisme est un concept inventé par André Gorz en 1973, dans le cadre de son ouvrage
« L’idéologie sociale de la bagnole ». 1. L’automobilisme de masse matérialise le triomphe absolu de l’idéologie bourgeoise au niveau de la pratique quotidienne : il fonde et entretient en chacun la croyance illusoire que chaque individu peut prévaloir et s’avantager aux dépens de tous. L’égoïsme agressif et cruel du conducteur qui, à chaque minute, assassine symboliquement « les autres », qu’il ne perçoit plus que comme des gênes matérielles et des obstacles à sa propre vitesse, cet égoïsme agressif et compétitif est l’avènement, grâce à l’automobilisme quotidien, d’un comportement universellement bourgeois. 2. L’automobilisme est une nuisance et, tout comme le tabagisme, il peut être actif ou passif. (voir ici)


automodébile : 1. Contraction d’automobiliste et de débile (voir
ici). 2. (L’automodébile), chanson de Richard Gotainer.


automouton : Contraction d’automobiliste et de mouton. L’automobiliste-mouton, appelé aussi parfois « l’automouton », est grégaire, ce qui est propre à « une espèce animale qui vit en groupe ou en communauté sans être social » (voir
ici)


auto-organisation : L’auto-organisation est un phénomène de mise en ordre croissant, et allant en sens inverse de l’augmentation de l’entropie; au prix bien entendu d’une dissipation d’énergie qui servira à maintenir cette structure, jusqu’à ce que l’énergie soit entièrement épuisée.


autopartage : 1. Système dans lequel une société, une agence publique, une coopérative, une association ou même un individu met à la disposition des membres du service d’autopartage une flotte de véhicules (en anglais,
carsharing). 2. Concept très négatif pour les ventes d’automobiles parce qu’une voiture autopartagée remplace de 4 à 6 voitures particulières.


autophobie : 1. Terme emprunté au lexique psychiatrique, à l’origine, sans rapport avec l’automobile, repris par les alter-automobilistes pour caractériser la psychose du cycliste et du piéton fondée sur les innombrables nuisances de l’automobile (pollution, effet de serre, bruit, accidentologie, insécurité, etc.). Le terme alter-automobiliste doit être préféré à autophobe. 2. Le mot « autophobe » a été repris récemment par Jean-Marie Lepen pour désigner les antivoitures au sens large. Dans l’esprit de Le Pen ou de Christian Gérondeau (président de la Fédération française des automobile-clubs), l’autophobie caractérise la malveillance, à leurs yeux hypocrite, des pouvoirs publics à l’encontre des automobilistes (radars automatiques, taxes sur l’essence, mesquineries, raréfactions des places de stationnement, préférences aux TC et aux tramways…).


autopia : 1. Forme d’organisation de l’espace pensée pour l’automobile et caractérisée par une déconnection croissante entre activités (habiter, travailler, se détendre). L’autopia matérialise le concept de dépendance automobile, au travers des lotissements périurbains assimilables à des villes-dortoirs, les zones d’activités et d’emploi concentrées, les zones commerciales connectées aux échangeurs autoroutiers, etc. D’une ville pensée pour l’automobile, on passe à une ville interdite à l’altermobilité.
(voir ici) 2. Attraction mise en place dans les parcs Disney, et en particulier à Disneyand Paris. Selon la définition exacte de l’attraction, « Autopia est un endroit où la ville, la nature et les autoroutes vivent en parfaite harmonie« .

autoplexie : L’autoplexie ou attaque d’autoplexie est un terme anciennement employé. C’est un déficit urbanistique soudain d’origine circulatoire (problème de la circulation des voitures en ville) avec arrêt partiel ou complet des fonctions urbaines, ou une attaque provoquant la perte de conscience ou la mort soudaine de la ville (autoplexie foudroyante).(voir aussi Congestion)


autopoïèse : Le terme « autopoïèse » définit la propriété d’un système à se produire lui-même (et à se maintenir, à se définir lui-même). Le terme fait référence à la dynamique des structures en équilibre instable, c’est-à-dire des états organisés (appelés structures dissipatives) qui restent stables pour de longues périodes en dépit de la matière et de l’énergie qui passent à travers.

autopréhension : Mauvaise représentation mentale de l’espace géographique et environnemental lorsqu’on l’aborde en voiture car on court-circuite le relais cérébral de l’hippocampe en limitant la vision périphérique et le champ sonore de l’espace exo-centré.


autoritarisme : Système politique prônant l’écrasement par l’automobile de tous les autres modes de déplacement.


autoroute : Infrastructure routière de la généralisation de l’automobile individuelle. Les premières autoroutes ont été mises en place par des dictatures. 1. La première véritable autoroute est réalisée en 1924 sous le régime fasciste; il s’agit d’une autostrade (en italien, autostrada) qui relie Milan à Varèse en Italie, soit 85 kilomètres. 2. Mais c’est dans l’Allemagne nazie que les autoroutes prennent réellement leur essor (en allemand, German Reichsautobahn ou Autobahn). En effet, quelques jours après la prise du pouvoir par les nazis en 1933, Adolf Hitler adopta avec enthousiasme un projet de construction d’autoroutes et nomma Fritz Todt comme inspecteur général. Rapidement, plus de 100.000 personnes ont été mobilisées partout en Allemagne dans l’Organisation Todt. A la fin de la seconde guerre mondiale, le régime nazi aura ainsi construit environ 5.000 km d’autoroutes. Les dictatures avaient construit les infrastructures préparant la généralisation de l’automobile individuelle développée ensuite par les démocraties. La dictature automobile était en place. Exemple : «
Ces moteurs qui ont fait de l’homme un crétin à roulettes et de la planète un garage criblé d’autoroutes ! » (Jacques Sternberg, Extrait de Vivre en survivant)


auto-sapiens : Néologisme mêlant automobile et homo-sapiens. L’homme moderne, l’auto sapiens, a vu le jour il y a un peu plus d’un siècle. Pour évoluer, il a dû inventer plusieurs outils dont un, qui retiendra particulièrement notre attention, l’automobile. (voir
ici la définition complète)


autosatisfaction : Capacité de l’automobiliste à ne pas remettre en question son mode de fonctionnement. Exemple : Je suis content de ma bagnole, peut-on appeler ça de l’autosatisfaction ? (Philippe Geluck)


autosolisme : Action de se déplacer seul au volant d’une voiture, et d’encombrer, ainsi, l’espace collectif, de polluer, de faire du bruit, de stresser pour le profit d’une personne unique: le chauffeur ! Le taux d’occupation moyen des voitures en agglomération ne dépasse pas 1,2 personne par voiture. (voir
ici)


autosophie : Philosophie de l’existence orientée vers soi-même. Le credo de cette philosophie est le « autoto ergo sum » (je voiture donc je suis). L’autosophie s’est rapidement répandue en occident et le mot est désormais rentré dans le langage courant pour désigner une personne distraite qui ne prête pas attention à ce qui l’entoure. Exemple: Il devrait arrêter d’autosopher au volant ou il aura un accident.

autostatisme : Théorie de la congestion. (voir aussi Congestion)

autotrophie : Asphyxie complète de la colonne d’air en milieu urbain par surabondance de véhicules motorisés.


autotruche : Acronyme d’automobiliste et autruche. L’autotruche est arrivé sur terre, il en a fait le tour, l’a conquise puis a créé la voiture et n’en est plus sorti. Ensemble, ils ont détraqué le climat, pollué l’atmosphère, détruit la nature, bétonné la ville, réduit les rapports humains au code de la route. Face à ce constat, l’autotruche reste dans sa voiture et fait comme si de rien n’était. Exemple : Arrêtes de faire l’autotruche!

b


bagnolard : Adepte impénitent de la bagnole. Exemple: Chirac a toujours été et reste un éternel bagnolard.


bagnole : Objet composé d’une certaine masse de métal et de plastique, la bagnole n’a pas d’âme, pas d’émotions, pas d’amour. Il y a plus en France de bagnoles que d’animaux domestiques. Abandonnerait-on sa voiture? Non. Un chat, un chien? Oui. Beaucoup de gens ont un attachement à leur bagnole très fort qu’ils n’ont pour aucun autre objet de leur environnement. La bagnole est tellement devenue le réel que sa critique sera perçue comme une tentative « extrémiste », « non-réaliste », relevant même d’une maladie mentale, l' »autophobie« , pour nier l’ordre absolu et nécessaire des choses et des gens. Comment être contre la bagnole? de nombreuses personnes s’étonnent avec dans la voix un accent de détresse (pour nous ou pour eux ?) et un accent de révolte. Nous dirions: « nous sommes contre le ciel bleu » que la réaction ne serait pas plus forte. C’est pour toutes ces raisons qu’il est nécessaire de critiquer la bagnole. (voir
ici)


bagnolisme : Dépendance grave de nos concitoyens à la bagnole. Exemple : Il serait bien plus intelligent de rendre impossible la vie du bagnoliste et de lui faire prendre conscience que sans sa drogue il serait bien plus heureux.


