On commence quand ?

Bon, il ne vous aura pas échappé que la situation est grave. La pollution de l’air devient générale, les dépassements en matière de particules fines mais aussi de dioxyde d’azote concernent la plupart des agglomérations françaises.

Les gens meurent et la France doit payer des amendes à l’Europe pour non respect des normes relatives à la qualité de l’air. La raison? Écoutons Jérôme Clave, le directeur d’Airparif, association chargée de la surveillance de la qualité de l’air de la région parisienne:

« La première cause d’exposition de la population dans les grandes agglomérations est le trafic automobile; c’est donc là qu’il faut agir, en restreignant l’usage de la voiture, en développant les transports en commun propres, les plans de déplacement des entreprises » (Source: Le Monde)

Les hommes politiques se taisent, personne ne bronche. Circulez, il n’y a rien à voir. Et quand certains se mettent à parler, c’est pour dire des énormités du genre « c’est la faute aux feux de cheminée« .

Les plus grandes villes d’Europe ont quasiment toutes mis en place des zones de protection de l’atmosphère ou des péages urbains. Mais en France, on est toujours plus malin que les autres et on a une haute idée de la « justice sociale », c’est même une marque déposée de la gôche socialiste…

Sous prétexte de ne pas instaurer une « injustice sociale », on se refuse à créer ces zones de protection de l’atmosphère ou autres péages urbains. Tous les pollueurs sont égaux, liberté, égalité, pollution!

Et tant pis si les premières victimes de la pollution sont en général les plus faibles et les plus fragiles, les plus pauvres qui vivent le long des voies rapides. La justice sociale au pays des droits de l’homme, c’est le droit inaliénable de polluer pour le riche en grosse berline et pour le pauvre en bagnole pourrie, et que la sécurité sociale s’occupe des cancers!

Et quand les épisodes de pollution se transforment en situation normale, que font les pouvoirs publics? Auraient-ils l’idée de mettre les transports en commun gratuits pour diminuer le nombre de voitures? Sûrement pas! Bien mieux, avec le passage de la TVA de 7 à 10%, ils vont même augmenter le 1er janvier prochain…

Par contre, la ville de Paris décrète illico le stationnement des voitures gratuit jusqu’à nouvel ordre… On croit rêver, plus la pollution augmente, et plus on va faire des cadeaux aux automobilistes!

Et augmenter le prix du diesel, ce carburant tueur, sûrement pas non plus! Et toujours pour des raisons de « justice sociale ». Il faut bien que l’ex-ouvrier chômeur de chez PSA puisse rouler avec son diesel pour continuer à chercher un boulot qu’il ne trouvera plus! La France est le pays le plus diésélisé au monde, pour une fois qu’on est premier quelque part!

La plupart des bagnoles vieillissantes n’ont même pas de filtre à particules et le pire, c’est que celles qui ont un filtre à particules ne filtrent même pas les particules les plus petites et les plus dangereuses qui viennent se loger au cœur des poumons…

Une étude publiée par la revue scientifique The Lancet le 9 décembre révèle par ailleurs qu’une exposition prolongée aux particules fines a un effet néfaste pour la santé à des concentrations bien inférieures aux normes actuelles. Et le problème, c’est que les normes actuelles sont désormais systématiquement dépassées…

Dans le même temps, on autorise à rouler des camions toujours plus gros et quand on parle d’instaurer une minable écotaxe même pas à la hauteur des enjeux, on se retrouve avec les Bretons sur le dos manipulés par le MEDEF et la FNSEA! Et on entend alors un râle rauque qui vient de la fRance profonde: « Laissez-nous polluer tranquille! »

Et ce n’est pas fini. Dans l’arrière-boutique, les industriels et les politiques manigancent la future exploitation des gaz de schistes qui va finir de détruire ce qui reste d’encore à peu près préservé dans ce pays. Sous prétexte de ne pas louper l’affaire de siècle, et de continuer à extraire de l’énergie polluante coûte que coûte, on boira le calice jusqu’à la lie.

Ils minaudent à coup « d’expérimentations contrôlées » ou de « forages expérimentaux », mais le résultat est connu d’avance: ils vont pourrir les sols, dévaster les paysages, polluer l’eau, ruiner la santé des gens, et tout cela au nom de « l’indépendance énergétique de la fRance ».

Leur cynisme est sans limite, car ils connaissent très bien les conséquences de tout ceci.

Vous me direz, cela pourrait être pire. Au Canada, l’exploitation généralisée des sables bitumineux représente le projet industriel le plus grand sur terre, et même visible depuis l’espace! Dévastateurs à tous points de vue, une sorte d’exploitation des gaz de schistes en pire, les sables bitumineux ont pour objectif de transformer le Canada en Arabie Saoudite. L’essentiel du pétrole produit est destiné à l’exportation, donc entre autres pour le réservoir de l’automobiliste français.

On pourrait aussi parler des forages de pétrole dans l’Arctique… Ne vous inquiétez pas, on ira chercher les dernières gouttes de pétrole où qu’elles se trouvent, même s’il faut pour cela tout détruire. Le principal, c’est de pouvoir continuer à rouler en diesel qui pue à la recherche d’emplois délocalisés qui n’existent plus.

Pendant ce temps, des villes européennes comme Copenhague, Berlin ou Stockholm sont désormais en tête des grandes villes européennes pour leur qualité de l’air. Dans ces villes, le vélo est omniprésent car les pouvoirs publics ont largement investi depuis des années dans des infrastructures cyclables de qualité.

Deux cents villes en Europe se sont dotées de dispositifs restreignant l’accès des voitures, où sont notamment bannis en permanence les véhicules les plus polluants. A Copenhague, la capitale mondiale du vélo, la ville s’est fixé pour objectif d’atteindre la moitié des déplacements de ses habitants à vélo.

On commence quand ?

Photo Pierre Phaneuf

Marcel Robert

A propos de Marcel Robert

Fondateur du site Carfree France et auteur des livres "Vélogistique", "Pour en finir avec la société de l’automobile" et "Îles sans voitures".

47 commentaires sur “On commence quand ?

  1. Florent

    Je suis tout à fait d’accord avec l’ensemble de l’article.
    Un bémol cependant à propos des « feux de cheminées ».
    Il est indéniable que le recours au chauffage au bois dans des cheminées à foyer ouvert (la cheminée de grand-mère…) est une source non-négligeable de pollution aux particules fines.
    J’ai l’impression, mais ce n’est qu’une impression personnelle, que, avec la crise, pas mal de gens se disent « je vais glaner ici ou là un peu de bois et réouvrir la vieille cheminée du salon pour économiser un peu d’électricité ou de fioul de chauffage », et ce, jusque dans les villes comme Paris.
    Résultat: utilisation d’un bois souvent de mauvaise qualité (bois vert ou bois traité, humide, sale), par des gens qui ne savent pas correctement utiliser du bois de chauffe, dans des cheminées à foyer ouvert (10% de rendement…), avec des conduits anciens et pas ou mal ramoné… Au final, ça donne une belle fumée noire comme au pire temps du poêle au charbon ! (Londres et son fameux brouillard…).
    Ces dernières semaines, avant que les médias n’en parlent, je sentais effectivement une odeur caractéristique du mauvais bois mal brûlé là où j’habite (ce n’est pas à Paris!) et ce n’était pas dû aux diesels pourris!)
    Après, je ne dénigre évidemment pas le chauffage au bois en général (je n’utilise chez moi qu’un poêle à granulé et les inserts ou poêle à buche modernes, utilisés avec du « bon » bois, sont extrêmement efficaces et propres et pratiquement sans fumées ni cendres).
    Aussi, l’interdiction des « feux de cheminées à foyer ouverts » (les médias n’ont pas tous repris l’intégralité du texte de l’arrêté !!!) n’est pas injustifiée pendant une période de forte pollutions aux particules fines.
    Il n’en reste pas moins que nos chères bagnoles polluent trop et qu’il devient urgent de faire quelque chose et que pour l’instant, le peu qui est fait par les pouvoirs publics est largement compensé par:
    1. L’égoïsme de beaucoup
    2. Les mesures contradictoires également prises par les autorités
    3. Le refus de voir la vérité en face de (presque) tous

  2. Gari

    je fais partie de ceux qui sont réticents à l’installation de « péages urbains », effectivement pour les raisons invoquées (injustice sociale). Je développe un peu l’argumentaire.