bagnolo-pétrolier : Adjectif caractérisant le lobby « tout-automobile » au sens large. Le complexe industriel bagnolo-pétrolier comprend les constructeurs automobiles, les multinationales du pétrole, les sous-traitants, etc. Exemple: Selon les chiffres du lobby bagnolo-pétrolier français, le Comité des Constructeurs Français d’Automobiles (CCFA), le marché automobile en France connaît pour la première fois de son histoire une véritable bérézina. (voir
ici)

biocarburant : 1. Carburant automobile composé principalement de pétrole mais intégrant une part variable de matière première végétale, ce qui permet de le qualifier abusivement de « bio » ou de tout autre titre masquant son caractère profondément destructeur: biocombustibles, agrocarburants, carburants verts, carburant végétal, biodiesel, etc. 2. Escroquerie consistant à faire croire à l’automobiliste de base qu’il pourra continuer à acheter des voitures et conduire quand bien même il n’y aura plus de pétrole, tout en réduisant son impact sur l’environnement, et en particulier en diminuant ses émissions de CO2 et donc la part de l’automobile dans le réchauffement climatique. 3. Carburant dont le développement est à l’origine d’un véritable écocide, avec la déforestation en particulier en milieu tropical, l’augmentation du cours des matières premières agricoles provoquant famines et appauvrissement des populations, l’érosion accélérée et la pollution des sols par infiltration de pesticides et d’engrais, ainsi qu’une atteinte incalculable à la biodiversité. (voir ici) (voir aussi Nécrocarburants)

biodiversité : La biodiversité désigne la diversité du monde vivant, mise à mal par la généralisation de l’automobile à l’échelle planétaire. Les autoroutes apparaissent comme de véritables coupures dans les écosystèmes et participent ainsi à la diminution de la biodiversité. Les routes dans les territoires vierges contribuent également à la perte de la biodiversité en permettant aux chasseurs d’éradiquer des espèces. Ce phénomène est hélas bien connu en Afrique et de manière générale dans les zones tropicales.


bridage : La notion de bridage des vitesses est un peu l’Arlésienne de l’industrie automobile. Tout le monde s’accorde à penser qu’il est inutile de produire et de vendre des voitures qui dépassent les limitations de vitesse du réseau sur lequel elles circulent mais personne n’ose prendre des mesures limitant la puissance des voitures à la source: dès leur sortie d’usine. Par ailleurs, le terme bridage peut également se rapporter aux expériences de limitation des vitesses en temps réel par géolocalisation comme LAVIA ou le concept d' »intelligent spead adaptator« .


bus-cyclistes : Un « bus cyclistes » est un convoi de cyclistes guidé par un « leader », circulant sur un itinéraire comprenant des « stations » avec des horaires de passage. Le leader étant le garant du respect des horaires, chacun peut rejoindre le bus à la station convenant le mieux au déplacement envisagé. (voir
ici)

c


carbusters : Littéralement, les « Les pèteurs de bagnoles », revue internationale en anglais, fondée par Randall Ghent, et publiée quatre fois par an par le World Carfree Network (Réseau mondial sans voitures). La revue est réalisée par un collectif d’activistes basé à Prague (République Tchèque) et propose une critique de la société de l’automobile ainsi que des alternatives positives à l’automobile. (voir
ici) (voir aussi World Carfree Network)

carfree : Mouvement international qui promeut des alternatives à la dépendance à la voiture et à la planification urbaine basée sur l’automobile, au niveau international, et travaille à réduire l’impact humain sur l’environnement naturel, tout en cherchant l’amélioration de la qualité de vie pour tous. L’expression CarFree peut se traduire en français par l’expression « se libérer de l’automobile » ou, de manière plus abrupte, par l’expression « sans voiture« . Les objectifs du mouvement CarFree sont de créer des villes sans voitures et de promouvoir des exemples existants de quartiers volontaristes sans voitures, comme le GWL-Terrein à Amsterdam (Hollande) ou la Caserne Vauban à Fribourg (Allemagne). Ces exemples prouvent que des quartiers sans voitures de plusieurs milliers d’habitants sont possibles à mettre en oeuvre. (voir ici)

cartbike : Croisement entre le vélo et le caddie permettant de faire ses courses au supermarché. (voir ici)

cercle vicieux (de l’automobile) : L’approche des technocrates, en matière de transports, s’inscrit dans la culture du « prévoir et pourvoir », qui aboutit inévitablement à davantage de congestion. 1. On réalise une étude sur le trafic, les prévisions étant faites à partir des tendances et des habitudes des déplacements passés (elles-mêmes reposant sur la logique du « prévoir et « pourvoir »). 2. Ces prévisions montrent que, dans les 20 ans à venir, le réseau routier sera saturé. 3. On augmente la capacité routière en fonction des prévisions. Ces routes, par leur conception même sont capables de pourvoir au développement du trafic dans les 20 années à venir. 4. Les projets d’expansion du réseau routier incitent les villes à s’étendre puisque la réduction du temps de transport permet de se loger en banlieue à des prix plus abordables. 5. Le temps de déplacement en voiture se réduisant, la fréquentation des transports en commun baisse. Le développement tentaculaire de l’habitat ne permet plus d’avoir des transports en commun efficaces ou économiques. Au fur et à mesure que l’on a moins recours à eux, ces services se détériorent, d’où une plus grande utilisation des voitures particulières. 6. L’augmentation du trafic entraîne une congestion du système dans les deux ans qui suivent la fin de sa réalisation. Les experts tiennent des conférences et écrivent des articles dans des revues professionnelles pour se féliciter d’avoir su prévoir la nécessité d’accroître le réseau routier. 7. Les routes étant plus utilisées que prévu, une nouvelle étude s’impose. Bien évidemment, celle-ci parvient à la conclusion qu’avant 20 ans le réseau sera désespérément inadapté aux besoins de la population. D’où le besoin de nouveaux programmes d’extension. 8. Retour au n°1 (voir ci-dessus). La boucle est bouclée.

champignon : Pédale toxique pour le corps et l’esprit. Exemple : « Le champignon le plus vénéneux, c’est celui qu’on trouve dans les voitures ». (Coluche)


climaticide : Dérèglement organisé et planifié du climat mondial du fait des émissions croissantes de Gaz à Effet de Serre (GES) dans l’atmosphère alors même que la responsabilité humaine du réchauffement climatique est désormais avérée à la suite de la publication des rapports du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’
évolution du climat) en 1990, 1995, 2001 et 2007.

climatisation : Parfois appelée aussi « Clim », la climatisation automobile, dont le but est de refroidir l’échauffement individuel de l’automobiliste, provoque paradoxalement un réchauffement collectif qu’individuellement tout le monde dénonce. Selon l’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), le fonctionnement du climatiseur entraîne une surconsommation de carburant de 25 à 35% en ville et de 10 à 20% en dehors des villes. S’ajoutent les rejets en fluides frigorigènes des circuits de refroidissement, à très fort potentiel de réchauffement de l’atmosphère. Dus aux fuites, à l’entretien et à la maintenance ainsi qu’à la non-récupération du fluide en fin de vie du véhicule, ils entraînent une surémission d’équivalent CO2 de 10 à 25 g/km. Au total, pour un véhicule de gamme moyenne émettant 176 g de CO2 au kilomètre, l’impact énergétique de la climatisation peut atteindre 30 g/km. (voir ici)

conducteur : De Con et Ducteur. Lorsqu’un conducteur n’est soumis à aucun champ électrique ou, plus généralement, dans la situation décrite par la théorie de l’autostatique, les porteurs de charge sont animés d’un mouvement aléatoire, ce qui fait qu’on n’observe aucune circulation, on dit que le conducteur est en équilibre autostatique. Exemple : « Les conducteurs: 75 chevaux dans le moteur, 1 âne au volant. » (Roland Magdane, Extrait du sketch Le Merdier)

congestion : Parfois appelée aussi Autostatisme, la congestion consiste dans une augmentation subite de la quantité de voitures contenue dans les rues d’une ville. Elle s’accompagne d’une dilatation des réseaux urbains, surtout artériels. La congestion urbaine peut être mortelle en entraînant une hémorragie externe de gaz d’échappement, l’obstruction d’une artère (infarctus urbain). La mort par congestion était souvent désignée par le terme Autoplexie, c’était le sort prévisible de ceux qu’on appelait les « morts-vivants », automobilistes excessifs ou amateurs de bagnoles. (voir aussi Autoplexie)

coupure : L’effet de coupure est la propension du système automobile, dont le but est pourtant de relier les hommes, à gêner ou empêcher en fait les déplacements de proximité à pied ou à vélo. L’exemple le plus connu est celui des autoroutes, impraticables et non traversables, que ce soit à pied ou à vélo. Mais, toute route ou même rue en milieu urbain génère des effets de coupure qui se traduisent par des incapacités de rejoindre un point donné ou des détours invraisemblables pour rejoindre un endroit pourtant très proche à vol d’oiseau.(voir aussi Dissuasion).


covoiturage : Le covoiturage est un mode de déplacement où plusieurs personnes utilisent une seule voiture pour faire le même trajet ou presque, en général afin de faire baisser le coût du déplacement. Le problème de ce mode de déplacement tient dans le fait que les gens qui covoiturent sont en général des personnes qui possèdent une voiture, voiture qui reste donc immobilisée et devient par conséquent parfaitement inutile.

critical mass : Voir Masse critique.

cul-de-sac : Impasse de la voiture en milieu urbain. (voir ici)

cyclane : Projet d’éco-village sans voitures (voir ici)

cyclofrustration : Frustration accumulée par tout cycliste urbain due au manque d’espace cyclable qui lui est alloué ; au danger auquel il fait face quotidiennement. (voir ici)


cyclo-écologisme : Mouvement de pensée contre les abus de la circulation automobile et pour un nouvel urbanisme. (voir
ici)

cyclo-nudisme : Mouvement international consistant à organiser régulièrement des manifestations de cyclistes nus sur leur vélo afin de symboliser la fragilité des cyclistes devant le trafic automobile. (voir ici)

d


décarbonisation : Transformation d’une ville ou plus généralement d’une société, d’un pays, afin des les rendre compatibles avec la disparition attendue des hydrocarbures (gaz, pétrole). (voir
ici)

dégonflisme : Action de dégonfler les pneus des 4×4 en milieu urbain. Par extension, mouvement de pensée et d’action dont le propos consiste à interpeller le grand public, en utilisant les médias au travers d’opérations consistant à dégonfler les 4×4, véhicules énergivores et complètement inadaptés au milieu urbain. Exemple : Le dégonflisme politique est un nouveau mouvement (voir ici)

die-in : Manifestation pacifique de piétons et/ou de cyclistes qui s’allongent par terre tous ensemble sur la voie publique afin d’illustrer la conséquence la plus tragique de l’automobile, la mort. L’expression « Die-In » dérive de l’anglais « Sit-In » (Manifestation pacifique constituée de personnes assises par terre sur la voie publique). Le Die-In est un évènement symbolique (au même titre qu’un Sit-In ou un Bed-In) à caractère théâtral. Un Die-In demande à ses participants de simuler la mort à l’intersection de deux rues pour représenter la conséquence la plus fâcheuse de l’automobilisation. (voir ici)

discrimination : L’automobile favorise les gens en bonne condition physique et mentale par rapport aux malades, handicapés, trop vieux ou trop jeunes, alors que cela devrait être l’inverse: les motorisés devraient être au service des faibles et les valides en bonne santé devraient aller à pied ou à vélo.

dissuasion : Propension du système automobile à dissuader les autres usagers de l’espace public, en particulier les piétons et les cyclistes, à pratiquer certains axes de la ville, pour des raisons de sécurité, de pollution ou de bruit. (voir aussi Coupure).

drogue : L’automobile est une drogue à l’échelle individuelle et collective. Comme les drogues, l’automobile modifie notre esprit, notre volonté, notre jugement. Elle est la cause de tous les trafics. 1. A l’échelle individuelle, la dépendance par rapport à la bagnole est tout d’abord psychologique (conditionnement depuis l’enfance), mais elle est aussi physique (manque d’exercice, obésité, fainéantise, etc.). 2. D’un point de vue collectif, la société est également toxicomane de la voiture (organisation spatiale qui ne permet plus d’envisager d’alternatives à l’automobile). Exemple : « La bagnole, la télé, le tiercé C’est l’opium du peuple de France Lui supprimer, c’est le tuer C’est une drogue à accoutumance. » (Renaud, Paroles de la chanson Hexagone). (voir ici)

e

écomobiliser : Développer l’espace publique et communautaire à l’échelle de l’être humain plutôt qu’en fonction de l’automobile, en priorisant les transport actifs. (voir ici)

écomobiliste : 1. Citoyen se déplaçant de façon saine et écologique. 2. Citoyen conscient des enjeux environnementaux et se mobilisant en ce sens. (voir ici)

écomobilité : L’écomobilité est l’étude puis la mise en place, en milieu urbain, des modes de transports les moins polluants, dans l’ordre : la marche à pied, les vélos, les vélomobiles au quotidien (ces deux derniers formant le cyclisme urbain), les transports en commun (bus, tramway, train, métro) puis le covoiturage. (voir ici)

écotaxe : Taxe pigouvienne, du nom de l’économiste libéral Arthur Cecil Pigou, qui proposa d’internaliser les déséconomies externes, c’est-à-dire les dommages engendrés par l’activité d’un agent qui en rejette le coût sur la société. L’écotaxe concerne spécifiquement les dommages environnementaux de l’automobile.

écoville : Ville durable cherchant à diminuer son empreinte écologique tout en compensant ses impacts sur l’environnement. Les écovilles ont parfois également un objectif d’autarcie énergétique voire alimentaire. A plus petite échelle on parle d’écovillages ou d’écoquartiers. (voir ici)

embouteillage : Action d’empiler les voitures les unes après les autres sur un plan horizontal.

empaquetage : Pratique militante consistant à recouvrir de tissu les voitures stationnées sans scrupule sur les pistes cyclables. On parle aussi parfois d’emballage de voitures. (voir ici)

énergivore : Qui utilise beaucoup d’énergie. Exemple : L’automobile est le mode de déplacement individuel le plus énergivore.

équilibre de Randy : Théorie définie par Randall Ghent (Randy), fondateur de la revue Carbusters (« Les pèteurs de bagnoles »), selon laquelle des propositions de réduction de la place de la voiture peuvent trouver un écho favorable auprès de l’opinion publique si elles sont d’autant plus radicales que l’industrie automobile est conservatrice. (voir ici)

essence : Liquide puant et salissant servant à mettre dans les réservoirs des voitures et à trouver des raisons de faire la guerre. Exemple : Remarquez, si on fait l’amour, c’est pour satisfaire les sens. Et c’est pour l’essence qu’on fait la guerre ! (Raymond Devos)

étalement urbain : Phénomène de développement des surfaces urbanisées en périphérie des grandes villes, provoqué par la généralisation de l’automobile. Cet étalement se fait avec une densité du bâti d’autant plus faible que l’on s’éloigne du cœur des villes, ce qui rend les transports collectifs inefficaces et accroît la dépendance à l’automobile. (voir aussi Lotissements périurbains et Mitage) (voir ici).

f


fête : Projet consistant à participer à des manifestations spontanées ne reposant sur aucune organisation politique ou associative afin de fêter le passage du cours du baril de pétrole à 100 dollars. (voir
ici)

feux : 1. Lampadaire urbain éclairant très faiblement la chaussée. 2. Lumière essentiellement rouge (on parle de « feu rouge » destinée à exciter l’automobiliste en milieu urbain. Exemple : « Quoi de plus affligeant que l’émoi génital des conducteurs démarrant au feu. » (Yann Queffélec)

filtre à particules : Dispositif se présentant sous la forme d’un tuyau en métal permettant de réinjecter les émanations toxiques d’une voiture, censées être rejetées à l’extérieur par le pot d’échappement, directement dans l’habitacle de la voiture. (voir ici)

formule 1 : 1. Activité consistant à faire tourner en rond et à grande vitesse pendant deux heures des automobiles dans un bruit effrayant. 2. Record de pollutions inutiles et de gaspillage. (voir ici)

frustration : État mental fondamentalement insatisfait de l’automobiliste, caractérisé par un déséquilibre entre un désir ou une attente et sa réalisation du fait qu’il n’est pas (encore) réalisé. Exemple : « La voiture est la grande soupape de sûreté des frustrations sociales de notre époque ». (Georges Mendel, Extrait de Quand plus rien ne va de soi)

g


garage : 1. Action de garer une voiture. Exemple : Garages-toi là ! 2. Repaire de voleurs.