    Le constat, c’est qu’il faut réduire drastiquement la place de la voiture en ville. L’objectif est de trouver une solution qui permette de faire une « sélection » des voitures qui ont le droit de rouler.

    En l’occurrence, le péage urbain est une sélection par l’argent : t’as du pognon, tu roules, sinon tu ne roules pas. Pourquoi privilégier la sélection par l’argent plutôt que par un autre critère ? Personnes handicapées ? Malades ? Autres ? Pourquoi ne pas carrément interdire la voiture en ville ?

    Je suppose que la réponse est simple : la sélection par l’argent est à la fois la plus simple à mettre en œuvre et celle qui est le plus facilement acceptée socialement (assez étrangement d’ailleurs). Le fameux « Salauds de pauvres qui polluent » semble partagé par le plus grand nombre…

    Réponse simple qui ne me satisfait pas, bien entendu.

    Il est à noter cependant que, si jamais je devais voter « oui » ou « non » à la mise en place d’un péage urbain, je voterais « oui ». Je préfère une demi-mesure réelle qui ne me plait pas vraiment à une mesure idéale mais hypothétique…

  3. Patrick

    Vive le stationnement gratuit pour les voitures ! et voila pourquoi :
    Pour réduire la circulation en ville, il faut à la fois réduire le nombre de place de stationnement ET augmenter la durée moyenne de stationnement.
    Chaque fois qu’une voiture quitte une place de stationnement cela génère deux déplacements automobiles (une voiture qui part et une autre qui arrive). Plus la durée moyenne de stationnement est courte, plus il y aura de circulation. Le stationnement gratuit est une bonne méthode pour augmenter la durée de stationnement. Même si, en effet, c’est malheureusement un cadeau aux automobilistes.
    Vive les voitures ventouses 🙂

  4. Vincent

    Euh, les cheminées en état de fonctionnement, c’est rarissime.

    On ferait mieux de:
    – instaurer un péage urbain aux portes des grandes villes
    – construire des parkings à l’entrée de la ville
    – contrôler tous les jours les véhicules pour vérifier leurs émissions
    – voir comment rapprocher emplois et personnes afin de réduire tous ces déplacements quotidiens
    – investir plus dans les véhicules électriques. Voir par ex ces bus à supercondensateur en Chine : http://www.supercondensateur.com
    – plannifier une augmentation des taxes sur l’essence et le gazole pour encourager les constructeurs automobiles à produire de petites voitures qui consomment moins de 2 litres/100km.

  5. Florent

    @Gari:
    Entièrement d’accord avec vous !
    @Vincent:
    Eh bien non, les cheminées en fonctionnement, ce n’est pas si rarissime.
    Au risque de me répéter, certes, il faut tout mettre en œuvre pour réduire la circulation automobile, notamment, mais pas seulement, pour réduire les émissions de particules fines.
    Cependant, pour les émissions de particules fines, les véhicules diesel ne sont qu’une toute petite partie du problème.
    Je vous invite à ce sujet à au moins lire ce très bon article du monde:
    http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/12/12/tout-comprendre-a-la-pollution-de-l-air-aux-particules-fines_3529330_3244.html
    Et notamment le graphique de répartition et le paragraphe suivant:
    « Selon le rapport d’avril du Centre interprofessionnel technique d’études de la pollution atmosphérique (Citepa), les principaux secteurs responsables sont la transformation d’énergie par l’industrie (31 %) ; la combustion de bois pour chauffer les habitations (30 %) ; l’agriculture avec l’utilisation d’engrais (20 %) ; et les transports, du fait notamment de la combustion de diesel (15 %). »
    Et si vous avez le temps, allez lire le très complet rapport du Citepa:
    http://www.citepa.org/images/III-1_Rapports_Inventaires/secten_avril2013_indB_sec.pdf?bcsi-ac-95bb4efa6a1646c8=21C2C94C00000503G2gOlk3a8mA5bIHpfor/UhZ29SNqAAAAAwUAANv8AQEIBwAAKAAAAKRJAwA=
    Les données comme les conclusions sont très claires.

  6. Jean-Marc

    Florent, dans le lien donné par Marcel Robert, sur les négationnistes du diesel, tu as ta réponse :

    Dans les commentaires de Jacques Dutheil et de moi,
    sur la part du chauffage au bois par rapport au trafic :

    http://carfree.fr/index.php/2013/03/11/les-negationnistes-du-diesel/#comment-26263

    Aux abords d’un axe routier important,
    on trouve 12 fois plus de PM2.5 par le trafic de l agglo que par le chauffage au bois dans l agglo…

    Et, dans les rares endroits préservés de l agglo, loin des axes routiers important, le traffic pollue (en PM2.5) cependant tjrs PLUS que le chauffage au bois.

    Bien sûr, SSI, demain, il y a 4 fois moins de voitures à Paris, et 4 fois plus de chauffage au bois dans de vieilles cheminées mal entretenues et mal réglées,
    il faudra peut-etre se pencher sur le chauffage au bois…
    Mais, pour l’instant, on est loin de cette situation…

    ET, au vu de la politique de restriction de la voiture en ville ultra lente à être mise en place, il faudra encore des décennies avant que la pollution baisse*…

    [malgré de bons points : les voies sur berges piétonnes puis le périph à 70; mais, pour le périph, ce n est pas à 70km/h, qu’il fallait le mettre (il a une vitesse moyenne de .. 35km/h+/-1km/h), mais à 50km/h, en autorisant les cyclistes dessus, sur la voie la plus à droite)]

    Manque les rues piétonnes autorisées aux cyclistes et/ou les « autoroutes à vélos », comme à Bogota ou -plus récemment- à Londres, pour traverser Paris (ou toute autre ville française d’importance) de part en part, sur des chaussées préservées et prioritaires :

    celà rend service aux cyclistes, permettant un accroissement de cette pratique, et aide (par l interdiction de la voiture dans certaines rues) à une diminution de la pratique auto, et de la pollution qui lui est liée.


    *
    exemple « chez moi », de l’ultra lenteur (voire du surplace, de la marche à reculons) des politiques mises en place :

    Gros chantier de piétonnisation ces 15 dernières années :
    UNE place et qq très rares rues de l’hyper-centre ont été rendue piétonnes
    Super !

    MAIS, en « compensation », deux voies rapides pénétrantes (dont une faisant en partie office de rocade de contournement) ont été construite…
    Si bien qu’au bilan.. je ne suis pas sûr qu’il y ait eu moins de déplacements auto, bien au contraire…

    Et, comme la mairie favorise la voiture partout, avec un micro morceau de piétonnisation au centre… ils estiment qu’ils en ont fait assez, si bien qu’il n’y a quasi pas de nouveaux projets.

    Alors que chaque année, en permanence, qq nouvelles rues/ruelles devraient devenir piétonnes… (et pas seulement des rues commerçantes et/ou en hyper centre)

    Effectivement,
    il serait urgent que nos politiques commencent à s’occuper sérieusement des infrastructures… à modifier les véhicules qui y soient autorisés

    (pas besoin de péages ou Zapa si on créé assez de rues piétonnes :
    les péages et Zapa, c est juste utile et moins pire que de ne rien faire, à ceux qui n’ont pas le courage de faire des rues piétonnes autorisées aux cyclistes, des voies prioritaires aux croisements)

  7. houlouk

    Rapprocher les gens de leur travail c’est compliqué lorsque dans un même foyer il y a 2 ( voire 3 ou 4) personnes qui travaillent à des endroits différents

  8. Jean-Marc

    « Voir par ex ces bus à supercondensateur en Chine : http://www.supercondensateur.com« 

    Tu sais, il y a 1 000 fois mieux que des charges électriques embarquées :
    il existe, depuis plus de 100 ans, des véhicules électriques sans aucune charge embarquée :
    Tram, trolley, ou beaucoup d autres formes…
    (télécabines, téléphérique, funiculaire, train, RER, metro,….)

    Et, ces système sans charge embarquée ont un autre énorme avantage :
    ils sont en site propre => ils permettent d’enlever une voie aux voitures, permettant un effet double :
    créer une alternative, et donner envie de ne plus utiliser sa voiture par les contraintes créées

    (malheureusement, parfois, leurs mise en place en site propre permet de réduire la largeur des trottoirs…)

  9. Vincent

    Oui bien sûr, mais en même temps, comme la plupart des gens ont des compétences interchangeables, je m’étonne qu’ils doivent passer des heures dans les transports.

    Ou plutôt, non, ça n’est pas étonnant, puisque le temps de transport n’est pas facturé aux employeurs et que le pass Navigo est dérisoire par rapport au coût réel.

    Pour modifier le comportement des employeurs, il faudrait donc intégrer le temps de transport dans le salaire. Et créer un site ouèb http://www.jobswitch.com 🙂

  10. Vincent

    > Tu sais, il y a 1 000 fois mieux que des charges électriques embarquées : il existe, depuis plus de 100 ans, des véhicules électriques sans aucune charge embarquée : Tram, trolley, ou beaucoup d autres formes…(télécabines, téléphérique, funiculaire, train, RER, metro,….)

    Oui mais les bus sont flexibles.

    Et la R&D sur les supercaps va aussi bénéficier aux véhicules individuels et aux appareils type téléphones, etc.

  11. Jean-Marc

    « Oui mais les bus sont flexibles. »

    c est pas une qualité, mais un défaut :

    les bus permettent de laisser une 2×3 voie autos en ville, puisqu’on peut mettre un bus toutes les 30 minutes dessus, ainsi il y a saupoudrage de TEC, sans rien modifier pour les autos = sans donner aucune raison d’utiliser un peu moins son auto
    (donc échec garanti… ).

    (De plus, niveau efficacité énergétique, puisqu’il faut transporter le poids de la charge électrique + niveau temps d utilisation, puisqu’il faut la recharger et niveau contrainte, puisqu’il faut gérer sa baisse de charge embarquée dans le temps et son usure, c est, par construction, forcément moins efficace que les « sans charge embarquée ».)

    Alors qu’avec un tram, la 2×3 voies devient 2×2 voies + voies de TEC
    Hors, des voies de TEC permettent de transporter BCP plus de monde qu’une voie auto…

    (suffit de voir Paris : http://owni.fr/2011/05/17/la-data-enfourche-son-velo-sur-les-routes-de-leurope/
    67% de gens s’y déplacent en TEC…
    combien en voiture ? Alors que les voitures occupent énormément plus de place ? Qu’on ne voit qu’elles, dans les rues ?
    seulement… 10.7%, soit quasi rien… par contre, niveau pollution, coût, insécurité et dégradation du cadre de vie, ces moins de 11% font très très fort…)


    Les véhicules individuels ?
    Ben, les VAE n’ont pas besoin de batteries plus performantes.
    (Je les ai testé)

    Les autres véhicules individuels ?
    Ceux à 4 roues, nécessitant une charge embarquée 50 à 200 fois supérieure à celle des VAE ?

    -> Tu remarqueras que j ai parlé de créer des voies piétonnes autorisées aux cyclistes, et pas des voies piétonnes autorisées aux voitures fonctionnant sur surpercondensateur ou au gaz comprimé ou au jus de betterave ou …

    la raison ?
    fait ce quizz, tu comprendras :
    carfree.fr/index.php/2009/12/04/petit-quizz-des-villes-respectueuses-de-lenvironnement/

  12. Laurent

    Des trams, il y en avait déjà beaucoup en ville avant qu’ils soient supprimés pour que ceux que cela ne faisait pas baver achètent quand même des autos à pétrole.

  13. Florent

    Désolé d’avoir suscité une telle polémique…
    Je ne suis pas un négationniste du diesel… et je suis fervent défenseur du (bon) chauffage au bois (je n’ai pas de voiture et comme dit plus haut, j’utilise presque uniquement le bois comme mode de chauffage).
    Les chiffres donnés sont des totaux sur la France entière et il est bien évident que localement, les valeurs peuvent être très différentes et que le diesel est effectivement une aberration.
    Je n’ai pas creusé l’étude (je n’ai pas eu le temps de tout lire, ça fait + de 100 pages) mais l’article résume qu’il semble y avoir une décorrélation ces dernières années entre les chiffre d’émissions « officielles » (qui ont tendance à fortement décroitre) et les mesures de concentration dans l’air ambiant (qui stagnent). Comme ces particules voyagent beaucoup (et donc le lieu de production peut-être très différent de celui où la mesure est faite), peut-être y a t’il une sous-estimations des émissions du transport et une sur-estimations des autres ?

  14. Jean-Marc

    Ton lien lemonde.fr est embettant, Florent :

    Les %ages du Citepa que tu donnes, ainsi que le graphisme de répartition des causes de pollution de l article, sont sur les PM10, pas sur les PM2.5.
    Hors c est les PM2.5 qui comptent le plus pour notre santé…
    (en fait, physiologiquement, c est même les PM3 qui comptent le plus… mais les PM3 ne sont pas mesurées, contrairement aux PM2.5)

    Par contre, dans le lien que j ai donné, les chiffres d’airparif sont bien ceux sur les PM2.5.

    (les PM10 n entrent que dans les voies respiratoires hautes, alors que les PM2.5 atteignent les alvéoles pulmonaires et agissent au niveau des cellules, si bien que leurs dégats sont bien plus graves; dans le lien airparif, on voit que -globalement- 70% de la masse des PM10 est constituée de PM2.5.. mais la répartition entre PM2.5 ou supérieures dépend du générateur de pollution)

  15. Florent

    OK, effectivement le graphique présenté dans l’article, ainsi que les répartitions concernent les PM10.
    Voici les répartitions pour les PM2,5 venant du rapport complet (voir pages 88 et 89):
    « Le résidentiel/tertiaire avec 45% des émissions totales de la France métropolitaine,
    L’industrie manufacturière 24%,
    Le transport routier 18%,
    Le secteur de l’agriculture/sylviculture 9%,
    La distribution et transformation d’énergie 2%,
    Les autres transports (hors routier) 2%. »
    Ca en change, au premier ordre, rien du tout: le chauffage au bois est encore plus prépondérant.
    A noter aussi:
    « La baisse des émissions sur la période 1990-2011 est observée dans tous les secteurs. Elle est engendrée, d’une part, par l’amélioration des performances des techniques de dépoussiérage, notamment dans les installations de sidérurgie et, d’autre part, par les effets de structure, notamment l’amélioration des technologies pour la combustion de la biomasse. Enfin, l’arrêt de l’exploitation des mines à ciel ouvert en 2002 et des mines souterraines en 2004 contribue aussi à la diminution des émissions. »
    Au final, ce que je retiens de l’étude, c’est qu’un petit nombre de « mauvais » foyers au bois peuvent générer énormément de PM (soit des cheminées ouvertes / mal ramonées, soit parce que le combustible est de mauvaise qualité, voire les 2). Et ça plombe la donnée. Mais c’est « facilement » corrigeable.
    Alors que les véhicules diesel (surtout, mais pas que) sont plein plein de points de pollution diffus mais concentrés… dont le nombre continue d’augmenter.
    Résultat, sur les PM10 et plus encore pour les PM2,5, alors que la contribution du résidentiel a été divisée par 3 depuis 1990, celle des transport n’a été divisée « que » par 2.