gaspillage : L’automobile caractérise mieux que n’importe quel objet la société de gaspillage. La construction d’une seule voiture requiert 300000 litres d’eau et la seule consommation d’eau pour le lavage des voitures par les « portiques à rouleaux » monte entre 200 et 300 litres par lavage.

giratoire : 1. Type de carrefour conçu pour l’automobile et qui impose des détours importants aux piétons et des accidents nombreux aux vélos. 2. Mode d’uniformisation des paysages du fait de la généralisation des carrefours giratoires. 3. Caractéristique fondamentale de l’automobile qui tourne en rond. Exemple : «Si l’expression « tourner en rond » avait un sens, il serait giratoire ». (Vincent Guérin)

guerre chaude : Après avoir connu une période de « guerre froide » entre 1945 et 1990 basée sur le spectre de la destruction de la planète par l’atome, nous sommes désormais entrés dans une période de « guerre chaude » caractérisée par la menace de la destruction de la planète par l’automobile. Cette guerre chaude se fonde sur un développement massif de l’usage de l’automobile à l’échelle planétaire, sur un réchauffement climatique mondial désormais avéré, sur des tensions de plus en plus fortes sur les cours des matières premières (dont le pétrole), sur un pillage massif et un épuisement attendu des ressources naturelles, sur des guerres de conquête et de contrôle des réserves pétrolières. (voir ici)

h


hommauto : Néologisme mêlant homme et automobile. Titre de l’ouvrage « L’Hommauto » de Bernard Charbonneau de 1967 (voir
ici)

hubbert (Pic de ) : Théorie célèbre connue sous le nom de « Pic de Hubbert », d’après le nom du géophysicien Marion King Hubbert qui devint célèbre pour avoir prédit dès 1956 que la production de pétrole américaine passerait par un maximum en 1970, ce qui fut vérifié en 1971. Comme toutes les ressources finies, la production de pétrole a commencé et finira à zéro. Entre ces deux extrêmes, la production passe nécessairement par un maximum. On appelle ce maximum le « Pic de Hubbert ». Il se produit approximativement quand la moitié du pétrole disponible a été extraite. Le Pic de Hubbert peut se calculer pour un champ de pétrole, pour un pays ou même à l’échelle de la planète. Selon l’ASPO (Association pour l’étude des pics de production de pétrole et de gaz naturel), la date la plus probable du Pic de Hubbert à l’échelle mondiale est 2008. Pour certains, cette date est même déjà passée depuis un certain temps et la production de pétrole a déjà entamée son déclin (voir Piquisme).

hummer : Engin monstrueux, pour l’instant surtout présent en Amérique du Nord, mais déjà en vente en France. Dans la catégorie SUV (Sports Utility Vehicle), il s’agit à l’origine de véhicules militaires américains, ayant fait leurs preuves pendant la guerre du Golf en Iraq, qui ont été « adaptés » à la vie civile. On se demande de quelle adaptation il s’agit puisque ce sont en fait de véritables tanks, à côté desquels les 4×4 traditionnels passent pour de vulgaires Clios. Approchant, voire dépassant les 3 tonnes pour certains, leur consommation d’essence moyenne est d’environ 20 à 25 litres pour100 km. Pour la petite histoire, c’est Arnold Schwarzenegger, maintenant gouverneur de Californie, qui persuada le constructeur américain des Hummers militaires d’en décliner une version civile, pour lui en premier bien sûr. (voir ici) (voir aussi Tank urbain)

hypermobilité : Concept inventé par le géographe anglais John Adams afin d’expliquer comment la voiture participe à l’éclatement de la ville. La dissociation dans l’espace des diverses fonctions sociales et économiques induit la dépendance à l’automobile. Il s’agit d’un mécanisme autorenforçant : plus nous sommes mobiles, plus la ville se distant et plus nous avons besoin d’être mobiles. Ensuite, la dépendance devient aiguë lorsque les automobilistes ne pensent plus leurs déplacements qu’en fonction de leur automobile. Étant un espace privatif, elle renforce la demande de ségrégation et donc la ségrégation dans l’espace. De fait, l’hypermobilité induit des conséquences sociales très fortes : d’après Adams, les premières victimes sont les enfants, les secondes les pauvres et les immobiles qui se trouvent enclavés par les routes. (voir ici)

i


idéologie : « L’idéologie sociale de la bagnole » est le texte fondateur d’André Gorz, publié dans la revue Le Sauvage en septembre-octobre 1973. (voir
ici) (voir aussi Automobilisme)

illichville : Utopie urbaine sans voitures. Le projet d’Illichville, du nom d’Ivan Illich, l’auteur d' »Energie et équité« , se conçoit résolument en opposition avec la « ville-automobile » américaine dont le modèle tentaculaire est Los Angeles. Il s’agit en outre d’un projet urbain à forte connotation écologiste. (voir ici)

insulte : Mode d’expression privilégié par l’automobiliste, en particulier lors d’un embouteillage. Exemple : « Vas donc eh connard ! ».

interdit : L’automobile est synonyme d’interdit : sens interdit, interdiction de stationner, interdiction de passer, de circuler, autoroutes interdites aux vélos et aux piétons, etc. Le vélo ne connaît pas les sens interdits, il va au plus court, et attache même son vélo aux panneaux de stationnement interdit. (voir ici)

intérieur de voiture neuve : Odeur caractéristique, ayant fait l’objet de recherches dans les laboratoires des constructeurs automobiles, afin de pousser le consommateur à l’achat d’une voiture neuve. Exemple : « Pour attirer les hommes, je porte un parfum qui s’appelle « Intérieur de voiture neuve » ! » (Rita Rudner)

j


jacky : Néologique désignant un individu qui personnalise à outrance et de manière ostentatoire son véhicule automobile, et/ou qui en use de manière dangereuse pour les autres usagers de la route. Exemple :
Regarde ce Jacky avec ses 8 paires de phares ! (voir aussi Tuning)

journée mondiale sans voitures : Tentative de déculpabilisation de la société automobilistique à l’échelle internationale en organisant, dans certaines villes, une journée plus ou moins bien suivie où l’automobile resterait au garage ou sur une place de stationnement. En France, la journée sans voitures a été quasiment abandonnée.

k


klaxon : 1. Objet qui
ne sert pas à grand chose, souvent utilisé à tort et à travers, et les seules fois où leur utilité est justifiée (manifester sa présence pour que quelqu’un se pousse), le Klaxon pourrait en fait être remplacé par un peu de patience. 2. Moyen d’expression de l’automobiliste qui veut hurler son impuissance. 3. Agression gratuite du piéton et du cycliste, car se faire klaxonner quand on est piéton ou cycliste revient à se faire hurler à 20 cm des oreilles. Exemple : « La plupart des automobiles du monde marchent à l’essence. Les autos françaises marchent au klaxon. Surtout quand elles sont arrêtées ». (Pierre Daninos)

kyoto : Protocole international signé à Kyoto (Japon), connu sous le nom de « Protocole de Kyoto », dont le but est de limiter le réchauffement climatique à l’échelle planétaire mais dont l’impact réel sur le climat peut être qualifié de nul. 1. Le Protocole de Kyoto propose un calendrier de réduction des émissions des 6 gaz à effet de serre qui sont considérés comme la cause principale du réchauffement climatique des cinquante dernières années. Il comporte des engagements absolus de réduction des émissions pour 38 pays industrialisés, avec une réduction globale de 5,2 % des émissions de dioxyde de carbone d’ici 2012 par rapport aux émissions de 1990. 2. Dans les faits, le protocole de Kyoto ne changera rien. Son impact sera négligeable sur un strict plan scientifique. Avec la participation des États-Unis, le coup de chaud aurait été atténué de 0,06°C. Or, ni les États-Unis, ni les pays du Sud en pleine croissance économique n’ont signé le protocole. 3. Argument publicitaire de vente pour certains 4×4 dont le slogan est « conçu au pays du protocole de Kyoto ». (voir ici)

l

livre Noir : Le Livre Noir de l’automobile (Exploration du rapport malsain de l’homme contemporain à l’automobile) est un ouvrage de Richard Bergeron publié en 1999. (voir ici)


lobby : 1. Enclos dans un champ où sont rassemblés les animaux avant d’être envoyés à l’abattoir (Dictionnaire anglais Webster). 2. Groupe de pression constitué d’individus ou de structures aux objectifs parfois divergents, mais dont l’alliance objective permet de servir un intérêt commun, si nécessaire en mentant délibérément au grand public. Exemple : Le lobby auto ment, le lobby auto pollue massivement !
3. Le lobby automobile constitue une partie du complexe bagnolo-pétrolier. (voir aussi Bagnolo-pétrolier).