    Les données d’AirParif ne concernent, si je ne m’abuse, que l’air de Paris ? (peut-être une partie de l’IDF aussi).
    Là, les données du CITEPA concernent la France entière. Evidemment, elles ne présument pas donc de ce qui se passe localement (près du périph, ou ailleurs dans une agglomération, versus en pleine campagne, ou en périphérie ou au centre-ville d’une petite ville de province)
    Peut-être qu’effectivement, à Paris, le chauffage au bois (surtout façon « cheminée de grand-mère ») est marginal. Mais peut-être que ce n’est pas le cas partout. Aussi, les Parisiens, de part leur vote, finiront peut-être par faire en sorte d’éliminer le diesel de chez eux (et tant mieux). Peut-être (continuons d’espérer) que d’autres villes feront de même en France.
    Mais ça ne résoudra pas le problème global (si on s’attaque à 20% du problème, on ne le résous jamais)
    Cependant, les actions menées ces dernières décennies font que l’ont est sur la bonne pente pour les autres sources d’émissions.
    Reste à comprendre pourquoi les concentrations ne diminuent pas alors que les émissions si. Les particules fines, contrairement aux GES, ne devraient pas avoir une durée de vie très élevée dans l’atmosphère (a priori inférieure à la semaine, au pire « à la prochaine pluie », en tout les cas pas des années). C’est globalement ce point qui m’inquiète dans l’ensemble des données que j’observe sur le sujet.

  16. Pédibuspédibus

    allez dites-moi plutôt quand est-ce qu’on part en répétition pour jouer « En attendant Godot »?

    je veux bien qu’on fasse moderne: je tiendrai le rôle du coeur bramant le code de santé publique et la charte de l’environnement…

  17. Pédibuspédibus

    Notons toutefois, pour nous recentrer sur le diésel automobile, qu’il n’existe pas de « meilleure technique disponible »* pour supprimer les particules les plus fines, les plus dangereuses : ce qui devrait suffir pour interdire la construction de ce genre de produit…

    *pour reprendre le sabir des ICPE…

  18. Struddelstruddel

    Tes informations sont intéressantes en tout cas Florent, car partant du principe que le chauffage au bois était une des meilleures façons de se chauffer (outre l’isolation) avec la cogénération, je n’avais jamais pensé au mauvais rendement des cheminées ouvertes, ça sera l’occasion d’une piqûre de rappel aux beaux-parents à Noël.

    A part ça, je suis plus pour les quotas que pour les paiements, que ce soit pour les entrées en ville ou l’écotaxe sur les camions.

    Le paiement n’empêche pas les gens qui ont de l’argent de payer, au lieu d’avoir 50 voitures de pauvres et 50 voitures de riches dans un quartier, on aura 100 voitures de riches grâce à la place laissée par les pauvres : ça ne diminuera rien du tout et ça renforcera « l’injustice sociale »

    Les quotas (il y a un système en place avec les plaques d’immatriculation je crois, non ?) me semblent la meilleure solution : pas plus d’un certain nombre de véhicules par jour ou par quartier ou par tranche horaire ou je ne sais quoi, comme ça pas d’injustice.

    Comme le laisse entendre l’article (et ce avec quoi je suis tout à fait d’accord), l’heure est grave et n’est plus à pinailler, il faut prendre des mesures conséquentes.

    Tant que les gens auront accès à leur petit confort, ils ne se poseront pas la question : on sait que le tabac est mortel et pourtant les gens fument.

  19. Struddelstruddel

    Et en ce qui concerne les centres-villes, on ne fait pas mieux que l’usage restreint en interdisant complètement l’accès aux automobilistes qui ne présentent pas une justification de demande d’accès (riverain, enlèvement de marchandise volumineuse, etc.), ce qui permet de libérer complètement ces espaces aux modes actifs et aux TEC.

    La voiture ne sert à RIEN en centre-ville, elle n’a rien à y faire sauf cas très précis.

  20. Florent

    Struddel: fustiger l’usage de la cheminée chez les beaux-parents n’est pas la meilleure conversation d’usage pendant les fêtes de Noël 😉 Enfin ça dépend des relations que tu souhaites avoir (ou maintenir) avec tes beaux-parents hihi ! 😉
    Pour ce qui est des quotas par immatriculation: à voir. Car avec le système actuellement le plus en vogue (voitures paires autorisées à circuler les jours pairs et réciproquement pour les impaires), c’est aussi une discrimination pour les pauvres. En poussant un peu le bouchon, les riches ont les moyens d’avoir une seconde voiture (qui roule peu, plutôt vieille, bref qui pollue beaucoup) pour rouler tous les jours (suffit de bien choisir ses plaques !)… Donc bon…
    Comme dit Pédibus… si on pouvait les éliminer complètement…
    Et interdire les centre-villes c’est très bien mais pas forcément suffisant (les périphériques polluent bien au-delà de leur zone)…

  21. Struddelstruddel

    Ce n’est pas suffisant c’est évident, mais certaines villes mettent en place des péages pour l’accès aux centre-ville : la voiture n’a pas à y entrer, qu’elle ait payé ou non.

    Pour la plaque, c’est vrai qu’on peut imaginer ce genre de scénario, il y a sûrement d’autres critères, des badges nominatifs par exemple.

  22. Jean-Marc

    «  Le résidentiel/tertiaire avec 45% des émissions totales de la France métropolitaine,
    L’industrie manufacturière 24%,
    Le transport routier 18%,
    Le secteur de l’agriculture/sylviculture 9%,
    La distribution et transformation d’énergie 2%,
    Les autres transports (hors routier) 2%. »
    Ca en change, au premier ordre, rien du tout: le chauffage au bois est encore plus prépondérant.
     »

    Heu (je n ai pas regardé ton lien, juste ta quote)
    45% pour le résidentiel/tertiaire (chauffage et autres pollutions?), ne signifie pas 45% pour le chauffage au bois…

    Si les chaudières industrielles et de particuliers au gaz ne produisent pas de PF; il n en est pas du tout de même pour les chaudières industrielles et particulières au fioul ou au charbon… loin de là…
    (et je ne suis pas sûr que seul le chauffage soit pris en compte, dans les émissions de PF par le résidenciel/tertiaire).

    Mais surtout, les chiffres de la france entière n’ont pas vraiment d importance :

    perso, je me moque un peu de savoir si les vaches du larzac respire un bon ou un mauvais air :

    Ce qui compte, pour la santé publique, ce n est pas la production totale sur le territoire, mais la mise en contact entre une pollution et des personnes, qui deviennent ainsi des pollués, avec des risques pour leur santé; donc des études comparées faites sur les grandes villes, les villes, et les villages.

    Sinon, depuis 2010 et une étude parue dans The Lancet, on sait que la 1ere cause de croissance de la mortalité mondiale, c est les échappements de voitures :

    http://motherboard.vice.com/blog/the-worlds-fastest-growing-cause-of-death-is-car-exhaust
    (grâce aux PF entre autre)


    autres liens sur (l absence de) santé et la voiture :

    http://carfree.fr/index.php/2011/04/12/la-pollution-automobile-double-le-risque-daccouchement-premature/

    http://carfree.fr/index.php/2009/03/09/asthme-de-lenfant-la-pollution-automobile-de-nouveau-en-cause/

    http://carfree.fr/index.php/2012/07/23/la-sedentarite-automobile-aussi-mauvaise-pour-la-sante-que-le-tabac/

    http://carfree.fr/index.php/2011/08/23/trouble-du-deficit-de-lattentionhyperactivite-la-pollution-automobile-en-cause/

    http://carfree.fr/index.php/2010/06/24/documents-relatifs-a-lactivite-physique-la-sante-et-les-politiques-a-mettre-en-oeuvre/

  23. Struddelstruddel

     » Enfin ça dépend des relations que tu souhaites avoir (ou maintenir) avec tes beaux-parents hihi ! 😉 »

    Celle du gendre qui refuse systématiquement qu’ils viennent le chercher à la gare qui est située à 30 km de leur domicile et qui répond systématiquement « c’est pas pour demain » quand ils me demandent quand j’aurai enfin un véhicule motorisé 🙂

    Et celle du gendre qui ne manquera pas de leur rappeler tout ce qui est dit dans cet article 🙂

    Suffit de savoir l’amener !

  24. Jean-Marc

    Le système par plaque a été utilisé (en irlande? grèce?) :
    plaques paires/impaires autorisées à tour de rôle.

    résultat : ceux qui peuvent ont 2 voitures,
    et, la majortié, qui ne peut en avoir 2, a une paire de fausse plaque, qu’elle installe quand ce n est pas son tour…

    L’interdiction (sauf véhicules de services + livraison + déménagements de 21h à 7h; livraisons en vélo-cargo hors de ces heures) est la méthode la plus égalitaire et la plus simple à mettre en place :

    du moment que tu interdis seulement certains
    [comme les véhicules de plus de 1.2 tonnes, ou les diesels, ou les véhicules thermiques (= essences, diesels , essence hybride et diesel hybride)],
    tu crée un déséquilibre difficilement justifiable, une absence d’égalité
    (entre une personne avec une voiture élec qui va au bistrot, ou une autre, avec une voiture thermique, qui va à son boulot… la priorité irait pour celui allant au boulot… mais une règle par interdiction de certaines catégories permettrait l’inverse… c est le principe aberrant des Zapa, qui n’osent pas aller jusqu’aux rues piétonnes)

    et en plus, c est très dur à mettre en place :
    celà nécessite des contrôles, pour voir qui peut entrer, ou qui n est pas autorisé…

  25. Florent

    @Struddel: tu as de la chance.
    Ma compagne et moi, on s’aventurerait pas à dire ce genre de chose à mes beaux-parents ! On risque l’incident diplomatique majeur…
    Et on est dans la même situation: ils habitent à 30km de la gare la plus proche (et on accepte de bonne grâce qu’ils viennent nous chercher)
    Et ils ne me posent plus la question de quand j’aurai « enfin » un véhicule motorisé (mais ma réponse serait la même!) 😉

  26. Florent

    @Jean-Marc: je suis bien d’accord avec toi. Il faut absolument une restriction large et égalitaire. Tout le monde à la même enseigne.
    Sauf que malheureusement, sans une acceptation très large du public, ce genre de mesure, en « démocratie », ne passera pas. Et comme l’essentiel du public est encore très largement accroché à son véhicule à moteur (quel qu’il soit) et pas près à limiter son propre usage (seulement celui des autres… c’est pas moi, c’est lui !), ceci aussi « c’est pas pour demain »…

  27. alfred

    Les particules inférieures à 2,5 micromètres se foutent de la gravité de la Terre. Elles se baladent. Les physiciens des sciences des particules sont incapables de prédire leur mouvement. Elles finissent par s’agréger ou « tombent » grâce à la pluie pour celles qui ne pénètreront pas dans les tissus.

    On met même des nano particules dans l’alimentation.

    Chaque année, 84 millions d’habitants de plus…

    Que faire ?

    Nous sommes des grenouilles dans une casserole d’eau posée sur le feu.

  28. Jean-Marc

    « je suis bien d’accord avec toi. Il faut absolument une restriction large et égalitaire. Tout le monde à la même enseigne.
    Sauf que malheureusement, sans une acceptation très large du public, ce genre de mesure, en « démocratie », ne passera pas. Et comme l’essentiel du public est encore très largement accroché à son véhicule à moteur (quel qu’il soit) et pas près à limiter son propre usage (seulement celui des autres… »

    Je suis partiellement d accord avec toi,
    mais tu n es pas assez optimiste :

    suffit de voir ce qui s est passé pour les voies sur berges :
    certains banlieusards, qui ne font que voir Paris que comme un lieu à traverser le plus vite possible pour atteindre leur boulotrejoindre chez eux, se sont plein, mais il n y a pas eu de plaintes (ou quasi pas) des riverains des berges…

    C est partout pareil :
    dès qu’une rue devient piétonne, ses loyers et prix au m² MONTENT :
    IL y a bcp plus de gens qui recherchent une rue piétonne, qui en espèrent une, que de gens qui les fuient…

    [idem pour les abords des parcs municipaux et des forêts… par contre, c est l’inverse, les prix chutent à coté des échangeurs d autoroute…(mais remontent à 3 km des échangeurs… car on bénéficie de la proximité de l échangeur, mais sans trop avoir ses inconvénients)]

    Ainsi, si un politique a le « courage » de rendre piétonne une ruelle, il aura plus de riverains pour le soutenir que l’inverse…

    Même les commerçants y gagnent

    (en fait, bcp de commerçants croient qu’une rue piétonnisée va leur faire perdre de la clientèle… et en fait, dans la majorité des cas, c est faux, c est l inverse qui se produit : s’ils sont plusieurs commerces différents assez proches, qu’ils animent la rue/ruelle piétonne, les gens viendront bien plus nombreux que quand elle etait ouverte à la circulation, quand elle était un simple lieu de passage, de transit. Après, si c est un commerce totalement isolé, dont l utilité n est pas évidente, pas sûr que les gens n habitant pas dans cette rue découvrent qu’il existe… au moins un sujet sur carfree, de Iewonline je crois, en parle)

  29. Florent

    @Jean-Marc:
    « Heu (je n ai pas regardé ton lien, juste ta quote)
    45% pour le résidentiel/tertiaire (chauffage et autres pollutions?), ne signifie pas 45% pour le chauffage au bois… »
    Dans le texte qui suit les ratios, il est clairement expliqué que l’essentiel de ces 45% viennent du chauffage au bois, et, dans une moindre mesure du fioul et du charbon.
    Il y a également un tableau par énergie plus loin, page 226 où on voit clairement que le bois compte pour 72 kt, là où le gazole c’est 25, le fioul 10 et le charbon 3 (et quelques bricoles pour le reste).
    Comme les émissions en question restent dans l’atmosphère quelques jours, elles se déplacent et donc la pollution n’affecte pas que le lieu d’émission. C’est justement ce qui s’est passé ces derniers jours. On ne parle pas de ce que les vaches du Larzac respirent…
    Ce n’est pas pour rien que les incitations et aides pour le chauffage au bois sont conditionnées à l’installation d’un équipement ayant certaines caractéristiques… et qu’il y a (avait?) une majoration dans le cas de remplacement d’un équipement trop ancien !