loisirs motorisés : L’automobile est non seulement une nuisance pour des raisons utilitaires (travailler, se nourrir, se soigner, etc.), mais c’est également un loisir de polluer la planète et de tuer des gens. Parmi les loisirs motorisés, on peut citer les grands prix de Formule 1 et le Rallye Paris-Dakar, réservés à une auto-élite d’inconscients écologiques. Mais, le véritable problème des loisirs motorisés tient dans leur généralisation en tant que mode collectif de destruction de la nature. Que ce soit en 4×4, en Quad ou autres buggys, les loisirs motorisés envahissent le peu de nature encore préservé de la tyrannie automobile, et en particulier les chemins de montagne. Le plus fort est qu’on crée de nouvelles activités polluantes en montagne pour compenser le manque de neige dû au réchauffement climatique qui est lui-même dû à la pollution automobile. (voir ici)

lotissement périurbain : Forme d’habitat caractérisée par une organisation de l’espace climaticide. Exemple : Les lotissements périurbains seront les bidonvilles du futur. (voir ici) (voir aussi Étalement urbain et Mitage).

m

macadamisation : Action consistant à recouvrir l’espace public de macadam afin de satisfaire les besoins toujours croissants de la circulation automobile.

marchabilité : Néologisme inventé aux USA pour mesurer le « score de mobilité pédestre » d’un lieu comme d’une habitation. Les américains sont tellement dépendants de la voiture qu’ils sont maintenant obligés de caractériser l’accessibilité piétonne des lieux. On sait bien que les américains doivent nommer tout ce qui peut rapporter de l’argent. La « walkability » est la nouvelle valeur marchande émergente, aussi il faut la qualifier!


masse critique : Une masse critique (de l’anglais « critical mass« , terme également utilisé en français) est une manifestation à bicyclette (ou tout autre moyen de transport sans moteur, tels les patins, les planches à roulettes, etc.), organisée en général une fois par mois. Le mouvement a démarré à San Francisco (USA) : la première masse critique y eut lieu le 25 septembre 1992 avec une cinquantaine de participants. Le mouvement est devenu international et des masses critiques sont maintenant organisées en Amérique du Nord, Europe, Australie, Asie et Amérique Latine. L’ampleur des masses critiques peut varier d’une centaine à quelques milliers de participants dans chaque ville. Les masses critiques se déroulent en milieu essentiellement urbain. On estime qu’il y a actuellement 325 villes où elles sont organisées. (voir
ici)

mitage : Capacité de l’automobile à pourrir n’importe quel coin de nature même le plus isolé. Le mitage consiste dans l’urbanisation de terrains en pleine nature, en dehors de tout système urbain, ce qui est rendu possible par la généralisation du mode de vie automobile. Une fois que ces terrains ont été urbanisés, ils sont viabilisés, c’est-à-dire rendus constructibles pour d’autres habitations qui viennent s’agglomérer autour de cet îlot d’urbanisation initial et qui finissent par générer ce que l’on appelle communément l’Étalement urbain. (voir aussi Lotissements périurbains)

modélisation (de trafic) : Art consistant à justifier la mise en place de nouvelles infrastructures routières ou autoroutières par le biais d’études de trafic, réalisées sur fonds publics, qui concluent invariablement sur la nécessité de créer de nouvelles infrastructures afin de répondre à l’accroissement prévu du trafic automobile, lui-même dépendant du développement de ces mêmes infrastructures.


moteur à eau : Théorie frauduleuse selon laquelle un moteur fonctionnant uniquement à l’eau permettrait de résoudre une partie des problèmes posés par l’automobile (pollution, émissions de Gaz à Effet de Serre, disparition programmée du pétrole). Le principe du moteur à eau est une illusion puisqu’il nécessite une source d’électricité, dont la fabrication est elle-même polluante. Le problème de cette théorie (le moteur à eau) est qu’elle contrevient aux lois de la physique, et en premier lieu à la loi de conservation de l’énergie : aucun processus physique ne peut dégager plus d’énergie qu’il n’en consomme. Il semble qu’aucun moteur de ce type ne soit utilisé à ce jour, ce qui n’empêche pas l’abondance de témoignages, de canulars, d’escroqueries, de mythes urbains et d’expériences sur ce sujet.

moumoute : Objet poilu garnissant les volants des voitures. On connaît plusieurs sortes de moumoutes, les moumoutes « laine », « zèbre », « ours » ou « léopard » par exemple.

n


nécrocarburants : Les nécrocarburants recouvrent l’ensemble des carburants dont le principe est de fabriquer de l’énergie à partir d’éléments vivants : biocarburants, biocombustibles, agrocarburants, carburants verts, carburant végétal, etc. Les nécrocarburants constituent une escroquerie, à savoir faire croire à l’automobiliste de base qu’il pourra continuer à acheter des voitures et conduire quand bien même il n’y aura plus de pétrole, tout en réduisant son impact sur l’environnement (son empreinte écologique), et en particulier en diminuant ses émissions de CO2 et donc la part de l’automobile dans le réchauffement climatique. Or, les études les plus récentes montrent en fait que les nécrocarburants, non seulement ne permettent pas d’envisager un substitut viable au pétrole au vu de la consommation actuelle dans le monde, mais soulèvent de plus graves problèmes et nuisances que l’utilisation actuelle du pétrole (émissions de CO2, participation au réchauffement de la planète et au dérèglement du climat, tensions sur le cours des matières premières végétales, développement des famines, très forte consommation d’eau, utilisation accrue et massive de pesticides, exode rural, détérioration des sols par érosion massive, atteinte incalculable à la biodiversité, etc. (voir
ici) (voir aussi Biocarburant)

nuisances : Les nuisances automobiles sont très nombreuses et couvrent un spectre très large allant de l’accidentologie jusqu’à la perte de la biodiversité en passant par l’épuisement des énergies fossiles, l’étalement urbain, l’encouragement à la sédentarité, la perte de la convivialité urbaine, les pollutions sonores, olfactives, pulmonaire, lumineuse et visuelle. Leur recensement exhaustif a été entamé par une liste publiée sur le site LecoLomobiLe.fr qui dépasse déjà 80 item ! (voir aussi Pollution)

o

obésité : 1. À cause de la bagnole, l’homme est devenu sédentaire, gras, gros, avec des muscles atrophiés, malade. Le développement de l’obésité dans les pays industrialisés doit être moins corrélé avec la malbouffe qu’avec le taux de motorisation des ménages. Les États-Unis, qui connaissent les plus importants problèmes d’obésité au monde sont le pays où le taux de motorisation est le plus élevé. En France, l’obésité se développe à mesure que le taux de motorisation des ménages augmente. 2. La pollution automobile représente également un facteur d’obésité. Une étude française de l’INSERM (Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale) montre en effet qu’une exposition à la pollution automobile, équivalente à celle détectée à cent mètres d’une autoroute, peut faire grossir un adulte de 2 kilos en 15 jours.

ozone : L’essentiel de l’ozone troposphérique est un polluant d’origine anthropique. La pollution par l’ozone au niveau du sol résulte d’un mécanisme complexe. Les activités humaines n’émettent directement de l’ozone qu’en faible quantité. L’Ozone troposphérique est massivement formé à partir de polluants « précurseurs », sous l’effet du rayonnement solaire (UV) ; il s’agit notamment du dioxyde d’azote NO2 émis par les échappements des véhicules, des cheminées, incinérateurs et incendies de forêts (parfois induits par le réchauffement climatique lui-même en partie lié à l’automobile).

p

paquet de lessive : Autorité délivrant les permis de conduire. Exemple : « Tu l’as eu où ton permis… dans un paquet de Bonux ? ».

parc urbain provisoire : Intervention sur l’espace public consistant à transformer une place de stationnement automobile en petit parc paysager intégrant un banc public, de la pelouse et un arbre. (voir ici)

pare-buffle : Objet contendant placé à l’avant des véhicules 4×4 roulant en milieu urbain afin de projeter les buffles ou autres animaux dangereux hors de la route. Tue parfois aussi les piétons et les cyclistes.


parking : Espace ou bâtiment spécifiquement aménagé pour le stationnement des voitures. Avec une surface moyenne de 10 m² par place de stationnement automobile, les espaces de parking occupent des surfaces considérables. Exemple : Sous le capitalisme, les gens ont davantage de voitures. Sous le communisme, ils ont davantage de parkings. (Winston Churchill)

péage urbain : Un péage urbain est un système automatisé de péage à l’entrée du centre-ville de grandes agglomérations réalisé grâce à un système de caméras de vidéosurveillance qui analyse les plaques minéralogiques des voitures qui entrent en ville et les compare avec la base de données des personnes ayant réglé le droit de péage, par exemple grâce à leurs téléphones mobiles. Les péages urbains se développent dans le monde car ils montrent une grande efficacité pour réduire la circulation automobile (Londres, Singapour, Oslo, Bergen, Trondheim, Stockholm, etc.). Les péages urbains ont pour but de décongestionner les centres urbains de ces métropoles en incitant les habitants de banlieue qui s’y rendent pour leur travail à garer leurs véhicules dans des parkings relais à la périphérie du centre et à emprunter les transports en commun. (voir ici)

pédibus : Autobus pédestre destiné au ramassage scolaire. Actuellement près de 350 lignes quotidiennes de Pédibus fonctionnent en France. Depuis 2001, de nombreuses autres dénominations ont vu le jour telles que Pas Di Bus, Pedobus, Piedibus, Piedbus, Pergobus,Trottibus, Pti’bus, Carapatt’,Carapatte, Car-a-pattes, Brégi-bus, Mil’pied, Mille pattes, 1000 pattes, Franchenille, Pédichartres, Pédidier, Jomexpress, Goss’Trotter, Gambettobus, Pédi-Rousseau, PAS A PAS, Kangoubus, Sablobus, Jeanbibus, Galopince, Pastacaisse, EcoloBus, Ecol’o’Bus, L’écol’o pas, pediplus, REST’APATTES (voir ici)

périphéerique : La Périféerique est un projet qui vise à ouvrir entièrement le Boulevard Périphérique parisien aux piétons et aux sportifs pour une journée, en organisant sur ce nouvel espace une grande fête populaire du sport, de l’environnement et de la fraternité. (voir ici)

permis de conduire : 1. Rite social psychiquement désastreux caractérisant le passage au stade adulte. 2. Dispositif coûteux qui a pris une importance démesurée dans la société et dont la suppression est demandée par certains. (voir ici)

pétrodélinquance : 1. Délinquance à grande échelle des compagnies pétrolières caractérisée par des désastres écologiques (marées noires, extraction de pétrole dans les sanctuaires écologiques, etc.) et une exploitation forcenée des peuples des pays du tiers-Monde. 2. Petite délinquance consistant à voler et trafiquer de l’essence afin de faire face à la montée inexorable du cours du pétrole.

pétroïne : Acronyme de pétrole et cocaïne caractérisant l’aspect principalement addictif de la consommation de pétrole. Exemple: Ma voiture sniffe 8 litres de pétroïne aux 100 km.

pétrole : 1. Matière visqueuse sale et polluante servant principalement à faire rouler les voitures et à polluer les océans. 2. Merde du diable. Le pétrole est surnommé la « merde du diable » par les peuples qui ont le malheur de « posséder » du pétrole en sous-sol. A chaque fois qu’on découvre du pétrole, le peuple trinque. Au Mexique, le pétrole s’appelle ainsi la « mierda del diablo ». Les Africains nomment également le pétrole la « merde du diable« .

pied : Objet simple et moderne pour vivre debout. (voir ici)

piéton : Mouvante (et audible) partie de la chaussée pour une automobile (Citation d’Ambrose Bierce extraite de Le dictionnaire du Diable)

piétonnisme (nouveau) : Le Nouveau Piétonnisme (New Pedestrianism) est une variante plus idéaliste du Nouvel Urbanisme (New Urbanism) dans la théorie de la planification urbaine, fondée en 1999 par Michael E. Arth, un artiste américain, urbaniste, architecte d’intérieur, paysagiste, futuriste, et auteur. Le Nouveau Piétonnisme s’adresse à des problèmes associés au Nouvel Urbanisme et essaie de résoudre une variété de problèmes sociaux, sanitaires, énergétiques, économiques, esthétiques et écologiques. Une nouvelle ville ou des quartiers fondés sur les principe du Nouveau Piétonnisme s’appelle un Village Piétonnier (Pedestrian Village). Les villages piétonniers peuvent être soit complètement exempts de voiture soit avoir un accès automobile à l’arrière des maisons et des commerces, les allées piétonnes étant systématiquement à l’avant. (voir ici)

piquisme : Doctrine selon laquelle la courbe de production de pétrole dans le monde a déjà dépassé le Pic de Hubbert et suit désormais une phase descendante jusqu’à l’épuisement total des dernières réserves de pétrole. Les piquistes estiment que la production de pétrole mondiale est déjà passée par son maximum à l’heure actuelle et a donc commencé son déclin irrémédiable. (voir aussi Hubbert, Pic de),


piste bagnolable : Voie de circulation, principalement sur autoroute, réservée uniquement à l’automobile et permettant de dégager 5 voies de circulation aux vélos. Exemple: Il faut développer le réseau de pistes bagnolables en milieu urbain. (voir
ici)

platane : Aimant à bagnoles.

plomb : Substance nocive et toxique introduite délibérément dans l’essence par les grands groupes automobiles pour imposer son usage tout en essayant vainement de dissimuler au public sa dangerosité pour l’homme et l’environnement. Le plomb dans l’essence a été interdit en 2000 en France, mais les industriels continuent de vendre en toute connaissance de cause de l’essence plombée dans les pays en voie de développement. (voir ici)

pollution : La pollution automobile est multiforme, depuis la pollution des sols à la pollution de l’air (pollution atmosphérique) en passant par la pollution de l’eau. 1. La pollution des sols liée à l’automobile concerne l’ensemble des dépôts de polluants, en particulier hydrocarbures, à proximité des axes routiers et autoroutiers, le salage massif et intempestif des routes en hiver (voir ici), et l’ensemble des fluides automobiles, en particulier huiles de vidange, qui se retrouvent dans la nature (vidanges sauvages). 2. Pour la seule pollution atmosphérique, les principaux polluants provenant de l’automobile sont le benzène (C6H6), le dioxyde de soufre (SO2), les composés organiques volatils non méthaniques (COVNM), les oxydes d’azote (NOx), les composés de plomb (PB) et enfin l’ozone atmosphérique (O3). Pour les véhicules diesel, il faut également tenir compte des microparticules (voir ici). 3. La pollution de l’eau est quant à elle principalement le fait des marées noires causées par les pétroliers, mais elle relève aussi des fluides et émissions des véhicules circulant à proximité du rivage des océans et cours d’eau. 4. Enfin, l’automobile est responsable d’une pollution sonore (bruit), olfactive (odeurs) et visuelle (voir aussi Nuisances)

portière de voiture : Objet caractérisant l’agression de l’automobile sur le vélo. Exemple : « Chaque cycliste, même débutant, sait qu’à un moment ou un autre de sa vie il aura rendez-vous avec une portière de voiture ». (Paul Fournel, Extrait de Besoin de vélo)

post-carbone : Se dit principalement d’une société ou d’une ville qui est prête à faire face à l’épuisement des hydrocarbures (gaz, pétrole). Un développement post-carbone suppose une transformation radicale de l’habitat, des modes de déplacement et de consommation (voir ici). (voir aussi décarbonisation).

psycliste : Véloiste hivernal.(voir ici)

publicité automobile : Forme de communication qui prend les femmes pour des putes qui ne s’offrent qu’à ceux qui auront les moyens de se payer une grosse voiture et qui prend les hommes pour des gros cons de phallocrates prêts à dépenser des fortunes pour se donner l’illusion qu’ils deviendront enfin quelqu’un que les femmes regarderont.