    Enfin, sans remettre en cause l’étude du lancet, je mets juste en garde sur la traduction et interprétation… « Sinon, depuis 2010 et une étude parue dans The Lancet, on sait que la 1ere cause de croissance de la mortalité mondiale, c est les échappements de voitures : »
    Le titre en anglais de l’article est: « The World’s Fastest-Growing Cause of Death Is Pollution from Car Exhaust » dont la vraie traduction est: la cause de mortalité qui croît le plus rapidement dans le monde est la pollution générée par les gaz d’échappement des voitures ».
    C’est très différent: si elle valait 1% il y a 10 ans et 2% aujourd’hui, elle a fait +100%. Enorme ! Si à côté de ça une autre cause de mortalité était passé de 9 à 10% et une autre de 45 à 42 %… on oublie les 2 autres ?
    Le contenu de l’article est plus nuancé comme bien souvent: « Particulate air pollution, along with obesity, are now the two fastest-growing causes of death in the world »… Ah… c’est seulement l’une des 2 causes qui croient le plus vite…
    Par ailleurs, l’article que tu cites est intéressant mais es-tu allé voir l’étude publiée sur le lancet ?
    Je n’ai pu lire que le résumé (le reste est vraiment long mais disponible) mais le résumé apporte des informations un peu différentes… La seule mention des particules fines est dans la phrase: « New evidence has led to changes in the magnitude of key risks including […] ambient particulate matter pollution ». C’est certes significatif mais en général, dans l’abstract d’un article scientifique figurent ses conclusions principales non ?
    Un journaliste peut toujours faire dire à une étude ce qu’elle n’a pas dit. Je ne dis pas que c’est le cas ici. Je dis juste qu’il faut faire attention au citation d’article de presse qui citent des articles scientifiques…
    Juste à titre d’information, je suis juste allé voir le tableau qui figure dans l’article classant les causes de mortalité par importance dans le monde et dans diverses régions:
    « Household air pollution from solid fuels » (donc combustion domestique du bois, charbon et autres combustibles solides) : 3ème place mondiale (en Europe: non classé)
    « Ambient particulate matter pollution » (les particules files dont il est question, toutes sources confondues y compris naturelles: poussières etc): 9ème place mondiale (11ème en Europe mais une honorable 4ème place en Asie de l’Est)
    A noter aussi que le mot « diesel » comme le mot « exhaust » ne sont pas utilisés une seule fois dans l’étude (seulement dans une référence dont le titre est prometteur: « Occupational exposure to diesel exhaust and lung cancer: a meta-analysis.  »

    Voilà, je vais m’arrêter là pour ce soir. J’espère juste avoir fait comprendre une chose, c’est que la réalité n’est que rarement aussi simple qu’on aimerait le croire.
    Les véhicules (au diesel notamment mais les véhicules en général) sont un grave problème de santé publique, particulièrement dans certaines zones exposées au trafic automobile. Mais la pollution aux particules fines ne vient pas uniquement, ni même principalement, du diesel ou des véhicules automobiles au sens large. A Paris peut-être, au bord du périph certainement… mais ce n’est pas une généralité.

  30. Florent

    Concernant les rues piétonnes: oui, plein de gens veulent que leur rue soit piétonne… à condition de pouvoir y faire rentrer leur propre voiture (mais celles des autres non!) 😉
    A terme, je suis comme toi Jean-Marc, convaincu, que les centre-villes vont redevenir majoritairement piétonnier/cyclables. Je pense juste que ça va prendre du temps, et aviver pas mal de tension justement entre ceux qui habitent les centres-villes (et qui y votent donc qui décident) et les « banlieusards » qui n’y habitent pas mais y travaillent, y font leurs courses ou autre activité mais qui n’ont pas part à la discussion démocratique. La commune tel qu’elle existe en France n’est plus le bon niveau de décision pour ces choses là (malheureusement). Et au niveau de l’agglomération, il est nettement plus difficile de trouver un consensus, surtout quand on passe au niveau des élus (qui défendent chacun le bout de gras de leur propre commune, souvent avec en plus l’antagonisme et les rivalités générées par le pluralisme politique).

  31. Jean-Marc

    « « Particulate air pollution, along with obesity, are now the two fastest-growing causes of death in the world »… Ah… c’est seulement l’une des 2 causes qui croient le plus vite… »

    Heu… non…. « along » :
    C est bien la 1ere cause, avant la 2eme, qui est l obésité…

    Si on sait qu’en plus, Sheldon H. Jacobson a montré que l obésité est correlée avec l augmentation de l automobile…
    Ainsi, c est les 2 1eres causes d augmentation des morts, qui sont liées à la voiture
    (voir les 3 premières… si la 3eme, c est les AVC ou les ACV… corrélés à la sédentarité-manque d exercice/obésité… elles même corrélés à la pénétration de la voiture…)

    c.f. le lien de l’étude de Sheldon H. Jacobson dans cet article :
    http://carfree.fr/index.php/2011/05/24/la-responsabilite-de-lautomobile-dans-le-developpement-de-lobesite/

    Sinon, sur les causes de morts…
    Ce n est pas leur classement direct « tout âges » qui compte le plus :

    après un certain temps (125 ans maxi, on va dire ^^),
    l’espérence de vie de chaque humain tombe à 0.

    Mais il y a une énorme différence entre mourir à 110 ans, qu’importe la cause, que ce soit du cancer, par AVC, ACV, obtruction intestinale, virus, bactérie, chute dans l escalier ou n’importe quoi d autre
    ET
    mourir à 1, 2, 3, 5, 10, 15, 20, 25, 30 ou 40 ans écrasé par une voiture, ou mort prématurément grâce à un AVC, ACV, cancer, crise d asthme ultra violente, ou autres, « attrapé » en bonne partie grâce à la voiture (ou à l obésité/sédentarité qui y sont liées)

    Les morts violentes (accident/suicide/meurtre) sont, dans la majorité des pays industrialisés, la 1re cause de mort des jeunes garçons de 18-24 ans
    Si on ne prend que les mort d accidents de la route + les AVC + les ACV + 0.5 des cancers, chez ces même jeunes hommes, on arrive, là aussi, à la 1ere cause de mortalité par voiture et dérivé, en cause directes + indirectes…
    Çà fait pas mal de vies détruites avant terme…

    (les jeunes femmes meurent moins de mort violente)

    Sans parler qu’avant la mort, il y a le confort de vie perdu :
    Outre le bruit, la distance accrue avec les autres (rupture du lien social par l’étalement urbain + par la barrière quasi infranchissable de certaines voies), le stress, le coût,….

    avoir un bébé asthmatique ou multi-allergique grâce à la pollution atmo des voitures, c est une contrainte que je ne souhaite à aucun parent, même pas à ceux avec une grosse voiture bien polluante…

    Et oui… les voitures n’ont pas -loin de là- que les PF comme problème…
    c.f. les 5 liens que j ai mis dans mon commentaire 29025

    Sur l’étalement urbain, rendu possible uniquement grâce à la voiture, c est carrément la joie de vivre, que celà fait disparaitre :

    http://thefuturebuzz.com/2013/09/24/your-commute-is-likely-a-cause-of-unhappiness/

    Même sociétalement, sur l urbanisme, la voiture a des conséquences graves…

    Non, je n ai pas lu l’étude du Lancet, juste l article en lien;
    et oui, je sais bien qu’il faut aller chercher les sources, sinon, parfois, on loupe des trucs

    De même, je n ai pas lu l’étude de Sheldon H. Jacobson, mais 4-5 articles qui la reprenaient… dont un article sur caradisiac, qui essayait de la détruire… mais sans y parvenir ^^

  32. Struddelstruddel

    de JEAN-MARC « et en plus, c est très dur à mettre en place :
    celà nécessite des contrôles, pour voir qui peut entrer, ou qui n est pas autorisé… »

    Comment fonctionne les péages urbains actuellement ? N’est-il pas pas possible d’avoir un pass d’accès autorisé uniquement à certaines personnes plutôt qu’à certains véhicules ?

    Chaque véhicule étant conduit par au moins une personne, ça forcerait le covoiturage et même en se passant la carte, on limite à un seul véhicule/carte l’accès à la zone.

    Mais outre les restrictions de véhicules, la meilleure façon d’éloigner les voitures, c’est de décourager les automobilistes à emprunter ces chemins en rendant les trajets en voiture pénibles.

    De Florent : « @Struddel: tu as de la chance.
    Ma compagne et moi, on s’aventurerait pas à dire ce genre de chose à mes beaux-parents ! On risque l’incident diplomatique majeur… »

    L’incident ne me gêne pas, je ne renierai jamais mes principes juste pour plaire. Mais il est évident que c’est plus agréable quand ils acceptent (même s’ils ne comprennent pas et qu’ils se moquent éperdument de gaspiller de l’énergie)

  33. Jean-Marc

    précision :
    les allergies des voies repiratoires sont très bien corrélées aux voitures,

    les autres allergies, bcp moins…
    là, c est bien plus l alimentation qui entre en jeu, en particulier les additifs alimentaires et les résidus phyto-sanitaires
    (mais l’automobile y garde malgré tout une influence néfaste, en appoint…)

  34. Jean-Marc

    « Concernant les rues piétonnes: oui, plein de gens veulent que leur rue soit piétonne… à condition de pouvoir y faire rentrer leur propre voiture (mais celles des autres non!) 😉 »

    C est moins bien qu’une vraie rue piétonne,
    mais celà existe :
    une rue avec, à chaques extrémités, des gros plots rétractables.

    après, chaque habitant de la rue qui a un garage, a un « bip » (ou autre système) permettant d abaisser les plots lors de son passage.

    C est moins bien qu’une vraie rue piétonne, mais c est moins pire qu’une rue ouverte à tous les véhicules.

    Surtout, en multipliant de telles rues « privées », celà contraint les voitures à faire des détours, même les proprios d un bip (ils peuvent abaisser leur plot, pas le plot des rues d’à coté, ni ceux dans le prolongement de la leur : seuls les municipaux peuvent passer partout).

    Ainsi, celà contribue à les inciter à changer de mode de déplacement.

    À l inverse, les piétons et cyclistes peuvent passer dans ces rues, leur offrant tranquillité et gain de temps.
    (les 2RM aussi, même si, en général, ils n en ont pas le droit. En fonction de l espace laissé entre 2 plots, les plus gros 2RM ne peuvent pas passer non plus, ce qui bloque aussi les vélo-cargo (sauf à vide))

    Autre inconvénient de ces rues plottées, par rapport aux rues piétonnes :
    aux carrefours avec la voie tous véhicules, elles sont, généralement, encore moins souvent prioritaires que les rues piétonnes.

    Moins bien, mais beaucoup plus facilement acceptable…
    Je préfère 1 plottée à 0 piétonne;
    même si je préfère 1 rue piétonne à 1 plottée.

    Donc, s’ils n’ont pas le courage pour des vraies piétonnes, çà serait bien que nos politiques mettent au moins des plottées… qui ne demandent aucun courage….

    Dernier inconvénient des plottées :
    celà reste des rues, même si elles ont un trafic divisé par 1 000 :

    on peut beaucoup plus difficilement récupérer la chaussée non utilisée, comme un morceau de la rue ou un carrefour de 2 rues plotées, pour en faire un square de spectacle/musique, un terrain où mettre 4 tables de ping-pong, un petit parc, un parcours de santé, un parcours de BMX ou rolleurs, un jardin communautaire ou des jardins individuels, ou autre

    (ou un bâtiment (en pré-fabriqué ou en dur) de services municipaux permanents, ou de chalets de noel temporaires ou… séparant l’ex-rue suffisamment large, en 2 ruelles)

    Ainsi, elles restent des rues… mais quasi sans véhicules.
    alors que la chaussée d’une rue piétonne peut être ré-affectée à bien d autres usages, offrant une activité nouvelle à cette rue, une vie nouvelle, ou simplement une densification de la ville.
    (certains usages lointains, se retrouvent au pied de chez soi)

    Là, on préserve le calme et les poumons des riverains, mais sans apporter de vie nouvelle
    (à part les terrasses, présentoirs des commerçants, bancs, bacs à fleurs, qui peuvent déborder sur les ex-trottoirs, mais sans déborder sur la voie de faible-circulation).

    N.B.
    Si la location d’un bip est assez coûteuse, et si possible en augmentation constante dans le temps; alors, dans le temps, au fur et à mesure de l abandon de la location des bips par les riverains, une rue plottée pourra devenir une rue piétonne.
    À partir de là, une ré-affectation de la chaussée deviendra possible.
    Mais celà prendra la aussi bcp de temps…

    Ainsi, s’il faut 10 ans pour avoir une rue plottée, puis 30 pour qu’elle devienne piétonnisable, avant qu’on puisse commencer à ré-affecter la chaussée… c est bcp trop long pour que les riverains voient l intérêt de la possible ré-affectation d’usage de la chaussée, et pour induire une re-densification de la ville…


    Sinon, ce n est pas une amélioration, la ville s agrandit encore sur les terres agricoles,
    mais c’est le début d’un retournement de tendance :
    une dégradation moins rapide :

    http://www.lemonde.fr/culture/article/2013/12/16/la-ville-francilienne-reduit-son-extension_4335138_3246.html

    « Une ville qui se renouvelle sur elle-même et un ralentissement de la consommation de l’espace agricole. Tels sont les deux principaux enseignements de l’édition 2012 du Mode d’occupation des sols (MOS) »

  35. Pédibuspédibus

    Qu’on pense également à l’inaction des élus au sujet des « feux de jardin », loin de brûler les seules matières organiques – qui seraient mieux valorisées en les compostant sur place… – lesquelles génèrent PM et divers polluants: l’environnement est bien le cadet des soucis du politique français, du maire à l’Etat, lequel est très fréquemment épinglé pour manquement en matière de transposition de directives € ayant rapport à l’environnement…

  36. Florent

    @Jean-Marc:
    « Along » ne veut pas dire « avant » mais « à côté de »
    http://www.wordreference.com/enfr/along
    Mais peu importe. Je n’ai pas envie de contester le fait que l’automobile, de manière générale, soit une source croissante de mortalité, sous plusieurs formes et de plusieurs manières plus ou moins sordides…
    Je vois que tu semble personnellement concerné et je compatis.
    @Struddel: je ne renie rien (et ma compagne non plus) mais parfois il faut savoir être diplomate 😉 Dans le cas particulier de ma belle famille, et comme je souhaite garder ma compagne, c’est une nécessité 😉

  37. BENOIT

    Ben oui on commence quand? Je vois que chez Carfree vous avez une super analyse de la situation, que je partage complètement et qui contrairement aux articles du Monde n’est pas bourrée de raccourcis qui induisent des contre vérités…
    Reste à trouver un moyen de diffuser cette info largement. Je pense que quand les gens auront compris que la pollution automobile fait des enfants prématurés et des enfants avec des problèmes respiratoires ou de développement cognitif, ils commenceront peut être à se dire que c’est un vrai problème (parce que soyons francs, le fait de perdre 6 mois d’espérance de vie, même si c’est un vrai problème, a peu d’impact sur la prise de conscience du problème par les gens).
    C’est seulement à partir du moment ou un grand nombre de citoyens se mobiliseront pour cette cause que les élus feront quelque chose, la politique marche ainsi…(voir l’exemple des bonnets rouges justement…).
    D’autant que les solutions existent: péages urbains, incitations fiscales pour développer le GNV… C’est curieux comme nos voisins s’y sont tous mis contrairement à nous!
    Pourquoi pas une pétition sur Avaz, ça à l’air de marcher plutôt bien pour diffuser ce genre de préoccupation?