Dictionnaire critique de l'automobile

q

quartier des courtes distances: Concept de quartier urbain où l’ensemble des services et fonctions urbaines sont accessibles à l’échelle humaine, c’est-à-dire à pied et à vélo, ce qui rend caducs la possession et l’usage de l’automobile. (voir aussi Ville compacte)

r

radars automatiques : Dispositif technique, installé sur certaines routes seulement et signalé à l’avance aux automobilistes, destiné à faire ralentir brusquement et de manière provisoire les automobiles.


rallye Paris-Dakar : Course automobile de riches organisée chez les pauvres ayant pour but d’augmenter les profits des riches et les nuisances des pauvres et provoquant régulièrement la mort de piétons africains, en particulier d’enfants.

réchauffement climatique : Réchauffement de l’atmosphère terrestre dû à l’augmentation de la concentration de certains gaz absorbant le rayonnement terrestre et retardant ainsi la perte d’énergie vers l’espace. On entend par changements climatiques des changements de climat qui sont attribués directement ou indirectement à une activité humaine altérant la composition de l’atmosphère mondiale et qui viennent s’ajouter à la variabilité naturelle du climat observée au cours de périodes comparables. Exemple : L’automobile joue un rôle important dans le réchauffement climatique.

réseau vert : La civilisation de l’automobile a quadrillé le pays d’infrastructures motorisées aux effets négatifs sur l’environnement et sur la biodiversité. Le récent grenelle de l’environnement a remis à l’avant-scène la nécessité de préserver une « trame verte » pour assurer la continuité de la biodiversité. Il est nécessaire de réhabiliter un réseau de voies écomobiles à l’échelle du territoire français. Des initiatives dans ce sens voient le jour comme le site européen des voies vertes, l’association Réseau Vert qui a pour but de promouvoir la mise en oeuvre d’un réseau vert à Paris, ensemble de rues réservées aux piétons et aux cyclistes, et le site web LecoLomobiLe pour le département des Alpes-Maritimes.

route automatisée : 1. Projet de système de transport où les routes seraient gérées par l’informatique afin de faire circuler des « voitures intelligentes » sans nécessité de conducteur. L’objectif n’est rien de moins que la disparition de l’automobile traditionnelle en ville pour un « transport public individualisé » et la création d’infrastructures spécifiques dédiées à ces véhicules pour l’interurbain. Ces projets sont assez avancés pour avoir fait l’objet d’études de faisabilité par des chercheurs de l’ENPC (École Nationale des Ponts et Chaussées) qui concluent que « la route automatisée est une option économiquement intéressante ». 2. Les routes automatisées apparaissent comme des voies spécifiques démultipliées, comme autant de « coupures routières » dans les paysages, avec des autoroutes urbaines à plusieurs étages apparaissant comme des voies en « site propre » pour des véhicules particuliers automatisés (voir ici) (voir aussi Voiture intelligente)

s

salage : Activité saisonnière qui consiste à déverser des centaines de milliers de tonnes de sel sur les routes tous les ans, ce qui constitue un véritable scandale écologique et économique. (voir ici)


sédentarité : Mode de vie automobile caractérisé par une position assise la plus grande partie de la journée. La sédentarité automobile ou sédentarisme a deux types d’implications. 1. Conséquences sur l’automobiliste sédentaire : obésité, peau d’orange, teint malade, maladies chroniques, rhumes, jambes lourdes, bronchites, etc.
2. Conséquences sur les passagers de l’automobile : hypovigilance des conducteurs et tendance à l’endormissement, risques d’accidents.


skatecar : Sport urbain créé par Michael Hartman et qui consiste à marcher sur des voitures qui stationnent sur le trottoir. La marche sur voiture (ou skatecar) s’opère sur une voiture dans sa longueur. On doit commencer par le pare-choc puis monter sur la ligne séparant le capot de l’aile. La prochaine étape est d’atteindre la base du pare-brise. Le toit est atteint par un pas vers le haut du pare-brise. On peut marcher sur le milieu du toit – ce qui résulte en un klonk ! sonore quand le toit semble s’affaisser. Mais l’expérience montre que lorsque l’on atteint la vitre arrière, le toit se redresse de lui-même avec un autre klonk ! tout aussi sonore. La descente se passe comme la montée, mais en sens inverse : d’abord la ligne séparant l’aile du capot – s’il y a un capot arrière, etc.

société de l’automobile : Pour en finir avec la société de l’automobile est un ouvrage de Marcel Robert publié en 2005. (voir ici)

spray de boue : Pulvérisateur rempli de boue, vendu à l’unité, et destiné à couvrir artificiellement les 4X4 urbains de boue afin de faire croire que ce sont des véhicules destinés à un usage rural ou à l’exploration de territoires encore vierges aux confins des agglomérations françaises.

t


tank urbain : Véhicule Utilitaire et Sportif (VUS), parfois appelé aussi 4×4, adapté à la guérilla urbaine (tir aux piétons, écrasement de vélos, destruction de chaussée, stationnement sauvage, etc.) et permettant de se protéger de l’hostilité urbaine (enfants, personnes âgées, poussettes, etc.).
(voir aussi Hummer)

taxe carbone : Ecotaxe dont le taux dépend exclusivement du contenu en carbone du combustible considéré, et donc des émissions de dioxyde de carbone (CO2). La taxe carbone a pour objectif de préparer en douceur la société à un épuisement progressif, inéluctable, des ressources en énergies fossiles et de réduire les émissions de CO2, gaz à effet de serre, pour limiter le réchauffement climatique (voir aussi Ecotaxe)

téléphérique : Transport collectif aérien qui se développe dans de nombreuses villes, et pas seulement en montagne, du fait d’un coût beaucoup moins élevé que le tramway. On parle aussi parfois de métrocable, de télécabines ou de trams aériens. (voir ici)

terrautorisme : Contraction de terrorisme et automobile caractérisant l’hécatombe provoquée par l’automobile à l’échelle planétaire. La seule insécurité routière est en effet la cause d’une véritable boucherie, estimée par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) à environ 1,2 millions de morts et de 20 à 50 millions de blessés chaque année. Cela représente donc une moyenne de plus de 3.200 morts par jour, soit plus que le nombre total de morts lié aux attentats du 11 septembre 2001! Selon le Département d’État américain, le nombre total de morts lié au terrorisme sur la planète a été de 3.547 en 2001, 725 en 2002, 625 en 2003 et 1.907 en 2004 , soit une moyenne de 1.700 morts par an sur la période 2001-2004. Les terroristes d’Al-Qaida apparaissent donc comme des enfants de cœur à côté des conséquences du terrautorisme international. (voir ici)

testicule : Bourse automobile dont le conducteur est un spermatozoïde. Exemple : « La voiture est le troisième testicule de l’homme moderne. » (Rimdelaire)

théologie : Depuis l’invention de l’automobile il y a un peu plus d’un siècle, États et sociétés sont à sa remorque. L’automobile véhicule une foi nouvelle, si profondément enracinée dans notre vie quotidienne que nous ne sommes même plus capables de nous la représenter. Le Dieu des automobilistes est un Dieu si manifeste, si connu de tous que nous refusons de l’appeler par son nom. Cette religiosité prédatrice se répand sur la surface du globe à la vitesse de la fonte de la banquise et nul n’échappe au culte : chacun de nous, toi, moi, se croit dehors tout en étant dedans, plié dans l’Habitude, collaborant à quelque rond-point qu’il se trouve au triomphe de la Foi. (voir ici)


tipping : Activité venant du Canada qui consiste à renverser des voitures à la main entre copains à la sortie des bars. On parle par exemple de « smart tipping » pour ce qui concerne le renversement de voitures de marque Smart.


toxicomobile : Drogué de la mobilité. La mobilité est la propriété de ce qui peut se déplacer (ou se déplace) dans un espace. Elle sert à répondre à un programme d’activités (travailler, se détendre, faire ses courses, etc.). Le toxicomobile se déplace non seulement pour répondre à son programme d’activité, mais son déplacement devient aussi partie prenante de son programme d’activités. La mobilité devient une fin en soi pour le toxicomobile. Cette dépendance très grave a de multiples conséquences : perte de la notion du réel, éloignement des autres, stress, etc.

tuning : Activité principale du Jacky consistant à modifier son véhicule afin de le rendre encore plus moche, bruyant et dangereux que les voitures de série. (voir aussi Jacky)

u


utilitarisme : Mise en avant de l’automobile comme symbole d’utilité dans une société qui privilégie l' »utilité », l' »outil » sur l’humain alors qu’il faut chasser l’utilité de l’humain vers les robots.