  38. bikeman

    Juste un toute petite précision sur l’obésité issu de la sédentarité engendrée par l’automobile (certes) et la malbouffe. Derrière cela, se cache aussi parfois et avant tout des problèmes psychologiques qui expliquent cette obésité…

    Mais pour en revernir au sujet de départ, la seule façon de limiter le trafic automobile – et notamment les diesels – c’est de dissuader l’usage de l’automobile en ville.

    Et tant que les politiques ne bougeront pas, cela sera compliqué.
    Malgré les actions et amendes prévues par la Commission européenne, la France ne fait rien, c’est juste hallucinant…
    http://www.francetvinfo.fr/sante/pollution-de-l-air-pourquoi-la-france-est-une-mauvaise-eleve_340850.html

    En attendant, il ne reste plus qu’à agir à notre niveau, comme d’habitude quoi… (se déplacer à vélo, vélorutionner, informer le public etc.)

    Sinon, voici un lien bien utile que j’ai trouvé sur la toile, il permet de connaitre l’indice de pollution de sa ville le jour même, et celui prévu pour le lendemain :
    http://www.lcsqa.org/surveillance/indices/cartographie

    Bonne chance 🙂

  39. BENOIT

    Et j’oubliais 2 autres arguments de poids: +40% d’asthmatiques en 20 ans (4 millions de français asthmatiques désormais), et un coût toujours plus important pour la sécu.
    Autrement dit on finance notre propre intoxication via nos impôts plusieurs fois: en favorisant la vente de diesels (fiscalité diesel), en renflouant la sécu (explosion des maladies chroniques liées à l’environnement type asthme/Cancer/cardiovasculaires, qui coûtent très cher!), en payant de plus en plus de mutuelle et de nôtre poche des soins de santé déremboursés parce que la sécu coûte trop cher…
    Merci au lobby automobile, c’est vrai que grâce à cela on peut dire que nos constructeurs se portent à merveille (cf PSA, instigateur du développement du diesel, en pleine forme financière, hum hum..). On a pas du tout le sentiment d’un grand gâchis…

  40. Struddelstruddel

    Il y a un article intéressant sur la volonté de l’Etat par rapport à la voiture dans le magazine Ville, rail et transport du mois de novembre 2013 pour ceux que ça intéresse.

    En gros, ça rappelle qu’on est pas du tout dans l’optique d’abandonner la voiture car on a une industrie automobile à protéger. Cool.

  41. Jean-Marc

    S’il faut la protéger, c est qu’elle n est pas rentable par elle-même…

    donc l aider (comme celà a été fait, en pure perte, pour la sidérurgie), c est dépenser des impôts prélevés sur toutes les autres activités, donc c est rendre toutes les autres activités moins rentables, afin de dilapider l argent dans un secteur qui ne pourra pas s en sortir seul…


    « Derrière cela, se cache aussi parfois et avant tout des problèmes psychologiques qui expliquent cette obésité… « 

    @ Bikeman :
    le mode de déplacement modifie la psychologie…

    le mode presse-bouton, ou enfonce-pédale n’induit pas le même esprit d’initiative et d’indépendance que le fait de faire du vélo :

    en vélo, on apprend que c est SON effort, qui permet d arriver plus ou moins vite, et on gère son effort : on choisit d accélérer pour arriver 2 minutes plus tôt.. ou on estime que celà ne vaut pas la peine de se crever pour 2 minutes…

    en voiture, on peste contre tous ces cons qui nous empêchent de rouler à 90 en ville, alors que notre moteur nous permettrait de le faire sans aucun effort :

    on passe son temps à se plaindre des autres, à considérer que tout nous est dû (une rue vide, sans personne qui nous ralentis, avec des feux verts)

    Les pb psycho ne sont pas les même, mais surtout pas aussi fréquents et aussi intense, selon son mode de déplacements.

    Ainsi, je connais des ano et des obèses,
    mais pas d ano, ni d ultra obèses parmi les cyclistes quotidiens

    (il y en a des maigres, et des obèses, mais ils sont plus standard, bien moins extrêmes que les non cyclistes)

  42. Laurent

    Et comme à chaque fois avec ces alertes à la pollution engendrées par le trafic routier, les autorités si bienveillantes déconseillent de faire du sport, d’emmener les enfants jouer dehors, d’éviter de sortir de manière générale.
    Bien évidemment, le trafic routier sera épargné par ces messages – on abaissera la limitation de 10 km/h mais comme seule une minorité respectera cette limitation, le pouvoir se donnera bonne conscience : il donnera juste l’image qu’il fait quelque chose et l’image est primordiale dans une société régie par la communication pubeuse.
    Pourtant, il y a de nombreuses solutions utilisées et éprouvées par d’autres grandes villes d’europe ou du monde mais, le fait de mettre ces solutions en place suppose une certaine volonté… Or en période de campagne électorale pour les municipales, la volonté des élus des grandes villes n’est point d’améliorer le cadre de vie des gens mais de conserver le pouvoir donc, de froisser le moins de monde possible. Par conséquent et ce, jusqu’aux municipales de 2014, les sportifs, les personnes fragiles et âgées seront priés de rester chez eux durant les périodes de pic de pollution mais pourront utiliser leur auto en roulant 10 km/h en deçà des limitations.

  43. bikeman

    Tout à fait Jean Marc, je suis complètement d’accord avec toi, même s’il faut apporter une nuance importante : le fait d’être obèse traduit une souffrance intérieure très souvent, donc il faut raisonner + loin que l’auto ou la malbouffe.
    (Un exemple parmi plusieurs : pour une femme obèse, cela peu signifier qu’elle ne souhaite plus qu’un homme ne l’approche suite à un traumatisme d’abus sexuel… Elle crée ainsi une barrière physique…)

    Quant aux actions du gouvernement, oui les 10 km de moins, c’est de la poudre aux yeux!
    Par contre, la mesure envisagée consistant à faire circuler les véhicules pairs ou impaires en fonction du jour (pair ou impair) lors des pics de pollution, semble être une mesure déjà bien + efficace.
    A suivre de près donc!!

  44. Jean-Marc

    Ceux qui défendent l automobiles, rappellent souvent qu’elle crée des emplois
    (de brancardiers, d’infirmiers, de docteurs, de contractuels, de juges, d avocats, d’inspecteurs du permis,….)

    Et qu’elle rapporte de l argent
    (ce qui est complétement faux… la voiture rend dépendant des importations de pétrole : la voiture CRÉE des importation, augmente la dépendance au pétrole).

    Niveau PIB, ce sujet, pour la France :
    la culture contribue 7 fois plus à la Valeur Ajoutée, à la richesse créée, que l automobile
    (ceci, sans tenir compte des importations liées) :

    http://www.latribune.fr/actualites/economie/france/20140103trib000807739/la-culture-contribue-sept-fois-plus-au-pib-que-l-industrie-automobile.html

  45. Voiturephobe

    C’est sûr,il y a de quoi se poser des questions.

    Chez nous,de nombreuses personnes sortent par ce temps là pour aller au ski ( et paient et polluent pour ça-sauf ceux qui vivent sur place- ) afin de faire leur sport de glisse par -15°.

    Mais dès qu’il s’agit de vélo,là y’a plus personne!!!

  46. Pédibuspédibus

    A Brompton :
    houla!
    on saisit bien là le gap culturel avec le nord de l’Europe!

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