v

vélociPède : Être humain plus souvent à vélo qu’à pied. (voir ici)

vélocité : 1. Grande vitesse, habileté, capacité du vélo en milieu urbain à être plus rapide que l’automobile. 2. Ville développée en fonction des écomobilistes 3. Les citations du vélo, parler vélo. 4. Un journal vélorutionnaire Montréalais. (voir ici)

véloiste: Cycliste qui se déplace à vélo à des fins utilitaires, sociales, écologiques. (voir ici)

vélomobile : Une vélomobile, appelée aussi vélocar, est au vélo, ce qu’une automobile est à une moto ; techniquement, il s’agit d’un tricycle caréné à pédalage en position allongée. Elle fait partie de la famille des VPH (Véhicule à Propulsion Humaine). (voir ici)


vélorution : (jeu de mots mêlant vélo et révolution). 1. Mouvement mondial prônant une plus grande place au vélo dans le transport urbain, souvent aux dépends de l’automobile. 2. Mouvement cycliste mondial prônant le changement social par le vélo. (voir
ici)


vélosophie : 1. Orientation philosophique des cyclistes en fonction de leur pratique du vélo et de leurs tendances cyclo-politiques (voir
ici). 2. Traité de vélosophie écrit par Didier Tronchet (voir ici)


vélostation : Service de promotion et d’accompagnement de la pratique de la bicyclette, qui comprend 3 offres complémentaires : location de longue durée qui fidélise l’utilisateur et génère par conséquent un impact environnemental, gardiennage de vélo et service de location de courte durée concernant surtout les trajets utilitaires mais qui draine aussi une forte clientèle de loisir. Installé en gare, le vélostation permet notamment un transfert modal de la voiture vers le train+vélo pour les trajets de longues distances. (voir
ici)


vélotaf : Étymologiquement, contraction populaire de vélo-boulot-écolo. 1. Bicyclette utilisée comme moyen de transport sain pour se rendre sur son lieu de travail. 2. Déplacement à vélo effectué dans un but utilitaire et qui n’exclut pas le plaisir. Exemple: Pour être en forme et préserver la planète, le vélotaf leur apparut comme l’alternative à l’automobile la plus évidente. (voir
ici)

ville-automobile : 1. Concept urbain américain dont le modèle tentaculaire est Los Angeles et qui caractérise une ville qui ne se conçoit pas sans automobile. 2. Concept français dérivé du modèle américain et prôné par l’ancien président de la république Georges Pompidou qui déclarait en 1971 qu’il fallait adapter la ville à l’automobile. Cette adaptation devait passer par la création d’autoroutes urbaines dans l’ensemble des agglomérations françaises, autoroutes qui devaient déboucher aux pieds des cathédrales. (voir ici)

ville compacte : 1. Concept urbain reposant sur le postulat que la densité urbaine est la solution aux problèmes posés par l’automobile en milieu urbain. 2. Modèle de ville développé ou se développant en Allemagne, au Pays-Bas, en Autriche, en Suisse, en Italie, au Royaume Uni, et préconisé par la Commission Européenne, visant à limiter l’étalement urbain. Les villes compactes privilégient une accessibilité de services de type « 20 minutes – 1 heure » avec une forte limitation des déplacements automobiles au profit des transports collectifs, des transports non motorisés et des transports mi-lents. La ville des courtes distances vise à implanter l’essentiel des services quotidiens à moins de 800 m (la moitié en zone de pente) de marche à pied des logements, pôles d’échanges ou parc relais. (voir aussi Quartiers des courtes distances)

vitesse : Mythe urbain selon lequel l’automobile serait le mode de déplacement le plus rapide. On distingue en général vitesse moyenne et vitesse généralisée. 1. La vitesse moyenne se calcule en divisant la distance parcourue par le temps de parcours. La vitesse moyenne est donc un concept tout relatif pour l’automobile dans la mesure où les enquêtes de transports en France (Enquêtes Ménages Déplacements ou EMD) montrent que la vitesse moyenne de l’automobile est de l’ordre de 10 à 15 km/heure au sein des agglomérations françaises, soit à peu près la vitesse moyenne du vélo. 2. La vitesse généralisée se définit quant à elle, à la suite d’Ivan Illich, comme le rapport de la distance parcourue au temps que l’on met à la parcourir. Dans le «temps que l’on met à la parcourir» il y a le temps effectif du déplacement et le temps que l’on passe à se donner les moyens du déplacement, ce qui prend en compte par exemple le temps passé à travailler afin de payer les traites de l’automobile, le carburant, les frais de réparation, etc. La vitesse généralisée apparaît ainsi comme un concept très négatif pour l’automobile dans la mesure où elle est d’environ 6 km/h pour l’automobile, soit à peine plus que la vitesse moyenne d’un piéton (4 à 5 km/h).

voiture : Objet métallique et polluant abîmant les gens. Exemple : « Quoi qu’il semble, il y a beaucoup moins de gens qui abîment leur voiture que de gens que leur voiture abîme ». (Gilbert Cesbron, Extrait de Mourir étonné )

voiture intelligente : Projet futuriste de véhicules particuliers circulant sur des Routes automatisées grâce à un système informatique de surveillance et de contrôle. La voiture intelligente fonctionne sans conducteur et signe donc la fin de l’automobiliste. (voir ici) (voir aussi Route automatisée)


voiture particulière : Lapalissade automobile. Appelée aussi parfois « VP » dans les milieux professionnels, la Voiture Particulière est à la fois un concept technocratique et une réalité dans la pratique. En effet, le taux d’occupation moyen des voitures en agglomération ne dépasse pas 1,2 personne par voiture. Par contre, vous n’entendrez jamais un vendeur de voitures parler d' »automobile particulière » parce que l’adjectif souligne le caractère individualiste -voire égoïste- de l’automobile.


voiture propre : Concept marketing inventé par les constructeurs automobiles afin de rassurer le consommateur sans toucher à la sacro-sainte voiture. En effet, la construction de voitures et leur déconstruction plus tard est une des actions les plus polluantes qui soient : plastiques, sidérurgie, assemblage, fonctionnement et destruction correspondent à une quantité de pollutions et d’énergie consommée faramineuse. (voir
ici)

voiturologie: Science qui étudie les différents aspects de l’automobile et de son conducteur, à partir des données technologiques, psychologiques ou sociales du passé et du présent, en se basant sur des techniques et des modèles empiriques. La voiturologie repose sur le fait que chaque automobiliste est un voiturologue qui prend des décisions en rapport avec sa vision personnelle de l’automobile, même de manière intuitive ou implicite.

w


walkability : Voir Marchabilité

wature : Objet linguistique non identifié. Exemple: « Je suis wenu en wature » (Jacques Calvet)

world carfree network : Réseau mondial sans voitures. Le World Carfree Network rassemble des organisations et des personnes engagées dans la promotion d’alternatives à la dépendance automobile et à la planification urbaine fondée sur l’automobile à l’échelle internationale, afin de réduire l’impact humain sur l’environnement naturel tout en améliorant la qualité de vie pour tous. Le World Carfree Network édite, entre autres, des bulletins d’information ainsi qu’une revue (Carbusters Magazine), participe à l’organisation de la Journée mondiale sans voiture, organise des cycles de conférences (Towards Carfree Cities), propose un centre de ressource international, un annuaire de sites antivoitures (Carfree Green Pages online directory), et gère des listes de discussion et d’échanges. (voir ici)

z


zahavi : Célèbre conjecture, connue sous le nom de « Conjecture de Zahavi », du nom de Yacov Zahavi qui l’a établi en 1979, selon laquelle le budget-temps des individus consacré aux déplacements est relativement stable dans le temps et dans l’espace, autour de 1 heure par jour et par personne. Autrement dit, quel que soit le lieu ou l’époque, les individus ne consacrent en moyenne pas plus de 1 heure par jour à se déplacer. La conséquence majeure de cette conjecture tient dans le fait que les progrès de la vitesse offerte par l’amélioration des techniques de déplacement et par l’importance des investissements consacrés à l’automobile et aux transports collectifs, permettent, non pas de gagner du temps, mais d’augmenter la portée spatiale des déplacements en maintenant relativement stable le budget-temps de transport d’un individu.

zizi : 1. La voiture est un objet phallique conçu comme le prolongement fantasmé d’un membre atrophié. 2. Synonyme de bagnole. Exemple : Ma bagnole c’est mon zizi !

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CarFree France 2008
http://carfree.fr/

Marcel Robert

A propos de Marcel Robert

Fondateur du site Carfree France et auteur des livres "Vélogistique", "Pour en finir avec la société de l’automobile" et "Îles sans voitures".

Un commentaire sur “Dictionnaire en ligne de l’automobile

  1. marc

    Dans l’article « autosolisme » il est écrit : « Le taux d’occupation moyen des voitures en agglomération ne dépasse pas 1,2 personne par voiture. » Je réponds « Heureusement qu’il n’est pas inférieur à 1 » car s’il est matériellement impossible de conduire à moins d’une personne par voiture, les automobilistes le feraient faire à leur voiture s’ils le pouvaient, par exemple lorsqu’ils doivent aller chercher leur voiture qui était en réparation au garage depuis plus d’un jour et qu’ils sont trop fainéants pour aller au garage à pied.

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